Cancers du nez, de la bouche et de la gorge

Mis à jour : Mercredi 21 Juin 2017

Également appelés cancers des voies aérodigestives supérieures, les cancers du nez, de la bouche et de la gorge font partie des cancers pour lesquels des mesures de prévention existent. En effet, en France, 95 % de ces cancers sont liés au tabagisme et à l'excès de boissons alcoolisées. Rarement à l'origine de métastases, les cancers du nez, de la bouche et de la gorge peuvent être invalidants du fait des séquelles liées au traitement chirurgical et à la radiothérapie.

Qu'appelle-t-on cancers des voies aérodigestives supérieures ?

homme

Les cancers des voies aérodigestives supérieures (VADS) regroupent les tumeurs cancéreuses qui se développent dans les fosses nasales, les sinus, les os de la face, la bouche, la gorge, ainsi qu’au niveau du larynx (« pomme d’Adam »). Les cancers des lèvres, des amygdales et des glandes salivaires sont également classés dans cette famille, même s’ils sont parfois un peu différents dans leur nature.

Les cancers de la gorge sont les plus fréquents (environ 30 % des cancers des voies aérodigestives supérieures). Les cancers de la bouche représentent 25 à 30 % des cas, les cancers du larynx 20 % des cas et les cancers des amygdales environ 15 % des cancers des VADS.

En France, les cancers des VADS sont essentiellement des cancers des muqueuses (les tissus qui recouvrent l’intérieur de la bouche, de la gorge, du nez, etc.). D’autres cancers peuvent apparaître au niveau du cou, par exemple des lymphomes (cancers de certaines cellules de l’immunité).

Les cancers du nez, de la bouche et de la gorge sont-ils une maladie fréquente ?

En France, environ 14 000 cas de cancer des VADS sont diagnostiqués chaque année, ce qui en fait la cinquième cause de cancer. Ces cancers sont plus souvent observés chez les hommes (75 % des cas) mais ils deviennent de plus en plus fréquents chez les femmes, du fait de l’augmentation du tabagisme dans la population féminine. L’âge moyen au moment du diagnostic est de 55 ans mais cet âge moyen diminue depuis quelques années.


Qui est à risque de cancer du nez, de la bouche et de la gorge ?

Deux facteurs de risque de cancer des VADS ont été identifiés :

  • le tabagisme : 95 % des cancers des VADS sont diagnostiqués chez des fumeurs. Un quart des nouveaux cas est identifié chez des fumeurs de moins de 50 ans, ce qui reflète la diminution de l’âge au moment de la première cigarette.
  • l’excès de boissons alcoolisées : 90 % des cancers des VADS sont diagnostiqués chez des personnes qui consomment régulièrement de l’alcool. L’association de l’alcool et du tabac augmente le risque de développer ce type de cancer. Ce risque est aggravé chez les personnes qui ont une hygiène buccodentaire insuffisante.

De plus, les cancers de la bouche peuvent également être favorisés par le port d’une prothèse dentaire inadaptée (les frottements et blessures répétés favorisent la transformation cancéreuse des cellules de la muqueuse).

Les cancers du nez ou du nasopharynx sont plus fréquents chez les personnes régulièrement exposées à certaines substances chimiques volatiles : solvants, poussières de pierre ou de bois, fumées de diesel, etc.

Les cancers des lèvres sont plus fréquents chez les fumeurs qui travaillent en plein air (agriculteurs, marins, etc.) car l’exposition aux rayons UV du soleil constitue un facteur de risque supplémentaire qui s’ajoute à celui du tabac.


Quelles sont les causes des cancers du nez, de la bouche et de la gorge ?

