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Millepertuis

Mis à jour : Mardi 07 Août 2012

Le millepertuis est une des plantes dont les propriétés thérapeutiques ont été abondamment étudiées. Traditionnellement utilisé en applications locales contre les brûlures superficielles, le millepertuis est désormais plus connu pour son usage dans le traitement des états dépressifs transitoires, légers à modérés. Cet usage est confirmé par de nombreuses études cliniques.

Origine et usages du millepertuis

millepertuis

Le millepertuis (Hypericum perforatum, également appelé « herbe de la Saint-Jean ») est une plante courante des talus et des prés. Son nom vient du fait que, vues à contre-jour, ses feuilles semblent percées d’un grand nombre de petits orifices. En phytothérapie, on utilise ses sommités fleuries de couleur jaune qui sont récoltées au début de l’été. Traditionnellement, les fleurs fraîches étaient mises à macérer dans de l’huile végétale. Aujourd’hui, la plupart des produits à base de millepertuis contiennent des extraits dont la teneur en substances actives est standardisée.

Le millepertuis est utilisé en applications locales pour soulager les brûlures superficielles, les irritations et plaies de la peau ou les piqûres d’insectes. Pris par voie orale, les produits à base de millepertuis sont destinés à traiter les états dépressifs transitoires.

Les autres usages traditionnels du millepertuis
L’huile de millepertuis est également proposée en applications locales pour soulager les douleurs musculaires, les irritations de la bouche et les fesses rouges du nourrisson, ainsi que par voie orale pour aider les digestions difficiles.

Comment le millepertuis agit-il ?

L’action du millepertuis semble liée à des naphtodianthrones, comme l’hypéricine et la pseudohypéricine, et à des phloroglucinols, comme l’hyperforine. On a longtemps pensé que l’hypéricine était la substance active contre les états dépressifs. Néanmoins, des études récentes semblent indiquer que les effets antidépresseurs du millepertuis seraient plutôt liés à sa concentration en hyperforine.

Le mécanisme d’action du millepertuis sur l’humeur reste méconnu. Les chercheurs ont abandonné l’hypothèse selon laquelle, comme certains anciens antidépresseurs aujourd’hui délaissés, il inhiberait l’action de la monoamine oxydase (MAO), une enzyme impliquée dans la biochimie du cerveau. Ils penchent aujourd’hui pour une action complexe de plusieurs substances présentes dans le millepertuis.

L’action du millepertuis sur les petits problèmes de peau serait liée à l’effet antiseptique des napthodianthrones.

Quelle efficacité pour le millepertuis ?

L’effet du millepertuis sur les symptômes dépressifs a été confirmé par plus d’une trentaine d’études contrôlées avec placebo, portant sur plus de 4.000 patients. Les résultats de ces études ont montré que les extraits de millepertuis étaient aussi efficaces que les médicaments de la dépression (antidépresseurs de synthèse classiques) dans le cas d’états dépressifs légers à modérés. Par contre, le millepertuis semble insuffisamment efficace pour soulager durablement les états dépressifs modérés à graves. Dans ces études, la durée du traitement était de quatre à huit semaines. Il s’agissait donc d’épisodes dépressifs temporaires et non de dépression durable.

Les résultats de ces études cliniques ont été suffisamment convaincants pour que les autorités sanitaires de plusieurs pays, dont la France, acceptent de reconnaître comme médicaments des produits à base de millepertuis dans le traitement des dépressions transitoires, légères à modérées. Le millepertuis est la seule plante dont l’usage est reconnu dans cette indication. L’usage local de l’huile de millepertuis repose uniquement sur la tradition.

Ce qu’en pensent les autorités de santé

... l’OMS

L’Organisation mondiale de la santé reconnaît comme « cliniquement établi » l’usage du millepertuis par voie orale dans le traitement « des dépressions légères à modérées ». Elle reconnaît comme « traditionnel » l’usage local du millepertuis pour soigner « les coupures, irritations, brûlures légères et infections virales de la peau ».

... la Commission E

La Commission E du ministère de la Santé allemand reconnaît l’usage du millepertuis par voie orale dans « les troubles psychosomatiques, l’humeur dépressive, l’anxiété et la nervosité, ainsi que les troubles digestifs (sous forme d’huile) ». Elle reconnaît également l’usage local d’huile de millepertuis pour soigner « les brûlures légères, les douleurs musculaires et contribuer à la cicatrisation des plaies ».

... l’ESCOP

La Coopération scientifique européenne en phytothérapie reconnaît l’usage du millepertuis par voie orale pour soulager « les dépressions légères à modérées ».

... le NIH

Les Instituts nationaux de la santé américains considèrent comme « fondé sur de fortes évidences scientifiques » l’usage du millepertuis par voie orale « pour traiter les dépressions légères à modérées avec une efficacité similaire aux autres médicaments antidépresseurs », et comme « fondé sur de bonnes évidences scientifiques » l’usage du millepertuis par voie orale dans le traitement des « troubles psychosomatiques ».

Comment utiliser le millepertuis ?

