Cancer de l'ovaire

Mis à jour : Vendredi 13 Décembre 2019

Le cancer de l'ovaire est fréquemment diagnostiqué à un stade avancé, ce qui rend difficile son traitement. Lorsque cela est possible, le cancer de l'ovaire est traité par une chirurgie associée à un traitement par chimiothérapie. Les cancers non opérables sont traités par chimiothérapie.

Qu’est-ce que le cancer de l’ovaire ?

femme 65 ans

Le cancer de l’ovaire se développe, dans 90 % des cas, à partir des cellules de la couche externe de l’ovaire, sur un ou les deux ovaires. D’autres formes plus rares de cancer de l’ovaire existent et exigent un traitement particulier. Parce qu’ils demeurent longtemps sans symptômes, les cancers de l’ovaire sont diagnostiqués à un stade tardif dans la très grande majorité des cas. Le cancer de l'ovaire représente la septième cause de cancer féminin avec environ 4400 nouveaux cas chaque année en France.

Les différentes formes de cancer de l’ovaire

Lorsque le cancer de l’ovaire se développe à partir des cellules qui forment la couche externe de l’ovaire (l’épithélium), on parle alors d’adénocarciome. Les plus fréquents, ces cancers évoluent plus ou moins rapidement selon le type de cellules cancéreuses présentes.

D’autres formes plus rares de cancer de l’ovaire existent et exigent un traitement particulier, différent de celui des adénocarcinomes. Par exemple :

  • les cancers des cellules folliculaires (celles qui se transforment en ovules) : ces tumeurs peuvent être observées chez les jeunes femmes, voire les fillettes ;
  • les cancers des cellules du stroma (celles qui se trouvent entre les cellules folliculaires) ;
  • les tumeurs dites « frontières » ou « borderline » qui sont à mi-chemin entre la tumeur bénigne (non cancéreuse) et la tumeur maligne (cancéreuse).

Parce qu’ils demeurent longtemps sans symptômes, les cancers de l’ovaire sont diagnostiqués à un stade tardif dans la très grande majorité des cas. Leur traitement est donc souvent difficile.

Qu'est-ce que l'ovaire ?
Les ovaires sont deux organes de la taille d’une amande situés de part et d’autre de l’utérus. Ils produisent les hormones féminines (estrogènes et progestérone) et contiennent les cellules folliculaires. Au cours de chaque cycle menstruel, une (parfois plusieurs) cellule folliculaire mature et libère un ovule dans les trompes de Fallope (utérus). Les cellules folliculaires sont soutenues par un tissu fibreux, le stroma. L’ovaire est entouré d’une fine couche de cellules, l’épithélium, et d’une capsule fibreuse.

Le cancer de l'ovaire est-il une maladie fréquente ?

En France, environ 4 400 nouveaux cas de cancer de l’ovaire sont diagnostiqués chaque année, occasionnant à peu près 3 000 décès, ce qui en fait la quatrième cause de décès par cancer chez la femme, après les cancers du sein, du côlon et du poumon. L’âge moyen au moment du diagnostic est de 65 ans.

Les kystes de l'ovaire
Les tumeurs bénignes de l'ovaire, également appelées kystes, sont très fréquentes. Les kystes ovariens sont de deux types : fonctionnels et organiques. Les kystes fonctionnels régressent spontanément et leur présence ne favoriserait pas un cancer de l'ovaire. Les kystes organiques peuvent devenir très volumineux et, dans de rares cas, évoluer vers un cancer de l'ovaire.

Qui est à risque de cancer de l'ovaire ?

