COVID-19 et assistance médicale à la procréation : reprise progressive des activités

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À l'arrêt pendant la période de confinement, les activités d’assistance médicale à la procréation (AMP) peuvent reprendre depuis le 11 mai 2020, sur autorisation des ARS (agences régionales de santé).

Dans ce contexte, l’Agence de la biomédecine émet de nouvelles recommandations pour une reprise progressive et en toute sécurité, en tenant compte de la persistance d'une circulation virale SARS-CoV-2. 

La reprise des activités d'AMP en établissements de santé est soumise à autorisation des ARS, en fonction des conditions locales et régionales de circulation du virus


Dès le début du confinement le 15 mars 2020, l'Agence de la biomédecine s'est positionnée en faveur d'un arrêt des activités d'assistance médicale à la procréation (AMP).

La levée du confinement strict, le 11 mai 2020, s'accompagne d'une reprise de ces activités en tenant compte de la circulation persistante du virus SARS-CoV-2. 

Dans ce contexte et pour assurer la sécurité des couples demandeurs comme des soignants, l'Agence de la Biomédecine a élaboré de nouvelles recommandations, autour de 3 axes majeurs : 
  • mise en place des mesures pour éviter tout risque de contamination lors de l'AMP, 
  • définition des critères de priorisation des couples candidats, 
  • anticipation d'un nouvel arrêt des activités, en cas de nouvelle vague épidémique. 

Ces recommandations ont été réalisées en étroite concertation avec des sociétés savantes, des experts, une association de patients, ainsi que des représentants du ministère des solidarités et de la santé et des ARS (agences régionales de santé).
 
La reprise des activités d'AMP en établissements de santé est soumise à autorisation des ARS, en fonction des conditions locales et régionales de circulation du virus.

Protection des couples et des soignants
Alors que la circulation virale persiste, l'Agence de la biomédecine recommande de privilégier la télémédecine (téléconsultation par le médecin ou la sage-femme, télé expertise) chaque fois que possible. 

Dès lors qu'un déplacement dans le centre d'AMP est nécessaire, les moyens permettant de limiter les risques de contamination et de protéger les couples et les soignants doivent être mis en place : 
  • respect des gestes barrières et des distances sociales, 
  • mise en place d'un parcours pour éviter les interférences avec d'éventuels patients COVID-19+, 
  • organisation de l'équipe soignante et décontamination des surfaces. 

Une information éclairée doit être fournie aux patients quant aux risques liés à la circulation du virus SARS-CoV-2, suivi d'un recueil de consentement. 
Le couple candidat s'engage également à répondre à un questionnaire d'orientation diagnostique, afin d'identifier la survenue d'une infection COVID-19 ou une situation d'exposition au virus. Selon les réponses, l'Agence de la biomédecine décrit 3 scenarii : 
  • Scénario 1 : poursuite de la tentative,
  • Scénario 2 : dépistage (test virologique, et sérologique si nécessaire),
  • Scénario 3 : arrêt de la tentative et report.

Quels candidats prendre en charge en priorité ? 
Du fait de la reprise progressive de l'activité des centres AMP, une priorisation des couples candidats est nécessaire. 
Les situations prioritaires établies par le groupe de travail concernent :
  • une indication de préservation de la fertilité urgente (pour des personnes ayant un cancer dont le traitement est toxique pour la fertilité) ;
  • la diminution ou l'annulation des chances de procréation en lien avec un allongement du délai de la prise en charge, comme par exemple un âge avancé ou une diminution de la réserve ovarienne ;
  • l'annulation d'une tentative en cours de stimulation en mars 2020, à l'arrêt des activités d'AMP du fait de l'épidémie.

À l'inverse, pour éviter toute exposition virale inutile, le report de tentative d'AMP est recommandé pour les patient(e)s à risque de développer une forme sévère de COVID-19 (selon les recommandations du HCSP) : 
  • pathologie chronique respiratoire,
  • AVC,
  • diabète,
  • surpoids/obésité.

Anticiper un nouvel arrêt des activités 
Le risque d'un nouvel arrêt des activités des centres d'AMP reste important, tant que la circulation virale du SARS-CoV-2 persiste : 
  • arrivée d'une nouvelle vague de la pandémie et contamination du personnel du centre d'AMP, ou réaffectation auprès des unités COVID-19 ;  
  • évolution des connaissances scientifiques, notamment sur le risque pour la santé de la femme, de l'homme ou du fœtus en lien avec la COVID-19.
L'Agence de la biomédecine recommande d'anticiper cette situation, notamment en développant les collaborations entre les centres sur un même secteur. 
 
Pour aller plus loin
Recommandations sur les modalités de reprise des activités d'assistance médicale à la procréation en contexte de circulation du SARS-CoV-2 (Agence de Biomédecine, 13 mai 2020)

 

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