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Sport, maladie chronique et handicap

Mis à jour : Lundi 21 Novembre 2011

Souffrir d'une maladie chronique ou d'un handicap ne doit pas être vécu comme un obstacle à la pratique d'une activité sportive. En effet, la pratique d'un sport adapté, quand elle est accompagnée d'un traitement permettant de contrôler la maladie, apporte de nombreux bénéfices physiques et psychologiques.

Chez les enfants atteints de maladies chroniques ou de handicap, la pratique d'un sport favorise la socialisation et renforce l'estime de soi.

Sport et asthme

L'asthme se traduit, dans sa forme aiguë, par des crises de toux et une sensation d’étouffement. Généralement, elle est provoquée par la présence d’un allergène (une substance qui déclenche les crises : pollens, poussières, poils, acariens, etc.) qui aggrave une inflammation chronique des bronches. Les bronches se contractent et sécrètent du mucus : l’air a du mal à circuler vers et surtout hors des poumons. Des facteurs psychologiques comme le stress ou l’anxiété peuvent aggraver les crises, voire même les déclencher.

Les personnes asthmatiques peuvent pratiquer la plupart des sports et en tirer des effets bénéfiques. Cependant, l’entraînement doit être adapté et individualisé. En particulier, l’échauffement est très important. Un entraînement commencé trop brutalement risque, au bout de cinq à dix minutes, de provoquer une crise d’asthme dite asthme d’effort. Pour éviter ces crises, il faut s’échauffer très progressivement et, éventuellement, inhaler un quart d’heure avant l’entraînement quelques bouffées d’aérosol bronchodilatateur prescrit par un médecin.

Les personnes asthmatiques doivent également se méfier de l'air froid : mieux vaut se couvrir le nez et la bouche avec une écharpe ou une cagoule, ou préférer les sports en salle (si celle-ci n'est pas trop poussiéreuse !).

Les sports contre-indiqués aux asthmatiques sont la plongée sous-marine et l’équitation (pour les personnes allergiques au poil ou à la sueur des chevaux). Les sports qui exposent à l’air froid (alpinisme, ski, parachutisme, etc.) doivent être pratiqués avec précaution. La natation semble bénéfique (l’air des piscines est chaud et humide) sauf pour ceux qui sont sensibles aux vapeurs de chlore.

Sport et obésité

Lorsqu’elle est adaptée à leurs capacités et associée à un régime alimentaire, l’activité sportive entraîne de nombreux bénéfices physiques chez les personnes souffrant d’obésité : perte de poids, réduction de l’appétit, diminution des complications cardio-vasculaires, baisse de la tension artérielle, meilleure résistance à l’effort.

Les bénéfices psychologiques du sport se révèlent être tout aussi importants. Les personnes reprennent confiance et ont une meilleure image d’elles-mêmes car elles participent à des activités qu’elles croyaient souvent inaccessibles. On note également une diminution de l’anxiété, souvent présente chez les personnes obèses, et une conscience nouvelle de leur corps.

Les effets bénéfiques du sport sur l’obésité ont toutefois tendance à disparaître dès son arrêt. Il faut donc prendre garde à choisir une activité motivante qui permette à l’individu de persévérer et de faire des progrès. Certaines activités sont à éviter, comme celles qui peuvent mettre à mal les articulations des hanches, des genoux et des chevilles (jogging, tennis, sports de ballon, etc.). La natation ou le vélo sont plus indiqués pour commencer. Chez les enfants souffrant d’obésité, les jeux peu traumatisants permettent de dépenser beaucoup d’énergie.

Sport et diabète

L’insuline est une hormone qui permet la régulation du taux de glucose (sucre) dans le sang. Sans elle, ce taux devient beaucoup trop élevé. Si le glucose constitue l’aliment majeur de nos cellules, des taux trop élevés pendant des années provoquent des dégâts, notamment au niveau des vaisseaux sanguins, des reins, des yeux et du système nerveux.

Sport et diabète insulinodépendant (de type 1)

Les personnes qui souffrent de diabète insulinodépendant ne sécrètent plus assez d’insuline pour contrôler le taux de sucre dans leur sang. Pour conserver un taux normal, elles doivent s’injecter régulièrement cette hormone. Cette maladie se déclare plutôt chez de jeunes adultes.

Les premières années qui suivent la découverte de sa maladie, un diabétique de type 1 peut pratiquer, sur avis médical, n’importe quel sport et même faire de la compétition de haut niveau. Les seules contre-indications absolues sont les sports où la perte de connaissance induite par une hypoglycémie (taux insuffisant de sucre dans le sang) serait catastrophique : plongée, escalade, vol libre, etc.

Pour pouvoir pratiquer sans danger, le sportif diabétique de type 1 doit avoir un diabète bien contrôlé par les injections d’insuline et doit bien connaître les réactions de son corps face à l’effort. En effet, pour maintenir un taux de sucre sanguin suffisant, il doit prévoir la dépense énergétique liée à son effort. Il peut ainsi adapter son alimentation et la dose d’insuline à s’injecter.

De plus, pendant le sport, il est généralement recommandé d'injecter l'insuline à distance des muscles qui travaillent pour éviter qu'elle ne soit trop rapidement absorbée. Comme toujours en cas de diabète, et encore plus lors de pratique sportive, il est important de garder sous la main des boissons ou des aliments sucrés. Cela permet de faire face à une éventuelle baisse brutale du taux de sucre dans le sang et d'éviter de perdre connaissance.

Sport et diabète non insulinodépendant (de type 2)

Les personnes atteintes de diabète non insulinodépendant sécrètent toujours de l’insuline, mais cette hormone agit avec moins d’efficacité sur l’organisme. Cette maladie touche surtout les obèses et les personnes âgées.

