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Rhumatismes inflammatoires chroniques : quel risque de transmission à ses enfants ?

De nombreuses personnes en âge de procréer souffrant de polyarthrite rhumatoïde, de spondyloarthrite axiale, de rhumatisme psoriasique ou d’une autre forme de rhumatisme inflammatoire chronique (RIC) sont inquiètes à l’idée de transmettre leur maladie à leurs enfants. Pourtant, si ce risque existe, il est en général faible et tout à fait compatible avec un projet de famille. Mieux le connaître permet de se rassurer, mais aussi de rassurer ses proches et ses enfants.

Les RIC n’empêchent pas de fonder une famille

Une étude a récemment montré que 45 % des personnes souffrant de polyarthrite rhumatoïde (PR) craignaient de transmettre leur maladie à leur enfant. Pourtant, même si ces maladies n’ont pas d’effet reconnu sur la fertilité, les femmes qui souffrent de RIC ont moins d’enfants que la moyenne de la population. Plus d’un tiers de celles souffrant de PR déclarent avoir choisi de ne pas avoir d’enfant à cause de leur maladie !

Il est donc important de rappeler que le risque de transmettre la maladie à ces enfants est faible, en particulier si seulement l’un des deux parents est atteint.

Connaître ses risques pour rassurer sa famille

Connaître les risques de transmettre son rhumatisme inflammatoire chronique à sa descendance est indispensable pour prendre une décision personnelle éclairée, mais également pour rassurer ses proches qui ne manqueront pas d’évoquer cette possibilité à l’annonce d’un désir d’enfant ou d’une grossesse.

De la même manière, cette information pourra être utile aux enfants nés d’un ou de parents atteints de RIC à prendre une décision réfléchie lorsqu’ils auront, à leur tour, envie de fonder une famille.

Les risques de transmettre une polyarthrite rhumatoïde à ses enfants

La PR, comme la plupart des RIC, est une maladie aux origines complexes, mélange de prédisposition génétique et de facteurs liés à l’environnement. Selon les études, la nature familiale d’une polyarthrite rhumatoïde n’est confirmée que dans 2 à 15 % des cas et ces formes ne sont pas plus sévères que celles qui apparaissent sans prédisposition génétique. Une forme familiale se définit par la présence d’au moins deux cas de PR dans une fratrie.

Le risque de transmission est faible (moins de 10 %) lorsqu’un seul parent est atteint de PR, et il diminue encore à la génération suivante si le futur conjoint de l’enfant n’est pas atteint par la maladie.

Selon une étude récente, les enfants nés de mère atteinte de PR pourraient également avoir un risque légèrement plus élevé que la population générale de déclencher une maladie de la thyroïde et de l’épilepsie, mais cette observation reste à confirmer.

Les risques de transmettre une spondylarthrite ankylosante à ses enfants

bébé et et les parents

Le risque de transmettre une spondylarthrite ankylosante (SA) à ses enfants est variable. Si le parent atteint est porteur du gène HLA B27, le risque de transmission est égal à 10 % chez les personnes d’origine européenne, en revanche le risque de transmission est égal à 2 % si le parent atteint n’est pas porteur du gène HLA B27. En effet, la présence de ce gène compterait pour un tiers de la prédisposition génétique à déclencher cette maladie, les deux tiers restant étant sous le contrôle d’autres gènes.

Le risque de transmission de la SA semble légèrement plus élevé chez les enfants nés d’une femme atteinte de SA (en particulier les filles nées de la première grossesse et les garçons). Chez les enfants nés d’un père souffrant de SA, la prédisposition à cette maladie semble n’être quasiment transmise qu’aux garçons.

De plus, selon certaines études, les enfants nés de mère souffrant de SA serait davantage prédisposés aux maladies inflammatoires chroniques de l’intestin (maladie de Crohn, rectocolite hémorragique). Ceux nés de père atteint de SA auraient un risque accru de développer un psoriasis. Néanmoins, ces données demandent à être confirmées.

Les risques de transmettre un rhumatisme psoriasique à ses enfants

Dans environ 80 % des cas, le rhumatisme psoriasique apparaît chez des personnes souffrant de psoriasis. On estime habituellement que 8 à 15 % des personnes atteintes de psoriasis souffrent de rhumatisme psoriasique, mais une étude récente semble indiquer que ce chiffre pourrait atteindre jusqu’à 30 %, avec une absence de diagnostic dans un cas sur deux.

Le risque de psoriasis chez un enfant dépend du nombre de personnes de la famille qui sont eux-mêmes atteints : selon une étude de 1997 portant sur plus de 3 700 familles, il y a 83 % de risque de développer un psoriasis si les deux parents et un frère ou une sœur sont atteints, 65 % si les deux parents sont atteints, 51 % si un parent et un frère ou une sœur sont atteints, 28 % si seulement un des deux parents est concerné, et 24 % si seulement un frère ou une sœur a déclaré la maladie.

En terme de rhumatisme psoriasique, il semble que le risque de le transmettre est deux fois plus élevé lorsque le père est affecté par ce RIC. De plus, lorsqu’une personne est touchée par un rhumatisme psoriasique, le risque qu’un frère ou une sœur le soit également est de 10 % si aucun parent n’est touché, de 22 % si la mère est touchée et de 31 % si le père est touché.

Si vous hésitez à fonder une famille par peur de transmettre votre prédisposition génétique à une forme de rhumatismes inflammatoires chroniques, parlez-en à votre rhumatologue. Il pourra vous donner des informations adaptées à votre histoire familiale, ou vous orienter vers un médecin spécialiste en conseil génétique.

Pour en savoir plus :

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