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Éleuthérocoque

Mis à jour : Mardi 19 Août 2014

L’éleuthérocoque, improprement nommé « ginseng sibérien » (il n’est pas de la famille du ginseng), fait partie des plantes médicinales dites « adaptogènes », c’est-à-dire qui aideraient l’organisme à répondre aux agressions et aux déséquilibres dont il est l’objet. Son usage contre le stress, contre la fatigue, et en prévention des petites infections respiratoires de l’hiver semble intéressant.

Origine et usages de l'éleuthérocoque

éleuthérocoque

Les ginsengs sont utilisés comme tonifiants depuis plus de 4 000 ans, dans toute l’Asie et au Canada. L’éleuthérocoque (Eleutherococcus senticosus) est une plante cultivée essentiellement en Chine, en Corée, au Japon et en Sibérie, où ses racines sont utilisées en particulier chez les personnes âgées et chez les convalescents. 

L'éleuthérocoque a la réputation de stimuler l'appétit et les défenses immunitaires, de favoriser le bien-être, d'améliorer les performances physiques, intellectuelles et sexuelles, et de soulager les maux de tête. L'éleuthérocoque est habituellement utilisé sous la forme de poudre de racine séchée (infusion ou gélules) ou de racines entières en décoction.

Les autres usages traditionnels de l’éleuthérocoque
L’éleuthérocoque est parfois proposé dans le traitement des maladies cardiovasculaires, des rhumatismes et des gastrites (inflammations de l’estomac) aiguës ou chroniques. Certaines médecines traditionnelles l’utilisent pour réguler la tension artérielle.

Comment l'éleuthérocoque agit-il ?

Les racines d’éleuthérocoque contiennent des éleuthérosides. Pour essayer d’expliquer les effets complexes de ces substances (qui semblent varier selon l’état de celui qui les prend), un scientifique russe du nom de Lazarev a créé, en 1947, un terme spécifique : adaptogène. Les substances adaptogènes lutteraient contre le stress et favoriseraient le retour à l’équilibre. Cette notion est difficile à intégrer et à évaluer dans le contexte de la médecine occidentale.

Dans les essais in vitro (dans le tube à essai) comme chez l’animal, des études ont montré que les extraits d’éleuthérocoque stimulent certaines cellules de l’immunité (lymphocytes). De plus, ces extraits semblent capables d’interagir avec les molécules qui, dans les cellules, permettent l’action des corticostéroïdes (hormones qui régulent la réponse au stress).

Quelques autres plantes dites « adaptogènes »
La phytothérapie traditionnelle utilise également les plantes suivantes pour aider l’organisme à résister au stress :

Quelle efficacité pour l'éleuthérocoque ?

De nombreuses études cliniques de bonne qualité semblent indiquer une certaine efficacité des extraits d’éleuthérocoque dans la prévention des petites infections hivernales (rhume, rhinopharyngite, angine, etc.), chez les adultes comme chez les enfants.

Les propriétés adaptogènes de l'éleuthérocoque ont fait l'objet d'une trentaine d'études cliniques portant sur 2.100 adultes, en bonne santé ou convalescents, soumis à divers stress (bruit, forte chaleur, performances physiques). L'analyse globale de ces études semble confirmer un effet positif de l'éleuthérocoque dans la réaction de l'organisme au stress.

Les effets de l’éleuthérocoque sur les performances intellectuelles des personnes âgées sont complexes à analyser, car ils ont souvent été évalués en association avec ceux du ginkgo.

Les très nombreuses études portant sur les effets de l'éleuthérocoque dans le cadre de la compétition sportive n'ont pas démontré d'effet sur les performances physiques. Enfin, les autres usages proposés de l'éleuthérocoque n'ont pas fait l'objet d'études cliniques.

Ce qu’en pensent les autorités de santé

... l’EMA

L’Agence européenne du médicament considère comme « traditionnellement établi » l’usage de l’éleuthérocoque dans « les asthénies, l’état de fatigue et de faiblesse ». Elle recommande d’en réserver l’usage aux adultes et aux enfants de plus de douze ans.

... l’OMS

L’Organisation mondiale de la santé reconnaît la racine d’éleuthérocoque comme « un tonique capable d’augmenter les capacités mentales et physiques lors de fatigue et au cours des convalescences ». Elle mentionne son usage dans les médecines traditionnelles contre l’arthrose (rhumatismes), les troubles gastriques aigus ou chroniques, ainsi que comme diurétique et régulateur de la tension artérielle.

