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Epidémie de rougeole : nouvelles recommandations du HCSP et de la DGS

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Au regard de l'épidémie de rougeole qui sévit en France depuis le mois de novembre dernier, la Direction Générale de la Santé (DGS) a saisi le Haut Conseil de la Santé publique (HCSP) pour qu'il émette des recommandations relatives à la stratégie de surveillance des cas de rougeole et de priorisation de la confirmation biologique des cas en situation épidémique.

Sur la base de ces recommandations, la DGS demande aux professionnels de santé :
  • de maintenir la surveillance, en déclarant sans délai les cas suspects de rougeole à l’ARS,
  • de réaliser une investigation a minima afin d’identifier les personnes ou situations à risque, 
  • de prioriser le diagnostic biologique dans les situations spécifiques, notamment en présence de facteurs de gravité, 
  • d’effectuer une vaccination post-exposition sans attendre la confirmation biologique des cas, en situation de cas groupés ou dans une région épidémique,
  • de vérifier le statut vaccinal et promouvoir la vaccination ou un rattrapage si besoin.

Erruption typique de rougeole (illustration @Danvasilis sur Wikimedia).


La France en situation épidémique de rougeole
Le Haut Conseil de la Santé publique (HCSP) a émis un avis relatif à l'évolution de la stratégie de gestion en cas d'épidémie de rougeole importante sur le territoire national

Ce document, mis en ligne le 25 avril dernier, fait suite à une saisine de la Direction Générale de la Santé (DGS) du 13 mars 2018, dans un contexte épidémique de rougeole touchant la majeure partie du territoire national (Cf. Encadré 1). 

 
Encadré 1 - Situation épidémiologique de la rougeole en France au 22 avril 2018
(d'après Santé publique France 25 avril 2018)
  • 1 947 cas déclarés depuis le 6 novembre 2017 (+ 166 cas depuis le dernier bulletin hebdomadaire)
  • plus de 1 875 cas (96 %) déclarés depuis le 1er janvier 2018
  • 78 départements touchés par au moins 1 cas
  • 51 % des cas (n = 986) déclarés dans la région Nouvelle-Aquitaine, seule région en situation épidémique
  • incidence la plus élevée chez les moins de 1 an : 18,5 cas/100 000 habitants
  • 21 % des cas déclarés hospitalisés
  • 87 % des cas de rougeole survenus chez des sujets non ou mal vaccinés

Selon la DGS, le nombre de cas réels est sous-estimé, en raison d'une sous-déclaration évaluée à 50 %.
 
Maintenir la surveillance par le signalement systématique des cas
La DGS insiste sur l'importance de maintenir la surveillance des cas
Cela implique un signalement systématique à l'ARS (Agence régionale de santé) par tous les moyens à disposition : remplissage de la fiche de déclaration obligatoire (Cerfa 12554*03), téléphone, télécopie, courriel. 
Cette organisation et l'analyse des signalements recueillis visent à suivre la dynamique de l'épidémie, et d'assurer une gestion appropriée autour des cas.

Dans le cadre de cette surveillance, une investigation a minima autour de chaque cas est nécessaire. Elle permet d'identifier les personnes ou les situations à risque nécessitant la mise en œuvre rapide de mesures de gestion et de prévention de la maladie : 
  • cas avec des personnes à risque de forme grave dans leur entourage : nourrissons âgés de moins d'un an, femmes enceintes, personnes immunodéprimées ;
  • foyers de cas dans des collectivités considérées comme particulièrement à risque de formes graves : crèches pouvant accueillir des enfants âgés de moins d'un an, services hospitaliers (avec en particulier, nécessité de mise à jour du statut vaccinal des soignants), communautés en situation de précarité et/ou avec des couvertures vaccinales potentiellement basses (communautés de gens du voyage, personnes déplacées migrantes ou réfugiées) ;
  • risque d'exportation de cas vers des zones en situation d'élimination de la rougeole : départements français des Amériques, région des Amériques.

