Douleurs musculaires : crampes et courbatures

Mis à jour : Mardi 27 Août 2019

Survenant souvent à la suite d’une sollicitation trop intense de la musculature, les courbatures et les crampes sont généralement bénignes et nécessitent rarement l’avis d’un médecin. D’autres types de douleur musculaire peuvent survenir, signalant parfois un problème plus sérieux (élongation, déchirure, etc.). Un médicament contre la douleur et un décontractant musculaire peuvent aider à soulager les cas difficiles.

Quels sont les symptômes des courbatures et des crampes ?

crampe au pied

Les courbatures se manifestent quelques heures après un effort inhabituel, voire le lendemain, ou lors de certaines infections comme la grippe. Les muscles atteints sont sensibles à la pression et douloureux au moindre mouvement. À l’occasion de courbatures sévères, la musculature est contractée, parfois enflée et chaude au toucher.

La crampe est une contraction musculaire douloureuse, involontaire et intense, qui apparaît le plus souvent lors d’un effort physique. Pendant la durée de la crampe, il est difficile de bouger le membre atteint. Au bout de quelques minutes, la contraction musculaire diminue et disparaît, mais il subsiste une sensation désagréable, ou parfois un point douloureux précis et tenace. Certaines personnes ressentent des crampes soudaines la nuit, notamment dans les jambes.

Les autres types de douleur musculaire

Les contractures sont des contractions durables et involontaires d’un ou plusieurs muscles. La douleur localisée apparaît à l’occasion d’activités intenses ou inhabituelles. La partie du muscle touchée semble dure et douloureuse à la palpation et lors de mouvements, en particulier lorsqu’on leur oppose une résistance. Un choc sur un muscle entraînant une contusion peut provoquer les mêmes symptômes qu’une contracture.

Les élongations sont une forme plus grave de contracture, où des fibres musculaires sont déchirées. L’étirement du muscle et sa contraction face à une résistance se révèlent très douloureux, et la douleur est plus brutale.

Le terme très usité de « claquage », s’applique à une déchirure musculaire, rupture partielle d’un muscle et de son enveloppe. La douleur, de prime abord violente, brutale comme un coup de poignard, devient sourde et permanente. A la surface du muscle, on peut parfois sentir une encoche à l’endroit de la rupture des fibres musculaires.

Les signes de rupture musculaire sont identiques à ceux de la déchirure, mais leur sévérité est plus conséquente, car une rupture peut laisser des séquelles. S’il s’agit d’une jambe lésée, il est en général impossible de s’appuyer dessus. L’encoche à la surface du muscle est souvent significative.


Quelles sont les causes des courbatures ?

Les courbatures sont dues à de minuscules fissures des fibres musculaires, à la suite d’un surcroît d’effort. Elles peuvent également être provoquées par une infection virale ou par la prise de certains médicaments (par exemple les interférons).

Quelles sont les causes des crampes ?

Les crampes surviennent plus fréquemment après un effort physique intense ou longuement soutenu, ou à la suite d’une forte transpiration. Le risque de crampe augmente suivant plusieurs facteurs : la déshydratation par exemple, le surentraînement, le manque d’échauffement préalable ou un échauffement trop rapide, un faux mouvement, une compression des muscles, etc. Elles apparaissent plus fréquemment par temps froid. On connaît mal l’origine des crampes nocturnes du mollet et la raison pour laquelle elles surviennent de préférence la nuit ; il est possible que l’on puisse l’imputer à un manque d’eau ou de sels minéraux. Si ces crampes peuvent se manifester chez des personnes en parfaite santé, elles affectent aussi des patients atteints, par exemple, de diabète, d’insuffisance rénale, de troubles circulatoires ou de certaines maladies psychiques. Certains médicaments (des diurétiques ou des médicaments contre le cholestérol notamment) favorisent l’apparition de crampes.

Douleurs musculaires : et si c’était votre traitement contre le cholestérol
Des douleurs ou des crampes musculaires, et plus rarement une atteinte des tendons, ont été observés chez les patients traités avec des hypolipidémiants de la famille des statines. Ces douleurs et crampes peuvent être d’intensité très variable et sont souvent supportables. Elles sont diffuses ou localisées au niveau des jambes (par exemple en marchant) ou des bras. Si au cours d’un traitement hypocholestérolémiant, vous ressentez des douleurs musculaires dont vous ne pouvez pas identifier la cause, n’hésitez pas à en parler à votre médecin. Ces contractions musculaires douloureuses peuvent exceptionnellement être graves. Les hypolipidémiants de la famille des fibrates peuvent également être responsables d’atteintes musculaires.

Comment réagir en cas de courbatures ou de crampes ?

