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Recommandations sanitaires aux voyageurs : nouvelle édition 2018

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La nouvelle édition des recommandations sanitaires aux voyageurs a été publiée dans un numéro hors série du Bulletin épidémiologique hebdomadaire (BEH) le 25 mai 2018. 

Cette édition s’enrichit de nouveaux contenus dont les points forts touchent notamment à l'encéphalite japonaise, la fièvre jaune, les vaccins, le paludisme, les répulsifs, les diarrhées, les risques de portage de bactéries multirésistantes, les jeunes-filles mineures et le transport des médicaments.

L’accent est mis sur la nécessité lors de la consultation pré-voyage "d'intégrer tous les paramètres du voyage et du voyageur afin d'apporter une information claire, loyale et appropriée". 

Du fait de la diversification de leurs destinations, les voyageurs sont exposés de manière accrue à des risques sanitaires (illustration).


Nouvelle édition 2018 des recommandations sanitaires aux voyageurs
L'édition 2018 des recommandations sanitaires aux voyageurs a été publiée le 25 mai dernier dans la revue Bulletin épidémiologique hebdomadaire (BEH) sous la forme d'un numéro hors-série. 

Onze chapitres y sont proposés (Cf. Encadré 1) dans le but d'aider les professionnels de santé à prodiguer aux voyageurs les conseils appropriés en cas de séjour à l'étranger. 

 
Encadré 1 - Recommandations aux voyageurs : sommaire
  • Vaccinations
  • Paludisme
  • Risques liés aux arthropodes
  • Diarrhée du voyageur et autres risques liés à l'alimentation
  • Risques liés aux transports
  • Risques liés à l'environnement
  • Risques liés à certains comportements ou situations
  • Précautions en fonction des personnes
  • Trousse à pharmacie
  • Aspects administratifs
  • Retour de voyage et santé publique : reconnaître les situations à risque et savoir alerter

Selon Daniel Camus et Christian Chidiac, respectivement membre (président du groupe de travail) et président de la Commission spécialisée Maladies infectieuses et maladies émergentes du Haut Conseil de la Santé publique (HCSP), la mise à jour de 2018 a tenu compte des évolutions épidémiologiques des maladies, de l'avancée des connaissances et de l'introduction de nouvelles réglementations, mais aussi "des évolutions comportementales de voyageurs en quête d'exotisme, d'aventure et de séjours inoubliables hors les sentiers (touristiques) battus".

Les points forts de cette nouvelle édition sont nombreux et concernent notamment :

Les vaccinations
Cette rubrique a été actualisée pour intégrer notamment les nouvelles recommandations vaccinales en France. L'occasion d'un voyage à l'étranger permet de faire le point sur le statut vaccinal des voyageurs, et d'effectuer les rattrapages si nécessaire. 

 
  • Encéphalite japonaise : un tableau remplace la carte
Dans la rubrique Vaccinations de l'édition 2018, le paragraphe sur l'encéphalite japonaise a été complété d'un tableau (page 6).
Ce dernier fournit les détails sur les zones et les saisons à risque de transmission de cette maladie au sein de chaque pays.
Il remplace la carte qui était jusqu'à présent proposée. 

 
  • Fièvre jaune : évaluation des risques pays par pays
Un tableau a remplacé la carte d'endémicité jusqu'alors publiée. 
Cette nouvelle présentation (pages 11 et 12) propose une liste des pays concernés par le risque de transmission de la fièvre jaune sur tout ou partie du territoire et apporte des précisions quant à l'obligation vaccinale selon le pays de provenance des voyageurs.

Le paludisme et sa chimioprophylaxie
Au niveau mondial, l'incidence du paludisme a diminué depuis 2010. Elle était de 63 cas pour 1 000, soit 216 millions de cas, en 2016. On note une ré-augmentation depuis 2014. De même pour la mortalité, après une baisse quasi-mondiale, on observe une stagnation de ce taux depuis 2015.

