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ANDROCUR et génériques (cyprotérone) : point d'information de l'ANSM sur le risque de méningiome

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EDIT du 20 septembre 2018 : mise en place d'un numéro vert pour l'information des femmes ayant eu ou recevant un traitement par ANDROCUR : 0 805 04 01 10 (lundi au vendredi, 9h00 - 19h00, gratuit).
Recommandations provisoires en attendant les recommandations d'experts aux professionnels de santé : évaluer ou réévaluer les traitements en cours de manière individuelle, vérifier les antécédents de méningiome avant d'initier un traitement par cyprotérone, respecter les indications de l'AMM, prescrire aux doses les plus faibles et la durée la plus courte / FIN EDIT.

Les spécialités de cyprotérone 50 mg ou 100 mg, ANDROCUR et génériques, sont associées à un risque connu de méningiome.

Les résultats intermédiaires d’une étude récente de pharmaco-épidémiologie menée par l’Assurance maladie sur une population de femmes françaises exposées au cyprotérone et surveillées pendant 7 ans (n = 250 000), suggèrent que le risque de méningiome s’accroît avec la durée et la dose d’exposition au cyprotérone (voir résultats dans l'article ci-dessous).

Au regard de ces nouveaux résultats, l’ANSM a créé un Comité scientifique spécialisé temporaire (CSST) et s’est rapproché de sociétés savantes pour établir des recommandations d’utilisation et de prescription de l’acétate de cyprotérone afin de limiter ce risque. 


Dans l'attente de ces recommandations, l'ANSM invite les patients à se rapprocher de leur médecin ou de leur pharmacien, pour toute question. Elle précise qu'ils ne doivent en aucun cas arrêter leur traitement sans l’avis d’un médecin.

Les différentes méninges du cerveau humain (illustration).


EDIT du 20 septembre 2018 : mise en place d'un numéro vert pour l'information des femmes ayant eu ou recevant un traitement par ANDROCUR : 0 805 04 01 10 (lundi au vendredi, 9h00 - 19h00, gratuit). 
Recommandations provisoires en attendant les recommandations d'experts aux professionnels de santé : évaluer ou réévaluer les traitements en cours de manière individuelle, vérifier les antécédents de méningiome avant d'initier un traitement par cyprotérone, respecter les indications de l'AMM, prescrire aux doses les plus faibles et la durée la plus courte / FIN EDIT.

Un risque de méningiome déjà connu
Suite à un signal de pharmacovigilance lancé par la France à l'échelle européenne, un risque de méningiome (Cf. Encadré 1) est identifié depuis 2011 chez les femmes suivant un traitement par acétate de cyprotérone (AC) 50 mg ou 100 mg, ANDROCUR et génériques (Cf. Encadré 2). 

 
Encadré 1 - Brève définition du méningiome
Un méningiome est une tumeur cérébrale produite à partir de cellules des enveloppes du cerveau et de la moelle épinière appelées les méninges.
Développées en dehors du système nerveux, les méningiomes sont des tumeurs bénignes dans environ 75-80 % des cas ; plus rarement, elles peuvent se présenter sous des formes plus agressives ayant tendance à récidiver ou pouvant menacer la vie du patient.

Encadré 2 - Indications d'ANDROCUR et génériques 
  • Dosage à 50 mg :
    • Hirsutismes féminins majeurs d'origine non tumorale (idiopathique, syndrome des ovaires polykystiques) lorsqu'ils retentissent gravement sur la vie psycho-affective et sociale.
    • Traitement palliatif antiandrogénique du cancer de la prostate.
  • Dosage à 100 mg (ANDROCUR n'est plus commercialisé sous ce dosage depuis le 18 avril 2018) :
    • Traitement palliatif antiandrogénique du cancer de la prostate.
    • Réduction des pulsions sexuelles dans les paraphilies, en association à une prise en charge psychothérapeutique.

Ce risque est mentionné dans les autorisations de mise sur le marché (AMM) de ces spécialités qui sont contre-indiquées en cas d'existence ou d'antécédents de méningiomes.  

Une augmentation progressive des cas de méningiomes depuis 2009
Dans la base nationale de pharmacovigilance (BNPV), une augmentation progressive du nombre de cas de méningiomes déclarés sous AC a été observée depuis 2009 pour atteindre 100 cas déclarés en juin 2018.