Identifier les situations prioritaires pour une confirmation biologique
Le HCSP définit également les situations pour lesquelles un diagnostic biologique est prioritaire. Il s'agit notamment des cas présentant des facteurs de gravité : 
  • personnes hospitalisées avec suspicion de forme grave de rougeole ;
  • cas suspects de rougeole en contact avec des populations à risque de rougeole grave ou dans l'entourage familial de personnes non immunisées à risque de rougeole grave : nourrisson âgé de moins de 12 mois, femme enceinte, personne immunodéprimée.

En l'absence de facteurs de gravité, une confirmation biologique des cas de rougeole est recommandée pour les cas suspects de rougeole survenant : 
  • chez une personne vaccinée quel que soit le nombre de doses reçues incluant la valence rougeole ;
  • chez une personne résidant dans un des trois départements français d'Amérique (région OMS des Amériques où la rougeole est éliminée) ;
  • survenant dans les 2 semaines (période d'incubation) suivant un voyage à l'étranger pour la confirmation du cas et la caractérisation du génotype.

La sérologie rougeole par la recherche des IgM spécifiques est la technique de référence pour le diagnostic de l'infection aiguë. Les anticorps antirougeoleux peuvent aussi être recherchés dans le liquide buccal, prélevé exclusivement à l'aide d'un kit salivaire afin de garantir une concentration en immunoglobulines voisine de celle observée dans le sérum.

En contexte épidémique, l'utilisation de ces kits salivaires doit être priorisée aux nourrissons (prélèvements non invasifs) et aux patients dont l'accès à un laboratoire de biologie médicale spécialisé est éloigné.
Ces kits sont disponibles auprès des agences régionales de santé (ARS) ; leur envoi se fait à température ambiante.


Proposer la vaccination post-exposition dans certaines situations
La vaccination post-exposition doit être proposée sans attendre la confirmation biologique :
  • en situation de cas groupés,
  • ou dans une région épidémique.

Vérifier le statut vaccinal
La DGS rappelle l'importance de la vérification du statut vaccinal vis-à-vis de la rougeole de toutes les personnes nées à partir de 1980, et particulièrement :
  • les enfants de 1 à 4 ans,
  • les adolescents,
  • les jeunes parents
  • les femmes en âge de procréer,
en vue d'un rattrapage vaccinal le cas échéant. 

Promouvoir la vaccination contre la rougeole pour amplifier la couverture vaccinale
Selon le HCSP, la vaccination reste le moyen le plus efficace pour prévenir l'épidémie de rougeole
Le schéma vaccinal en vigueur prévoit que toutes les personnes nées à partir de 1980 doivent avoir reçu 2 doses de vaccin

Le HCSP souligne l'intérêt d'obtenir une augmentation rapide de la couverture vaccinale dans les populations exposées. 
Cela implique de mettre en place des campagnes de vaccination, au niveau régional et national, avec une mobilisation de l'ensemble des acteurs concernés (les ARS, les URPS, les Ordres professionnels, le rectorat, le Ministère de la santé, etc.).

L'accès à la vaccination doit être facilité, avec des actions sur les lieux de vie, comme cela a été le cas au mois d'avril en région Nouvelle-Aquitaine sur les campus universitaires de Bordeaux et de Poitiers. 

Pour aller plus loin
Communiqué - Évolution de la stratégie de gestion en cas d'épidémie de rougeole (HCSP, 25 avril 2018)
Avis relatif à l'évolution de la stratégie de gestion en cas d'épidémie de rougeole importante sur le territoire national (HCSP, 23 avril 2018)
Communiqué de la DGS - Avis du HCSP relatif à l'évolution de la stratégie de gestion des cas de rougeole en France (DGS, 26 avril 2018)
Calendrier des vaccinations et recommandations vaccinales (février 2018)
Rougeole en France : plus de 1 500 cas et 78 départements touchés depuis le 1er janvier 2018 (Santé publique France - 25 avril 2018)

Sur VIDAL.fr
Vaccin contre la rougeole avant l'âge de 1 an : la HAS préconise d'utiliser le ROR à la place de ROUVAX (18 avril 2018)
Rougeole : la DGS et Agnès Buzyn appellent les Français non vaccinés "à faire un rattrapage" (15 février 2018)

Calendrier des vaccinations et recommandations vaccinales 2018 : obligations et nouveautés (15 février 2018)

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