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Dérives sectaires en santé : la Miviludes alerte contre des "pseudo thérapeutes déviants"

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Les dérives sectaires dans le domaine de la santé et du bien être, qui peuvent exposer à des pertes de chances thérapeutiques, progressent en France et sont désormais les premières causes de saisine de la Miviludes (Mission interministérielle de vigilance et de lutte contre les dérives sectaires).
 
Dans son rapport remis le 22 mars au gouvernement, la Miviludes souligne que "les pseudos thérapeutes déviants sont toujours plus nombreux et imaginatifs" : de nouveaux groupes, inconnus jusqu’ici, émergent, les saisines se multiplient, et la santé représente désormais 46 % des saisines totales, d’où le besoin de sensibiliser les médias pour informer le grand public.. et les professionnels de santé, qui ne connaissent pas forcément bien ces thérapies et leurs possibles dérives, souvent liées au pseudo-thérapeute plutôt qu’à la technique elle-même.
 
Pour cela, la Miviludes, outre un état des lieux des tendances actuelles, avec des témoignages et statistiques, a procédé à un "focus sur "deux méthodes particulièrement inquiétantes : reiki et kinésiologie".
 
Cet organisme gouvernemental détaille également les moyens mis en œuvre par l’Etat pour lutter contre les dérives sectaires en santé.

Le reiki est une méthode d'imposition des mains supposée


Un rapport fouillé, en particulier sur la santé, mais abordant également d'autres dérives sectaires
Le rapport de la Miviludes (180 pages, PDF) concerne les dérives constatées en santé et bien-être, ainsi que les dérives religieuses (islam radical, catholicisme intégriste, scientologie en particulier), avec des focus sur des éléments s'apparentant aux pratiques sectaires : risque sectaire et  mineurs, détournements financiers, abus de la notion de bénévolat ou encore le travail dissimulé, la mise en cause de la sécurité des personnes, tous ces secteurs pouvant se croiser.
 
L'article ci-dessous est centré sur la majeure partie des aspects santé de ce rapport, dans un contexte où chacun constate une augmentation du recours aux thérapies dites "alternatives", reconnues par l'Etat et souvent exercée par des médecins (homéopathie, mésothérapie, acupuncture et ostéopathie) ou non (kinésiologie, reiki, mais aussi magnétiseurs, naturopathes, néo-chamanisme, thérapies vibratoires, thérapie par le jeûne, channeling, etc.).

Les liens ajoutés sous certains termes ou acronymes sont mis à titre d'information (pour comprendre de quoi il s'agit), et non pour en faire la promotion bien sûr. 
 
Une nette augmentation des interrogations sur les thérapies alternatives
Les données dans le tableau ci-dessous présentent les signalements ou interrogations posées à la Miviludes, qui expriment une inquiétude sur un mouvement, un groupe, une méthode ou une personne clairement identifés :

 
Typologie 2015 2016
Médecine complémentaire et alternative 214 395
Psychothérapie et développement personnel 170 189
Psycho-spiritualité 86 68
Mouvance évangélique 195 212
Spiritualité orientale et mouvance bouddhiste 112 126
Mouvance New Age 81 86
Scientologie 54 69
Témoins de Jehovah 59 67
Mouvance catholique 38 60
Magnétisme et médiumnité 24 47
Systèmes de ventes pyramidales 55 42
Islam rigoriste, salafisme et radicalisation djihadiste 60 36
Néo-chamanisme 25 28
Mouvements divers 53 72
Total des signalements mentionnant explicitement un mouvement 1173 1497

Comme vous pouvez le constater, les interrogations sur les thérapies alternatives (première ligne en gras) et le développement personnel (2e et 3e lignes en gras), soit 652 interrogations en tout,  ont nettement augmenté entre 2015 et 2016.
 
"Libérer son potentiel de guérison"
En 2017 cette tendance se confirme, avec beaucoup d'interrogations sur les approches "psychothérapiques" reposant sur le postulat que le malade ou la personne insatisfaite de sa vie "est entravée et peut se libérer et libérer son potentiel de guérison, d'épanouissement ou de réussite".
 
