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Les traitements de l'insuffisance rénale chronique

Mis à jour : Vendredi 09 Janvier 2015

Comment soigne-t-on l'insuffisance rénale chronique ?

Le traitement de l’insuffisance rénale chronique varie selon sa sévérité. Lorsque les reins sont encore capables d’assurer l’élimination des déchets du métabolisme, son traitement repose sur la prise en charge de la maladie qui en est la cause, sur des mesures diététiques et d’hygiène de vie, ainsi que sur la prescription de certains médicaments.

Lorsque la capacité des reins est réduite de 85 %, le recours à la dialyse (« rein artificiel ») ou à la greffe de rein s’impose pour éviter l’accumulation de déchets toxiques et les déséquilibres en éléments minéraux, accompagnée de la prescription de divers médicaments destiné à compenser les effets négatifs de l’insuffisance rénale.

La prise en charge de la maladie responsable de l'insuffisance rénale chronique

L’insuffisance rénale chronique étant la conséquence d’une maladie sous-jacente, il est évidemment essentiel de traiter celle-ci (ou de repenser la manière dont elle est prise en charge) : diabète, hypertension artérielle, obésité, excès de cholestérol sanguin, maladie auto-immune, etc.

Les mesures diététiques et d'hygiène de vie contre l'insuffisance rénale chronique

Pour essayer d’alléger le travail des reins, quelques règles diététiques peuvent être prescrites, en particulier à propos de la consommation quotidienne de protéines (qui sont métabolisées en urée et en acide urique).

En règle générale, les personnes qui souffrent d’insuffisance rénale chronique légère à modérée doivent essayer de maintenir leur consommation quotidienne de protéines au dessous du seuil de 0,8 à 1 gramme de protéines par kg de poids et par jour (entre 56 et 70 grammes de protéines par jour pour une personne de 70 kg), dont la moitié d’origine animale (viandes, poissons, œufs, fromages et produits laitiers), l’autre moitié étant d’origine végétale (légumes secs, soja, par exemple).

Lorsqu’une hypertension artérielle est présente, il peut également être demandé au patient de contrôler sa consommation de sel (chlorure de sodium), voire de matières grasses en cas d’obésité ou d’excès de cholestérol.

De plus, dans les stades les plus avancés et chez les personnes en dialyse, le médecin peut limiter la quantité de liquides ingérés chaque jour. Le soutien d’un médecin nutritionniste ou d’une diététicienne est souvent nécessaire pour réapprendre à manger (et boire) de manière à alléger le travail des reins. Enfin, une supplémentation en fer et en vitamine D peut également être prescrite.

Un programme d’arrêt du tabac doit être mis en place en cas d’insuffisance rénale chronique et la consommation de boissons alcoolisées doit rester exceptionnelle. L’activité physique adaptée, pratiquée régulièrement, exerce une influence positive sur le contrôle de la maladie.

Enfin, lorsqu’une insuffisance rénale chronique est diagnostiquée, le médecin s’assure que son patient est à jour de ses vaccinations et prescrit, le cas échéant, une vaccination contre l’hépatite B (l’insuffisance rénale chronique augmente la vulnérabilité aux infections).

Les médicaments prescrits pour traiter l'insuffisance rénale chronique

Les médicaments utilisés dans le traitement de l’insuffisance rénale chronique sont différents selon le stade de la maladie, son origine et les particularités de chaque patient.

Ils peuvent être destinés à augmenter la production d’urines (diurétiques), à lutter contre l’hypertension artérielle (antihypertenseurs), à réduire la production d’acide urique, à contrôler le taux sanguin de cholestérol (statines), ou à normaliser les concentrations sanguines de phosphore, de calcium ou de composés acides. Ils peuvent également stimuler la production de globules rouges pour lutter contre l’anémie (fer et dérivés de l’érythropoïétine).

