Les troubles de la fertilité

Mis à jour : Lundi 02 Juin 2014

Lorsqu'une grossesse désirée tarde à venir, il est fréquent que les couples s'inquiètent et consultent pour dépister d'éventuels troubles de la fertilité. Pourtant, les cas d'infertilité avérée restent rares et les techniques de fécondation in vitro ont considérablement contribué à aider celles et ceux qui ont du mal à concevoir un enfant. Aujourd'hui, ces troubles sont pris en charge par des équipes pluridisciplinaires qui accompagnent les couples tout au long d'un parcours souvent éprouvant, mais fréquemment couronné de succès.

Quand parle-t-on de troubles de la fertilité ?

Lorsqu’un couple qui souhaite concevoir un enfant n’y parvient pas au bout d’une année de tentatives, on parle de troubles de la fertilité. Si la femme a eu des règles irrégulières toute sa vie, si elle a souffert d’infections génitales mal soignées ou si elle est âgée de plus de 35 ans, le délai au-delà duquel le médecin recherche un éventuel trouble de la fertilité est de six mois.

En moyenne, en France, on estime que 15 % des couples consultent pour des troubles de la fertilité, mais seulement 3 à 4 % ne parviendront pas à avoir un enfant.

Quelles sont les chances d'être enceinte après six mois de tentatives ?
En moyenne, 80 % des femmes qui essaient d’avoir un enfant y parviennent dans un délai de six mois. Ce pourcentage diminue avec l’âge de la femme : il est de 94 % à 30 ans, de 86 % à 35 ans et de 64 % à 40 ans.
Après arrêt de la contraception :
  • 26 % des femmes sont enceintes après un mois ;
  • 32 % des femmes sont enceintes après six mois ;
  • 18 % des femmes sont enceintes après un an ;
  • 8 % des femmes sont enceintes après deux ans.

Comment se passe la fécondation ?

fécondation d'un ovule par un spermatozoïde

Pour qu’il y ait développement d’un embryon, il faut qu’il y ait fécondation, c’est-à-dire pénétration d’un ovocyte (également appelé ovule ou parfois « œuf ») par un spermatozoïde (une cellule du sperme). L’ovocyte est produit par l’ovaire sous l’action d’hormones féminines (la FSH et la LH), le spermatozoïde est produit par le testicule sous l’action de la testostérone.

À la puberté, les ovaires contiennent un nombre déterminé de follicules (des ovules immatures). Lors de chaque cycle menstruel, sous l’effet des hormones FSH et LH produites par le cerveau, un follicule (rarement deux) mûrit et donne naissance à un ovule qui, libéré par l’ovaire, descend dans les trompes de Fallope (les trompes de l’utérus). C’est là que l’ovule, devenu ovocyte prêt à être fécondé, va entrer en contact avec les spermatozoïdes après un rapport sexuel.

En moyenne, un ovocyte survit une journée dans les trompes. S’il n’est pas fécondé, il meurt et il faut attendre le cycle suivant pour une éventuelle fécondation. Les spermatozoïdes survivent en moyenne trois jours dans les trompes. Ainsi, le rapport sexuel destiné à concevoir un enfant peut avoir eu lieu un peu avant l’ovulation.

À la ménopause, les ovaires ne contiennent plus de follicules et il n'est plus possible de concevoir un enfant avec ses propres ovocytes.

Quand doit-on consulter lorsqu'on ne parvient pas à avoir un enfant ?

Le délai sans conception après lequel il est légitime de consulter un médecin (ce qu’on appelle la « durée d’infécondité ») est d’une année pour un couple où la femme a moins de 35 ans, et de six mois si la femme a plus de 35 ans. Dans la pratique, parce que l’âge moyen de la première maternité est aujourd’hui de 30 ans en France, certains médecins recommandent systématiquement une première consultation après six mois d’essais, ne serait-ce que pour faire un premier bilan médical.

Quelle est la fréquence idéale des rapports sexuels pour concevoir un enfant ?
Il n'existe guère d'études à ce sujet, mais il est généralement admis que deux à trois rapports sexuels par semaine constitue la bonne fréquence pour, à la fois, augmenter les chances de rapport au moment de l'ovulation et laisser le temps aux testicules de produire suffisamment de spermatozoïdes entre deux rapports sexuels.

