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Sauge officinale

Mis à jour : Jeudi 09 Août 2012

« Qui a de la sauge dans son jardin n’a pas besoin de médecin », disent les Provençaux. Depuis l’Antiquité, la sauge est considérée comme la plante médicinale par excellence. En phytothérapie moderne, elle est proposée pour soulager les digestions difficiles, la transpiration excessive et, en applications locales, pour lutter contre les inflammations de la bouche, de la gorge et du nez. En l’absence d’études cliniques convaincantes, son usage repose sur une pratique ancestrale.

Origine et usages de la sauge officinale

sauge

La sauge officinale (Salvia officinalis) est une plante commune dans les pays du pourtour méditerranéen, dont les feuilles sont utilisées à la fois en cuisine et en médecine. Son nom latin, Salvia, signifie « celle qui sauve ». En phytothérapie, deux autres espèces de sauge sont également employées : la sauge sclarée (Salvia sclarea) et la sauge d’Espagne (Salvia lavandulifolia). Du fait de leur teneur réduite en thuyones (une substance toxique, voir ci-dessous), ces deux espèces ont un peu détrôné la sauge officinale au panthéon des plantes médicinales.

Ces trois espèces de sauge sont utilisées pour soulager les maux de ventre et les digestions difficiles (ballonnements, flatulences), lutter contre la transpiration excessive ainsi que les sueurs nocturnes liées à la ménopause. Elles pourraient également réduire les inflammations des muqueuses de la bouche, de la gorge et du nez, en cas d’infections virales, par exemple.

Les autres usages traditionnels de la sauge officinale
La sauge officinale est également proposée pour redonner du tonus aux personnes convalescentes, soulager les règles douloureuses, tarir le lait des femmes qui allaitent, favoriser la production de bile, stimuler la mémoire et, en applications locales, aider à la désinfection et à la guérison de petites plaies de la peau (dont les boutons de fièvre). De plus, les gargarismes de décoction de sauge ont la réputation de lutter contre la plaque dentaire (dépôt de bactéries sur les dents).

Comment la sauge officinale agit-elle ?

La sauge officinale contient de nombreuses substances actives : des flavonoïdes, des diterpènes (picrosalvine, rosmanol, etc.), des triterpènes (par exemple les acides ursolique et oléanique), des acides phénoliques (acide chlorogénique, acide rosmarinique, etc.) et des essences dont le camphre et les thuyones. Les thuyones sont des substances toxiques dont le surdosage provoque des convulsions de type épileptique.

Les effets de la sauge officinale sur les maux de ventre et les digestions difficiles seraient dus aux flavonoïdes et aux essences. Son action anti-inflammatoire et antiseptique pourrait être liée à la présence d’acides phénoliques. Au cours de tests de laboratoire, des extraits de sauge officinale ont montré une activité estrogénique (similaire aux hormones féminines), mais les substances à l’origine de cet effet n’ont pas été identifiées.

Quelques autres plantes utilisées contre les troubles digestifs
La phytothérapie traditionnelle utilise également les plantes suivantes pour faciliter la digestion :
  • Artichaut (Cynara scolymus)
  • Boldo (Peumus boldus)
  • Pissenlit (Taraxacum officinale)
  • Romarin (Rosmarinus officinalis)
  • Thym (Thymus vulgaris)

Quelle efficacité pour la sauge officinale ?

Il existe peu d’études cliniques pour confirmer l’intérêt thérapeutique de la sauge officinale.

Chez l’animal, la sauge a montré un effet positif sur la production de bile et sur l’hypertension artérielle, mais ce type d’effet n’a jamais été évalué chez l’homme. Une étude contrôlée par un placebo et portant sur environ 300 personnes a montré une certaine efficacité d’un collutoire de sauge officinale (vaporisations dans la gorge) dans le traitement des symptômes de pharyngite. De plus, une pommade à la sauge et à la rhubarbe des jardins (Rheum rhaponticum) a montré un effet cicatrisant sur les boutons de fièvre (herpès labial) dans un essai clinique portant sur environ 150 personnes.

Au-delà de ces études, il existe diverses petites études non contrôlées et sans placebo qui suggèrent des effets sur la mémoire, l’anxiété et l’excès de transpiration. Mais dans l’ensemble, les divers usages des trois espèces de sauge reposent seulement sur l’expérience accumulée au cours des siècles.