Le sport est tout à fait possible pour les personnes diabétiques de type 2. Elles doivent toutefois le faire sous stricte surveillance médicale et après avoir effectué un bilan cardiovasculaire. En effet, chez les personnes souffrant de maladies du cœur et des vaisseaux, le sport pourrait provoquer des crises d’angine de poitrine ou un infarctus.

D'autres complications liées au diabète (hypertension artérielle, hémorragie de la rétine, présence de protéines dans les urines, insensibilité des pieds et des mains, etc.) doivent également être dépistées sous peine d'être aggravées par la pratique sportive.

Associée à un régime alimentaire, l’activité physique a un effet bénéfique sur cette maladie car elle contribue à la perte de poids, à la diminution de la masse graisseuse et à une meilleure sensibilité à l’insuline.

On propose généralement aux personnes atteintes par le diabète de type 2 une activité physique d'intensité moyenne (20 à 30 minutes, au moins trois à cinq fois par semaine). Toutes les activités physiques et sportives d'intensité moyenne et de longue durée (marche, cyclisme, ski de fond, randonnée, etc.) sont particulièrement indiquées.

Sport et maladies cardiovasculaires

L’activité physique est possible et même conseillée pour les personnes souffrant de nombreuses maladies cardiovasculaires chroniques : hypercholestérolémie, hypertension artérielle, maladie coronarienne, etc.

Chez les personnes hypertendues, un sport d'endurance, pratiqué jusqu'au début de l'essoufflement pendant au moins une demi-heure trois fois par semaine, permet de faire baisser la tension artérielle d'un point pour la valeur haute (pression systolique) comme pour la valeur basse (pression diastolique).

Chez les personnes qui ont eu un infarctus du muscle cardiaque (une partie de ce muscle est morte d'asphyxie), ou qui ont subi une greffe du cœur, une activité d'endurance modérée dans le cadre d'un suivi médical permet de se remettre plus rapidement. Bien entendu, chez ces patients, il n'est plus question de pratiquer un sport de manière intensive.

Sport et mal de dos (lombalgie)

Chez les personnes qui souffrent de mal de dos et de douleurs sciatiques, il est préférable d’éviter les sports dits asymétriques (qui font surtout travailler un côté du corps) : sports de raquette, golf, par exemple.

Les sports de ballon qui exigent des changements de direction en appui sur un seul pied (football, rugby, handball) doivent être pratiqués avec précaution.

Les sports qui musclent le dos sont fortement recommandés : natation, aviron, musculation. Un bilan médical préalable est, bien sûr, indispensable.

Sport et inflammations chroniques de l’intestin

La rectocolite hémorragique et la maladie de Crohn sont des inflammations chroniques de l’intestin qui s’accompagnent parfois de petites hémorragies. Ces deux maladies évoluent par poussées pendant lesquelles l’activité sportive est déconseillée.

En dehors de ces périodes, tous les sports peuvent être pratiqués sauf les courses à pied d’endurance qui peuvent aggraver les microhémorragies intestinales. Les boissons énergétiques trop concentrées sont déconseillées car elles peuvent provoquer ou aggraver des diarrhées.

Sport et épilepsie

Cette maladie qui provoque des crises convulsives (perte de connaissance et mouvements musculaires incontrôlés) est due à des anomalies du fonctionnement du cerveau. Les enfants épileptiques sont souvent exemptés de sport. À tort, car la maladie est généralement bien contrôlée par les traitements et elle n’empêche nullement la pratique d’une activité physique. Même la natation, sous surveillance, peut être envisagée.

Les sports contre-indiqués chez les personnes épileptiques sont la plongée sous-marine, les sports de combat ou les sports violents. Les sports nautiques imposent le port d’un gilet de sauvetage à tout moment. En général, il vaut mieux éviter les sports solitaires (randonnée et alpinisme seul, nage en mer, vol libre en solo, etc.) et préférer les sports d’équipe ou l’athlétisme.

Dans tous les cas, il est essentiel de prendre régulièrement son traitement, d'être particulièrement vigilant lors d'un changement de traitement ou de posologie, et de porter sur soi en permanence ses médicaments et une fiche indiquant que l'on souffre d'épilepsie.

Sport et maladies neurodégénératives

Ces maladies (sclérose en plaques, maladie de Parkinson, etc.) peuvent s’avérer très handicapantes. Cependant, elles n’excluent pas totalement la pratique sportive qui peut d’ailleurs aider à maintenir plus longtemps une relative autonomie.

La Fédération française du sport adapté permet aux personnes atteintes par ce type de maladie de s'inscrire dans de nombreuses disciplines.

Sport et infection par le VIH/sida

Les personnes infectées par le VIH/sida qui prennent des traitements souffrent parfois d’une mauvaise répartition des graisses du corps : amaigrissement du visage et des membres, embonpoint au niveau du ventre et parfois du cou.

Une activité physique régulière privilégiant les sports d'endurance semble contribuer à soulager ces effets indésirables des médicaments contre le VIH. Dans certains pays, la pratique de sports où le risque de saignement est important requiert un test sérologique négatif pour les infections par le VIH et les virus des hépatites.

Sport et cancer

Les personnes qui reçoivent un traitement contre le cancer trouvent certains bénéfices physiques et psychologiques à la pratique d’une activité de type sportif : lutte contre le stress, amélioration de l’appétit, meilleure qualité du sommeil, diminution de certains effets indésirables, plus grande confiance en leurs capacités physiques, etc.

À condition que l'état de santé et la forme physique le permettent, la pratique de la plupart des sports (à l'exception des sports de contact ou de combat) est possible pendant et après les traitements : natation, vélo, randonnée, etc.

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