Le tabac et l’alcool sont responsables de la quasi-totalité des cancers des VADS en France. D’autres causes ont été identifiées :

  • l’infection de la gorge par le HPV (Human PapillomaVirus), le virus responsable du cancer du col de l’utérus ;
  • certaines substances chimiques comme les nitrosamines (conservateurs des salaisons et des fumaisons), les tanins contenus dans la poussière de bois, le nickel, le formaldéhyde, etc. ;
  • les blessures ou brûlures répétées des muqueuses, par exemple par une prothèse dentaire mal adaptée ou par une forte consommation de boissons trop chaudes.

Les personnes d’origine chinoise (en particulier de la région de Canton), antillaises ou maghrébines ont un risque plus élevé de développer un cancer de la partie haute de la gorge (nasopharynx) en cas d’exposition à des substances cancérigènes pendant l’enfance ou d’infection chronique par le virus d’Epstein-Barr (EBV, responsable de la mononucléose).

Peut-on prévenir les cancers du nez, de la bouche et de la gorge ?

Les mesures de prévention des cancers des VADS sont avant tout :

  • ne pas fumer ;
  • limiter le plus possible sa consommation de boissons alcoolisées.

De plus, les mesures générales de prévention des cancers s’appliquent :

  • adopter une alimentation équilibrée et lutter contre l’embonpoint ;
  • pratiquer régulièrement une activité physique.

Enfin, une bonne hygiène buccodentaire et des visites régulières chez le dentiste peuvent également contribuer à prévenir les cancers du nez, de la bouche et de la gorge.


Quels sont les symptômes des cancers du nez, de la bouche et de la gorge ?

Les symptômes des cancers des VADS varient selon la zone touchée. Au bout d’un certain temps, l’évolution de la tumeur se traduit par des ganglions gonflés et douloureux, au niveau de la gorge, des oreilles, du cou, etc. Ce sont souvent ces ganglions enflammés qui amènent le patient à consulter son médecin et qui sont à l’origine du diagnostic.

Les symptômes des cancers des lèvres

Les cancers des lèvres se traduisent par l’apparition d’une tache blanchâtre ou de lésions (ulcère, nodule, fissure) qui durent plus de deux semaines. Après quelques semaines, un nodule dur est palpable dans l’épaisseur de la lèvre. La lèvre inférieure est plus souvent touchée que la lèvre supérieure.

Les symptômes des cancers de la langue

Les cancers de la langue se traduisent par une gêne, des douleurs ou des saignements. La langue devient sensible au chaud, au froid et aux aliments acides. Une zone décolorée, irritée ou épaissie est parfois visible. Dans 85 % des cas, les cancers de la langue sont diagnostiqués chez un homme.

Les symptômes des cancers de la bouche

Les cancers de la bouche se manifestent sous la forme d’ulcères ou de petites plaies qui ne guérissent pas, et dont la base est épaissie et fibreuse.

Les symptômes des cancers des fosses nasales, du nasopharynx et des sinus

Les cancers de la partie haute de la gorge (nasopharynx) et des fosses nasales se traduisent par une sensation de nez bouché, des saignements de nez, une perte de l’odorat ou d’une partie de l’audition, éventuellement des troubles de la déglutition. Les cancers du nasopharynx peuvent apparaître chez les enfants et chez les adultes vers 40 à 50 ans.

Le cancer de l'ethmoïde
L'ethmoïde est un os creux situé profondément entre les orbites oculaires. Chez les personnes dont le métier expose à l'inhalation de poussière de bois ou de nickel, ou de solvants (colle à bois, formaldéhyde, huile de coupe, etc.), une tumeur de l'ethmoïde peut se développer après une ou plusieurs dizaines d'années d'exposition. Cette forme particulière de cancer des VADS est reconnue comme une maladie professionnelle chez les menuisiers et les ouvriers qui usinent des objets en nickel.

Les symptômes des cancers de l'oropharynx et des amygdales

Les cancers de la partie moyenne de la gorge (oropharynx) et des amygdales provoquent une gêne douloureuse et des difficultés à déglutir, éventuellement des saignements de la gorge. La persistance de ces symptômes pendant plus de deux semaines impose d’aller rapidement consulter un médecin.

