Cancer du foie

Mis à jour : Jeudi 23 Juillet 2020

Le cancer du foie est caractérisé par le développement d’un ou plusieurs nodules cancéreux dans cet organe. Dans la vaste majorité des cas, ces nodules se développent dans un foie atteint, depuis des années, par une maladie chronique qui a provoqué une cirrhose (par exemple, l’alcoolisme ou une hépatite virale chronique). Le cancer du foie reste longtemps sans provoquer de symptôme ce qui rend difficile son diagnostic précoce. La chirurgie, en particulier la greffe du foie, est leur traitement principal mais d'autres types de traitement existent : l'ablation partielle du foie, la chimiothérapie localisée ou la destruction de la tumeur par la chaleur

Qu’appelle-t-on cancer du foie ?

En France, le cancer du foie est le plus souvent la complication d'une maladie chronique, la cirrhose. Ces cancers touchent environ 8 000 Français chaque année, le plus souvent des hommes. Ils sont en général diagnostiqués de manière tardive ce qui rend difficile leur traitement. Les cancers du foie ne doivent pas être confondus avec les métastases hépatiques d’autres cancers. Celles-ci sont dues à des cellules cancéreuses nées hors du foie qui ont migré dans le sang pour se fixer ensuite dans le foie et former une métastase.

Les cellules qui composent une métastase gardent les caractéristiques de leur organe d’origine (sein, poumon, ovaire, côlon, etc.). De ce fait, les métastases au foie se traitent comme le cancer dont elles sont issues.

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Schéma du foie
Quel est le rôle du foie ?
Le foie est un organe vital volumineux situé du côté droit du corps, sous la cage thoracique. Il assure des fonctions essentielles dans notre organisme : transformation et stockage des substances nutritives en provenance des intestins, fabrication de la bile indispensable à la digestion des graisses, participation au maintien du taux de sucre dans le sang, fabrication des protéines nécessaires à la coagulation du sang, filtration et transformation des substances toxiques auxquelles nous pouvons être exposés (alcool, drogues, médicaments, polluants, etc.) afin qu’elles soient ensuite éliminées dans les selles ou les urines.
Le foie joue un rôle important dans le stockage des sucres (source d’énergie) et des vitamines, c’est pourquoi la fatigue est un symptôme fréquent des maladies du foie.

Quels sont Les différents types de cancer du foie ?

Dans environ 90 % des cas, les cancers du foie touchent les cellules qui forment la masse du foie, les hépatocytes. On parle alors d’ « hépatocarcinome » ou de « carcinome hépatocellulaire ». Mais il existe d’autres types de tumeurs du foie, plus rares. Certaines sont bénignes (kystes, hémangiomes, adénomes, etc.), d’autres sont des cancers des cellules qui forment les parois des vaisseaux sanguins ou des canaux biliaires (par lesquels s’écoule la bile).

Les cancers du foie sont-ils fréquents ?

En France, les cancers du foie restent relativement rares. En 2011, 8 200 cancers du foie ont été diagnostiqués. Les cancers du foie sont quatre fois plus fréquents chez les hommes (80 % des cas) et sont le plus souvent diagnostiquées entre 50 à 60 ans. Le nombre de cancers du foie diagnostiqués chaque année est en baisse sensible, en particulier en raison du nombre de personnes traitées avec succès contre l’hépatite C. L’arrivée récente de nouveaux traitements encore plus efficaces contre cette hépatite virale se traduira sans aucun doute par une diminution de la fréquence du cancer du foie en France dans les prochaines années.

Les cancers du foie sont particulièrement fréquents dans les pays d’Asie et d’Afrique où les hépatites virales chroniques (hépatite B, hépatite C) sont très répandues.


Quels sont les facteurs de risque des cancers du foie ?

La cirrhose est le facteur de risque le plus important de cancer du foie.

Qu'est-ce que la cirrhose du foie ?

