Que dire aux patients sur l’épidémie COVID-19 ?

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Il a fallu seulement 12 semaines pour que la COVID-19, le nom de l’infection dû au nouveau coronavirus (SARS-CoV-2), passe du statut de maladie inconnue à celui de menace mondiale. Et la situation évolue tous les jours. Comment le médecin peut-il en parler à ses patients qui sont inondés d’informations sur ce nouveau risque ?

Quelques réponses à une question cruciale


Interrogé par le New England Journal of Medicine, le Dr Anthony Fauci, directeur du National Institute of Allergy and Infectious Diseases américain depuis 36 ans et membre de la White House Coronavirus Task Force, a livré son avis sur cette question. Selon lui, "il faut d'abord brosser un tableau général sans pour autant l'enrober de sucre, parce que nous sommes dans une situation réellement grave. Néanmoins, il faut aussi tenter d'expliquer à chaque patient qu'il ne doit pas porter sur ses épaules tout le poids de la pandémie actuelle".

Un discours adapté au patient
Ensuite, il faut orienter le discours selon les particularités du patient et la zone géographique dans laquelle il vit. Une personne âgée atteinte d'une bronchopneumopathie obstructive, d'une maladie cardiovasculaire ou d'un diabète n'est pas exposée aux mêmes risques qu'un sujet jeune dénué de pathologie.
Dans cette population, il est particulièrement important d'insister sur les conseils de base. Pour A. Fauci, les conseils à donner aux patients sont : "isolez-vous autant que vous pouvez du reste de la communauté, évitez les foules, ne montez pas à bord d'un avion surchargé, ne partez pas en croisière et lavez-vous les mains le plus possible. Et si vous vivez avec un patient immunodéprimé, par exemple recevant une chimiothérapie, agissez comme si vous étiez vous-même infecté, même si vous êtes jeune et en bonne santé, éloignez-vous physiquement de lui et protégez-le".

Pas de panique, mais changer ses habitudes de vie
Il peut aussi être utile d'expliquer pourquoi il est important de s'isoler socialement car beaucoup de gens n'en comprennent pas la signification. "Rappelez-lui également qu'en cas d'apparition de symptômes, il ne faut absolument pas se rendre directement dans un cabinet ou aux urgences, mais rester chez soi (et appeler le 15 en France), une mesure qui permet d'éviter de contaminer d'autres patients", ajoute le spécialiste.
Pour le Dr Anthony Fauci, le message-clé à faire passer aux patients est binaire. "D'une part, il faut leur dire de ne pas paniquer car cette attitude est source de comportements contreproductifs en termes de santé publique, mais, d'autre part, il faut leur faire comprendre qu'il leur faudra agir d'une façon complètement différente de ce qu'ils faisaient auparavant : être socialement distant."

Mesurer l'impact de la distance sociale
Dans une autre interview faite à Horizon, le magazine de l'Union européenne sur l'innovation et la recherche, le Dr Vittoria Colizza, chercheuse à l'Inserm, prône les mêmes conseils de distance sociale. Cette épidémiologiste a conduit le travail de modélisation informatique pour le projet européen MOOD. L'outil permet de traiter rapidement de multiples données, provenant de multiples sources. L'épidémie à SARS-CoV-2 a ainsi pu être suivie dans le temps et dans l'espace (notamment à partir des données sur les voyages aériens et le traçage des téléphones mobiles). En utilisant ce modèle, il est aussi possible d'analyser l'impact de mesures prises pour diminuer les contacts sociaux comme la fermeture d'une école.
 

Pour en savoir plus
Podcast 256. Anthony Fauci: Talking with patients about COVID-19. NEJM Journal Watch. 10 mars 2020.
R Gray. Covid-19 : Social distancing will help health authorities deal with coronavirus, says epidemiologist. Horizon. The UE Research § Innovation Magazine. 11 mars 2020.



   

Commentaires (1)

Le 24/03/2020 à 16:22
avatar SOIGNANT ?
SOIGNANT ?
Déjà difficile de faire comprendre la problématique de la contagion, mais encore plus difficile si les personnes sont âgées et ne comprennent pas l'obligation de se protéger pour protéger ses voisins. Donc nous arrivons à une impasse : une signature par jour , tous les jours pour plusieurs sorties, puisque même date ,ou il suffit de changer la date ... il me faut.... c'est le motif ... et bien difficile de faire une sortie en ayant groupé ses besoins : un jour le lait, le lendemain soins du corps....
Manque de peur , incompréhension ou oublie de la menace.... Donc des sorties multipliées, pour des personnes à risque en incapacité de raison. QUE FAIRE ?

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