Ostéoporose

Mis à jour : Mardi 11 Février 2020

L'ostéoporose est une maladie osseuse qui touche une femme sur trois après la ménopause. Elle se caractérise par une diminution accélérée de la masse osseuse, avec pour conséquence une fragilité accrue des os du squelette qui peuvent se briser très facilement. Si les femmes sont les victimes de prédilection de l'ostéoporose, les hommes ne sont cependant pas épargnés puisqu'une victime sur quatre de fracture due à l’ostéoporose est un homme.

Quelles sont les complications de l’ostéoporose ?

ostéoporose

Quand la masse osseuse diminue en deçà d'un certain seuil, l'os devient frêle et cassant. Dès lors, une chute banale ou, plus rarement, un mouvement brutal peuvent entraîner une fracture. Les fractures les plus fréquentes sont celles du poignet, des vertèbres ou du col du fémur. Il peut s’agir d’une chute de la hauteur de la personne, d’un simple choc ou, rarement, d’une fracture spontanée (un os qui se casse tout seul). La fracture du poignet est fréquemment révélatrice d’ostéoporose chez les femmes de plus de 50 ans. Les fractures des vertèbres, appelées aussi tassement vertébral, sont très douloureuses ; si elles se répètent, elles entraînent une diminution de la taille et, à la longue, l'apparition d'une bosse. Après 80 ans, ce sont surtout des fractures du col du fémur que l'on observe.

Quelles sont les causes de l’ostéoporose ?

Nos os sont le siège d'un constant processus de renouvellement. Ils sont continuellement, mais très lentement, détruits et reconstruits pour que leur structure soit parfaitement adaptée aux conditions de vie. Au cours de la vie, le squelette est ainsi rebâti quatre à cinq fois. La solidité des os est liée à l’importance de la masse osseuse, qui augmente au cours de l’enfance, et spécialement à l’adolescence. Vers l’âge de 20 ans, nous avons constitué notre capital osseux. À partir de 35 ans, ce capital osseux diminue lentement, pour les hommes comme pour les femmes. Chez celles-ci, la perte osseuse s’accélère à la ménopause, à cause de la diminution des hormones sexuelles (estrogènes). Les premières années de la ménopause, la perte osseuse est importante chez 30 % de femmes. Vers l’âge de 65 à 70 ans, la perte est quasiment identique pour les deux sexes.

Les personnes obèses sont moins susceptibles de souffrir d'ostéoporose. La graisse accumulée produit des substances proches des estrogènes et les contraintes imposées sur les os par le surpoids favorisent le maintien de la masse osseuse.

L'ostéoporose secondaire peut être provoquée par un traitement de longue durée par des dérivés de la cortisone, par un traitement qui met les ovaires au repos (« ménopause artificielle »), une hyperthyroïdie non traitée, voire d’autres troubles hormonaux (hypercorticisme, hyperparathyroïdie).

Chez les hommes âgés, l'ostéoporose est souvent secondaire à une maladie ou un déséquilibre hormonal. Par exemple, un traitement prolongé par corticoïdes, une alcoolodépendance, un tabagisme, une insuffisance de testostérone, un trouble gastro-intestinal chronique, une hyperthyroïdie non traitée, la prise d’antirétroviraux contre le VIH/sida, une maladie inflammatoire chronique, etc.


Le renouvellement du tissu osseux se produit tout au long de la vie. La maladie n’est donc pas irrémédiable et peut être prévenue en prenant soin de suivre une hygiène de vie correcte.

Mangez des aliments riches en calcium

produits laitiers

Le calcium est absolument nécessaire à la bonne santé du squelette. Les apports en calcium doivent être suffisants tout au long de la vie, mais plus particulièrement dans les vingt premières années, où la constitution d’un capital osseux optimal est déterminante pour l’avenir et la prévention de l’ostéoporose. Au besoin, le médecin peut prescrire des compléments de calcium pendant cette période.