Certains facteurs de risque de cancer de l’ovaire ont été identifiés :

  • l’âge : la majorité des cancers de l’ovaire apparaissent après la ménopause ;
  • des antécédents personnels de cancer du sein ou du côlon ;
  • une prédisposition familiale. Dix pour cent des cancers de l’ovaire surviennent chez des femmes qui présentent une prédisposition génétique, en général avant l’âge de 60 ans. Le risque de cancer de l’ovaire est plus élevé chez les femmes qui ont des antécédents familiaux :
  • une exposition prolongée aux estrogènes. Elle s’observe :
    • chez les femmes qui ont eu leurs premières règles avant l’âge de douze ans ;
    • chez les femmes qui ont été ménopausées tardivement après 50 ans ;
    • chez les femmes qui n’ont pas eu d’enfant (les estrogènes diminuent fortement pendant la grossesse et l’allaitement) ;
    • chez les femmes qui souffrent d’obésité (la graisse produit des estrogènes), en particulier après la ménopause.
  • la prise prolongée d’un traitement hormonal substitutif (THS) de la ménopause ;
  • le tabagisme ;
  • l’exposition à l’amiante.
Les gènes qui augmentent le risque de cancer de l'ovaire
Des recherches ont été menées sur les cas de cancers de l'ovaire potentiellement liés à une prédisposition génétique. Elles ont conduit à la découverte de deux gènes, BRCA 1 et BRCA2. Ces gènes codent pour des protéines qui protègent les cellules d'une transformation cancéreuse.
Les femmes qui présentent une mutation sur ces gènes ont un risque plus élevé de cancer de l'ovaire, ainsi que de cancer du sein. En cas de mutation, la transformation des cellules en cellules cancéreuses devient plus probable. Environ deux femmes sur mille portent ces mutations sur leurs gènes BRCA 1 et 2.

Quelles sont les causes du cancer de l'ovaire ?

médecin

Les facteurs qui conditionnent l’apparition d’un cancer de l’ovaire ne sont pas identifiés.

Peut-on prévenir le cancer de l'ovaire ?

Les mesures de prévention du cancer de l’ovaire sont peu spécifiques et concernent tous les cancers :

  • ne pas fumer ;
  • adopter une alimentation équilibrée et lutter contre l’embonpoint ;
  • limiter le plus possible sa consommation de boissons alcoolisées ;
  • pratiquer régulièrement une activité physique.

Des facteurs dits « protecteurs » ont néanmoins été identifiés :

  • la grossesse ;
  • l’allaitement ;
  • l’usage de contraceptifs oraux (« pilule ») ;
  • la ligature des trompes de Fallope.

Quels sont les symptômes du cancer de l’ovaire ?

Les symptômes du cancer de l’ovaire à un stade avancé sont :

  • des maux de ventre, une gêne abdominale ou une constipation qui dure plus d’un mois ;
  • un besoin d’uriner anormalement fréquent ;
  • des douleurs pendant les relations sexuelles ;
  • des troubles des règles ou des saignements génitaux anormaux ;
  • une perte de poids massive et rapide, sans cause identifiable ;
  • une perte d’appétit, avec des nausées et des vomissements ;
  • une fatigue intense.

Parce qu’il est longtemps sans symptômes, le cancer de l’ovaire est diagnostiqué à un stade tardif.

Comment évolue le cancer de l'ovaire ?

En l’absence de traitement, les cellules cancéreuses vont former une tumeur volumineuse qui va fracturer la capsule fibreuse qui entoure l’ovaire. Les cellules cancéreuses peuvent alors envahir les organes voisins (l’autre ovaire, les trompes de Fallope, l’utérus, la vessie, le rectum) : c’est « l’extension pelvienne » de la tumeur.

Les cellules cancéreuses peuvent ensuite migrer dans les ganglions lymphatiques qui drainent la partie basse de l'abdomen, ainsi que dans les membranes qui enveloppent les organes abdominaux (le péritoine). Ces cellules vont ensuite aller s'installer et se multiplier dans d'autres organes. Ces tumeurs secondaires sont appelées « métastases ».

Aujourd’hui, en France, environ 45 % des femmes atteintes d’un cancer de l’ovaire survivent cinq ans après le diagnostic.


Peut-on dépister le cancer de l'ovaire ?

Il n’existe pas de test de dépistage systématique du cancer de l’ovaire.

Actuellement, le dépistage comportant une échographie intravaginale et un dosage de marqueur tumoral n'est pas recommandé. En effet, une étude réalisée aux États-Unis sur un échantillon de plus de 78 000 femmes a montré que la mortalité par cancer de l'ovaire est la même entre le groupe des femmes ayant eu un dépistage systématique et celui des femmes non dépistées. De plus, un cancer de l'ovaire a été dépisté à tort chez 10 % des femmes incluses dans le groupe de dépistage.