Lorsque les cellules du foie sont agressées de manière durable, elles meurent et sont remplacées par du tissu fibreux : c’est la fibrose. Lorsque la fibrose devient trop importante (après plusieurs années), elle gêne la circulation du sang dans le foie, ce qui tend à l’aggraver. La cirrhose est la phase terminale de la fibrose, lorsque celle-ci perturbe fortement le fonctionnement du foie.

Quelles sont les causes de la cirrhose du foie ?

Contrairement à une croyance populaire, la cirrhose n’est pas seulement provoquée par l’alcoolisme. Outre l’alcool, d’autres facteurs peuvent également être à l’origine de cirrhose. Dans le cas des cancers du foie, les causes de cirrhose (donc de cancer) les plus fréquentes sont :

  • l’alcoolisme chronique, principale cause de cancer du foie en France ;
  • l’hépatite chronique C, deuxième cause ;
  • l’accumulation de graisse dans le foie (« stéatose hépatique »), le plus souvent en lien avec l’obésité, troisième cause ;
  • l’hépatite chronique B, quatrième cause.

Quels sont les autres facteurs de risque des cancers du foie ?

Au-delà des causes de cirrhose les plus fréquentes, il existe d’autres facteurs de risque du cancer du foie :

  • l’hémochromatose, une maladie génétique rare au cours de laquelle le foie accumule des taux toxiques de fer ;
  • certains parasites des canaux biliaires, les douves, rares en France mais fréquents dans certains pays en voie de développement ;
  • des substances chimiques industrielles comme le chlorure de vinyle ou l’arsenic ;
  • des toxines produites par des moisissures (les « aflatoxines ») qui se développement sur les graines stockées dans des locaux chauds et humides (essentiellement dans les pays tropicaux).

De plus, le tabagisme semble associé à un risque accru de cancer du foie.


Peut-on prévenir les cancers du foie ?

Les mesures de prévention des cancers du foie sont celles qui permettent de prévenir la fibrose et la cirrhose du foie :

  • consommer des boissons alcoolisées avec modération ;
  • être vacciné contre l’hépatite B ;
  • lutter contre l’embonpoint et l’obésité en adoptant une alimentation équilibrée et en pratiquant une activité physique régulière ;
  • effectuer un test de dépistage de l’hépatite C et, si l’on n’est pas infecté, éviter de le devenir ;
  • porter des gants avant de toucher au sang d’une personne. Éviter également d’utiliser le rasoir ou la brosse à dents d’une autre personne, ou de prêter les vôtres ;
  • lors de tatouage, de piercing ou d’acupuncture, vérifier que le personnel utilise du matériel correctement stérilisé ou jetable. Préférer les boutiques qui ont pignon sur rue et une bonne réputation ;
  • les usagers de drogues ne doivent jamais partager leur matériel d’injection ou d’inhalation (« sniff ») : seringue, aiguille, cuillère, paille, etc. ;
  • avoir des relations sexuelles protégées dans les situations où un contact avec le sang est possible : en période de règles, en cas d’infections génitales (par exemple l’herpès), en cas de lésions sur les organes génitaux, en cas de pratiques traumatiques, etc. ;
  • éviter, dans la mesure du possible, de recevoir des soins médicaux invasifs (injections, examens par sonde, soins dentaires, chirurgie, etc.) dans les pays en voie de développement.

Des mesures de protection particulières existent pour les personnes qui, dans le cadre de leur vie professionnelle, sont amenées à manipuler des substances chimiques soupçonnées d’augmenter le risque de cancer du foie.


Pendant des mois, voire des années, le cancer du foie ne provoque pas de symptômes, tout comme les maladies chroniques qui y prédisposent. Pour cette raison, le diagnostic de ces maladies et des cancers du foie est souvent tardif, lorsque la maladie est avancée.

Quels sont les symptômes du cancer du foie ?