Les auteurs signalent aussi un danger potentiel lié au "néo-chamanisme" lorsqu'est encouragée la consommation de substances psychoactives tels que l'ayahuasca et l'iboga, ou la pratique des huttes de sudation.
 
Un site internet intitulé "Le grand changement", qui propose d'aller mieux avec des "thérapies vibratoires", a une audience en progression et suscite aussi des interrogations d'internautes craignant pour la santé des personnes parlant de "méthodes de bien-être non éprouvées".
 
"Crudivorisme", "respirianisme"… Des pratiques alimentaires extrêmes et inquiétantes
La Miviludes s'inquiète des promesses de "meilleure santé" en adoptant des comportements alimentaires "extrêmes" et qui trouvent une audience grandissante malgré les risques encourus : jeûnes prolongés et régimes très carencés ou extrêmes (véganisme, crudivorisme, respirianisme…) exposent à des risques d'affaiblissement physique et de moindre résistance psychologique à la manipulation, faisant courir le risque aux "adeptes" d'un isolement, d'un enfermement "pouvant vite devenir sectaire".
 
Les finances peuvent aussi être affectées, ces nouvelles pratiques représentant souvent un marché très lucratif : stages payants, vente de produits, d'ouvrages, de divers appareils, de substituts ou compléments alimentaires.
 
Voici un témoignage recueilli par la Miviludes et inclus dans son rapport :
"Je vous lance un appel au secours au sujet de ma fille de 33 ans mère de deux enfants en bas âge […] Ma fille a adopté le look VEGAN, ne mange plus de viande, elle a subi des pressions anti-famille. Nous maintenons le lien avec elle afin qu'elle ne sombre pas. Maigre, il ne reste plus que la peau et les os. Elle suit les conseils et mange des légumes pour compenser la viande. Je précise qu'il faut consommer 2 kg d'épinards pour obtenir l'équivalent d'un steack. L'hiver dernier, toute la famille a [été malade] probablement liées aux produits achetés auprès de la personne ci-dessus nommée (NDLR : leader d'un groupe Facebook)  ou autres personnes de ce genre. Un véritable marché se développe. Merci d'étudier ce cas, c'est très sérieux. Des vies de très jeunes personnes sont menacées. Nous ne pouvons rester inactifs" [Enregistré le 15/11/2016].
 
Des "pseudo-psychothérapeutes" isolent des personnes en détresse de leur entourage
Les interrogations concernant certains "pseudos psychothérapeutes" (qui n'ont pas suivi les formations reconnues en France de psychologue ou psychothérapeute, avec inscription au répertoire ADELI) sont également en nette augmentation (notamment après les attentats de 2015, avec l'apparition de nombreux "thérapeutes contre la terreur"), même si ce phénomène n'est pas nouveau, les psychothérapeutes amateurs côtoyant de "véritables gourous" depuis des années.
 
Le "patient" livre des détails de son intimité, ensuite utilisés par certains pseudo -thérapeutes pour l'isoler de son entourage, avec un recours "très répandu" à l'hypnose pour faciliter la déstabilisation et la manipulation "recherchée par certains prédateurs".
 
Voici deux témoignages sur ces pseudothérapies souvent très coûteuses, en sus d'isoler :
"Ma soeur a progressivement coupé tout contact avec sa famille et ses amis et nous ne l'avons pas vu depuis plus de 3 ans, depuis que sa psycho-généalogiste lui a mis dans la tête qu'elle a été victime d'un viol par un membre de la famille. Ma soeur compte laisser son activité actuelle pour devenir psycho-généalogiste et prend des cours chaque semaine encouragée par sa psycho-généalogiste qui lui disait au début de ses consultations qu'elle était très douée pour la généalogie et qu'elle ferait une meilleur généalogiste qu'elle. C'est pour cela qu'elle lui offrait une heure de consultation par semaine en plus de l'heure habituelle de 50€" [Enregistré le 11/10/2016]

"Une de nos interlocutrices nous a longuement décrit les activités de Madame X qui se livre à de la reprogrammation cellulaire, (250 euros la séance par téléphone) pratique le channeling, a recours aux faux souvenirs induits et se prend pour la réincarnation de Moïse" [Enregistré le 16/06/2017]
 
"Guérir le corps grâce au son et à la lumière"
Créé en 1990, le mouvement FIMB (Femmes Internationales Murs Brisés) a développé, entre autres, "Chromassonic", "un concept d'"harmonisation énergétique" pour "guérir le corps grâce au son et à la lumière", avec séances coûteuses de relaxation sous un appareil lumineux multicolore ("chromathérapie") et prise de compléments alimentaires.
 