On estime que 30 à 40 % des troubles de la fertilité sont dus à des anomalies de la fertilité du partenaire masculin. Chez l'homme, l'infertilité est liée à la qualité et au nombre des spermatozoïdes dans le sperme.

Les anomalies de la fertilité masculine

On distingue quatre types d'anomalies des spermatozoïdes, qui peuvent être associées chez une même personne.

Qu'est-ce que l'azoospermie ?

On parle d'azoospermie lorsque le sperme ne contient pas de spermatozoïdes. Ce trouble de la fertilité peut être dû :

  • à une absence ou à une anomalie de la fabrication des spermatozoïdes (par exemple, chez un homme qui a subi un traitement anticancéreux par radiothérapie du bassin ou par chimiothérapie, et dont les cellules à l’origine des spermatozoïdes ont été endommagées par ce traitement) ;
  • à un blocage des voies utilisées par les spermatozoïdes depuis les testicules jusqu’aux organes où est stocké le sperme (les vésicules séminales). Parfois, les canaux de transport sont bouchés et les spermatozoïdes ne peuvent pas remonter jusqu’aux vésicules séminales. Ces obstacles peuvent être congénitaux ou dus à une infection sexuellement transmissible mal soignée.

Qu'est-ce que l'oligospermie ?

On parle d’oligospermie lorsque le sperme contient un nombre de spermatozoïdes trop faible. Les causes de l’oligospermie sont similaires à celles de l’azoospermie.

L'éjaculation rétrograde
Il s'agit d'une anomalie qui aboutit à l'émission du sperme dans la vessie au lieu d'une émission par la verge. Cette anomalie est généralement observée après une opération de la prostate. C'est une cause (rare) d'infertilité masculine.

Qu'est-ce que l'asthénospermie ?

Pour féconder l’ovocyte, les spermatozoïdes doivent pénétrer depuis le vagin jusque dans l’utérus (via le col), puis remonter le long des trompes pour atteindre le lieu où se trouve l’ovocyte. Pour cela, ils « nagent » dans les sécrétions utérines (la « glaire cervicale »), ce qui exige une certaine énergie. Dans certains cas, les spermatozoïdes s’épuisent avant la fin de cet exercice et s’arrêtent sans atteindre le lieu où se trouve l’ovocyte : c'est l'asthénospermie.

L’asthénospermie peut être due à un défaut de formation des spermatozoïdes mais aussi, parfois, à des sécrétions utérines qui sont défavorables à leur déplacement et qui les « épuisent » avant qu’ils aient accompli leur voyage.

Qu'est-ce que la tératospermie ?

La tératospermie est la présence de spermatozoïdes « anormaux » en grand nombre dans le sperme. Elle est due à un défaut de leur fabrication dans les testicules. Malformés, les spermatozoïdes ont du mal à se déplacer ou ne parviennent pas à pénétrer l’ovocyte.

Quels sont les facteurs de risque des troubles de la fertilité masculine ?

Certains facteurs de risque d’infertilité ont été identifiés chez l’homme :

  • l’âge (plus de 40 ans) ;
  • le tabagisme ou l’alcoolisme ;
  • les facteurs qui exposent les testicules à une température trop élevée (jacuzzis et bains chauds trop fréquents, saunas et hammams, temps passé à conduire trop important, etc.) : la production de spermatozoïdes exige une température des testicules inférieure à celle du corps (c’est pour cette raison qu’ils sont à l’extérieur). Parfois, la circulation veineuse se fait mal au niveau des testicules (c’est la « varicocèle ») et leur température augmente avec un risque d’infertilité plus élevé.
  • des produits toxiques utilisés dans certaines professions ;
  • des antécédents médicaux (en particulier, traitement anticancéreux ou oreillons).

Depuis quelques dizaines d’années, la concentration moyenne de spermatozoïdes dans le sperme diminue régulièrement en France et en Europe. Les causes de ce phénomène ne sont pas clairement identifiées. Certains chercheurs suspectent le rôle de la concentration croissante, dans les eaux potables, des hormones féminines issues des urines des femmes qui prennent la pilule. Mais cette hypothèse reste à démontrer.