Pendant des mois, voire des années, le cancer du foie ne provoque pas de symptômes. Les symptômes qui apparaissent alors sont peu caractéristiques de la maladie : fatigue, troubles digestifs, perte d’appétit et de poids, nausées, etc. Avec l’évolution de la maladie, des symptômes plus sévères apparaissent : jaunisse, gonflement du ventre par accumulation de liquide dans la cavité abdominale, voire confusion, perte de mémoire, changement de personnalité, somnolence, mouvements anormaux, perte de conscience et coma.

Qu'appelle-t-on encéphalopathie hépatique ?
Lorsque la cirrhose est importante, le foie ne parvient plus à éliminer les substances toxiques issues du métabolisme (les « toxines ») qui s'accumulent dans le sang. Le cerveau est particulièrement sensible à cette accumulation de déchets et des symptômes d'encéphalopathie hépatique apparaissent : confusion, perte de mémoire, changement de personnalité, somnolence, mouvements anormaux, voire perte de conscience et coma. Ces signes traduisent une insuffisance hépatique sévère. Ils sont fréquemment observés chez les personnes qui souffrent de cancer du foie (un grand nombre d'entre elles présentant une cirrhose).

Comment évoluent les cancers du foie ?

Sans traitement, une tumeur du foie va grossir et progressivement envahir non seulement le foie, mais également les parois des vaisseaux sanguins qui l’irriguent et celles des canaux qui transportent la bile. Les cellules cancéreuses vont ensuite migrer vers les organes voisins et dans le sang, ce qui provoque l’apparition de métastases dans d’autres organes (cerveau, poumon, os, etc.).

Lorsqu’il est diagnostiqué, malheureusement souvent de manière tardive, le cancer du foie peut être traité de manière curative (élimination complète) chez environ un tiers des patients. Dans les autres cas, des traitements sont possibles mais le taux de récidive est élevé (dans 80 à 85 % des cas cinq ans après le premier diagnostic).

Le taux de survie cinq ans après un diagnostic de cancer du foie varie fortement selon le stade d’évolution du cancer au moment du diagnostic : de 25 % dans les formes où la tumeur est localisée à moins de 10 % dans les formes où la tumeur est plus étendue. Lorsqu’une greffe de foie a été réalisée pour traiter le cancer, le taux de survie à cinq ans est d’environ 70 %.


Peut-on dépister les cancers du foie ?

Les personnes qui sont à risque de cancer du foie (personnes souffrant d’alcoolodépendance ou d’hépatite virale chronique, et dont le foie présente des signes de fibrose sévère) doivent faire l’objet de mesure de dépistage du cancer du foie (échographie) tous les six mois afin de détecter un cancer le plus précocement possible.

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Comment diagnostique-t-on les cancers du foie ?

Parce que la majorité des cancers du foie apparaissent chez des personnes qui souffrent d’une maladie hépatique chronique, ils sont souvent détectés lors d’un examen échographique destiné à mesurer le degré de fibrose du foie suite à la maladie chronique.

Lorsque le médecin suspecte la présence d’un cancer du foie, il prescrit un examen tomodensitométrique (scanner) ou une IRM. Il fait également pratiquer une prise de sang à la recherche d’une substance, l’alpha-fœtoprotéine, dont les taux sanguins sont parfois élevés lors de tumeur du foie. D’autres paramètres sanguins (prothrombine, bilirubine totale, albumine, etc.) sont également mesurés afin d’évaluer l’état du foie. Rarement, un prélèvement (biopsie) du foie est effectué sous anesthésie générale pour analyse microscopique.

Le médecin peut également prescrire une fibroscopie de l’œsophage et de l’estomac à la recherche de varices de ces organes (la fibrose du foie gêne la circulation du sang vers le foie et peut provoquer la dilatation de veines en amont, le long de l’œsophage et de l’estomac).


Les stades d'évolution des cancers du foie

L’un des objectifs des examens complémentaires effectués lors du diagnostic est de définir le stade d’évolution du cancer du foie. Pour cela, les médecins utilisent une classification dite « TNM » qui prend en compte le nombre et la localisation des tumeurs (T), la présence éventuelle de cellules cancéreuses dans les ganglions (N pour « nodes »), et l’existence éventuelle de métastases (M).