L’apport quotidien en calcium est trop souvent inférieur à ce qu’il devrait être, c’est-à-dire environ 1 000 à 1 200 mg par jour. Au niveau européen, la France se situe dans le bas du tableau avec 700 à 800 mg par jour en moyenne. L’apport conseillé en calcium pour les personnes de plus de 50 ans est de 1 200 mg par jour. Les produits laitiers, les fromages et les eaux minérales (Hépar, Tallians, Contrex, Courmayeur, Saint-Antonin, Chateldon, Salvetat, Badoit, Vittel, San-Pellegrino, Quézac, Wattwiller, par exemple) sont les meilleures sources de calcium. Les produits laitiers écrémés ou demi-écrémés en apportent autant que ceux fabriqués à partir de lait entier, sans les inconvénients des matières grasses. Les amandes et autres graines, ainsi que les fruits séchés, sont également des sources de calcium.

Les poissons gras (saumon, sardine, maquereau, hareng, par exemple) apportent de la vitamine D et des acides gras oméga-3 qui semblent améliorer l’absorption du calcium ainsi que sa fixation sur les os, et réduire son élimination dans les urines et les selles. Néanmoins, l'alimentation suffit rarement à apporter une quantité suffisante de vitamine D et l'exposition à la lumière du soleil est nécessaire pour complémenter les apports alimentaires (voir ci-dessous).

1 200 mg de calcium, c’est...
    Pour ingérer l’équivalent de 1 200 mg de calcium, il faut manger au moins quatre des éléments de la liste suivante :
  • 300 g de fromage blanc,
  • cinq petits suisses de 60 g,
  • un quart de litre de lait,
  • deux yaourts,
  • 80 g de camembert,
  • 40 g de fromage à pâte ferme,
  • 30 g de gruyère.

Limitez les pertes en calcium

Manger des aliments riches en calcium est important, mais encore faut-il que ce calcium soit bien absorbé par l’intestin et ne soit pas éliminé dans les urines.

Les oxalates (des substances contenues dans la betterave, la rhubarbe, les épinards, l’oseille, etc.) et les tannins du thé réduisent l’absorption du calcium. Évitez de consommer ces aliments en même temps que des produits laitiers. Le sodium présent dans le sel de cuisine inhiberait l’action de la vitamine D et pourrait également diminuer l’assimilation du calcium.

    De plus, certains aliments favorisent l’élimination du calcium dans les urines :
  • la caféine (café, thé, chocolat, colas) ;
  • l’excès de protéines (viandes, poissons, etc.) ;
  • l’acide phosphorique, une substance présente dans les sodas et d’autres aliments industriels (vérifiez sur l’étiquette) ;
  • les phytates, des substances contenues dans les produits à base de farines qui n’ont pas subi de fermentation (pains sans levain, par exemple) et dans le son ;
  • l’alcool.

Faites des réserves de vitamine D

La vitamine D, relativement peu présente dans les aliments, est surtout synthétisée par la peau sous l’effet des rayons ultraviolets. Son rôle est capital car elle favorise l’absorption du calcium par le tube digestif. Chez les personnes jeunes et de peau claire, une heure de soleil par jour en été, tête et bras nus, semble suffire à l’organisme pour stocker la vitamine D pendant un an. Inutile donc de s’exposer plusieurs heures !

Chez les personnes âgées, celles qui vivent dans des régions peu ensoleillées, celles qui ont une peau sombre ou celles qui ne sortent pas (par exemple, les personnes âgées qui vivent en maison de retraite, les prisonniers, etc.), il est fréquent que l'on observe des concentrations sanguines de vitamine D insuffisantes, malgré une alimentation équilibrée. En Europe, on estime que, tous âges confondus, entre 50 et 70 % des personnes sont carencées en vitamine D. Pour cette raison, les autorités sanitaires européennes recommandent qu'un dosage sanguin de vitamine D soit effectué chez toutes les personnes à risque de carence. Lorsque le taux sanguin de 25-OH-vitamine D est inférieur à 30 ng/ml, une supplémentation doit être prescrite, soit par voie orale (à prendre avec un repas), soit par injection, pour rétablir un taux sanguin suffisant de manière durable.