On estime que 40 à 45 % des problèmes de fertilité sont dus à une infertilité de la partenaire féminine. Dans la très grande majorité des cas, il s’agit soit de troubles de l’ovulation, soit de troubles de l’utérus qui empêchent l’ovocyte de pénétrer ou de s’installer dans les trompes, ou qui perturbent la fécondation ou la nidation (l’installation de l’embryon au tout début de la grossesse). Parfois, il s’agit d’un problème de glaire cervicale (les sécrétions utérines) qui n’est pas propice à la survie et au déplacement des spermatozoïdes.

Les troubles de l'ovulation

Il arrive que l’ovaire ne soit pas capable de faire mûrir un follicule, ou de libérer un ovule dans les trompes. Ces troubles dits de l’ovulation peuvent avoir des causes diverses qui ne sont pas toujours parfaitement identifiées (âge, déséquilibre hormonal, prédisposition familiale, kyste de l’ovaire, etc.).

Les troubles des trompes et de l'utérus

Lorsque l’infertilité est due à un problème de trompes, on parle d’infertilité « tubaire ». Il s’agit fréquemment de problèmes mécaniques (anatomiques) qui gênent la descente de l’ovocyte ou la remontée des spermatozoïdes. Dans certains cas, cette forme d’infertilité est due à la présence d’un polype ou d’un fibrome de l’utérus, ou d’adhérences liées à une infection sexuellement transmissible mal soignée ou chronique, ou à une endométriose (la présence de petits fragments de muqueuse utérine dans les trompes et dans l’abdomen).

Quels sont les facteurs de risque des troubles de la fertilité féminine ?

Certains facteurs de risque d’infertilité ont été identifiés chez la femme.

  • L’âge : la fertilité féminine diminue avec l’âge. Par exemple, pour les femmes qui n’ont jamais eu d’enfant, la probabilité d’être enceinte au cours d’un seul cycle menstruel est de 25 % à 25 ans, 16 % à 27 ans et 4 % à 30 ans. De plus, le risque de fausse couche ou d’anomalie chromosomique de l’embryon augmente avec l’âge de la mère.
  • Les problèmes de poids : les femmes obèses ou très maigres ont davantage de difficultés à concevoir. Les femmes anorexiques n’ont souvent plus de règles et ne peuvent pas avoir d’enfant.
  • Le tabagisme réduit également la fertilité féminine.
  • L’excès d’activité sportive est parfois à l’origine de règles irrégulières, voire absentes, et de problèmes de fertilité.
  • Certains antécédents médicaux peuvent influer sur la fertilité féminine : infections sexuellement transmissibles mal soignées, traitements anticancéreux, par exemple.
  • Enfin, le stress intense et durable peut avoir une influence négative sur la fertilité des femmes.
Qu'appelle-t-on troubles mixtes de la fertilité ?
Dans 15 à 20 % des cas, la difficulté à avoir un enfant résulte de l’addition de troubles de la fertilité chez l’homme et chez la femme. Avec un partenaire différent, plus fertile, la conception pourrait avoir lieu, mais la conjugaison de deux fertilités faibles rend les choses plus difficiles.

Lorsqu'il suspecte une infertilité, le médecin commence par faire un examen clinique des deux partenaires et un bilan de leur mode de vie et de leurs antécédents médicaux. Ensuite, si nécessaire, il prescrit des examens complémentaires.

Le bilan général et clinique lors d'infertilité suspectée

couple chez son médecin

Outre l’examen clinique des deux membres du couple, le médecin les interroge sur :

  • leur mode de vie (tabac, alcool, substances toxiques, etc.)
  • la fréquence de leurs rapports sexuels ;
  • la date des dernières règles et des derniers rapports sexuels ;
  • l’usage préalable de moyens de contraception (quel type ? pendant combien de temps ? arrêtés depuis combien de temps ?) ;
  • les antécédents médicaux (infections, maladies chroniques, fausse couche, IVG, grossesse extra-utérine, traitements médicamenteux, etc.).

Fréquemment, il demande au couple de relever chaque jour la température de la partenaire féminine au réveil, avant de se lever, et ce sur plusieurs cycles : le point de le plus bas de cette courbe de température mensuelle correspond à l’ovulation et peut permettre de mieux savoir à quel moment les rapports sexuels seront potentiellement féconds.

