COVID-19 : les vétérinaires à la rescousse !

1
2
3
4
5
(aucun avis)
vu par 2336 lecteurs
Depuis le début de la période de confinement et la montée en puissance de l’épidémie de COVID-19 dans les services hospitaliers, les vétérinaires se mobilisent pour venir en soutien à la médecine humaine. Enrôlements dans la réserve sanitaire, dons de masques et de gants, prêts de respirateurs, recherche, etc. Les vétérinaires veulent participer à l’effort national et apporter leur expérience dans la maîtrise des nombreuses infections à coronavirus animales.

Quand l'expertise des animaux apporte de l'aide aux humains


Les vétérinaires peuvent, comme les autres professions de santé, s'inscrire à la Réserve sanitaire. Le plus souvent, ils sont employés pour la régulation téléphonique en soutien des centres d'appel. Le dimanche 22 mars 2020, Jacques Guérin, le président de l'ordre national des vétérinaires annonçait déjà 3 800 vétérinaires (actifs, jeunes retraités, étudiants) spontanément inscrits comme volontaires pour contribuer à gérer la crise de la COVID-19 (1). L'Ordre a mis en ligne un questionnaire (2) pour les vétérinaires qui souhaitent contribuer à cet effort (mais les inscriptions ne sont pour l'instant ouvertes que jusqu'au 24 mars).
 
Des envois de matériel et des prêts de respirateurs
Pendant la période de confinement, les cliniques vétérinaires ne peuvent assurer que les interventions d'urgence. De nombreux vétérinaires se sont coordonnés pour faire parvenir aux établissements de soins une grande partie de leurs réserves de masques chirurgicaux, de gels hydro-alcooliques, de combinaisons et de gants.
L'ordre national des vétérinaires a également mis en ligne un questionnaire (3) concernant les possibilités de prêt de respirateurs de réanimation, de respirateurs d'anesthésie, ainsi que de concentrateurs d'oxygène et de scopes.
 
Un partage d'information sur les coronavirus
Les infections à coronavirus (4) sont fréquentes en médecine vétérinaire : péritonite infectieuse féline (PIF), diarrhée à coronavirus du chien (CCoV), diarrhée épidémique porcine (DEP), bronchite infectieuse du poulet (IBV), coronavirus de la dinde (TCoV), diarrhée des veaux (BCoV), coronavirus du cheval (ECoV), diarrhée à coronavirus du furet (FRCoV), etc. Plusieurs laboratoires de recherche sont spécialisés sur le sujet : laboratoire de Ploufragan-Plouzané-Niort, laboratoire Anses de la rage de la faune sauvage, unité mixte de recherche en virologie (ENVA-INRAE-Anses) du laboratoire de santé animale à Maisons-Alfort, par exemple.
Des médicaments (remdésivir dans la PIF) et des vaccins (contre le BCoV, la PIF, le CCoV, par exemple) ont déjà été développés ou sont en cours de développement. Concernant les vaccins, l'expérience des vétérinaires (5) peut se révéler utile, en particulier concernant la facilitation de l'infection par les anticorps vaccinaux.
 
Pour aller plus loin
 
1-Le message vidéo de Jacques Guérin, président de l'Ordre national des vétérinaires pour mobiliser ses consœurs et confrères, 20 mars 2020
   
2- Le questionnaire de l'ordre national des vétérinaires concernant la Réserve sanitaire

3- Le questionnaire de l'ordre national des vétérinaires pour celles et ceux qui souhaitent prêter des respirateurs
 
4- "Les Coronavirus : carte d'identité et rôle de l'Anses", Agence nationale de sécurité sanitaire de l'alimentation, de l'environnement et du travail, 2 mars 2020

5- Enjuanes L, Zuñiga S, Castaño-Rodriguez C et al. Molecular Basis of Coronavirus Virulence and Vaccine Development. Adv Virus Res. 2016;96:245-286.

Commentaires (0)