Une chimioprophylaxie contre le paludisme n'est plus justifiée dans les zones à faibles risque d'Amérique et d'Asie tropicales, pour les séjours conventionnels. La protection personnelle antivectorielle, c'est-à-dire l'utilisation de mesures répulsives contre les moustiques, reste fondamentale

Pour évaluer le risque palustre et la pertinence de prescrire une chimioprophylaxie, le médecin doit prendre en compte un ensemble d'éléments propres au voyageur et à son voyage, ainsi que le profil de sécurité du médicament prescrit : 
  • destination et caractéristiques du lieu de séjour : on distingue alors les profils de séjour "conventionnel" et "non conventionnel",
  • saison, 
  • durée du voyage,
  • caractéristiques du voyageur (âge, antécédents de pathologie ou pathologie chronique, grossesse) 
  • données de sécurité sur le médicament de chimioprophylaxie.
Récemment, l'Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé (ANSM) a publié un point d'information rappelant les règles de bon usage de la méfloquine (LARIAM) au regard des risques neuropsychiatriques qui lui sont associés (Cf. Encadré 2).
 
Encadré 2 - La méfloquine : en dernière intention
En complément des recommandations sanitaires aux voyageurs, l'ANSM a publié un rappel de bon usage de la méfloquine (LARIAM) indiqué pour la chimioprophylaxie du paludisme.
Bien que largement moins utilisée en France que l'association atovaquone/proguanil (MALARONE et génériques) et la doxycycline (DOXYPALU), LARIAM reste utile en cas d'impossibilité d'utiliser les autres spécialités.

Il présente cependant un risque d'effets indésirables neuropsychiatriques potentiellement graves (changement d'humeur, cauchemars, insomnies, anxiété, dépression, voire une agitation ou une confusion mentale), pouvant survenir jusqu'à plusieurs mois après l'arrêt du traitement.
A ce titre, le recours au LARIAM ne doit être envisagé qu'en dernière intention, si les alternatives ne sont pas adaptées et si le bénéfice est jugé supérieur au risque par le médecin prescripteur.
Son utilisation est contre-indiquée chez des patients présentant ou ayant présenté un trouble psychiatrique. 

La diarrhée du voyageur
En raison du risque de résistance bactériennes (bactéries multirésistantes BMR), une antibiothérapie probabiliste est recommandée uniquement en cas de syndrome dysentérique, si une consultation médicale rapide n'est pas possible. 
Dans ce cas, la ciprofloxacine ou l'ofloxaxine (fluoroquinolones) sont les antibiotiques de première intention. 
L'azithromycine (macrolide) est utilisée en cas de contre-indication ou de séjour en Asie.

Les jeunes-filles mineures
Déjà présent dans les éditions précédentes, le chapitre consacré aux précautions en fonction des personnes s'enrichit d'une mise en garde relatives aux risques pour les jeunes-filles mineures.

Il s'agit notamment du risque de mutilation sexuelle (excision, infibulation) ou de mariage forcé lors du séjour.

Le transport des médicaments
La réglementation du transport des médicaments est différente selon les pays et selon qu'il s'agit de médicaments dits courants ou de médicaments stupéfiants ou psychotropes.

Que les voyages aient lieu au sein de l'espace de Schengen ou en dehors,
il est utile de connaître les règles : ainsi, en dehors de l'espace Schengen, il convient de disposer de l'ordonnance du médecin traitant et il est impératif de se renseigner en France auprès de l'ambassade ou du consulat du pays de destination

Pour aller plus loin 
Recommandations sanitaires pour les voyageurs 2018 - BEH Hors-série du 25 mai 2018 (Santé publique France)
Profil de sécurité du LARIAM dans la chimioprophylaxie du paludisme - point d'information (ANSM, 25 mai 2018)

Sur VIDAL.fr
Prophylaxie du paludisme : LARIAM (méfloquine), en dernière intention en raison des risques neuropsychiatriques (29 mai 2018)

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