Les symptômes des cancers de l'hypopharynx

Les tumeurs de la partie basse de la gorge (hypopharynx) se traduisent par des douleurs et une gêne en avalant, des troubles de la voix (« dysphonie », voie rauque) et, parfois, des maux d’oreille.

Les symptômes des cancers du larynx

Les tumeurs du larynx provoquent des douleurs dans la pomme d’Adam, des troubles de la voix et une sensation de gêne au fond de la gorge.

Les tumeurs de la glande parotide
La glande parotide est une glande salivaire située de part et d'autre de la mâchoire inférieure. Les tumeurs bénignes de la parotide sont fréquentes. Elles provoquent une masse enflée située devant et sous l'oreille, indolore et qui roule sous les doigts. Le traitement consiste en une ablation totale ou partielle de la parotide, en faisant attention à ne pas endommager le nerf qui passe au cœur de cette glande (au risque de paralyser un côté du visage). Si le traitement est insuffisant, une récidive est possible avec risque de transformation en cancer. Les cancers de la parotide représentent moins de 5 % des cancers de la tête et du cou.

Comment évoluent les cancers du nez, de la bouche et de la gorge ?

Les cancers des VADS observés en France envahissent rarement le reste du corps. Si l’envahissement des ganglions voisins de la tumeur par les cellules cancéreuses est fréquent, il est rare d’observer des métastases dans le foie, les os ou les poumons. Seuls les cancers de la partie basse et de la partie haute de la gorge présentent un risque de métastase.

Néanmoins, les cancers du nez, de la bouche et de la gorge sont graves par leurs conséquences fonctionnelles. Le traitement chirurgical pour enlever la tumeur nécessite souvent une reconstruction importante de la bouche ou de la gorge, voire l’ablation de la langue ou du larynx. Un travail important de rééducation est alors mis en place pour essayer de restaurer une qualité de vie optimale.


Peut-on dépister les cancers du nez, de la bouche et de la gorge ?

médecin patient

Il n’existe pas de dépistage systématique de ces cancers qui sont en général diagnostiqués lorsqu’ils provoquent des symptômes. Les cancers des lèvres et de la bouche sont précédés par des transformations des cellules des muqueuses qui peuvent être repérées par un dentiste (des taches blanches, voire des ulcérations ou des nodules). Un suivi buccodentaire régulier est donc indispensable pour les fumeurs et ceux qui consomment des boissons alcoolisées de manière excessive.

Comment diagnostique-t-on les cancers du nez, de la bouche et de la gorge ?

Lorsque le médecin suspecte la présence d’un cancer des VADS, il peut faire pratiquer divers examens pour confirmer son diagnostic :

  • une endoscopie : sous anesthésie, une sonde fine est introduite par la bouche ou les narines. Elle permet de visualiser toutes les muqueuses du nez, de la gorge, du pharynx, etc.
  • un scanner de la tête ou une IRM.

Le diagnostic définitif est confirmé par un examen au microscope d’un petit fragment de la tumeur (la biopsie). Cette biopsie peut être pratiquée soit lors de l’endoscopie, soit lors d’une petite intervention chirurgicale.


Comment soigne-t-on les cancers du nez, de la bouche et de la gorge ?

Les traitements proposés contre les cancers des VADS ont pour objectif de détruire la tumeur et les autres cellules cancéreuses éventuellement présentes dans le corps, et de traiter les symptômes afin d’assurer la meilleure qualité de vie possible.

Outre la chirurgie (pour enlever la tumeur et les ganglions voisins), le traitement des cancers des VADS fait appel à la radiothérapie (rayons ionisants), associée ou non à la chimiothérapie anticancéreuse.

Comme pour les autres cancers, le traitement des cancers des VADS repose sur un ensemble de protocoles codifiés qui sont adaptés aux particularités du patient. Il est administré dans des centres de lutte contre le cancer accrédités par l’Institut national du cancer (INCa).

