En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l’utilisation de cookies pour vous proposer des contenus et services adaptés à vos centres d’intérêts. En savoir plus et gérer ces paramètres.x

Cancer du sein : la protéine ATIP3 sort de l'anonymat

1
2
3
4
5
(aucun avis)
vu par 1274 lecteurs
Les travaux d'une équipe française de l'Inserm sur la protéine ATIP3 montrent l'importance de sa présence ou de son absence sur la survenue de métastases. Cette découverte ouvre des pistes pour tenter de freiner la survenue de métastases chez les patientes atteintes d'un cancer du sein.

Le cancer du sein affecte plus de 50 000 femmes chaque année en France

Dans plus de six cas sur dix, les cellules de cancer du sein métastatique présenteraient un déficit en protéine ATIP3. C'est ce que nous apprennent les travaux sur la souris d'une équipe de l'Inserm (Institut national de la santé et de la recherche - unité 1016) dirigée par Clara Nahmias et Sylvie Rodrigues-Ferreira, dont les résultats ont été publiés récemment dans Cancer Research. Cette caractéristique tumorale qui peut être qualifiée d'anomalie pourrait expliquer la dissémination des cellules cancéreuses dans l'organisme et la formation de métastases.

Pas d'ATIP3, davantage de métastases chez la souris
L'expérimentation menée par l'équipe française a été réalisée sur des souris chez lesquelles les chercheurs ont injecté des cellules tumorales humaines, productrices ou non de protéine ATIP3. Après vingt-quatre jours, la présence de métastases a été recherchée.

Selon les données recueillies, 75 % des souris ayant reçu des cellules ne produisant pas de protéine ATIP3 avaient développé des métastases, contre 15 % parmi les souris ayant reçu des cellules en produisant.

Autrement dit, il existe une relation entre le déficit en ATIP3 et le développement de métastases.
Pour les auteurs, "cette protéine retarde véritablement l'apparition des métastases et les rend moins agressives. Dans le second groupe, les tumeurs apparues étaient en effet plus petites et moins nombreuses".
 
La protéine ATIP3 stabiliserait les cellules cancéreuses
Des métastases en nombre réduit, de taille plus petite en présence de la protéine ATIP3… mais quel est le mode d'action de cette protéine apparemment si précieuse ? Selon les données disponibles, l'ATIP3 permet de rendre les cellules plus stables, limitant ainsi leur dissémination. Elle agit sur des éléments constituant le squelette des cellules, les microtubules.
 
Quelles sont les prochaines étapes ?
Pour l'équipe Inserm, cette découverte permet d'envisager deux pistes thérapeutiques. L'une d'entre elle serait de détruire spécifiquement les cellules déficientes en ATIP3. L'autre solution envisagée consiste à développer une molécule pouvant mimer l'effet ATIP3. Dans les deux cas, cela pourrait permettre de développer des traitements plus sélectifs ne s'attaquant qu'aux cellules cancéreuse et limitant ainsi les effets secondaires habituellement observés au cours des traitements anticancéreux actuels.

BIen sûr, pour cela, de nombreux essais devront être réalisés, chez l'animal puis chez l'homme, avant d'envisager une éventuelle utilisation thérapeutique de l'une ou l'autre de ces pistes.

Un bénéfice pour les autres cancers ?
Ces travaux représentent un nouvel espoir dans la prise en charge thérapeutique du cancer du sein, qui reste le plus fréquent chez la femme. Outre le cancer du sein, d'autres cancers pourraient un jour bénéficier de cette découverte tels que le cancer du côlon, de la sphère ORL, de la peau ou de la vessie.

David Paitraud
 
Sources et ressources complémentaires :
"ATIP3, a novel prognostic marker of breast cancer patient survival, limits cancer cell migration and slows metastatic progression by regulating microtubule dynamics" , A. Molina et coll., Cancer Research, édition en ligne du 8 février 2013 (étude complète, fichier PDF)

Photo d'une coupe histologique d'un cancer du sein : © Inserm, Viviane Le Doussal

Commentaires (0)