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Saule blanc

Mis à jour : Jeudi 09 Août 2012

Pour qui veut illustrer l’intérêt thérapeutique des plantes, l’exemple du saule blanc est emblématique. En effet, c’est à la suite de travaux scientifiques sur les propriétés de cet arbre qu’a été découverte l’aspirine. Après avoir été abandonné au profit de ce célèbre médicament, le saule blanc a récemment connu un regain d’intérêt dans le traitement des douleurs articulaires dues à l’arthrose et des douleurs lombaires (mal de dos).

Origine et usages du saule blanc

sauge blanc

Originaire d’Europe, le saule blanc (Salix alba) pousse dans les endroits humides. En phytothérapie, on utilise l’écorce de ses jeunes branches récoltée en mars, ou ses fleurs femelles (les chatons femelles) cueillies en mai. D’autres espèces de saule (S. purpurea, S. viminalis et S. vitellina) sont parfois employées. Traditionnellement, l’écorce de saule blanc est utilisée pour soulager les douleurs articulaires, faire tomber la fièvre et favoriser la cicatrisation des plaies. Les chatons sont proposés dans le traitement des règles douloureuses et des troubles du sommeil.

Les autres usages traditionnels du saule blanc
Traditionnellement, l’écorce de saule blanc est également préconisée pour soulager les tendinites et les maux de tête.

Comment le saule blanc agit-il ?

L’écorce de saule blanc contient des tanins, des flavonoïdes (qui pourraient avoir des propriétés anti-inflammatoires) et des composés salicylés (en particulier la salicine). Dans l’organisme, la salicine est transformée en acide salicylique, substance anti-inflammatoire et antalgique (contre la douleur). Isolé chimiquement au début du XIXe siècle, l’acide salicylique a commencé à être synthétisé en 1860. Un dérivé plus actif, l’acide acétylsalicylique, a ensuite été identifié à partir de la spirée (une plante également appelée « reine-des-prés ») et a, de ce fait, pris le nom d’aspirine. Une légende était née !

Les chatons femelles du saule blanc contiendraient des phyto-estrogènes (aux effets similaires à ceux des hormones féminines).

Quelques autres plantes utilisées contre les douleurs articulaires
La phytothérapie traditionnelle utilise également les plantes suivantes pour soulager les douleurs articulaires liées à l’arthrose :

Quelle efficacité pour le saule blanc ?

Les études les plus convaincantes sur les effets de l’écorce de saule blanc ont été menées sur des patients souffrant de douleurs lombaires. Cinq études portant sur environ 800 personnes, dont certaines contre placebo, semblent indiquer que l’écorce de saule blanc peut soulager ce type de douleur et diminuer le recours aux médicaments anti-inflammatoires. Des effets similaires, quoique moins marqués, ont été observés dans trois études portant sur les douleurs liées à l’arthrose. Néanmoins, la qualité méthodologique de ces études laisse à désirer. Les autres usages du saule blanc n’ont pas été validés scientifiquement.

Ce qu’en pensent les autorités de santé

… l’EMA

L’Agence européenne du médicament reconnaît comme « cliniquement bien établi » l’usage de l’écorce de saule blanc dans « le traitement de courte durée des douleurs lombaires », et comme « traditionnel » son usage contre « les douleurs articulaires mineures, la fièvre liée au rhume et les maux de tête ». Elle recommande de limiter la durée du traitement à quatre semaines (douleurs articulaires), trois jours (fièvre liée au rhume) ou un jour (maux de tête), avant de consulter un médecin.

… la Commission E

La Commission E du ministère de la Santé allemand admet l’usage traditionnel de l’écorce de saule blanc contre « la fièvre, les douleurs rhumatismales et les maux de tête ».

… l’ESCOP

La Coopération scientifique européenne en phytothérapie reconnaît l’usage traditionnel de l’écorce de saule blanc pour « soulager les douleurs lombaires et les douleurs articulaires mineures liées à l’arthrose ».

Comment utiliser le saule blanc ?

Formes et dosage du saule blanc

L’écorce de saule blanc se présente sous forme de plante sèche, de gélules et d’extraits secs ou liquides. Le plus souvent, il s’agit de produits manufacturés garantissant une teneur minimale en salicine. Les chatons femelles sont utilisés tels quels. En infusion, la dose habituellement utilisée est de 2 à 3 g d’écorce (ou 5 g de chatons) dans une tasse d’eau bouillante, à prendre avant chaque repas.

Contre-indications du saule blanc

Les contre-indications de l’écorce de saule blanc correspondent essentiellement à celles de l’aspirine. L’écorce de saule blanc est contre-indiquée chez les personnes qui souffrent d’ulcère de l’estomac ou du duodénum, chez celles allergiques aux anti-inflammatoires non stéroïdiens ou aux médicaments de la famille des salicylates, et chez celles qui présentent un risque d’hémorragie. De plus, l’écorce de saule blanc est déconseillée chez les personnes qui souffrent d’asthme, de goutte ou de maladie des reins.

Effets indésirables et surdosage du saule blanc

Les effets indésirables éventuels de l’écorce de saule blanc sont des nausées, des diarrhées et des réactions allergiques (urticaire, démangeaisons, crise d’asthme, etc.).

Interactions du saule blanc avec d’autres substances

Même si aucun cas d’interaction n’a été signalé avec le saule blanc, un risque théorique existe avec les médicaments et les plantes qui fluidifient le sang, les anti-inflammatoires non stéroïdiens et l’aspirine.

Saule blanc, grossesse et allaitement

L’Agence européenne du médicament déconseille l’écorce de saule blanc pendant les deux premiers trimestres de la grossesse et pendant l’allaitement. Elle en contre-indique l’usage à partir du sixième mois de grossesse (comme pour l’aspirine).

Le saule blanc chez les enfants

L’écorce de saule blanc ne doit pas être utilisée chez les enfants et adolescents de moins de dix-huit ans.

L'avis du spécialiste sur le saule blanc

Les traitements antalgiques (anti-douleur) à base d’écorce de saule blanc correspondent à des doses de salicine bien inférieures à celles prescrites pour l’aspirine. Cette différence semble indiquer que l’effet analgésique du saule blanc n’est pas dû à la seule salicine. D’autres substances, peut-être des flavonoïdes, auraient également un effet anti-inflammatoire.

Attention, il existe des médicaments appelés « Feuille de saule » qui visent à éliminer les cors aux pieds. Ces produits ne contiennent pas de saule blanc, mais de l’acide salicylique destiné à brûler les cors.

Sources et références

  • Guide des plantes qui soignent, Vidal, 2010
  • PDR for Herbal Medicines 4th edition, Thomson Healthcare, US 2007
  • European Scientific Cooperative On Phytotherapy Monographs - The Scientific Foundation for Herbal Medicinal Products 2nd edition, ESCOP, UK 2003
  • PDR for Nutritional Supplements, Thomson PDR, US 2001
  • The Complete German Commission E Monographs - Therapeutic Guide to Herbal Medicines, American Botanical Council, US 1998

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