La chirurgie dans le traitement des cancers du nez, de la bouche et de la gorge

chirurgie

La chirurgie des cancers des VADS est souvent une chirurgie lourde et délicate qui impose de reconstruire une partie de la bouche ou de la gorge.

L’intervention chirurgicale consiste à enlever la tumeur tout en préservant au maximum la fonction de l’organe atteint. Selon les parties retirées lors de l’intervention, une chirurgie de reconstruction est alors réalisée, en un ou plusieurs temps. Lorsque le cancer touche le larynx, une trachéotomie (l’attachement de la trachée directement à la peau), provisoire ou définitive, peut être nécessaire.

Qu’appelle-t-on laryngectomie totale ?
La laryngectomie totale consiste en l’ablation totale du larynx et des cordes vocales. La trachée est rattachée à la peau, à la base du cou, par un orifice dit « de trachéostomie » à travers lequel le patient respire. La suppression des cordes vocales oblige à réapprendre à parler.
La parole est alors produite par de l’air avalé et modulé dans l’œsophage. L’apprentissage de cette nouvelle voix, dite « œsophagienne », est effectué avec un orthophoniste. Cette rééducation dure de quelques semaines à quelques mois.
Une autre technique consiste à créer une communication permanente entre la trachée et le pharynx (gorge), grâce à un petit tube de plastique appelé « implant phonatoire » qui va vibrer pour recréer la voix. En cas d'échec, une prothèse électrique à piles (« vibro-larynx ») peut être employée pour renforcer la voix chuchotée.

La radiothérapie dans le traitement des cancers du nez, de la bouche et de la gorge

La radiothérapie a pour but de détruire la tumeur dans sa totalité (s’il n’y a pas eu de chirurgie) ou de compléter la chirurgie en détruisant les cellules cancéreuses qui pourraient être restées autour de l’endroit où se trouvait la tumeur.

Comment se passe la radiothérapie des cancers des VADS ?

Dans le cadre du traitement des cancers des VADS, la radiothérapie peut être externe (rayons ionisants projetés à travers la peau sur la zone où se trouve la tumeur), ou mettre en œuvre la curiethérapie (un fil radioactif d’iridium 192 est inséré là où se trouve la tumeur pour une irradiation continue et locale).

Avant le début de la radiothérapie, une consultation avec un dentiste est nécessaire afin de soigner d’éventuelles dents cariées ou déchaussées. De plus, des gouttières en plastique sont réalisées pour protéger l’émail dentaire. Elles doivent être enduites d’un gel de fluor et appliquées tous les soirs pendant environ cinq minutes (après le brossage de dents avec une brosse extrasouple) et ce pour toute la vie. Le gel de fluor permet de limiter le risque de caries liées à la radiothérapie. Le brossage régulier avec un dentifrice fortement fluoré (Duraphat, Fluodontyl 1350) peut être une alternative lorsque les gouttières porte-gel ne peuvent être réalisées.

Avant de débuter la radiothérapie, il est nécessaire de réaliser un repérage de la zone à traiter. L’utilisation d’un masque personnalisé thermoformé permet au patient de rester le plus immobile possible pendant la radiothérapie. La zone de traitement est marquée sur le masque ou directement sur la peau. Ces repères servent au repositionnement sous la machine à chaque séance.

Les séances de radiothérapie ont lieu quatre à cinq fois par semaine pendant cinq à sept semaines. Chaque séance dure environ 10 à 15 minutes.