Les examens complémentaires des troubles de la fertilité

Il existe de nombreux examens complémentaires pour effectuer un bilan de la fertilité d’un couple. L’ensemble de ces examens nécessite plusieurs semaines, voire plusieurs mois s’ils sont répétés sur plusieurs cycles menstruels successifs.

Le test post-coïtal (test de Hühner)

Effectué le lendemain d’un rapport sexuel ayant eu lieu vers le 11e ou le 12e jour du cycle (la période féconde), le test post-coïtal consiste à prélever de la glaire cervicale à l’entrée du col de l’utérus (comme pour un frottis vaginal) et à observer au microscope le comportement des spermatozoïdes dans le prélèvement. Il permet de détecter les cas où la glaire cervicale empêche les spermatozoïdes de se déplacer et de survivre normalement.

Le spermogramme (spermocytogramme)

Effectué à l’aide d’un microscope, le spermogramme permet d’évaluer le nombre, la mobilité et la morphologie des spermatozoïdes dans un échantillon de sperme obtenu par masturbation.

L'échographie pelvienne pour rechercher la cause d'une infertilité

À l’aide d’une sonde d’échographe placée dans le vagin, il est possible de faire un premier examen des trompes et de l’utérus, ainsi que des ovaires. Il est également possible de s’assurer que l’ovulation se produit bien au cours du cycle (en s’aidant de la courbe de température pour en situer la date probable). L’échographie permet également d’identifier la présence de kystes sur les ovaires (syndrome des ovaires polykystiques) ou d’un fibrome utérin, par exemple.

L’échographie est également utilisée chez l’homme pour examiner les testicules et les canaux qui permettent aux spermatozoïdes de rejoindre les organes qui contiennent le sperme.

L'hystérographie (hystérosalpingographie) pour rechercher la cause d'une infertilité féminine

En injectant dans l’utérus, via le col, un liquide iodé opaque aux rayons X, il est possible de vérifier, à l’aide d’une radiographie, l’anatomie de l’utérus et des trompes et de diagnostiquer un obstacle à la fécondation. Cet examen dure en moyenne quinze minutes.

La cœlioscopie pour rechercher la cause d'une infertilité féminine

Parfois, il est nécessaire d’observer directement les ovaires, les trompes et l’utérus depuis la cavité abdominale. Sous anesthésie générale, un tube muni d’une caméra est inséré par une petite incision pratiquée dans la paroi du ventre. Le médecin peut ainsi visualiser les organes et identifier ou confirmer des kystes de l’ovaire, des lésions d’endométriose, etc. Il peut aussi s’assurer de la présence de follicules ovariens en voie de maturation, ou que l’ovocyte descend bien dans les trompes après l’ovulation.

Les dosages hormonaux pour rechercher la cause d'une infertilité

La maturation des follicules, l’ovulation et la production de spermatozoïdes sont sous le contrôle des hormones sexuelles. Le médecin peut prescrire des dosages de ces hormones (FSH, LH, estrogènes, progestérone chez la femme, testostérone chez l’homme) pour s’assurer que l’équilibre hormonal est propice à la fertilité.

Des dosages hormonaux peuvent également être prescrits pour rechercher des troubles de thyroïde ou un excès de prolactine dans le sang de la femme (hyperprolactinémie), deux troubles hormonaux qui peuvent avoir un impact sur la fertilité féminine.

Les tests sérologiques effectués lors du bilan de fertilité

Le médecin peut décider de prescrire des tests sanguins pour rechercher les traces d’une infection ancienne (rubéole, toxoplasmose, cytomégalovirus, etc.).

Les tests génétiques effectués lors de fausses couches répétées

Chez les couples où plusieurs fausses couches ont empêché la naissance d’un enfant, le médecin peut prescrire des tests génétiques effectués soit sur le sang des parents, soit sur les spermatozoïdes. Ces tests recherchent des mutations qui pourraient expliquer ces fausses couches.


Malheureusement, il existe peu de traitements de l'infertilité masculine.

Lorsque les spermatozoïdes sont bloqués dans les testicules

Lorsque les spermatozoïdes ne peuvent passer des testicules aux vésicules qui contiennent le sperme, il est possible de les prélever sous anesthésie générale directement dans les testicules, de les congeler et de pratiquer une fécondation in vitro (FIV). Parfois, une petite intervention chirurgicale peut rétablir le passage et permettre aux spermatozoïdes de rejoindre le reste du sperme.