Comment diagnostique-t-on le cancer de l'ovaire ?

Lorsque le médecin suspecte la présence d’un cancer de l’ovaire, divers examens sont pratiqués pour confirmer le diagnostic :

  • une échographie de l’abdomen soit à travers la peau du ventre, soit par une petite sonde placée dans le vagin ;
  • une IRM.

S’il suspecte que le cancer de l’ovaire a déjà envahi les organes voisins, il peut faire pratiquer un scanner (tomodensitométrie) ou une scintigraphie osseuse.

De plus, une prise de sang est faite pour mesurer la présence de substances particulières, les marqueurs tumoraux. Dans le cadre du cancer de l’ovaire, un marqueur appelé CA-125 est systématiquement recherché.

Le diagnostic définitif de cancer de l’ovaire doit être confirmé par une biopsie (le prélèvement d’un petit fragment de tumeur pour l’examiner au microscope). Cette biopsie peut être pratiquée soit à travers la peau du ventre avec anesthésie locale (cœlioscopie), soit lors d’une intervention chirurgicale de l’abdomen (laparotomie).

Si la patiente est âgée de moins de 70 ans, le diagnostic d’un cancer de l’ovaire conduit à une consultation d’oncogénétique pour essayer d’identifier des facteurs génétiques de prédisposition familiale.

Les différents stades et grades du cancer de l'ovaire

Pour déterminer le traitement le mieux adapté, il est nécessaire de distinguer les cancers de l’ovaire selon leur stade (leur degré de dissémination dans le corps) et leur grade (leur capacité à évoluer rapidement et à envahir d’autres organes).

Les stades du cancer de l'ovaire

Le stade d’évolution d’un cancer correspond à son degré d’extension dans le corps. Un cancer de stade précoce correspond à un cancer localisé, tandis qu’un cancer de stade avancé correspond à un cancer qui s’est étendu à plusieurs organes.

En fonction des résultats des examens complémentaires, le médecin peut déterminer le stade d’évolution du cancer de l’ovaire (ce qui conditionne son pronostic et son traitement). Pour cela, il prend en compte :

  • la localisation précise de la tumeur et son étendue ;
  • l’atteinte éventuelle des organes voisins, du péritoine et des ganglions lymphatiques du bassin et la taille de ces métastases ;
  • la présence éventuelle de métastases dans d’autres parties du corps.

En fonction de ces différents critères, le cancer de l’ovaire est ensuite classé selon l’un des quatre stades définis par la Fédération internationale de gynécologie obstétrique (FIGO), numérotés de I à IV (stades I et II : stades dits « précoces » ; stades III et IV : stades dits « avancés »). Chaque stade est divisé en plusieurs sous-stades (A, B ou C) qui précisent l’étendue du cancer.

Stade I - Le cancer est limité aux ovaires.

  • Stade IA : le cancer est limité à un seul ovaire et reste contenu à l’intérieur de la capsule ;
  • Stade IB : le cancer atteint les deux ovaires et reste contenu à l’intérieur de la capsule ;
  • Stade IC : le cancer touche un ou les deux ovaires, mais la tumeur peut avoir traversé la capsule ou s'être propagée à la surface de l'ovaire. Des cellules cancéreuses sont retrouvées dans le liquide qui baigne les organes de l’abdomen.

Stade II - La tumeur est étendue aux organes du bassin.

  • Stade IIA : la tumeur s'est propagée à l'utérus ou aux trompes de Fallope. On ne retrouve pas de cellules cancéreuses dans le liquide de l’abdomen.
  • Stade IIB : la tumeur s'est propagée à d'autres organes de l’abdomen (vessie, rectum). On ne retrouve pas de cellules cancéreuses dans le liquide de l’abdomen.
  • Stade IIC : la tumeur s'est propagée aux organes voisins (comme pour les stades IIa ou IIb) et on retrouve des cellules cancéreuses dans le liquide abdominal.