  • Les courbatures disparaissent plus rapidement si l’on maintient les muscles douloureux en mouvement grâce à un étirement léger, au vélo ou à la marche, par exemple.
  • Un bain chaud détend les muscles et apaise les douleurs.
  • L’application locale de chaleur – sous forme de sachets chauffants ou d’un coussin électrique – soulage aussi bien.
  • Un massage peut détendre la musculature et contribuer ainsi à la disparition des courbatures ou des crampes.
  • Si les crampes sont violentes, il peut être utile de prendre un médicament contre la douleur pendant une durée limitée.
  • D’une manière générale, il faut essayer d’étirer le muscle. Pour une crampe du mollet par exemple, saisissez les orteils et tirez prudemment le pied vers le genou. En pratiquant ainsi une traction opposée à celle du muscle contracté, vous pouvez parvenir à le détendre.
  • Vous obtiendrez le même effet en marchant ou en effectuant plusieurs flexions des jambes.
Conduite à tenir en cas de courbatures ou de crampes
  alt Si les courbatures s'accompagnent d'autres symptômes comme de la fièvre, des crampes ou des tremblements musculaires.
  alt Si les courbatures empêchent tout mouvement.
  alt Si les courbatures ne disparaissent pas spontanément au bout de quelques jours.
  alt Si les douleurs musculaires sont apparues depuis l'administration d'un nouveau traitement, en particulier contre l'excès de cholestérol.
  alt Si des crampes à répétition troublent le sommeil.
  alt Si de fortes douleurs subsistent après la disparition de la crampe.
  alt Si les courbatures apparaissent logiquement après un effort inhabituel.
  alt Si la crampe survient pendant un effort ou de manière isolée, de temps en temps.
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alt Consultez un médecin dans les jours qui viennent.
alt Il est possible de s’automédiquer.

Que fait le médecin en cas de douleur musculaire ?

Si les douleurs musculaires n’ont pas d’origine connue, le médecin cherche à en trouver la raison en questionnant et examinant le patient. Il recherche si une maladie musculaire ou neurologique, une carence ou un médicament peuvent être à l’origine des crampes. Si celles-ci sont tenaces, il peut recommander des examens complémentaires, un avis spécialisé ou un traitement médicamenteux.


Bien s’hydrater pour éviter les courbatures et les crampes

homme buvant une bouteille d'eau

Une bonne hydratation est indispensable en cas d’activité sportive pour éviter les courbatures et les crampes. Buvez en quantité suffisante avant, pendant et après l’effort… y compris lorsque vous nagez !

Pensez également à manger des aliments riches en magnésium, en particulier si vous êtes un sportif (chocolat, céréales complètes, noix, légumes secs, levure de bière…).

Des crampes nocturnes répétées peuvent provenir d’un manque d’eau et de sel : buvez suffisamment, au moins un litre et demi par jour, et consultez votre médecin si vous suivez un régime pauvre en sodium ou si vous prenez des diurétiques.

Penser à votre échauffement et aux étirements

Avant l’effort physique, procédez à un échauffement musculaire efficace. Il doit être suffisamment long, progressif et adapté (étirements et assouplissements généraux, puis gestes spécifiques de votre discipline sportive).

Après l’effort, pensez à renouvelez les étirements des muscles qui ont le plus travaillé.

Si vous êtes peu entraîné, évitez de trop solliciter d’emblée votre musculature et intensifiez progressivement votre effort.

Conseils en cas de crampes du mollet

Vous pouvez tenter de prévenir les crampes du mollet en pratiquant plusieurs fois par jour l’exercice suivant : tenez-vous debout, de face, à cinquante centimètres environ d’une paroi, puis appuyez-vous contre elle en pliant les bras et en gardant toute la plante du pied en contact avec le sol. Maintenez ensuite pendant dix à vingt secondes la position dans laquelle vous ressentez une légère tension du mollet. Relâchez. Vous pouvez sentir le muscle se décontracter. Au bout de quelques semaines, il est possible que les crampes disparaissent.


La plupart de temps, les crampes disparaissent spontanément en quelques minutes. En cas de douleur, il est toujours possible de prendre un médicament antalgique par voie orale.

Consultez notre article sur le traitement des douleurs légères à modérées pour connaître la liste des médicaments antalgique par voir orale.

Les traitements antalgiques locaux

Des traitements locaux destinés soulager les courbatures par massage de la région douloureuse peuvent être utilisés sans prescription médicale. Ces préparations contiennent des substances variées : anti-inflammatoires non stéroïdien (AINS) ou salicylates pour leur effet antalgique, camphre, eucalyptus ou menthol pour l’effet révulsif (provoquant une sensation de chaleur), myorelaxants.

Liste des médicaments mise à jour : Mardi 17 Septembre 2019

Traitements antalgiques locaux : AINS et autres composés

Traitements antalgiques locaux : AINS et révulsifs

Traitements antalgiques locaux : myorelaxants

Traitements locaux divers

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Médicament ayant des présentations disponibles sans ordonnance

Les décontracturants musculaires

Les décontracturants musculaires (ou myorelaxants) peuvent être prescrits, en général sur de courtes périodes, dans le traitement d'appoint des contractures musculaires douloureuses, par exemple après une blessure. En décontractant le muscle, ils contribuent à lutter contre la douleur.