FIMB tente se s'implanter dans les écoles, isole et recueille des fonds à la derstination opaque, selon une ancienne adepte inquiète.
 
Des méthodes non conventionnelles en plein développement en France, ce qui expose à des pertes de chances thérapeutiques
La France, à l'instar d'autres pays européens, connaît actuellement une déferlante de techniques et méthodes de soins non conventionnelles envahissant le champ de la santé, alors qu'elles n'ont pas fait l'objet d'études scientifiques ayant démontré leur utilité.
 
Or elles sont parfois utilisées à la place de la médecine pour prendre en charge des urgences ou des maladies graves, ce qui occasionne des pertes de chances parfois dramatiques (augmentation du risque de décès en cas de cancer, cf. Johnson SB et coll., 2018).
 
Parmi toutes ces techniques et méthodes, le reiki et la kinésiologie "connaissent un développement sans précédent en France, alors qu'ils sont porteurs de risques et non éprouvés". Il existe désormais des milliers de "thérapeutes auto-proclamés" proposant des consultations, des stages d'initiation, des formations, etc.
 
Le reiki, pour "canaliser l'énergie vitale universelle"
Voici le résumé de la Miviludes sur cette technique : "le reiki est une méthode thérapeutique promue et développée par le japonais Mikao Usui (1865-1926) à la suite d'une révélation mystique qui l'aurait conduit à la fin du XIXe siècle à recevoir les "clefs de la guérison". Cette technique de guérison par imposition des mains fait du praticien initié à la technique un simple médium permettant au patient de rétablir la force vitale garante de sa bonne santé.
 
Pour en résumer brièvement le principe : cette technique, nécessairement précédée d'une phase initiatique, entraînerait un mouvement énergétique intérieur. La détente des muscles accélèrerait la guérison et ouvrirait la conscience aux causes de la maladie ou de la douleur. Elle accroîtrait également les capacités d'auto-guérison physique et psychoaffective, en cas de blocages, dépression, anxiété, échecs".
 
La kinésiologie, une autre technique pour "s'auto-guérir"
La kinésiologie a été fondée dans les années 60 par un chiropracteur américain, mais elle est inspirée de la médecine chinoise et son approche holistique.
 
Cette technique psycho corporelle recourt à un test musculaire de communication au plan physique et émotionnel. Proposée à tous les âges de la vie et à tous les publics elle permettrait d'optimiser le capital de "ressources personnelles" avec l'accompagnement d'un thérapeute, et de parvenir à l'auto-guérison des difficultés existentielles et des maladies.
 
Là encore, cette technique, comme le reiki, n'a jamais montrée d'efficacité et n'est donc pas reconnue par l'Etat. NDLR : c'est le cas également de l'homéopathie et de l'acupuncture, du moins selon les travaux de la Fondation Cochrane, [édit 31 mars : mésothérapie et l'ostéopathie supprimés, cf. commentaires], qui n'ont pas démontré d'efficacité supérieure au placebo ([édit] ce qui ne signfie pas que l'effet placebo n'est pas important, il existe et est utile [/édit]). Elles sont pourtant reconnues par l'Etat, car elles sont souvent pratiquées par des médecins, même si les diplômes ne sont pas reconnus. Cela  suscite cependant actuellement l'indignation d'un collectif de 124 médecins ("Fakemedecine.org") qui appelle à l'arrêt de leur prise en charge financière 
 [/édit]) et un redéploiement vers d'autres actes de santé non remboursés, comme les consultations diététiques ou la psychologie clinique [/édit].
 