Stade III - La tumeur s’est étendue au péritoine ou aux ganglions lymphatiques situés dans le bassin.

  • Stade IIIA : des métastases microscopiques sont découvertes sur le péritoine lors de l’analyse réalisée après la chirurgie ou après une biopsie.
  • Stade IIIB : les métastases du péritoine mesurent jusqu’à deux centimètres de diamètre, mais aucun ganglion pelvien n’est atteint.
  • Stade IIIC : certaines métastases du péritoine mesurent plus de deux centimètres et/ou le cancer s’est propagé aux ganglions du bas de l’abdomen.

Stade IV - Le cancer s'est propagé vers des organes éloignés : la plèvre (l’enveloppe des poumons) ou le foie.

Dans 75 % de cas, les cancers de l’ovaire sont diagnostiqués aux stades IIIB, IIIC et IV.

Les grades du cancer de l'ovaire

Le grade du cancer de l’ovaire correspond à son degré de malignité (son « agressivité ») : plus les cellules cancéreuses se multiplient rapidement et sont différentes des cellules normales, plus elles sont dites « agressives ». Le grade est mesuré en analysant au microscope de cellules cancéreuses prélevées lors de la chirurgie ou lors d’une biopsie.

Pour le cancer de l’ovaire, il existe trois grades, numérotés de 1 à 3 :

  • le grade 1 correspond aux tumeurs les moins agressives, qui se développent lentement et dont les cellules ressemblent le plus aux cellules normales ;
  • le grade 2 est un grade intermédiaire ;
  • le grade 3 correspond aux tumeurs qui se développent rapidement et présentent un risque élevé de se disséminer dans d’autres parties du corps.

Le grade du cancer de l’ovaire est déterminant pour le choix d’un traitement complémentaire après la chirurgie, en particulier lorsque le cancer est découvert à un stade précoce.


Quels sont les traitements du cancer de l’ovaire ?

Le traitement du cancer de l’ovaire fait le plus souvent appel à la chimiothérapie, avant ou après une intervention chirurgicale destinée à enlever les ovaires. Les cancers non opérables sont traités par chimiothérapie. Le choix des traitements est réalisé en fonction de l’étendue et du degré d’agressivité du cancer. Plusieurs médecins de différentes spécialités se réunissent pour évaluer les options de traitements, en prenant en compte les caractéristiques de la tumeur, l’âge, et l’état de santé général de la patiente.

Le choix du traitement en fonction du stade et du grade du cancer de l’ovaire

Le choix des traitements est réalisé en fonction du stade et du grade du cancer, c'est-à-dire de son étendue et de son degré d’agressivité. Plusieurs médecins de différentes spécialités se réunissent pour évaluer les différentes options de traitements possibles, en prenant en compte les caractéristiques de la tumeur, mais également l’âge et l’état de santé général de la patiente.

  • Stade IA et IB de grade 1 : le cancer est limité aux ovaires et n’est pas « agressif ». La chirurgie est le seul traitement recommandé. Elle consiste à retirer les deux ovaires, les trompes de Fallope et l’utérus. Chez les jeunes femmes désirant avoir des enfants, un traitement compatible avec une future grossesse peut être discuté : il consiste à n’enlever que l’ovaire atteint et la trompe de Fallope qui lui est liée.
  • Stade IA et IB de grade 2 : le cancer est limité aux ovaires et « peu agressif ». La chirurgie est le traitement principal. Elle consiste à retirer les deux ovaires, les trompes de Fallope et l’utérus. Une chimiothérapie peut être discutée mais elle n’est pas toujours nécessaire.
  • Stade IA et IB de grade 3, stade IC, stades II, stades IIIA et IIIB : le traitement chirurgical consiste à retirer les deux ovaires, les trompes de Fallope, et l’utérus. Il est suivi d’une chimiothérapie.
  • Stade IIIC : le cancer s’est étendu au péritoine sous forme de métastases de plus de deux centimètres de diamètre ou aux ganglions pelviens. Le traitement chirurgical consiste à retirer les deux ovaires, les trompes de Fallope et l’utérus. Il est suivi ou éventuellement précédé d’une chimiothérapie. Une chimiothérapie intrapéritonéale peut être discutée : elle consiste à injecter les médicaments de chimiothérapie directement dans la cavité abdominale.