D'autres grilles de classification existent dont certaines qui prennent en compte l'impact du cancer sur la vie quotidienne du patient (classification Barcelona Clinic Liver Cancer, BCLC). De plus, le fonctionnement du foie est mesuré selon un score, dit « score de Child-Pugh », qui va de A à C selon la sévérité de la cirrhose.

Ces systèmes de mesure de la gravité du cancer permettent à l’équipe médicale de choisir le traitement le plus approprié aux particularités de chaque patient.

Comment soigne-t-on les cancers du foie ?

La chirurgie est le traitement de premier choix des cancers du foie, pour enlever la ou les tumeurs, ou pour greffer un nouveau foie. Malheureusement, au moment du diagnostic, la chirurgie n’est possible que chez environ 15 % des patients. Pour les autres, il est possible de détruire la ou les tumeurs à travers la peau, de pratiquer une chimiothérapie locale directement sur la tumeur ou d’administrer une thérapie ciblée. Le choix du mode de traitement dépend de la gravité de la cirrhose, de l’aspect des tumeurs et de l’état général du patient.

Le choix du mode de traitement dépend de la gravité de la cirrhose, de l’aspect des tumeurs (nombre, taille, localisation, envahissement des vaisseaux sanguins ou des canaux biliaires) et de l’état général du patient (sa capacité à supporter la chirurgie, par exemple).

Comme pour les autres cancers, le traitement des cancers du foie repose sur un ensemble de protocoles codifiés qui sont adaptés aux particularités du patient. Il est administré dans des centres de lutte contre le cancer accrédités par l’Institut national du cancer (INCa).

D’autres soins et soutiens complémentaires, appelés soins de support, peuvent être mis en œuvre pour faire face aux conséquences de la maladie et de ses traitements : fatigue, anxiété, troubles du sommeil, perte d’autonomie, problèmes sociaux, etc.


L'objectif du traitement chirurgical des cancers du foie est de retirer la totalité (ou la plus grosse partie) de la tumeur, souvent en enlevant une partie du foie. Dans les cas les plus graves, une greffe de foie peut être envisagée.

L'ablation partielle du foie lors de cancer

opération chirurgicale

Lorsque la ou les tumeurs du foie sont localisées et que la cirrhose ne perturbe pas trop le fonctionnement du foie, il est possible d’envisager d’enlever la partie du foie où se trouvent les tumeurs. C’est le cas chez environ 10 % des patients atteints de cancer du foie.

Comment se passe l'ablation partielle du foie ?

L’ablation partielle du foie se fait sous anesthésie générale, soit en incisant le ventre (laparotomie), soit en y pratiquant trois orifices et en y insérant des tubes fins munis d’outils chirurgicaux et d’une caméra (cœlioscopie). Le foie est un organe divisé en lobes et en segments bien délimités et le chirurgien peut choisir d’enlever juste la tumeur, un ou deux segments, voire un lobe. Il fonde sa décision sur la localisation et la taille des tumeurs, ainsi que sur l’état général du foie.

À condition que le reste du foie soit en suffisamment bonne santé et que le patient s’abstienne de boissons alcoolisées, le foie laissé en place régénérera en quelques semaines (jamais jusqu’à sa taille initiale, mais suffisamment pour vivre normalement).

Quelles sont les suites de l'ablation partielle du foie ?

Après l’opération, le patient est muni d’une sonde naso-œsophagienne (pour éviter les vomissements) et d’une sonde urinaire qui sont retirées après quelques jours. Des drains (des tubes destinées à éviter l’accumulation de liquides) sont posés au niveau du ventre (laissés en place quelques jours) et de la vésicule biliaire. Ce dernier drain est laissé en place un à deux mois jusqu’à ce que le chirurgien soit certain que la bile produite par le foie est bien éliminée dans l’intestin (sans fuite dans l’abdomen). Pour éviter les problèmes de phlébite ou d’embolie pulmonaire, le patient prend des médicaments anticoagulants et porte des bas de contention.