Faites de l’exercice

L'activité physique renforce la solidité des os, en particulier les activités qui provoquent de petits impacts sur les os : course à pied, tennis, randonnée, step, etc. L’activité physique a aussi l’avantage d’améliorer l’équilibre, minimisant ainsi les risques de chutes. Quand le sport devient difficile, il faut continuer à faire un peu de gymnastique chez soi, marcher souvent et à bonne allure, prendre les escaliers plutôt que l’ascenseur. La natation est utile si l’on souffre d’un tassement des vertèbres.

Arrêtez de fumer

Le tabac accélère la perte osseuse. De plus, chez les femmes qui reçoivent un traitement hormonal de substitution pour soulager les troubles de la ménopause, il accélère l'élimination des estrogènes et augmente le risque de maladie cardiovasculaire.


Comment dépiste-t-on l’ostéoporose ?

Certains facteurs de risque peuvent amener le médecin à proposer un dépistage de l’ostéoporose : la ménopause, l’âge (plus de 55 ans), les antécédents familiaux, la prise prolongée de médicaments à base de cortisone, le mode de vie (absence d’activité physique, tabagisme, alcoolisme) ou la maigreur, par exemple. Le dépistage se fait généralement à l’initiative du médecin, mais les femmes ménopausées peuvent demander à leur médecin d’évaluer leur risque personnel vis-à-vis de l’ostéoporose.

Pour établir un diagnostic d’ostéoporose, on peut pratiquer un examen, appelé ostéodensitométrie, qui permet d’évaluer la densité des os. Cet examen est sans douleur. Le patient s’allonge sur un appareil qui ressemble à une table de radiologie et doit rester immobile quelques minutes. L’irradiation est vingt fois moins importante que pour une radiographie des poumons. Différents os peuvent être étudiés : la colonne vertébrale, le col du fémur ou le squelette entier.

L'ostéodensitométrie mesure la densité osseuse et leur contenu en minéraux. Elle permet ainsi de déterminer le degré de déminéralisation du squelette et l'importance du risque de fracture. Des critères précis ont été fixés par l’Organisation mondiale de la santé : il y a ostéopénie lorsque la perte osseuse est comprise entre 10 et 25 %, et ostéoporose lorsque la perte osseuse est égale ou supérieure à 25 %. Cependant, cette technique souffre d'une grande variabilité et ses modalités d'utilisation n'ont pas encore été validées. L’examen ostéodensitométrique est partiellement pris en charge par l’Assurance maladie (taux de remboursement : 70 % sur la base d’un tarif fixé à 40 € environ). La plupart des assurances complémentaires de santé (mutuelles) remboursent le coût qui n’est pas pris en charge par l’Assurance maladie.

Présentez-vous des risques d’ostéoporose ?
    Répondez aux questions qui suivent. Si vous répondez oui à au moins une question, parlez-en avec votre médecin.
  • Votre père ou votre mère se sont-ils fracturé le col du fémur à la suite d'un choc ou d'une chute sans gravité ?
  • Vous êtes-vous fracturé un os à la suite d'un choc ou d'une chute sans gravité ?
  • Avez-vous subi un traitement à base de corticoïdes (cortisone) pendant plus de six mois ?
  • Votre taille a-t-elle diminué de plus de trois centimètres depuis l'âge adulte ?
  • Buvez-vous de l'alcool régulièrement et en quantité excessive ?
  • Fumez-vous plus de 20 cigarettes par jour ?
  • Votre activité physique est-elle très réduite, voire inexistante ?
  • Prenez-vous des repas sans produit laitier ?
    Questions supplémentaires pour les femmes :
  • Votre ménopause a-t-elle commencé avant l'âge de 45 ans ?
  • Vos règles se sont-elles interrompues pendant 12 mois ou plus, pour une autre raison qu’une grossesse ?


