COVID-19 : un quota pour la délivrance du paracétamol en officine

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Depuis le 18 mars, l'ANSM* demande aux pharmaciens de respecter les quotas suivants lors de la délivrance de paracétamol sans ordonnance médicale, afin de préserver les stocks : 
  • 1 seule boîte de paracétamol (500 mg ou 1 g) par patient en l'absence de symptôme, 
  • 2 boîtes (500 mg ou 1 g) par patient en cas de douleur ou de fièvre.

En parallèle, la vente en ligne des médicaments à base de paracétamol, d'ibuprofène ou d'aspirine est suspendue.
Ces décisions sont entérinées par l'arrêté ministériel du 17 mars et s'appliquent jusqu'au 31 mai 2020. 

Dans ce contexte, l'Agence rappelle que les AINS (ibuprofène, aspirine, etc.) sont à proscrire dans le traitement de la fièvre, chez les patients présentant une infection virale. Ces médicaments peuvent "masquer une infection et potentiellement avoir un effet aggravant dans certaines situations". En revanche, les patients traités par cortisone ou immunosuppresseurs ne doivent pas arrêter ces médicaments, au risque d'aggraver leur pathologie.

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Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé

Le nombre de boîtes de paracétamol délivrées sans ordonnance par le pharmacien est limité à 1 ou 2 selon la situation clinique du patient (illustration).


Dans une alerte en date du 14 mars, la DGS (Direction de la Santé) a rappelé que le paracétamol constitue le traitement de première intention, en cas de fièvre mal tolérée ou de douleurs, dans le cadre d'une infection par COVID-19 ou de toute autre infection virale (cf. Encadré 1).
 
Encadré 1 - Rappel du bon usage du paracétamol
  • Prendre la dose la plus faible, le moins longtemps possible.
  • Respecter la dose maximale par prise (1 g chez l'adulte), la dose maximale quotidienne (3 g par jour chez l'adulte), l'intervalle minimum entre les prises (6 heures) et la durée maximale de traitement recommandée (3 jours en cas de fièvre, 5 jours en cas de douleurs, en l'absence d'ordonnance).
  • Vérifier la présence de paracétamol dans les autres médicaments (utilisés pour douleurs, fièvre, allergies, symptômes du rhume ou état grippal) afin d'écarter tout risque de surdosage.
  • Alerter les populations particulières (-50 kg, insuffisance hépatique légère à modérée, insuffisance rénale sévère, alcoolisme chronique, etc.) sur les risques de toxicité hépatique associée au paracétamol.

À ce titre, la demande en paracétamol s'est fortement accrue dans les pharmacies d'officine françaises au cours des derniers jours. 
Dans ce contexte, l'ANSM (Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé) a pris des mesures pour garantir la disponibilité de cet antalgique, en quantité suffisante pour l'ensemble de la population. Ces mesures ont été entérinées par un arrêté ministériel publié au Journal officiel du 18 mars 2020.

Selon cet arrêté, depuis le 18 mars et jusqu'au 31 mai 2020, pour toute demande sans prescription médicale de spécialités composées exclusivement de paracétamol, les pharmaciens doivent délivrer : 
  • 1 seule boîte de paracétamol (500 mg ou 1 g) par patient en l'absence de symptôme, 
  • au maximum 2 boîtes (500 mg ou 1 g) par patient en cas de douleur ou de fièvre. 

Ces dispositions ne s'appliquent pas aux prescriptions médicales ; sur présentation d'une ordonnance de paracétamol, la quantité prescrite peut être délivrée au patient.
Cependant, l'ANSM demande aux prescripteurs de ne pas prescrire inutilement le paracétamol. 
Dans tous les cas, les pharmaciens doivent inscrire le détail de la dispensation de paracétamol dans le dossier pharmaceutique du patient, qu'il s'agisse d'une délivrance avec ou sans ordonnance. 

Enfin, l'ANSM demande aux utilisateurs d'éviter de constituer des stocks sans raison médicale afin de ne pas entraîner une déstabilisation du marché du paracétamol. 

Paracétamol, ibuprofène et aspirine : disponibles uniquement en pharmacie
Pour maîtriser les stocks de médicaments de paracétamol et éviter l'utilisation inappropriée des AINS (anti-inflammatoires non stéroïdiens), l'ANSM a également décidé de suspendre la vente sur internet des médicaments contenant du paracétamol, de l'ibuprofène ou de l'aspirine jusqu'au 31 mai 2020. Cette décision a également fait l'objet d'un arrêté ministériel

Selon la réglementation en vigueur, ces médicaments peuvent en effet être vendus en ligne par les pharmacies qui disposent d'un site internet dédié et déclaré à l'Ordre des pharmaciens et à l'ARS (Agence régionale de santé) de tutelle.   


Suite à ces dispositions, les pharmacies d'officine physiques sont désormais les seuls canaux de dispensation de ces médicaments. 

Pas d'AINS en cas de COVID-19 ou autre virose
Chez les patients présentant une virose, y compris à SARS-CoV-2
, la prise d'AINS (anti-inflammatoires non stéroïdiens) expose à des événements indésirables graves. L'ANSM précise en effet que "les anti-inflammatoires (dont l'ibuprofène) peuvent masquer une infection et potentiellement avoir un effet aggravant dans certaines situations".
Les AINS, comme l'ibuprofène ou l'aspirine, doivent par conséquent être proscrits en cas d'infections par un virus. 

Cas particuliers des patients sous traitement chronique par anti-inflammatoire
Concernant les patients suivant un traitement chronique par anti-inflammatoire ou par immunosuppresseur prescrit par un médecin (en particulier un traitement par cortisone), les sociétés savantes, dont la société française de rhumatologie, leur recommandent :  
  • de ne pas interrompre ces traitements dans un but préventif, car cette démarche les mettrait en danger d'une reprise évolutive de leur maladie inflammatoire chronique avec une perte de chance, ajoutant de manière certaine un problème supplémentaire à la crise sanitaire ;
  • de discuter au cas par cas avec les médecins spécialistes concernés de cette interruption en fonction de la pathologie traitée et des traitements employés chez les patients infectés par le SARS-CoV-2 et chez les patients contacts.

En cas de doute concernant un médicament, les professionnels de santé peuvent consulter le site dédié covid19-medicaments.com, mis en place par la DGS. Il permet de vérifier le risque potentiel associé à un médicament. Il a été réalisé avec la validation scientifique du Réseau Français des Centres Régionaux de Pharmacovigilance et du Département Hospitalo-Universitaire de Pharmacologie de Bordeaux, ainsi que l'expertise technologique de Synapse Medicine.

Ils peuvent également se rapprocher de la rubrique "Foire aux questions - Médicaments et COVID-19" sur le site de la Société française de pharmacologie et de thérapeutique.


Pour aller plus loin
COVID-19 : l'ANSM prend des mesures pour favoriser le bon usage du paracétamol (ANSM, 17 mars 2020)
Arrêté du 17 mars 2020 complétant l'arrêté du 14 mars 2020 portant diverses mesures relatives à la lutte contre la propagation du virus covid-19 (Journal officiel du 18 mars 2020 - texte 18)
Information coronavirus - Lettre DGS (Société française de rhumatologie - 2 mars 2020)

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