Entre 2007 et 2015, plus de 500 cas de méningiomes chez des femmes exposées à l'acétate de cyprotérone ont été pris en charge en neurochirurgie ou neurologie.
Les données de la littérature scientifique montrent que les méningiomes liés à la prise de cyprotérone régressent, pour la plupart, à l'arrêt du traitement.

D'autres progestatifs sont associés à la survenue de méningiome (nomegestrol et chlormadinone), mais dans des proportions moindres (une dizaine chacun) pour une utilisation plus importante.

Outre les spécialités ANDROCUR et génériques, l'AC entre également dans la composition de la pilule DIANE (traitement de l'acné), mais à la dose de 2 mg par unité de prise. Le risque de méningiome n'a pas été rapporté avec cette spécialité faiblement dosée en AC. 

Une étude en vie réelle sur 250 000 femmes exposées
Pour préciser en vie réelle la relation entre la prise de cyprotérone et l'apparition de méningiome (méningiome opéré), l'Assurance maladie en coopération avec le service de neurochirurgie de l'hôpital Lariboisière a mené une étude auprès de 250 000 femmes exposées à ce médicament.

Deux groupes ont été comparés pour évaluer l'influence des paramètres dose et durée : 
  • un groupe de femmes recevant de fortes doses (plus de 3 g par mois sur 6 mois, soit au moins 3 boîtes prescrites, puis poursuite du traitement) 
  • un groupe de femmes faiblement exposées (moins de 3 g sur 6 mois, soit 1 ou 2 boîtes, puis arrêt du traitement). 
La surveillance a duré 7 ans.

Des résultats intermédiaires qui suggèrent une relation dose/effet
Les résultats intermédiaires de l'étude française sont en faveur d'une relation dose/effet
  • le risque de méningiome est multiplié par 7 dans le groupe exposé à plus de 3 g sur plus de 6 mois (au moins 3 boîtes prescrites par mois), en comparaison à l'autre groupe ; 
  • le risque est multiplié par 20 au-delà d'une dose cumulée de 60 000 mg, correspondant par exemple à 50 mg/20 jours par mois pendant 5 ans.

Les résultats montrent également que le risque de méningiome :
  • augmente fortement avec l'âge de la patiente, 
  • diminue très fortement après l'arrêt du traitement. 

Les résultats complets seront disponibles ultérieurement.

Les actions de l'ANSM pour encadrer ce risque
Suite à la publication de ces résultats, les éléments des autorisations de mise sur le marché (AMM) en vigueur sont rappelés aux professionnels de santé, à savoir la contre-indication de l'AC en cas d'antécédent de méningiome.

En outre, l'Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé (ANSM) souhaite saisir les sociétés savantes concernées et les neurochirurgiens pour élaborer des recommandations d'utilisation de l'acétate de cyprotérone. 

Ces recommandations ont pour objectifs : 
  • d'encadrer le risque de méningiomes chez les patientes traitées par AC 50 mg ou 100 mg, 
  • de déterminer la conduite à tenir en cas de survenue d'un méningiome, 
  • de redéfinir les indications, du fait de la mise en évidence d'une utilisation de ces médicaments hors-AMM, et la place de ce traitement dans la stratégie thérapeutique des hyperandrogénies. 

Elles seront discutées lors d'une prochaine réunion du Comité scientifique spécialisé temporaire (CSST), créé en la circonstance et composé d'experts indépendants (endocrinologues, endocrino-pédiatres, gynécologues, neurochirurgiens et dermatologues).

Dans l'attente, "pour toute question, les patients sont invités à se rapprocher de leur médecin ou de leur pharmacien. Ils ne doivent en aucun cas arrêter leur traitement sans l'avis d'un médecin".


Pour aller plus loin
Androcur (acétate de cyprotérone) et génériques : risque de méningiome lors d'une utilisation prolongée - Point d'information (27 août 2018)
CSST Méningiome et acétate de cyproterone du 13/06/2018 - Compte-rendu (ANSM, 27 août 2018)

EDIT du 20 septembre 2018 : 
Androcur et risque de méningiome : Mise en place d'un numéro vert pour les patients et recommandations temporaires à destination des professionnels de santé - Point d'Information (ANSM, 20 septembre 2018)

Lettre aux professionnels de santé - Acétate de cyprotérone (ANDROCUR et génériques) : conduite à tenir (ANSM, 20 septembre 2018)
/FIN EDIT

Sur VIDAL.fr
ANDROCUR 50 mg comprimé sécable (cyprotérone) : simplification du schéma thérapeutique (7 juin 2016)

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