L'ablation partielle du foie nécessite en général cinq à dix jours d'hospitalisation.

Les suites et les complications de l'ablation partielle du foie

Les suites d’une ablation partielle du foie sont généralement des sensations douloureuses au niveau de la zone opérée et de la cicatrice, éventuellement pendant plusieurs mois. Des antalgiques adaptés sont systématiquement prescrits. Dans de rares cas, l’ablation partielle du foie peut se compliquer : fuites de bile dans l’abdomen (qui provoquent de la fièvre et des douleurs), hématome du foie, hémorragie, insuffisance hépatique (jaunisse, ascite, fatigue, etc.).

La greffe du foie lors de cancer

La greffe du foie est systématiquement envisagée lors de cirrhose terminale ou de cancer du foie. Malheureusement, seulement 5 % des patients atteints de cancer du foie peuvent être greffés. Le nombre de greffons disponibles est limité et les contre-indications de la greffe sont nombreuses :

  • tumeurs ayant envahi les parois des vaisseaux sanguins ou des canaux biliaires ;
  • tumeur de plus de 5 cm de diamètre ou présence de plus de trois tumeurs ;
  • mauvais état général du patient (qui aurait du mal à supporter la chirurgie et les traitements anti-rejet qui doivent être pris à vie) ;
  • alcoolisme non pris en charge médicalement ;
  • patient âgé de plus de 65 ans (des exceptions sont possibles chez les personnes en bonne santé par ailleurs).

Chez les personnes éligibles pour une greffe du foie, des traitements sont souvent mis en place en attendant la disponibilité d’un greffon (destruction des tumeurs à travers la peau, chimioembolisation, etc.).

La destruction des tumeurs du foie à travers la peau (destruction percutanée)

Lorsqu’un traitement chirurgical n’est pas envisageable, l’équipe soignante peut décider d’avoir recours à un traitement qui vise à détruire la ou les tumeurs du foie sans ouvrir l’abdomen. Cette technique utilise la chaleur produite par des ondes électriques (radiofréquence) au bout d’une fine aiguille, la sonde.

Sous anesthésie générale, et guidé par divers appareils d’imagerie médicale, le radiologue spécialisé introduit la sonde à travers la peau et la paroi abdominale jusqu’à positionner son extrémité au centre de la tumeur. La chaleur dégagée par l’extrémité de la sonde brûle progressivement la tumeur, du centre vers la périphérie, sur quelques centimètres. La sonde est retirée lorsque l’imagerie médicale montre que la tumeur a été complètement détruite.

Cette intervention dure de 20 à 30 minutes et nécessite une journée d’hospitalisation. Ces effets indésirables sont essentiellement des douleurs au réveil qui sont soulagées par des médicaments antalgiques. Dans de rares cas, des hémorragies et des lésions de l’estomac ou du côlon peuvent survenir.

La destruction percutanée des tumeurs du foie peut être répétée, par exemple lors de récidive ou pour permettre à un patient d’attendre un greffon.


Dans le cadre du traitement des cancers du foie, la chimiothérapie est rarement administrée de manière générale (intraveineuse) comme pour nombre d'autres types de cancer. Le plus souvent, elle est administrée directement dans le foie, au plus près de la tumeur : c'est la « chimioembolisation ».

La chimioembolisation des tumeurs du foie

La chimioembolisation est administrée aux patients pour qui la chirurgie n'est pas une option possible et à ceux en attente d'un greffon de foie (environ 30 à 40 % des patients reçoivent ce type de traitement).

Comment se passe la chimioembolisation des tumeurs du foie ?