Les compléments alimentaires proposés dans la prévention de l’ostéoporose visent soit à fournir aux os les nutriments essentiels à leur maintien : (c’est le cas du calcium, de la vitamine D et peut-être de la vitamine K), soit à lutter contre les effets de la ménopause (ipriflavone).

Quels compléments alimentaires pour prévenir l'ostéoporose ?

compléments alimentaires

Plusieurs substances sont proposées dans le cadre de l'ostéoporose.

Le calcium dans la prévention de l'ostéporose

Bien que les besoins en calcium soient habituellement satisfaits par une consommation régulière de produits laitiers et d’eaux minérales riches en calcium, des compléments de calcium sont parfois prescrits par le médecin traitant. Ces compléments contiennent diverses formes chimiques de ce minéral telles que carbonate, citrate ou gluconate, présentées en comprimés, gélules ou poudre.

Depuis 2012, les autorités de santé européennes (EFSA, European Food Safety Authority et la Commission européenne) se sont prononcées sur certaines allégations santé des aliments et des compléments alimentaires contenant du calcium. Après examen des données scientifiques, elles ont estimé que ces produits peuvent prétendre contribuer au maintien des os à condition de contenir au moins 120 mg de calcium pour 100 g, 100 ml ou par emballage si le produit ne contient qu’une portion.

De plus, selon les autorités de santé européennes, les denrées et suppléments alimentaires apportant au moins 400 mg de calcium par portion (idéalement associés à au moins 15 microgrammes de vitamine D) peuvent prétendre contribuer à réduire la perte de densité minérale osseuse, chez les femmes ménopausées de 50 ans et plus. La consommatrice doit être informée que l'allégation concerne spécifiquement les femmes de 50 ans et plus, et que l'effet bénéfique est obtenu moyennant une consommation journalière d'au moins 1 200 mg de calcium, toutes sources confondues.

Néanmoins, récemment, l’analyse de plusieurs études a suggéré que la prise de compléments alimentaires riches en calcium après la ménopause n’aurait que peu d’effet sur la prévention de l’ostéoporose, voire un effet négatif. De plus, la prise de calcium sous forme de suppléments pourrait augmenter le risque de souffrir de maladies cardiovasculaires. Pour cette raison, il est préférable d'augmenter sa consommation d'aliments riches en calcium plutôt que de prendre des compléments alimentaires de calcium.

La vitamine D dans la prévention de l'ostéporose

La vitamine D, relativement peu présente dans les aliments, est surtout synthétisée par la peau sous l’effet des rayons ultraviolets du soleil. Son rôle est capital car elle favorise l’absorption du calcium par le tube digestif, stimule la construction des os et réduit leur destruction (en régulant l’hormone parathyroïdienne).

Depuis 2012, les autorités de santé européennes (EFSA, European Food Safety Authority et la Commission européenne) se sont prononcées sur certaines allégations santé des aliments et des compléments alimentaires contenant de la vitamine D. Après examen des données scientifiques, elles ont estimé que ces produits peuvent prétendre contribuer à l’absorption intestinale et à l’utilisation du calcium et du phosphore, au maintien de taux sanguins de calcium normaux et de l’état normal des os, à condition de contenir au moins 0,75 microgrammes de vitamine D (calciférols) pour 100 g, 100 ml ou par emballage si le produit ne contient qu’une portion.

De plus, selon les autorités de santé européennes, les denrées et suppléments alimentaires apportant au moins 15 microgrammes de vitamine D par portion journalière peuvent prétendre contribuer à réduire le risque de chute associé à l’instabilitité posturale et à la faiblesse musculaire, chez les hommes et les femmes de 60 ans et plus. Le consommateur doit être informé que l'effet bénéfique est obtenu moyennant la consommation journalière de 20 microgrammes de vitamine D, toutes sources confondues.

Récemment, il a été établi que l’alimentation, même équilibrée, et la lumière du soleil ne sont pas assez efficaces pour apporter suffisamment de vitamine D, en particulier chez les personnes âgées de plus de 60 ans. Pour cette raison, les autorités sanitaires recommandent désormais la prescription de suppléments de vitamine D (entre 800 et 1000 UI par jour), en particulier chez les personnes de plus de 60 ans.