Lorsque les spermatozoïdes ont du mal à atteindre l'ovocyte

Lorsque les spermatozoïdes ont du mal atteindre l’ovocyte, par leur nature ou lorsque la glaire cervicale ne leur est pas favorable, il est possible de sélectionner les spermatozoïdes les plus « vaillants » à l’aide d’un test dit de migration-survie, effectué en laboratoire. Ce test sélectionne environ un million de spermatozoïdes particulièrement actifs qui sont ensuite utilisés soit par insémination artificielle directement dans l’utérus, soit dans le cadre d’une fécondation in vitro.

Lorsqu’une varicocèle est observée, le traitement de celle-ci par la chirurgie peut permettre un retour de la fertilité.

Lorsqu'aucun traitement ne restaure la fertilité masculine

Lorsque les traitements d’une infertilité masculine ont échoué, le couple peut avoir recours à l’insémination artificielle avec don de sperme auprès des CECOS (Centres d’étude et de conservation des œufs et du sperme humains). En France, cette insémination est réservée aux couples composés d’un homme et d’une femme, mariés ou pouvant justifier d’une vie commune d’au moins deux années, et en âge de procréer.

Le donneur, anonyme et bénévole, a moins de 45 ans et est déjà le père d’au moins un enfant. Avant que son sperme ne soit utilisé, le donneur doit subir des tests de dépistage d’infections sexuellement transmissibles (syphilis, sida, hépatites B et C, cytomégalovirus), au moment du don et six mois après le don. Ce n’est qu’après ces deux examens que son sperme sera proposé aux couples en attente d’une insémination.


Les troubles de la fertilité féminine sont l’objet d’une grande variété de traitements selon leurs causes.

Les traitements des infertilités féminines liées à une cause hormonale

En cas de troubles du cycle ou de l’ovulation, le médecin va rechercher l’origine hormonale. Dans la majorité des cas, il va augmenter les chances d’ovulation en prescrivant des médicaments spécifiques, les « inducteurs de l’ovulation ». Selon le cas, il peut prescrire :

  • soit des hormones naturellement produites par le corps (la FSH seule ou avec la LH), administrées en injections sous la peau, et qui vont agir directement sur les ovaires pour stimuler la maturation des follicules et l’ovulation ;
  • soit une substance chimique, le citrate de clomifène, administrée en comprimés, qui va stimuler la production de FSH et de LH par le cerveau.

Ce type de traitement hormonal s’accompagne d’une surveillance étroite des ovaires par échographies successives, ainsi que des taux sanguins de FSH et de LH, tout au long du traitement. En effet, il faut s’assurer que celui-ci n’est pas à l’origine de la production d’un trop grand nombre d’ovocytes à la fois, ce qui se traduirait par des triplés, des quadruplés, voire plus. Les échographies répétées permettent également de surveiller la date d’ovulation pour optimiser la date des rapports sexuels ou de l’insémination.

Les inducteurs de l’ovulation entraînent fréquemment des effets indésirables : par exemple, prise de poids, acné, maux de ventre, bouffées de chaleur, saignements vaginaux, etc.

Le don d’ovocytes, qu’est-ce que c’est ?
Dans certains cas, les médicaments inducteurs de l’ovulation restent sans effet, par exemple chez les femmes dont les follicules ont été détruits par un traitement anticancéreux (chimiothérapie ou radiothérapie), celles qui ont souffert d’une ménopause précoce ou celle qui souffre d’anomalie génétique avec un seul chromosome X (syndrome de Turner).
Dans ce cas, il est possible de pratiquer une fécondation in vitro à partir du sperme du partenaire masculin et d’ovocytes obtenus auprès d’une donneuse anonyme (qui a déjà eu au moins un enfant). Malheureusement, en France, les donneuses d’ovocytes sont rares et le délai d’attente pour bénéficier de ce traitement est long. Certains couples se tournent vers d’autres pays européens où les donneuses sont indemnisées, ce qui est interdit en France.

Les traitements des infertilités féminines à cause anatomique

Lorsque l’infertilité féminine trouve sa cause dans un problème anatomique de type obstruction, un traitement chirurgical est mis en œuvre pour restaurer la perméabilité nécessaire à la rencontre entre l’ovocyte et les spermatozoïdes. Des traitements chirurgicaux existent également en cas de polype ou de fibrome utérin.

