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Maîtriser sa contraception lorsqu’on souffre d’un rhumatisme inflammatoire chronique

Les personnes en âge de procréer qui sont traitées pour une polyarthrite rhumatoïde, une spondyloarthrite axiale, un rhumatisme psoriasique ou une autre forme de rhumatisme inflammatoire chronique sont souvent tenues d’utiliser un moyen de contraception. En effet, certains traitements médicamenteux ne sont pas compatibles avec la conception et la grossesse.

Dans ce cas, quelle contraception utiliser ? Aura-t-elle un effet sur la maladie ? Comment faudra-t-il la suspendre en cas de désir d’enfant ?

Pourquoi la contraception est-elle importante en cas de rhumatisme inflammatoire chronique ?

Lorsqu’on souffre d’un rhumatisme inflammatoire chronique (RIC, par exemple polyarthrite rhumatoïde, spondyloarthrite axiale ou rhumatisme psoriasique), certains traitements ne sont pas compatibles avec la conception ou la grossesse. En effet, face à un éventuel risque de malformations congénitales, les médecins demandent à leurs patients, hommes et femmes, d’utiliser une forme efficace de contraception.

Les patients masculins sont en effet eux aussi concernés : certains traitements peuvent provoquer des anomalies des spermatozoïdes.

Quels sont les moyens de contraception compatibles avec les traitements des RIC ?

Chez les femmes souffrant de RIC, les pilules estroprogestatives (la « pilule ») sont plus ou moins bien supportées selon les patientes et le risque d’oubli est toujours présent. Les gynécologues recommandent donc plutôt l’usage de contraceptifs à longue durée d’action, par exemple les implants estroprogestatifs (placés sous la peau) ou le stérilet. Avec certains types de traitement, le risque d’une infection autour du stérilet pourrait être augmenté. Dans ce cas, l’implant peut être préféré.

Certaines études suggèrent que les anti-inflammatoires non stéroïdiens (AINS, par exemple l’ibuprofène ou le kétoprofène) réduisent l’efficacité du stérilet, mais cela reste à démontrer formellement. Dans le doute, certains médecins préconisent d’utiliser un préservatif (en plus du stérilet) entre le 9e et le 17e jour du cycle menstruel (période de fécondité). Discutez-en avec votre gynécologue ou votre rhumatologue.

Chez l’homme traité pour un RIC, l’usage du préservatif s’impose.

La contraception hormonale a-t-elle un effet sur l’évolution des RIC ?

Les études, essentiellement menées chez des femmes souffrant de polyarthrite rhumatoïde, n’apportent pas de réponse significative à la question de l’effet de la contraception hormonale sur l’évolution de cette maladie. Si certaines études semblent être en faveur d’une amélioration, d’autres ne montrent aucun effet. Dans tous les cas, il ne semble pas y avoir d’impact négatif, mis à part des problèmes de tolérance individuelle (qui sont également observés chez les femmes ne souffrant pas de RIC).

Par ailleurs, le suivi pendant 18 ans de 7 000 femmes suédoises en bonne santé à l’inclusion dans une étude (cohorte EIRA) suggère que l’usage d’une contraception hormonale durant au moins 7 ans réduit de 20 % le risque de développer une polyarthrite rhumatoïde. Mais il s’agit là d’un effet sur l’apparition des symptômes de la maladie et non son évolution.

Prévoir d’arrêter la contraception en vue d’une grossesse

Lorsqu’une grossesse est envisagée et compatible avec l’état de santé de la future mère, l’arrêt de la contraception ne peut être décidé qu’après s’être assuré de l’élimination dans l’organisme d’éventuels traitements tératogènes (pouvant provoquer des malformations congénitales) pour l’embryon. Ceci requiert une période variable d’arrêt (jusqu’à plusieurs mois) en fonction du traitement utilisé, aussi bien chez la femme que chez l’homme.

Pour les personnes chez qui l’arrêt des traitements tératogènes pour l’embryon entraînerait une poussée de l’activité de la maladie, il existe des traitements alternatifs compatibles avec la conception et la grossesse. Une substitution des traitements à risque pour le fœtus par ces traitements compatibles doit se faire au moins 3 mois avant la date de conception.

De nombreuses études portant sur la polyarthrite rhumatoïde, la spondyloarthrite axiale et le rhumatisme psoriasique mettent en avant qu’un RIC bien contrôlé par les traitements dans les mois précédant la conception est associé à un risque plus faible de voir la maladie s’aggraver pendant la grossesse et l’année qui suit l’accouchement.

Pour toutes ces raisons, lorsqu’on souffre de RIC, un désir d’enfant nécessite de se préparer plusieurs mois en amont de la date de conception envisagée, avec l’aide de son médecin rhumatologue, de son gynécologue et de son médecin généraliste.

Pour en savoir plus :

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