Chez les personnes à risque de carence, il est intéressant de faire une prise de sang pour mesurer le taux de 25-OH-vitamine D. La concentration sanguine de 25-OH-vitamine D devrait se situer entre 30 et 45 ng/ml de sang. Si le taux sanguin de vitamine D est inférieur à 30 ng/ml, le médecin prescrit une supplémentation en vitamine D pour le ramener à des valeurs normales. Lorsque cet objectif est atteint, un traitement d’entretien est prescrit pour le maintenir tout au long de la vie.

Cette supplémentation peut prendre la forme d’un traitement quotidien oral (à prendre pendant le repas) ou d’injections mensuelles ou trimestrielles (la vitamine D s’accumule dans la graisse du corps).

La vitamine K dans la prévention de l'ostéporose

Selon des données récentes, une alimentation riche en vitamine K pourrait augmenter la densité osseuse. Toutefois, ces allégations reposent sur des enquêtes alimentaires et non sur l’administration de compléments.

Depuis 2012, les autorités de santé européennes (EFSA, European Food Safety Authority et la Commission européenne) se sont prononcées sur certaines allégations santé des aliments et des compléments alimentaires contenant de la vitamine K. Après examen des données scientifiques, elles ont estimé que ces produits peuvent prétendre contribuer au fonctionnement normal des os, à condition de contenir au moins 11 microgrammes de vitamine K (phytoménadione et ménaquinones) pour 100 g, 100 ml ou par emballage si le produit ne contient qu’une portion.

L’ipriflavone dans la prévention de l'ostéporose

L’ipriflavone est un dérivé synthétique de l’une des isoflavones du soja. Des études cliniques ont montré que, associée à du calcium, elle contribue à prévenir l’ostéoporose chez les femmes ménopausées. En Italie, elle est commercialisée en tant que médicament contre l’ostéoporose.

Les autres compléments alimentaires dans la prévention de l'ostéoporose

Depuis 2012, faute de preuves d'efficacité convaincantes, les autorités sanitaires européennes ont interdit aux compléments alimentaires contenant de l'acide gamma-linolénique (GLA), des coquilles d'œufs ou d'huîtres, des acides gras oméga-3 des huiles de poisson (EPA/DHA), de l'huile de germe de blé, des fructo-oligosaccharides (FOS) ou des inulines de prétendre favoriser l'absorption intestinale du calcium, ou de contribuer au fonctionnement normal ou à la solidité des os.

De plus, l'Agence européenne de sécurité des aliments a interdit aux compléments alimentaires contenant des isoflavones du soja de prétendre contribuer à maintenir la densité des os pendant ou après la ménopause.

Existe-t-il des risques à prendre des compléments alimentaires pour prévenir l'ostéoporose ?

La prise de calcium en grande quantité peut provoquer des ballonnements ou une constipation. Chez certaines personnes, elle pourrait également entraîner l’apparition de calculs rénaux ou de maladies cardiovasculaires. En outre, les compléments de calcium peuvent diminuer l’absorption de certains médicaments : traitements de l’ostéoporose, antibiotiques de la famille des cyclines et des quinolones, hormones thyroïdiennes, par exemple. Du fait du doute qui subsiste concernant les effets de la supplémentation en calcium sur la santé osseuse des femmes après la ménopause, il est préférable d’avoir une alimentation naturellement riche en calcium plutôt que de prendre des compléments qui en contiennent de grandes quantités.

La vitamine D s’accumule dans l’organisme. Un excès d’apport peut engendrer de graves complications. Néanmoins, les cas d'intoxication sont exceptionnels et liés à des doses extrêmement élevées.

Enfin, l’ipriflavone peut se révéler toxique pour les globules blancs qui sont les cellules de l’immunité. Son usage est donc limité.


Comment soigne-t-on l’ostéoporose ?