Kinésiologie et reiki : une mise sous emprise conduisant à un isolement de l'entourage
La pratique de la kinésiologie peut s'accompagner de techniques de mise sous emprise : valorisation de la victime "pour mieux asseoir l'emprise du gourou thérapeute", qui va alors conseiller des ruptures avec des habitudes de vie jugées néfastes et avec l'entourage, "pour aller mieux et retrouver son énergie, sa joie de vivre et tout son potentiel".
 
Des séances d'initiation, des stages coûteux (des centaines de milliers d'euros ont été évoqués par des témoins, certains ayant dû s'endetter pour finir leur "formation") peuvent alors être proposés, permettant de "soumettre totalement l'adepte", tout en lui faisant miroiter de devenir lui-même maître reiki ou kinésiologue. Des séances par téléphone sont aussi lourdement facturées.
 
Là encore, les proches et les professionnels de santé doivent se montrer particulièrement vigilants pour identifier des changements radicaux de comportement, les relier à une pratique et tenter de faire prendre conscience des risques.
 
Une quête de respectabilité pour faire oublier que ces pratiques n'ont pas de cadre légal
Beaucoup de pseudo-thérapeutes affichent sur leur site internet, supports de communication, des médailles et diplômes, avec un environnement institutionnel créé ex nihilo (fondations, chartes, codes de déontologie, etc.), "pour faire oublier que ces pratiques ne sont pas reconnues par les autorités sanitaires et qu'ils interviennent en dehors de tout cadre légal".
 
Et malheureusement, cela fonctionne, à tel point que ces techniques, selon la Miviludes, font leur apparition dans des établissements de santé, "avec tous les risques que cela peut représenter pour les patients (déstabilisation, perte de chance de guérison").
 
Collaboration de la Miviludes avec les autorités de santé pour détecter les dérives
La Miviludes collabore avec la DGS (Direction Générale de la Santé) pour identifier les PSNC (pratiques de soins non conventionnelles) qui se développent et pour lesquelles une évaluation scientifique est nécessaire. Ensuite l'Inserm (Institut national de la santé et de la recherche médicale), la HAS (Haute Autorité de Santé) et le HCSP (Haut conseil de santé public) peuvent donner leur avis sur ces PSNC : quels bénéfices ? Quels risques ?
 
Mais ce travail est long, ne peut pas couvrir toutes les méthodes apparaissant sans arrêt. Or "le risque pour le patient tient parfois moins à la méthode elle-même qu'à la personnalité de celui qui se présente comme thérapeute sans avoir de connaissances médicales".
 
La Miviludes collabore donc avec les ARS (Agences régionales de santé) pour échanger des informations sur un "parcours parallèle proposé aux malades par des pseudo-praticiens sans formation qui ne s'appuient pas sur une démarche scientifique"
 
En conclusion : des pratiques et des pratiquants à mieux connaître pour mieux cerner d'éventuelles dérives
La Miviludes fait le constat, comme de nombreux professionnels de santé et observateurs, d'une montée en France des approches parallèles du soin, sans support scientifique.
 

SI certaines de ces techniques ne comportent pas en elles-mêmes des risques, leur pratique possible sous forme de stages, de formations, de sénaces téléphoniques, assorties d'éventuels conseils de ruptures de modes de vie peuvent faire perdre des chances en cas d'urgence ou de maladie sévère.
 
De plsu, elles exposent, en fonction de la personnalité des "pseudo-thérapeutes" et de leur ambition, à des difficultés financières, scolaires pour les enfants, de nouveaux problèmes de santé, des ruptures avec l'entourage familial, affectif, amical, professionnel, ce qui caractérise les dérives sectaires rencontrées dans d'autres domaines (croyances religieuses en particulier).
 