La quinine à faible dose

La quinine, extraite de l'écorce de quinquina, est utilisée à forte dose dans le traitement du paludisme et à faible dose dans le traitement d'appoint des crampes musculaires. Exceptionnellement, la quinine peut être responsable de réactions allergiques graves (troubles de la coagulation sanguine, hépatite, choc allergique). Pour cette raison, la quinine n'est disponible que sur prescription médicale et l’Agence du médicament a décidé de restreindre l’utilisation de ces médicaments au traitement des crampes nocturnes de l’adulte, après échec des mesures non médicamenteuses (hydratation, échauffement musculaire).
En l’absence d’efficacité au bout de quatre semaines de traitement, celui-ci ne doit pas être poursuivi.

Lire également : Crampes nocturnes : attention à la quinine, (janvier 2012).

Liste des médicaments mise à jour : Mardi 17 Septembre 2019

Myorelaxants : quinine à faible dose

Les autres décontracturants

Le méthocarbamol (LUMIRELAX) est l'autre relaxant musculaire encore commercialisé dans le traitement des contractures musculaires. Ses effets indésirables sont une somnolence à forte dose, plus rarement des éruptions cutanées, des démangeaisons, de la fièvre et des conjonctivites, et exceptionnellement des vertiges, des maux de tête et des troubles de la vision. Le méthocarbamol peut également colorer les urines en vert-marron, sans conséquence clinique.

Liste des médicaments mise à jour : Mardi 17 Septembre 2019

Autres myorelaxants

La méphénésine (DECONTRACTYL), seule substance décontracturante toujours vendue sans ordonnance, a été retirée du marché en juin 2019 : des cas d'abus et de dépendance, des malaises, des sensations vertigineuses et des réactions allergiques ont été observées.

Voir Actualités : Douleurs musculaires : DECONTRACTYL (méphénésine) retiré du marché à partir du 28 juin 2019, 06/2019

Le thiocolchicoside (COLTRAMYL et génériques) est un relaxant musculaire dérivé de la colchicine. Il diminue les stimulations nerveuses envoyées aux muscles par le cerveau, ce qui leur permet de se détendre. Des études ont montré que le thiocolchicoside est dégradé dans le corps en une substance potentiellement nocive pour les cellules en division, ce qui peut nuire au développement du fœtus pendant la grossesse (avortement spontané) et entraîner une baisse de la fertilité chez l’homme. En conséquence, depuis avril 2014, son utilisation est contre-indiquée chez la femme enceinte, qui allaite ou susceptible d’être enceinte. Ses indications ont été restreintes au traitement de courte durée des contractures musculaires douloureuses en pathologie rachidienne (mal de dos essentiellement).

Voir actualités : Spécialités à base de thiocolchicoside : AMM modifiées, 04/2014.

Le tétrazépam (MYOLASTAN et ses génériques) est une substance qui fait partie de la famille des benzodiazépines, comme de nombreuses substances contre l'anxiété et les troubles du sommeil. Utilisé dans le traitement des contractures musculaires douloureuses, les études de pharmacovigilance ont mis en évidence des effets indésirables cutanés parfois graves voire mortels. Pour cette raison, une réévaluation du rapport bénéfice/risque des médicaments contenant du tétrazépam a été engagée en novembre 2012, au niveau européen. A la suite des résultats de cette réévaluation, il a été décidé en juillet 2013 de suspendre les autorisations de mise sur le marché de ces médicaments dans tous les états membres de l’Union Européenne. Ces médicaments ne sont plus disponibles depuis juillet 2013.

Voir actualités : Myolastan et génériques : suspension des AMM, 07/2013.

L’homéopathie et les oligoéléments

Des médicaments d’homéopathie ou d’oligothérapie à base de sélénium ou de potassium sont aussi proposés en cas de crampes.

Liste des médicaments mise à jour : Mardi 17 Septembre 2019

Homéopathie

Médicaments de rhumatologie divers

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Médicament ayant des présentations disponibles sans ordonnance

Les produits de parapharmacie

D'autres méthodes décontracturantes non médicamenteuses sont également très recherchées par les sportifs : enveloppements chauds, massages, relaxation, etc.

Il existe en pharmacie et parapharmacie des gels de massage destinés à soulager la fatigue musculaire et les courbatures. Ils associent souvent différentes huiles végétales contenant des extraits d’arnica, de menthe, d’eucalyptus, de capsicaïne qui contribuent à détendre les muscles par un effet chauffant.

Liste non exhaustive des produits de parapharmacie mise à jour : Mardi 17 Septembre 2019

Produits de massages et de détente musculaire pour sportifs


Sources et références de l'article "Douleurs musculaires : crampes et courbatures"

  • Guide de l'automédication, Vidal, 2010
  • Guide des enfants en bonne santé, Vidal, 2006
  • Guide sport et santé, Vidal, 2005
  • Guide Santé après 50 ans, Vidal, 2005