Parallèlement à une bonne hygiène de vie (alimentation suffisamment riche en calcium, pas ou peu de tabac et d’alcool, consommation modérée de café, activité physique régulière), un traitement de l’ostéoporose peut être prescrit par le médecin. L’objectif du traitement médicamenteux est de prévenir la survenue de fractures liées à l’ostéoporose. Les médicaments disponibles agissent soit en empêchant la destruction de l’os, soit en stimulant sa formation.

Pour décider de l’opportunité de prescrire ces médicaments, le médecin prend en compte de nombreux éléments : l’âge de son patient ; le degré de perte osseuse mesurée par la densitométrie ; des antécédents de fracture des vertèbres, du col du fémur ou d’autres os chez son patient ou chez un de ses parents directs ; une éventuelle maigreur ; etc. En général, ces médicaments sont plutôt prescrits à des personnes qui présentent une perte osseuse marquée et qui ont déjà eu une ou plusieurs fractures potentiellement liées à ce défaut de densité osseuse.

Pour montrer leur efficacité, ces traitements doivent être pris pendant au moins quatre ans. Leurs effets doivent être évalués régulièrement, en surveillant la taille du patient et en pratiquant éventuellement des radiographies de la colonne vertébrale. Néanmoins, l’efficacité des traitements contre l'ostéoporose est, dans leur ensemble, difficile à mesurer. Il est nécessaire de suivre de larges groupes de patients traités pendant des années pour être certain qu'un médicament parvienne à diminuer de manière significative le risque de fracture liée à cette maladie.

D’autres mesures peuvent être mises en place, destinées à aménager le domicile pour prévenir les chutes. Enfin, le port de protecteurs de hanche peut être conseillé par le médecin.

Les protecteurs de hanche
Les protecteurs de hanche sont des coques rigides ou semi-rigides, garnies de mousse antichoc et maintenues en place par des sous-vêtements spécialement adaptés. Leur utilisation réduit le risque de fracture du col du fémur, à condition qu'ils soient portés non seulement lors des déplacements, mais également à domicile et si possible la nuit (risque de chutes nocturnes). En pratique, le caractère encombrant, inesthétique et inconfortable de ces protecteurs en limite toutefois l'utilisation, et par conséquent l'efficacité qui semble plus marquée chez les personnes de plus de 80 ans. Certains de ces dispositifs sont pris en charge par l'Assurance maladie dans la prévention des fractures du col du fémur chez les personnes âgées séjournant en institution (maisons de retraite et service de soins de longue durée).

Quelle place pour l’activité physique adaptée dans la prise en charge de l’ostéoporose ?

ordonnance

L’activité physique adaptée (APA) fait partie de la prévention et des traitements non médicamenteux de l’ostéoporose. En effet, la pratique régulière d’une activité physique contribue à une meilleure solidité des os et à la préservation, malgré l’âge, du capital osseux. De plus, elle contribue à réduire le risque de chute, aux conséquences souvent dramatiques chez les personnes qui souffrent d’ostéoporose.

De nombreuses activités sportives peuvent être adaptées pour pouvoir être pratiquées par les personnes souffrant d’ostéoporose : par exemple, athlétisme, escrime, basket-ball, football, taïchi chuan et qi gong.

Dans le cadre de l’ostéoporose, le médecin traitant peut désormais prescrire de l’APA en précisant les objectifs recherchés (amélioration de l’équilibre, renforcement musculaire, amélioration de la solidité osseuse, etc.) et les contre-indications propres au patient (les personnes qui souffrent d’une ostéoporose sévère doivent être particulièrement encadrées). Dans les clubs qui proposent ces disciplines, des éducateurs formés à la pratique du sport santé sont chargés de définir des protocoles de remise en forme et d’entraînement adaptés à chaque cas particulier. Les frais engagés, souvent modestes, sont parfois pris en charge par les assurances complémentaires (« mutuelles ») ou les mairies / départements.

Les patients qui ont recours à ces activités adaptées témoignent de bénéfices physiques (par exemple sur l’autonomie et l’endurance), mais également de bénéfices psychosociaux (lutte contre l’isolement, meilleure image de soi).