Les traitements des infertilités féminines liées à la glaire cervicale

Lorsque le test post-coïtal montre une incompatibilité entre les sécrétions du col de l’utérus et les spermatozoïdes, il est possible de pratiquer une insémination avec le sperme du partenaire, directement dans l’utérus, au plus près de l’ovocyte. Dans certains cas, des inducteurs d’ovulation sont également prescrits pour être sûr de la date et de la bonne marche de l’ovulation, augmentant ainsi les chances de succès de l’insémination.

Le traitement de l'infertilité féminine liée à l'endométriose

En cas d’endométriose, le chirurgien enlève les fragments de muqueuse utérine qui se trouvent dans les trompes ou autour des ovaires. Le plus souvent, après ce traitement chirurgical, il est nécessaire d’avoir recours à une fécondation in vitro pour augmenter les chances de grossesse.


La fécondation in vitro (FIV) est une technique d'aide à la procréation qui permet la fécondation de l'ovocyte à l'extérieur du corps de la femme. Elle a révolutionné la vie des couples qui rencontrent des problèmes de fertilité. Aujourd'hui, en France, environ 34 000 FIV sont réalisées chaque année et donnent lieu à 22 000 naissances.

Quand peut-on avoir recours à une fécondation in vitro ?

En France, la fécondation in vitro (FIV) est réservée aux couples composés d’un homme et d’une femme, mariés ou pouvant justifier d’une vie commune d’au moins deux années, et en âge de procréer (la femme doit avoir moins de 42 ans).

La FIV est envisagée lorsque les autres traitements ont échoué, ou dans les cas où une conception n’est pas possible autrement (par exemple, lorsque le recours au don d’ovocyte est nécessaire ou lorsque les trompes sont absentes ou définitivement bloquées).

Qui pratique la fécondation in vitro ?

La FIV est pratiquée dans les centres d’assistance médicale à la procréation (AMP). Il en existe une centaine en France. Ces centres disposent d’équipes pluridisciplinaires : médecins gynécologistes, endocrinologues, urologues, généticiens, échographistes, biologistes, infirmières, psychologues, etc.

Comment se passe une fécondation in vitro ?

fécondation in vitro

La FIV se passe en quatre étapes qui forment un cycle d’environ deux semaines. La probabilité moyenne de succès d’un cycle est de 20 à 30 %, ce qui rend plusieurs cycles nécessaires dans la plupart des cas.

La phase de stimulation des ovaires

À l’aide de médicaments inducteurs de l’ovulation, injectables ou par voie orale, le médecin stimule la production de follicules par les ovaires. Il surveille l’effet des médicaments inducteurs à l’aide de prises de sang et d’échographies. Quand la taille des follicules est suffisamment élevée, il déclenche artificiellement l’ovulation par l’injection d’hormone hCG. Des effets indésirables sont parfois ressentis pendant cette phase : maux de ventre, saignements vaginaux, bouffées de chaleur, etc.

Le prélèvement des ovocytes mûrs

Entre 32 et 36 heures après l’ovulation, les ovocytes produits par les ovaires sont prélevés. La ponction des ovocytes se fait sous anesthésie locale ou générale, à travers la paroi du vagin, à l’aide d’une aiguille guidée par échographie.

Qu'est-ce que le syndrome d'hyperstimulation ovarienne ?
Le syndrome d'hyperstimulation ovarienne est un effet indésirable rare du traitement destiné à stimuler les ovaires lors d'une FIV. Chez 1 à 3 % des femmes traitées, le prélèvement des ovocytes est suivi de symptômes liés à une activité intense des ovaires sous l'action des hormones : maux de ventre, ballonnements, fièvre, nausées, vomissements, diarrhée, etc. Exceptionnellement, des symptômes plus graves peuvent apparaître : déshydratation, thrombose, difficultés respiratoires, accumulation de liquide dans l'abdomen.

La fertilisation des ovocytes

Les ovocytes récoltés sont placés dans un liquide de culture et mis en présence d’une suspension de spermatozoïdes préparée avec les spermatozoïdes les plus vigoureux. Après plusieurs heures en présence des spermatozoïdes, les ovocytes sont prélevés et observés au microscope pour sélectionner ceux qui commencent à se diviser en cellules embryonnaires.