Outre le travail de la Miviludes et ses organismes collaborateurs, c'est donc à toute la société (en particulier les acteurs de terrain que sont les professionnels de santé) d'être vigilante sur d'éventuelles dérives, dans un contexte de défiance croissante envers les politiques, les médias, mais aussi une partie de la médecine, ce qui expose les plus fragiles à "plonger" dans ces pratiques aux bienfaits non démontrées et aux risques de plus en plus avérés…
 

En savoir plus :

Remise du rapport annuel de la Miviludes au Premier ministre, 22 mars 2018 (rapport complet en PDF)

Use of Alternative Medicine for Cancer and Its Impact on Survival, Johnson SB et coll., JNCI J Natl Cancer Inst (2018) 110(1): djx145

Sur VIDAL.fr

Rapport sénatorial : comment lutter contre les dérives thérapeutiques et sectaires ? (avril 2013)

Thérapies complémentaires : analyses et recommandations de l'Académie de médecine (mars 2013)

Commentaires (8)

Le 30/03/2018 à 18:04
avatar DrPal
DrPal Dentiste - Chirurgien dentiste
Dans tous les esprits il y a de la place pour les croyances irrationnelles. Et l'idéalisme, le mégalomanie, le biais de confirmation, la cupidité, se développent aisément chez les pseudos thérapeutes et les mal diplômés ( ceux qui ont réussi des examens sans jamais avoir compris ce qu'ils apprenaient). Avoir recraché des données un jour n'a rien à voir avec l'acquisition d'un esprit scientifique, clair, cartésien. Il me semble impératif de purger le monde médical des brebis galeuses qui s'écartent en permanence de la médecine basée sur la preuve pour se perdre dans le charlatanisme. Les pratiques loufoques, les discours fumeux, le plus souvent anti-scientifiques, doivent rester aux gourous, guérisseurs, rebouteux, médiums, astrologues, sorciers, exorcistes, marchands d'espoir et de poudre de perlimpinpin. L'homéopathie, en particulier, qui se pare d'un vernis scientifique totalement mensonger doit être interdite aux médecins, comme c'est le cas dans les autres pa

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Le 30/03/2018 à 15:44
avatar moryadorje Médecin
moryadorje Médecin Médecin - Médecine générale
Près d'un demi-siècle de pratique hospitalo-universitaire m'incite à partager cette réflexion :
Beaucoup de pays ont une attitude intelligente en associant des pratiques complémentaires à leur protocole médical. Ce qui présente l'avantage de pouvoir surveiller et faire le tri entre ce qui peut aider et ce qui n'est pas valable. Il est tout à fait intéressant de se référer à des journaux avec comité de lecture comme The Journal of Alternative and Complementary Medicine. Ceci pour dire qu'il vaut mieux intégrer que réprimer car souvent on obtient l'effet inverse à celui recherché.

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Le 30/03/2018 à 14:49
avatar docvoltarene
docvoltarene Médecin - Médecine générale
Les "néo-thérapeutes" évoqués dans ces commentaires sont aussi des "professionnels" du "néo-markéting" et parmi des disciplines réellement intéressantes (ostéopathes, médecine traditionnelle chinoise, etc) ce glissent des gouroux autodiplomés : "herbalistes" ne connaissant rien aux plantes médicinales, "reiki", "kinésiologues", etc, etc (la liste est longue) tous autosatisfaits et ou le bagout est la seule vraie compétence.
Plaque, large publicité, absence de contrôles, et de sanctions. Voila leurs secrets.

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Le 30/03/2018 à 11:17
avatar jlroy
jlroy Médecin - Médecine générale
Tant qu'il ne sera pas institué une évaluation régulière des "thérapeutes", rien ne changera. Les médecins itou. Les Français y sont toujours opposés alors que l'évaluation des médecins américains se fait tous les 5 ans, rythme normal quand on sait que les connaissances médicales se renouvellent en entier tous les 10 ans.
France, pays de liberté, chacun peut apposer sa plaque sans le moindre contrôle.

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Le 30/03/2018 à 11:06
avatar Yankee
Yankee Agences Gouvernementales et Institutions (HAS, ANSM, InVS, LEEM, …)
La médecine traditionnelle (appliquée en France) a montré ses limites dans bien des cas, aussi faut-il qu'elle s'ouvre à d'autres pratiques, nouvelles et anciennes, qui peuvent apporter des solutions bénéfiques pour la santé et le bien-être de l'homme.
Il me paraît cependant essentiel que ces pratiques fassent l'objet d'un contrôle par les autorités de santé habilitées et que leur efficacité puisse être évaluée, par un conseil scientifique composé de représentants pluridisciplinaires ouvert à toutes formes de thérapies.
L'ouverture à l'innovation et à de nouvelles méthodes thérapeutiques me semble être une des clés du progrès dans le domaine de la santé.