L'apport de calcium et/ou de vitamine D

En cas d’exposition insuffisante au soleil, le médecin peut prescrire un apport supplémentaire en vitamine D et en calcium sous la forme de médicaments. Cet apport prévient une carence en calcium qui est un facteur aggravant de la perte osseuse. Il a été démontré que l'association vitamine D-calcium réduit le risque de fracture du col du fémur chez les femmes de plus de 80 ans carencées et en institution.

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Médicament générique
Médicament ayant des présentations disponibles sans ordonnance

L'objectif du traitement médicamenteux est de prévenir la survenue de fractures. Les médicaments utilisés appartiennent à plusieurs familles. Certains empêchent la perte osseuse : biphosphonates, dénosumab, raloxifène, traitement hormonal de la ménopause, d’autres stimulent la formation osseuse : tériparatide. Quel que soit le médicament, il s’agit d’un traitement de longue durée à suivre pendant plusieurs années.

Avant l’instauration d’un traitement de l’ostéoporose, le médecin recherche les éventuelles carences en calcium et en vitamine D et prescrit si besoin une supplémentation vitamino-calcique sous forme de médicament.

Les biphosphonates

Encore appelés bisphosphonates, ces médicaments sont utilisés pour prévenir et traiter l’ostéoporose. Ils ont la particularité de se fixer exclusivement dans les os pour empêcher leur destruction. L’acide alendronique, l’acide risédronique et l’acide risédronique ont démontré leur efficacité pour réduire le risque de fracture vertébrale et de la hache chez les femmes à risque élevée de fracture. Ces médicaments existent sous forme de comprimés (à prendre tous les jours ou une fois par semaine ou même une fois par mois selon les substances et les dosages) ou de solution injectable par voie intraveineuse (à administrer tous les trois mois ou tous les ans selon la substance).

Dans le cas des traitements par voie orale (comprimés), les bisphosphonates peuvent provoquer une irritation de l'œsophage. Les comprimés doivent toujours être avalés avec un grand verre d'eau peu minéralisée (eau du robinet), en position assise ou debout. Il est également indispensable de les prendre en dehors des repas (au moins une demi-heure avant un repas) : l’efficacité du traitement en dépend.

Les principaux effets indésirables de ces médicaments sont des troubles digestifs et des réactions cutanées (démangeaisons, urticaire). La prise de biphosphonates est également associée à de rares cas d'ostéonécrose de la mâchoire, en particulier chez les personnes ayant récemment subi des interventions dentaires ou chez celles présentant un mauvais état des dents et de la bouche. Un bilan buccodentaire chez le dentiste est nécessaire avant de débuter le traitement, puis au moins une fois par an au cours du traitement. De plus, toute douleur dentaire justifie de consulter rapidement son dentiste.

D'autre part, un risque de fractures du fémur (os de la cuisse) a été identifié, en particulier lors d’une utilisation de longue durée. La survenue d’une douleur, d’une faiblesse ou d’une gêne dans la cuisse doit être signalée rapidement au médecin.

Pour en savoir plus : Biphosphonates : des médicaments paradoxaux.

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Médicament générique

Le dénosumab, en deuxième intention

Le dénosumab (PROLIA) est un anticorps monoclonal qui bloque les ostéoclastes. Les études ont montré qu'il permet de réduire le risque de fractures vertébrales, non vertébrales et de la hanche. Selon la Haute Autorité de Santé, ce médicament devrait être réservé en cas d'impossibilité à utiliser les biphosphonates. Il est indiqué dans le traitement de l'ostéoporose chez les femmes ménopausées à risque élevé de fractures. Il est également indiqué chez les hommes qui présentent un risque élevé de fracture, mais n'est pas remboursé dans cette indication. Il se présente sous forme de solution injectable, à administrer par voie sous-cutanée tous les 6 mois.

Des effets indésirables, parfois graves, ont été rarement observés : baisse du taux de calcium dans le sang, nécrose de la mâchoire, fracture du fémur. L’agence du médicament a publié en septembre 2014 de nouvelles recommandations concernant l'hygiène buccale et le suivi médical pour minimiser les risques.

