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Ménopause et rhumatismes inflammatoires chroniques : comment prévenir ses complications ?

La ménopause se définit par la chute des taux sanguins d’estrogènes et l’arrêt permanent des règles. Cette chute peut avoir des conséquences négatives à long terme sur les os, les vaisseaux sanguins et le cœur. Elle est parfois associée à l’apparition ou à l’aggravation d’un rhumatisme inflammatoire chronique (RIC), par exemple une polyarthrite rhumatoïde, un rhumatisme psoriasique ou une spondyloarthrite axiale. Après la ménopause, les femmes qui souffrent de RIC font l’objet d’un suivi médical spécifique pour réduire leur risque d’ostéoporose et d’accidents cardiovasculaires.

La ménopause, un facteur de risque pour certaines maladies

Après la ménopause, le risque de déminéralisation des os est plus élevé, entraînant leur fragilisation et leur fracture en cas de chute : c'est l'ostéoporose. Si les risques de maladies cardiovasculaires (hypertension artérielle, maladie coronarienne, athérosclérose, infarctus, accident vasculaire cérébral) sont plus faibles chez les femmes que chez les hommes, ils augmentent néanmoins après la ménopause. Dix ans après celle-ci, les risques encourus par les femmes sont aussi élevés que ceux encourus par les hommes du même âge.

La ménopause, une période où un RIC peut apparaître

Chez certaines femmes, la chute des taux sanguins d’estrogènes qui caractérise la ménopause est contemporaine à l’apparition d’un rhumatisme inflammatoire chronique. Par exemple, l’âge moyen d’apparition de la polyarthrite rhumatoïde (PR), une maladie qui touche les femmes trois fois plus souvent que les hommes, est de 55 ans, avec une majorité de diagnostic survenant autour de la ménopause.

Dans le cas de la spondyloarthrite axiale, on estime que seulement 5 % des patientes ont découvert leur maladie après l’âge de 50 ans. L’âge d’apparition du rhumatisme psoriasique se situe habituellement entre 30 et 50 ans, mais il arrive qu’il soit diagnostiqué après la ménopause.

Interview Rhumatologue : Ménopause et Rhumatismes inflammatoires

Découvrez l'interview du Dr Marion Geoffroy, Rhumatologue, Chef de clinique au CHU de Reims.

Quel est l’impact de la ménopause sur l’évolution des RIC ?

Chez les femmes qui ont développé une polyarthrite rhumatoïde, une spondyloarthite axiale ou un rhumatisme psoriasique avant la ménopause, celle-ci semble être souvent synonyme d’aggravation de la maladie.

Dans le cas de la polyarthrite rhumatoïde, une étude récente portant sur plus 8 000 patientes semble indiquer que la ménopause aggrave les effets de la maladie sur les capacités fonctionnelles des patientes, en particulier chez celles qui n’ont pas eu d’enfant ou dont la ménopause a été précoce (avant 50 ans).

Les études manquent pour confirmer un effet similaire dans le cas du rhumatisme psoriasique ou de la spondyloarthrite axiale, même si de nombreuses patientes signalent une aggravation de leurs symptômes après la ménopause.

Comment prévient-on l’ostéoporose chez les patientes souffrant de RIC ?

activité physique

Les femmes qui souffrent de RIC ont un risque plus élevé de développer de l’ostéoporose, sous l’action conjointe de la maladie, de la chute des taux sanguins d’estrogènes, voire de la prise de corticoïdes (« cortisone ») à long terme. Par exemple, des études ont montré qu’entre 30 et 56 % des femmes ménopausées atteintes de PR souffraient d’ostéoporose.

La prévention de l’ostéoporose chez les femmes souffrant de RIC est similaire à celle mise en place chez toutes les femmes ménopausées : alimentation riche en calcium et en vitamine D (voire supplémentation), exercice physique régulier privilégiant les activités qui exercent de petits chocs sur le squelette (randonnée ou step, par exemple), surveillance de la densité des os par un examen radiologique adapté (ostéodensitométrie).

De nombreuses fédérations sportives ont développé des activités physiques dite « Sport Santé » pour les personnes souffrant de rhumatisme inflammatoire chronique, adaptées à leurs capacités et qui permettent de bénéficier de leur effet préventif sur l’ostéoporose malgré les limitations fonctionnelles imposées par la maladie.

Les traitements hormonaux de la ménopause ont-ils un intérêt en cas de RIC ?

Le traitement hormonal de la ménopause (THM) consiste à administrer des estrogènes et de la progestérone en remplacement de ceux qui étaient produits par les ovaires avant la ménopause. Ce type de traitement, populaire il y a quelques années, est devenu plus rare du fait d’une augmentation du risque d’accident cardiovasculaire (AVC, accident cardiaque, thrombose, etc.) et de cancer du sein.

Plusieurs études cliniques ont été menées pour évaluer l’intérêt du THM dans les RIC. Leurs résultats en terme d’efficacité sont contradictoires, certaines montrant une amélioration des symptômes, d’autres ne montrant aucun effet. En conséquence, les gynécologues et les rhumatologues n’envisagent la prescription d’un THM que dans des cas particuliers, selon la sévérité des symptômes, l’efficacité des autres traitements disponibles ou le risque cardiovasculaire de la patiente, par exemple.

Le THM est contre-indiqué chez les femmes qui ont des antécédents personnels de maladie cardiovasculaire, qui ont déjà souffert d’un cancer du sein ou de l'utérus, ou qui présentent des hémorragies vaginales anormales.

Quel est l’impact des RIC sur le risque cardiovasculaire ?

L’impact négatif des RIC sur le risque cardiovasculaire est connu depuis longtemps, en particulier pour la polyarthrite rhumatoïde. Dans cette maladie, la moitié des décès prématurés est due à un accident cardiovasculaire. En conséquence, chez certains patients atteints de PR (symptômes depuis plus de 10 ans, symptômes extra-articulaires, par exemple), le risque cardiovasculaire estimé est systématiquement multiplié par 1,5 comparé à celui de personnes similaires indemnes de PR.

Cette augmentation du risque cardiovasculaire se retrouve chez les patients atteints de spondyloarthrite axiale : on estime que leur risque d’accident cardiovasculaire est de 30 à 50 % plus élevé que celui de personnes similaires ne souffrant pas de cette maladie. Leur risque d’AVC est aussi élevé que celui des personnes atteintes de PR, mais leur risque d’infarctus ou de thrombose est plus faible.

Dans le cas du rhumatisme psoriasique, l’augmentation du risque cardiovasculaire existe, mais il est plus faible, en particulier chez les patients qui n’ont pas de symptômes cutanés.

Comment réduire son risque cardiovasculaire après la ménopause ?

Chez les personnes qui souffrent de RIC, la réduction du risque cardiovasculaire passe d’abord par la prescription d’un traitement capable de contrôler la maladie. Ensuite, les mesures habituelles s’appliquent : alimentation équilibrée, prévention du surpoids et de l’excès de cholestérol, arrêt du tabac, activité physique régulière adaptée aux capacités de chacun, surveillance médicale régulière.

Chez les personnes de plus de 50 ans souffrant de RIC, l’ajout d’un cardiologue à l’équipe soignante peut être décidé par le rhumatologue, afin de surveiller le risque cardiovasculaire et de coordonner les mesures destinées à réduire ce risque. Demandez conseil à votre rhumatologue qui vous aidera à mettre en place des mesures de prévention adaptées à votre cas.

Pour en savoir plus :

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