Qu'appelle-t-on ICSI et IMSI ?
L’ICSI (acronyme du nom anglais de l’injection intracytoplasmique de spermatozoïde) est une variante de la FIV où la fécondation ne se fait pas en laissant les spermatozoïdes féconder les ovocytes dans le liquide de culture, mais en injectant directement un spermatozoïde dans un ovocyte. Cette technique est utilisée lorsque les spermatozoïdes ne semblent pas suffisamment robustes ou présentent des anomalies qui empêchent la fertilisation spontanée des ovocytes. Cette technique est employée dans environ 50 % des FIV.
Parfois, le spermatozoïde injecté a d’abord été sélectionné à l’aide d’un microscope à haute résolution pour s’assurer de l’absence d’anomalies. On parle alors « d’injection de spermatozoïde sélectionné sur sa morphologie » (IMSI).

Le transfert embryonnaire

Deux à cinq jours après la fertilisation, un ou deux embryons, voire trois selon les cas, sont placés dans l’utérus par les voies naturelles (en passant par le vagin et le col de l’utérus). Les autres embryons sont congelés pour une éventuelle utilisation ultérieure. Lorsque la nidation a lieu (lorsque les embryons s’installent de manière durable dans l’utérus), la femme peut ressentir des symptômes caractéristiques de début de grossesse : seins sensibles, maux de ventre, constipation, ballonnements, etc.

La nidation (et donc le début de la grossesse) est confirmée par des dosages sanguins hormonaux deux semaines après le transfert des embryons.

Qu'appelle-t-on diagnostic pré-implantatoire ?
Lorsque les chromosomes d’un des parents (ou des deux) sont porteurs d’une mutation responsable d’une maladie génétique (par exemple, la mucoviscidose), il est possible de n’implanter dans l’utérus que les embryons qui ne présentent pas cette mutation. Dans ce cas, la FIV est utilisée chez des parents qui ne souffrent pas forcément de troubles de la fertilité.
Au tout début de la multiplication des cellules embryonnaires, il est possible de prélever une cellule sans interférer avec la croissance de l’embryon et du futur fœtus. Sur cette cellule, il est alors possible de faire une analyse génétique à la recherche de la mutation. Si cette recherche est négative, l’embryon peut être implanté. Cette procédure est appelée « diagnostic pré-implantatoire » (DPI).

La fécondation in vitro présente-t-elle des risques ?

Outre le syndrome d’hyperstimulation ovarienne, la FIV semble être associée à un risque plus élevé de naissance prématurée ou par césarienne, et, dans de rares cas, à un risque plus élevé de cancer des ovaires. Par contre, la fécondation in vitro n’est pas associée à un risque plus élevé de fausse couche.

Quel taux de réussite pour la fécondation in vitro ?

On estime entre 20 et 30 % le taux de réussite d’un cycle de FIV. Ce taux varie selon les patients mais également selon l’expérience des centres d’aide médicale à la procréation. Le taux de réussite est similaire lors de recours à l’ICSI.

Pour comparaison, le taux de réussite de l’insémination intra-utérine est d’environ 15 à 20 % et celui de l’implantation d’un embryon congelé de 15 % en moyenne.

Que deviennent les embryons congelés ?

Les couples dont certains embryons ont été congelés après une FIV doivent, chaque année, confirmer le renouvellement de la conservation de ces embryons. Si le couple n’a plus de projet d’enfant, trois choix s’offrent à lui :

  • permettre à un autre couple de réaliser son projet d’enfant en donnant les embryons ;
  • donner les embryons à la recherche, ce qui aboutira à leur destruction ;
  • demander l’arrêt de la conservation des embryons, ce qui aboutira également à leur destruction.

En cas de demande autre que le renouvellement de la conservation, le choix devra être confirmé après trois mois de réflexion.

La conservation des embryons congelés peut aussi être interrompue en cas de séparation ou de désaccord des conjoints ou à l’issue de cinq ans de conservation. Les embryons sont également détruits si le couple ne répond pas à plusieurs reprises aux lettres de relance annuelle du centre d’aide médicale à la procréation.