Pour en savoir plus : PROLIA : actualisation des mesures de minimisation des risques.

Liste des médicaments mise à jour : Mardi 21 Avril 2020

Dénosumab

Le raloxifène, si faible risque de fracture non vertébrale

Le raloxifène (EVISTA, OPTRUMA et génériques) appartient à la famille des modulateurs sélectifs des récepteurs estrogéniques (SERM). Il joue un rôle protecteur contre l’ostéoporose en reproduisant l’action des estrogènes sur les os. Comme les estrogènes, les SERM augmentent légèrement le risque de formation d'un caillot de sang dans une veine (thrombose), mais en revanche, ils sont sans effet sur les seins ni l'utérus. Il ne doit pas être utilisé en cas d’antécédent d’accident thromboembolique veineux (phlébite par exemple) en cours ou ancien. Ce médicament est indiqué dans le traitement et la prévention de l'ostéoporose chez les femmes ménopausées. Son efficacité est démontrée seulement pour réduire le risque de fractures vertébrales

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Médicament générique

Le tériparatide, si au moins deux fractures vertébrales

Le tériparatide (FORSTEO) est une substance proche de l’hormone parathyroïdienne, qui régule les taux de calcium et de phosphore dans le sang. Elle stimule la formation de l'os. Chez les femmes ménopausées, les études ont montré une réduction de l'incidence des fractures vertébrales, mais non des fractures de la hanche. Ce médicament se présente sous forme de solution injectable, à administrer par voie sous-cutanée tous les jours. En raison de son coût, il a un statut de médicament d'exception (prescription sur une ordonnance particulière). Son remboursement est limité au traitement de l'ostéoporose chez l'homme et chez la femme ménopausée ayant eu au moins deux fractures vertébrales et pour une durée de 18 mois.

Liste des médicaments mise à jour : Mardi 21 Avril 2020

Tériparatide

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Médicament biosimilaire

Les traitements hormonaux de la ménopause

À la ménopause, la perte osseuse est directement liée à la chute des concentrations d'estrogènes dans le sang. La prise d’estrogènes (par voie orale ou par voie cutanée) permet d’empêcher ou d’atténuer cette perte osseuse. Elle doit être associée à un traitement par progestatif pour prévenir le développement anormal de la muqueuse de l’utérus. Le progestatif n’est pas nécessaire chez les femmes chez qui l’utérus a été retiré chirurgicalement (hystérectomie). A l’arrêt du traitement, la densité osseuse diminue de nouveau. Le traitement hormonal substitutif (THS) est indiqué chez les femmes ménopausées souffrant d'ostéoporose lorsque les autres traitements ne peuvent être utilisés.

Liste des médicaments mise à jour : Mardi 21 Avril 2020

Estrogènes et progestatifs en association

Estrogènes par voie cutanée

Les autres traitements de l'ostéoporose

L'ibandronate est un biphosphonate indiqué dans le traitement de l’ostéoporose chez la femme ménopausée à risque élevé de fractures. Une réduction du risque de fracture vertébrale a été démontrée, mais l’efficacité sur les fractures du col du fémur n’a pas été établie. Compte tenu de l’existence d’autres bisphosphonates (acide alendronique, acide risédronique et acide zolédronique) ayant démontré leur efficacité pour réduire les fractures vertébrales du col du fémur, l’utilisation de l’ibandronate n’est pas recommandée.

Liste des médicaments mise à jour : Mardi 21 Avril 2020

Biphosphonates : acide ibandronique

La calcitonine est une hormone qui freine l'activité des cellules qui détruisent l'os. Elle est utilisée dans la prévention de la décalcification osseuse lors d'une immobilisation prolongée (notamment en cas de fracture récente due à l’ostéoporose).

Liste des médicaments mise à jour : Mardi 21 Avril 2020

Calcitonine

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Médicament générique

Sources et références de l'article "Ostéoporose"