Formes et dosage du millepertuis

Pour une application sur la peau, on peut préparer l’huile de millepertuis chez soi, en tassant des sommités fleuries dans un flacon en verre transparent, puis en recouvrant les fleurs d’huile végétale (par exemple de l’huile d’amandes douces ou de l’huile d’olive). Le flacon est exposé à la lumière du soleil pendant quatre semaines, puis filtré.

Pour un usage par voie orale, les préparations à teneur garantie en substances actives ont supplanté les infusions de plante séchée (Arkogélules Millepertuis, Elusanes Millepertuis, Mildac, Procalmil). Les effets antidépresseurs du millepertuis se font sentir après deux à quatre semaines de traitement.

En cas de symptômes dépressifs, il est préférable de consulter son médecin avant de prendre du millepertuis. Si aucun effet n'est apparu après six semaines, il est préférable de cesser le traitement et de consulter de nouveau son médecin. Attention, comme avec tous les antidépresseurs, il est recommandé d'arrêter la prise de millepertuis en réduisant progressivement la dose quotidienne.

Contre-indications du millepertuis

L’usage du millepertuis est déconseillé aux personnes qui souffrent de troubles bipolaires (maniaco-dépression), du fait de la possibilité d’apparition de crises maniaques. Certaines personnes sont allergiques au millepertuis.

Effets indésirables et surdosage du millepertuis

Les effets indésirables du millepertuis sont limités : troubles digestifs bénins, bouche sèche, maux de tête. Des réactions de photosensibilisation ont été observées, particulièrement chez les personnes à peau claire : l’exposition, même modérée, aux ultraviolets déclenche des rougeurs de la peau, des démangeaisons, l’apparition de petits boutons, etc. En règle générale, les personnes qui utilisent des produits à base de millepertuis (en applications locales ou par voie orale) doivent éviter de s’exposer au soleil ou aux lampes à bronzer.

Interactions du millepertuis avec d’autres substances

Le millepertuis interagit avec un très grand nombre de médicaments et de plantes, ce qui en limite fortement l’usage : plus de 70 substances ou familles de substances ont été identifiées comme interagissant avec le millepertuis ! Ce phénomène est dû à l’inhibition, par l’hyperforine, d’une enzyme du foie responsable de l’élimination de nombreuses substances.

Parmi les médicaments dont l’action ou la toxicité est modifiée par le millepertuis, on peut citer : la plupart des médicaments des troubles cardiaques, les contraceptifs oraux (pilule), les antidépresseurs, la plupart des médicaments contre le VIH/sida, les médicaments de la migraine de la famille des triptans, les anticoagulants oraux (fluidifiants du sang), les antiépileptiques, certains hypolipémiants (médicaments de l’excès de cholestérol), certaines chimiothérapies anticancéreuses, les médicaments des maladies auto-immunes et des greffes d’organe, certains anti-inflammatoires et médicaments de la douleur, les suppléments de fer, etc.

Le millepertuis pourrait également interagir avec des plantes (le ginkgo, la valériane, l’aubépine, la passiflore, etc.) et avec des substances présentes dans certains compléments alimentaires comme par exemple le 5-hydroxytryptophane (5-HT) ou la S-adénosylméthionine (SAM-e).

Une règle s’impose : si vous prenez un médicament quel qu’il soit, ou une plante, ou un complément alimentaire, demandez systématiquement conseil à votre médecin ou votre pharmacien avant de prendre un produit à base de millepertuis.

Millepertuis, grossesse et allaitement

L’Organisation mondiale de la santé et le NIH déconseillent l’usage du millepertuis chez les femmes enceintes et chez celles qui allaitent. Selon le Centre de référence sur les agents tératogènes (CRAT), l’usage du millepertuis chez les femmes qui allaitent « peut être envisagé » sauf pour celles qui prennent une contraception orale (pilule, dont l’efficacité est réduite par le millepertuis).

Le millepertuis chez les enfants

La Coopération scientifique européenne en phytothérapie déconseille l’usage du millepertuis chez les enfants de moins de six ans ; elle recommande un dosage égal à la moitié de celui d’un adulte chez ceux de six à douze ans. Des études sur l’efficacité du millepertuis contre l’hyperactivité et les troubles de l’attention chez l’enfant n’ont pas donné de résultats convaincants.

L'avis du spécialiste sur le millepertuis

En France, les médicaments contenant du millepertuis sont disponibles sans ordonnance. Au vu des risques élevés d'interactions avec d'autres substances, il est légitime de se demander si cela est une bonne chose. Pour cette raison, la province de Québec envisage actuellement d'imposer une prescription médicale pour obtenir un produit à base de millepertuis. Avec ou sans ordonnance, l'usage du millepertuis devrait toujours se faire sous contrôle médical.

Sources et références

  • Guide des plantes qui soignent, Vidal, 2010
  • PDR for Herbal Medicines 4th edition, Thomson Healthcare, US 2007
  • European Scientific Cooperative On Phytotherapy Monographs - The Scientific Foundation for Herbal Medicinal Products 2nd edition, ESCOP, UK 2003
  • PDR for Nutritional Supplements, Thomson PDR, US 2001
  • The Complete German Commission E Monographs - Therapeutic Guide to Herbal Medicines, American Botanical Council, US 1998

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