Ce qu’en pensents les autorités de santé

... l’EMA

L’Agence européenne du médicament considère comme « traditionnel » l’usage de la sauge officinale dans « le traitement symptomatique des petits problèmes digestifs (brûlures d’estomac, ballonnements), ainsi que dans celui de la transpiration excessive et, en application locale, dans celui des inflammations de la bouche, de la gorge et de la peau ». L’Agence recommande de limiter le traitement à deux semaines (usage interne) ou une semaine (applications locales).

... la Commission E

La Commission E du ministère de la Santé allemand reconnaît l’usage de la sauge officinale « en application externe, contre l’inflammation des muqueuses de la gorge et du nez, et en usage interne contre les digestions difficiles et la transpiration excessive ».

... l’ESCOP

La Coordination scientifique européenne en phytothérapie reconnaît l’usage de la sauge officinale dans le traitement « des inflammations et des infections de la bouche et de la gorge telles que les stomatites (inflammations de la bouche), les gingivites ou les pharyngites, et pour soulager la transpiration excessive, en traitement de deux à quatre semaines. »

Comment utiliser la sauge officinale ?

Formes et dosage de la sauge officinale

Les infusions de sauge officinale se font avec 1 à 3 g de feuilles séchées dans une tasse d’eau bouillante, pendant dix minutes. La dose conseillée est de trois tasses par jour (usage interne), et jusqu’à cinq fois par jour en gargarismes ou en application locale sur la peau. En usage interne, la dose de thuyone ingérée chaque jour doit être inférieure à 3 mg, pendant deux semaines au maximum.

L’huile essentielle de sauge officinale ne devrait jamais être utilisée, du fait de sa teneur en thuyone. Les huiles essentielles de sauge sclarée et de sauge d’Espagne en contiennent moins, mais doivent néanmoins être utilisées avec précaution.

Contre-indications de la sauge officinale

La sauge officinale ne devrait pas être utilisée par les personnes qui souffrent d’épilepsie.

Effets indésirables et surdosage de la sauge officinale

À la dose recommandée, les effets indésirables de la sauge officinale sont rares (nausées et vomissements). En cas de surdosage (plus de 15 g de feuilles séchées), on observe des bouffées de chaleur, une accélération des battements du cœur, des vertiges et des convulsions.

L’Agence européenne du médicament signale que, du fait de son éventuel effet sur la vigilance, la sauge officinale pourrait se révéler dangereuse pour les personnes qui conduisent des véhicules ou qui pilotent des machines-outils. Elle recommande la vigilance.

Interactions de la sauge officinale avec d’autres substances

Les produits contenant de la sauge officinale pourraient interagir avec certains médicaments prescrits contre l’anxiété et les troubles du sommeil (benzodiazépines), ainsi que certains médicaments des troubles psychiques (neuroleptiques) et de l’épilepsie. Les personnes qui prennent ce type de traitement devraient consulter leur médecin avant de prendre de la sauge à usage thérapeutique.

Sauge officinale, grossesse et allaitement

Selon l’Agence européenne du médicament, il est préférable de ne pas prendre de sauge officinale pendant la grossesse et l’allaitement, à l’exception de son usage alimentaire.

La sauge officinale chez les enfants

L’usage de la sauge officinale chez les enfants et adolescents de moins de dix-huit ans est déconseillé par l’Agence européenne du médicament.

L'avis du spécialiste sur la sauge officinale

Comme le romarin et le thym, la sauge fait partie des plantes digestives utilisées en cuisine. Ce double usage, pour parfumer les plats et faciliter leur digestion, n'est probablement pas le fait du hasard. À travers le monde, il est fréquent de retrouver les plantes locales aux vertus digestives intégrées aux traditions culinaires.

Sources et références

  • Guide des plantes qui soignent, Vidal, 2010
  • PDR for Herbal Medicines 4th edition, Thomson Healthcare, US 2007
  • European Scientific Cooperative On Phytotherapy Monographs - The Scientific Foundation for Herbal Medicinal Products 2nd edition, ESCOP, UK 2003
  • PDR for Nutritional Supplements, Thomson PDR, US 2001
  • The Complete German Commission E Monographs - Therapeutic Guide to Herbal Medicines, American Botanical Council, US 1998

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