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La prise de la pilule affecterait temporairement les ovaires et la fertilité

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Selon une récente étude danoise portant sur plus de 800 femmes âgées de 19 à 46 ans, la prise régulière de contraceptifs oraux ("pilule") affecte les ovaires en réduisant leur capacité à produire des ovules fécondables, d’une manière similaire aux effets de la ménopause.

Heureusement, cet effet est réversible à l’arrêt de la contraception, comme le montrent le taux de grossesse à 6 mois et à 1 an.


Le vieillissement des ovaires, un frein à la fertilité
Avec l'âge, les ovaires perdent leur capacité à produire des ovules fécondables (ce qu'on appelle la "réserve ovarienne"), d'où une baisse de la fertilité féminine après 40 ans. Ce vieillissement se traduit par un ensemble de changements au niveau des ovaires : diminution de leur taille, réduction du nombre de follicules immatures (les précurseurs des ovules) qu'ils contiennent, mais également baisse du taux sanguin d'une hormone particulière, l'hormone antimüllérienne (AMH, également appelée hormone de régression müllérienne).

Ces changements apparaissent dans les années qui précèdent la ménopause ("périménopause") et rendent la conception d'un enfant plus difficile.
 
La pilule, source d'un vieillissement ovarien prématuré... mais réversible

Selon l'étude présentée par le Dr Kathrine Birch Petersen au congrès annuel de la European Society of Human Reproduction and Embryology (ESHRE), la prise régulière de pilules contraceptives provoquerait, sur les ovaires, le même effet que le vieillissement : taille réduite de 30 à 50 %, en particulier chez les jeunes femmes de moins de 30 ans, diminution de 16 % du nombre de follicules immatures, baisse de 19 % du taux sanguin d'AMH.

Les scientifiques ont vérifié qu'aucun autre facteur n'était à l'origine de cette diminution de la réserve ovarienne : âge, obésité, tabagisme ou exposition au tabac pendant la vie fœtale, prématurité, âge de leur mère à la ménopause, etc.

Ces résultats pourraient être inquiétants si les effets de la pilule sur la réserve ovarienne étaient irréversibles. Cela signifierait alors que l'usage de la pilule peut réduire la fertilité féminine en accélérant l'apparition de la ménopause.

Mais heureusement, cela ne semble pas être le cas : en moyenne, une femme qui arrête sa contraception pour faire un enfant est enceinte au bout de 6 mois et 80 % des femmes sont enceintes dans l'année qui suit l'arrêt de la pilule.
 
Une nouvelle étude pour confirmer le caractère réversible des effets de la pilule
Selon le Dr Birch Petersen, une étude va être mise en place auprès de femmes ayant arrêté la contraception orale depuis 6 mois pour s'assurer que leurs ovaires ont retrouvé une réserve ovarienne normale pour leur tranche d'âge et pour essayer de comprendre comment les ovaires récupèrent progressivement leur capacité à produire des ovules fécondables.

D'ici là, les spécialistes de la fécondité féminine devront se souvenir que les ovaires des femmes qui prennent la pilule paraissent plus vieux que leur âge, mais que leur aspect ne peut pas prédire la fécondité de la femme une fois la contraception arrêtée.
 
En savoir plus : 
Ovarian reserve assessment in users of oral contraception seeking fertility advice on their reproductive time spanK. Birch Petersen et coll., ESHRE 2014 (résumé)
 

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