... la Commission E

La Commission E du ministère de la Santé allemand reconnaît l’usage de l’éleuthérocoque comme « fortifiant lors de périodes de fatigue, de faiblesse et de perte de capacité de travail, de concentration, ainsi que lors de convalescence ».

... l’ESCOP

La Coopération scientifique européenne en phytothérapie reconnaît l’usage de l’éleuthérocoque dans les cas « de diminution des capacités physiques et mentales, telles que fatigue, faiblesse, épuisement et perte de concentration, ainsi que lors de convalescence ».

... les autorités sanitaires européennes (EFSA)

Par manque de preuves scientifiques, l'EFSA (Agence européenne de sécurité des aliments) a décidé que les compléments alimentaires contenant de la rhodiole ne peuvent PAS prétendre soulager la fatigue liée à un excès de stress.

Comment utiliser l'éleuthérocoque ?

Formes et dosage de l'éleuthérocoque

En infusion, pour 150 ml d’eau bouillante, on peut utiliser 2 à 4 g de poudre de racine séchée. Cette dose est prise plutôt le matin, avec un traitement ne dépassant pas une durée de trois mois. On trouve également des compléments alimentaires en gélules contenant de la racine d’éleuthérocoque réduite en poudre. Les posologies sont variables en fonction de la composition des gélules.

Contre-indications de l'éleuthérocoque

L’éleuthérocoque est déconseillé aux personnes souffrant d’hypertension artérielle, d’insomnie, de troubles nerveux, de diabète, d’obésité ou de maladies cardiaques. De plus, l’éleuthérocoque pourrait avoir une action proche de celles des estrogènes (hormones féminines) ; les femmes atteintes d’un cancer ou autre maladie du sein, ou de toute affection sensible aux estrogènes, doivent s’abstenir d’en consommer.

Effets indésirables et surdosage de l'éleuthérocoque

Les effets indésirables de l’éleuthérocoque sont observés lors de consommation excessive : hypertension, maux de tête, insomnie, palpitations, diarrhée et irritabilité.

Interactions de l'éleuthérocoque avec d’autres substances

Les personnes qui reçoivent des médicaments pour le cœur ou des anticoagulants (fluidifiants du sang) doivent discuter avec leur médecin traitant de l’opportunité de prendre cette plante. La prise d’éleuthérocoque avec des médicaments traitant le diabète peut augmenter le risque d’hypoglycémie (taux de glucose anormalement faible dans le sang).

Enfin, lors d'une cure d'éleuthérocoque, il est préférable de limiter sa consommation de caféine (café, thé, chocolat, guarana, colas, etc.) pour éviter insomnie, irritabilité et palpitations.

Éleuthérocoque, grossesse et allaitement

Même si les études n’ont pas montré de toxicité pour le fœtus, il est préférable de ne pas prendre d’éleuthérocoque pendant la grossesse. Les femmes qui allaitent devraient également s’abstenir d’en prendre, les éleuthérosides étant susceptibles de passer dans le lait.

L'éleuthérocoque chez les enfants

Bien que les études sur les effets de l’éleuthérocoque n’aient pas montré de toxicité particulière chez les enfants, son usage est déconseillé chez les enfants de moins de douze ans.

L'avis du spécialiste sur l'éleuthérocoque

L'usage d'éleuthérocoque lors de période de fatigue ou de convalescence repose sur des données assez bien établies. Les cures ne doivent pas excéder trois mois pour éviter, selon les praticiens traditionnels, un épuisement de l'organisme. Son usage devrait se faire préférablement sous contrôle médical.

Sources et références

  • EU Register on nutrition and health claims, EFSA, 2014
  • Guide des plantes qui soignent, Vidal, 2010
  • PDR for Herbal Medicines 4th edition, Thomson Healthcare, US 2007
  • European Scientific Cooperative On Phytotherapy Monographs - The Scientific Foundation for Herbal Medicinal Products 2nd edition, ESCOP, UK 2003
  • PDR for Nutritional Supplements, Thomson PDR, US 2001
  • The Complete German Commission E Monographs - Therapeutic Guide to Herbal Medicines, American Botanical Council, US 1998

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