Attention aux médicaments toxiques pour les reins !
Les personnes qui souffrent d’insuffisance rénale chronique doivent rester vigilants sur les médicaments qu’ils prennent, en particulier ceux utilisés dans le cadre d’une éventuelle automédication. En effet, de nombreux médicaments courants peuvent aggraver une insuffisance rénale, par exemple les anti-inflammatoires non stéroïdiens (comme l’ibuprofène, le kétoprofène, le diclofénac, etc.).
Les patients atteints d’insuffisance rénale chronique doivent signaler leur état de santé lors de toute consultation auprès d’un professionnel de santé afin que celui-ci puisse choisir des médicaments sans impact majeur sur le fonctionnement des reins. De plus, ces patients doivent éviter de prendre des médicaments de phytothérapie ou des compléments alimentaires sans demander conseil au préalable à leur médecin.

La greffe de rein contre l'insuffisance rénale chronique

La greffe de rein (transplantation rénale) est le traitement de choix de l’insuffisance rénale chronique. Elle peut être réalisée à partir d’un rein obtenu sur une personne décédée ou donné par une personne de la famille du patient. Parce qu’il est possible de vivre avec un seul rein, la greffe à partir d’un donneur vivant permet de compenser en partie la rareté des organes issus de donneurs décédés. Après la greffe, un traitement médicamenteux est prescrit à vie pour éviter le rejet.

La greffe de rein peut être décidée avant qu’il soit indispensable d’avoir recours à la dialyse (« transplantation préemptive »). La qualité de vie et l’autonomie des patients greffés est supérieure à celles des patients dialysés. Néanmoins, la greffe de rein est contre-indiquée chez les personnes très âgées et chez celles qui souffrent de maladies qui réduisent considérablement leur espérance de vie. La durée de fonctionnement du rein greffé est limitée et une nouvelle greffe est souvent nécessaire après une vingtaine d’années.

Les techniques de dialyse dans le traitement de l'insuffisance rénale chronique

dialyse

La dialyse est une technique destinée à éliminer les déchets du métabolisme dans un liquide neutre (le « dialysat ») à travers une membrane de filtration qui le met en contact avec le sang du patient. Cette membrane peut être synthétique, au sein d’une machine appelée dialyseur, ou biologique, au niveau du péritoine du patient (la double membrane qui tapisse les parois et les organes de l’abdomen).

Le choix de la technique de dialyse se fait selon les capacités et la préférence du patient, et selon ses antécédents médicaux.

La dialyse péritonéale

La dialyse péritonéale consiste à placer, de manière permanente, un tube fin (cathéter) à travers la paroi du ventre dans l’espace compris entre les deux membranes du péritoine. Grâce à ce cathéter, le patient peut remplir le péritoine avec le dialysat. Les déchets du métabolisme et l’eau en surplus filtrent alors à travers la paroi des vaisseaux sanguins du péritoine et passent dans le dialysat qui est ensuite aspiré et remplacé par du dialysat « propre ».

La dialyse péritonéale peut être réalisée par le patient à son domicile, le plus souvent en se branchant à une pompe qui va faire circuler du dialysat tout au long de la nuit.

La dialyse péritonéale est contre-indiquée chez les personnes qui souffrent d’obésité ou de dénutrition, qui ont déjà subi une intervention chirurgicale au niveau du ventre, qui présentent une insuffisance respiratoire chronique ou une immunodépression sévère, ou qui souffre de polykystose rénale sévère.

L’efficacité de la dialyse péritonéale tend à diminuer au bout de quelques années et il est alors nécessaire d’avoir recours à l’hémodialyse ou à la greffe de reins.

L'hémodialyse

L’hémodialyse est une technique de filtration qui se pratique dans un centre spécialisé, clinique ou hôpital. Le patient est connecté à une machine dans laquelle son sang va passer au contact d’une membrane synthétique elle-même au contact du dialysat. Le sang filtré est ensuite réinjecté au patient.

Une séance d’hémodialyse dure environ quatre heures et doit être renouvelée trois fois par semaine en moyenne. Ses complications à long terme touchent les articulations (douleurs, atteintes des os, syndrome du canal carpien), ainsi que le cœur et les vaisseaux sanguins (risque augmenté d’angine de poitrine, d’AVC, ou d’infarctus du myocarde).

Sources :

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