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Le 30/03/2018 à 10:03
avatar Pierre
Pierre Médecin - Rhumatologie
Bonjour,

Arrêtons de toujours tout comparer à l’evidence Based médecine. Quand comprendrons nous en Occident que cette vision purement cartésienne et scientifique ferme le champs des possibles. L’humain est doté d’un cerveau qui est plus performant que la simple pensée ou raisonnement scientifique. Cela se nomme en autre l’art. Ce n’est pas parce que l’EBM ne montre pas quelque chose, que ce n’est pas efficace.

J’ajouterais qu’il faut bien différencier les choses par rapport aux méthodes citées dans l’article. Il y a un fossé entre des médecines traditionnelles qui sont pratiquées depuis des millénaires (bien avant la médecine scientifique) et les pratiques déviantes. On ne peut pas comparer du reiki et de la médecine chinoise.

Et concernant les pratique déviantes, les conflits d’interet entre état et groupes pharmaceutiques n’ont peut être pas pour but d’isoler enfermer ou ruiner. Mais leurs actions ont quand des conséquences parfois plu

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Le 30/03/2018 à 09:44
avatar Placebo
Placebo Médecin - Anesthésie
Ne jetons pas le bébé avec l'eau du bain...
Autrement dit, ne confondons pas les approches "alternatives" et les praticiens (et l'usage qu'ils en font).
Les techniques énergétiques ont fondé la médecine traditionnelle chinoise (entre autres), qui est avant tout une médecine préventive. En occident, l'indication première à la médecine est curative. Il y a donc là un premier biais.
Il reste vrai que certaines pratiques ésotériques (pour le moins) sont totalement dénuées de fondement.

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Le 29/03/2018 à 18:54
avatar Thigat
Thigat Autre professionnel de santé
Juste un petit mot sur cet article.
Dans la liste je ne vois pas "l'état" ou plus spécifiquement le ministere de la santé qui pousse la population à prendre des medocs pour encore engraisser les lobbie pharmaceutiques.... Effectivement, il ne reste plus beaucoup, voir casiment plus d'herboristerie sur Paris ou même Lyon, il n'y à plus non plus de cours dans les facs de médecine sur les plantes et autres médecine plus traditionelle, alors qu'avant cela faisait partie d'un programme....
Donc forcément, on essaie de freiner les personnes qui essaie de faire les rebelles en proposant des alternatives. Il faut faire attention aux personnes et aux organisations à comment elle forment, instruisent les gens qui veulent trouver une solution à leurs maux, maladie quand elles souffrent.
Ce qui est paradoxal, c'est qu'il existent des solutions pour guérir (pas pour soigné...),mais personne n'en parle, se serai un manque à gagné pour les lobbye pharmaceutiques, voilà pourquoi on

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Le 29/03/2018 à 19:51
avatar Modérateur
Modérateur
Bonsoir Thigat,

Les relations entre autorités de santé et industrie pharmaceutique sont d'un autre ordre que celles évoquées dans ce rapport. La communication est encore trop descendante dans notre pays, la décision pas assez partagée, mais les médecins ne prescrivent pas pour embrigader, isoler de l'entourage, ruiner, enfermer..

Quant à la phytothérapie, elle regagnera probablement ses lettres de noblesse au fur et à mesure des études pratiquées. par exemple, en Chine, l'herboristerie traditionnelle est en train d'être testée selon les standards de l'evidence based medicine, ce qui informera sur les rapports bénéfices - risques.

Ce que dénonce avant tout ce rapport, il me semble, ce sont des comportements de "thérapeutes" qui profitent d'une néo-thérapie mal connue, non scientifique, u d'une croyance santé, pour embrigader des gens, d'où les signalements faits aux autorités. Ce rapport aborde aussi la défiance liée, par exemple, à la vaccination, qui pousse à recourir à l'anti-science plutôt qu"à la science..

Bien à vous

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