La chimioembolisation nécessite un à deux jours d’hospitalisation et une anesthésie générale. Elle se fait sous contrôle visuel grâce à divers appareils d’imagerie médicale. Un cathéter (un tube fin et souple) est inséré dans une artère au niveau de l’aine. Guidé par les images, le radiologue spécialisé fait remonter le cathéter dans l’artère hépatique (celle qui amène le sang oxygéné au foie). Progressivement, l’extrémité du cathéter est amenée au plus près de la tumeur.

Un médicament de chimiothérapie est ensuite injecté via le cathéter, ainsi qu’une substance appelée « agent d’embolisation » (une substance grasse ou une solution de billes de plastique microscopiques). L’agent d’embolisation épaissit le sang et permet au médicament de chimiothérapie de rester en contact le plus longtemps possible avec les cellules cancéreuses qui forment la tumeur. De plus, l’agent d’embolisation diminue l’arrivée de sang oxygéné dans la tumeur, ce qui asphyxie les cellules cancéreuses et les rend plus sensibles à la chimiothérapie.

Selon la taille et le nombre de tumeurs, il est possible de répéter les séances de chimioembolisation, en respectant un intervalle d’un mois entre les séances. La chimioembolisation peut également être répétée en cas de récidive du cancer du foie.

Quels sont les effets indésirables de la chimioembolisation des tumeurs du foie ?

Dans la majorité des cas, le patient ressent un ensemble de symptômes appelé « syndrome de post-embolisation ». L’élimination des cellules cancéreuses tuées par la chimiothérapie entraîne, dans les heures qui suivent l’intervention, de la fièvre, des nausées et des maux de ventre. Ce syndrome dure en général moins de dix jours et il est soulagé par des médicaments adaptés.

Plus rarement, on observe une inflammation de la vésicule biliaire (qui provoque fièvre, douleurs et nausées), un hématome au niveau de l’aine (au point d’insertion du cathéter) ou, très rarement, une chute de cheveux temporaire.

Les thérapies ciblées contre le cancer du foie

Les thérapies ciblées sont des substances qui bloquent de manière spécifique des récepteurs situés sur les membranes de certaines cellules (médicament de la famille des inhibiteurs de tyrosine kinase). Dans le cadre du traitement du cancer du foie, il existe une seule substance de ce type, le sorafénib (NEXAVAR), prescrite sous la forme de comprimés. Elle agit en ralentissant la croissance des vaisseaux sanguins qui alimentent la tumeur (ce qui ralentit également la croissance de celle-ci). Cette thérapie ciblée est réservé aux patients qui n’ont pas d’autre option de traitement. D’autres molécules de ce type sont en cours d’évaluation dans des études cliniques.

Les effets indésirables du sorafénib sont la diarrhée, fréquente, les problèmes de peau (sécheresse, rougeurs et cloques sur les mains et les pieds, démangeaisons, etc.), la fatigue, la chute des cheveux, la baisse des globules rouges (anémie), des globules blancs et des plaquettes sanguines, ainsi que des réactions allergiques.


Après le traitement d'un cancer du foie

Les personnes qui ont eu un cancer du foie sont régulièrement suivies pour détecter et traiter d’éventuels effets indésirables des traitements, ou pour dépister une récidive.

Ce suivi médical repose sur :

  • un examen clinique ;
  • le dosage de l’alpha-fœtoprotéine (s’il était initialement élevé) au moyen d’une prise de sang ;
  • des examens d’imagerie médicale (IRM ou scanner du foie).

À titre indicatif, ces examens s’effectuent généralement tous les trois mois pendant un ou deux ans, puis tous les quatre à six mois pendant toute la vie.

Les consultations de suivi après une greffe du foie se font dans le centre de transplantation. Ces consultations ont pour objectif de suivre l’évolution du foie greffé et les complications du traitement anti-rejet. Le calendrier de ces consultations peut varier d’un centre à l’autre.

Pour en savoir plus sur le cancer du foie

L’Institut national du cancer (INCa) publie des guides destinés aux patients, complets et faciles à comprendre. Consultez le guide sur le cancer du foie.


Sources et références de l'article "Cancer du foie"