Les effets indésirables de la radiothérapie des cancers des VADS

Parce que les rayons ionisants perturbent le fonctionnement des glandes salivaires et des bourgeons du goût, la radiothérapie s’accompagne souvent d’effets indésirables :

  • une perte, une diminution ou une modification du goût après quelques séances d’irradiation. Le goût revient au bout d’un à quatre mois après la fin du traitement.
  • des troubles de la salivation : au début du traitement, la salive devient épaisse et collante. Vers la fin du traitement, la salivation est insuffisante et la bouche devient sèche. Les techniques de radiothérapie évoluent et permettent désormais de minimiser ce manque de salive. De plus, des substituts de salive peuvent être proposés pour compenser cet effet indésirable.
  • une mucite : la muqueuse de la bouche et de la gorge devient rouge et se couvre de petits aphtes. La mucite peut parfois se compliquer d’une surinfection par des champignons (mycose) ou des virus. Elle cicatrise généralement en un à deux mois après la fin du traitement.
  • des difficultés à avaler liées à la mucite. Elles peuvent entraîner une fatigue et une perte de poids. Il est possible de diminuer les douleurs par des antalgiques par voie orale ou des anesthésiques locaux. Ces derniers sont à utiliser avec certaines précautions car il existe un risque « d’avaler de travers » (« fausse route »).
  • un enrouement, si les cordes vocales sont comprises dans le champ d’irradiation. Cette modification de la voix est généralement réversible à l’arrêt du traitement.
  • de la fatigue.
  • un « coup de soleil » sur la peau de la zone traitée.

Si la personne présente une perte de poids liée aux difficultés à avaler ou à la perte du goût, des mesures de prise en charge nutritionnelle seront mises en place : nourriture liquide enrichie en protéines et en calories, voire alimentation par une sonde connectée directement à l’estomac.

La chimiothérapie dans le traitement des cancers du nez, de la bouche et de la gorge

La chimiothérapie des cancers des VADS est administrée par voie intraveineuse au cours de séances de perfusion intraveineuse (les « cures »). Le choix des médicaments utilisés est fonction des caractéristiques de la tumeur et du patient.

Les effets indésirables des médicaments de chimiothérapie sont variables selon les substances prescrites. Le plus souvent, ce sont des nausées et des vomissements, de la fatigue, une baisse du nombre de globules rouges et de globules blancs (à l’origine d’une anémie et d’une une sensibilité plus grande aux infections) et la chute des cheveux et des poils.

Les autres traitements mis en place contre les cancers des VADS

En cas de cancer des VADS, l’arrêt du tabac est impératif : des mesures de sevrage tabagique sont mises en place avec le soutien du médecin traitant. De la même manière, un sevrage alcoolique doit être envisagé chez les personnes qui souffrent d’alcoolisme.

Des soins particuliers, dits « soins de support », peuvent être nécessaires. Par exemple :

  • un suivi buccodentaire, indispensable avant, pendant et après les traitements ;
  • une évaluation de la capacité à déglutir et à parler avec la mise en place, si besoin, d’une rééducation orthophonique ou kinésithérapeutique.

D’autres soins et soutiens peuvent être mis en œuvre face aux conséquences de la maladie et des traitements : douleur, fatigue, troubles alimentaires, raideur du cou et des épaules, difficultés respiratoires, besoin de soutien psychologique, problèmes sociaux, etc.


Après le traitement des cancers des VADS

Les personnes qui ont eu un cancer des VADS font l’objet d’un suivi médical afin de prendre en charge les séquelles éventuelles, de dépister rapidement une rechute, d’accompagner l’arrêt du tabac et de l’alcool, d’assurer un suivi psychologique et, éventuellement, de faciliter la réinsertion sociale.

Le suivi médical repose sur des consultations fréquentes et régulières pendant les trois premières années, complétées selon les besoins par des examens d’imagerie tels que scanner ou IRM. Il s’étend au moins sur cinq ans.

Pour en savoir plus sur le cancer du nez, de la bouche et de la gorge

La Haute autorité de santé (HAS) a publié un guide patient pour les personnes souffrant de cancers des voies aérodigestives supérieures.


Sources et références de l'article "Cancers du nez, de la bouche et de la gorge"