Lorsque le cancer s’est étendu au-delà du péritoine (foie, poumons, stade IV), la chimiothérapie est le traitement principal. La chirurgie n’est pas systématique. Elle peut être discutée au cas par cas, si le chirurgien pense pouvoir enlever la totalité de la tumeur ainsi que les métastases.

Le traitement des formes rares de cancer de l'ovaire

Les formes rares des cancers de l’ovaire regroupent différents types de tumeurs : les tumeurs des cellules folliculaires, les tumeurs des cellules du stroma et les tumeurs dites « frontières » (ou « borderline »).

Le traitement de ces cancers rares de l’ovaire consiste à ne retirer que l’ovaire atteint et à administrer ensuite une chimiothérapie. Si des tumeurs sont disséminées dans l’abdomen, celles-ci ne sont pas enlevées au cours de l’opération car la chimiothérapie suffit à les éliminer efficacement, sans compromettre les chances de grossesse ultérieure.

Ces cancers rares de l’ovaire doivent être pris en charge dans des centres spécialisés.


La chirurgie dans le cancer de l'ovaire

chirurgie

La chirurgie est le traitement le plus souvent proposé contre le cancer de l’ovaire, afin de procéder à l’ablation de la tumeur. Au cours de l’intervention, le chirurgien retire habituellement les deux ovaires, les trompes de Fallope ainsi que l’utérus. Cette intervention porte le nom d’hystérectomie abdominale totale et salpingo-ovariectomie.

Si le cancer est traité à un stade précoce, le chirurgien prélève également un ensemble de tissus environnants vers lesquels les cellules cancéreuses ont pu migrer (péritoine, ganglions, etc.). Si le cancer est à un stade plus avancé et a atteint d’autres organes de l’abdomen, notamment des organes digestifs comme le côlon ou le rectum, ceux-ci sont également retirés lors de l’intervention.

Chez les jeunes femmes qui souhaitent avoir des enfants et dont le cancer n’a pas dépassé le stade IA de grade 1, le chirurgien peut laisser un ovaire et sa trompe de Fallope, ainsi que l’utérus.

Chez la femme non ménopausée, l’ablation des deux ovaires provoque une ménopause dont les symptômes sont plus importants que si celle-ci s’était déclenchée naturellement : bouffées de chaleur, sueurs nocturnes, sécheresse vaginale et perte de désir sexuel. La patiente ne plus avoir d’enfant.


La chimiothérapie dans le cancer de l'ovaire

Dans le cadre du traitement du cancer de l’ovaire, une chimiothérapie est souvent administrée après la chirurgie, pour éliminer d’éventuelles cellules cancéreuses restantes et réduire le risque de récidive. Ce recours à une chimiothérapie dépend du stade et du grade de la tumeur. D’une manière générale, elle n’est indiquée que lorsque des cellules cancéreuses se sont échappées des ovaires (c’est-à-dire à partir du stade IC). La chimiothérapie peut être discutée lorsque le cancer est à un stade très précoce (stades IA et IB) si les cellules cancéreuses semblent « agressives ».

La chimiothérapie peut être administrée sous forme de comprimés, par injection intraveineuse (via une chambre implantable, voir encadré) ou par un petit tube inséré dans l’abdomen (chimiothérapie intrapéritonéale).

Dans certains cas, la chimiothérapie peut être réalisée avant la chirurgie, pour réduire la taille de la tumeur et faciliter l’opération. Lorsque le cancer est découvert à un stade très avancé, la chimiothérapie peut être le seul traitement utilisé, en l’absence de chirurgie.

Les effets indésirables des médicaments de chimiothérapie sont variables selon les substances prescrites. Le plus souvent, ce sont des nausées et des vomissements, de la fatigue, une baisse du nombre de globules rouges et de globules blancs (à l’origine d’une anémie et d’une sensibilité plus grande aux infections) et la chute des cheveux et des poils.

La pose d'une chambre implantable
Pour faciliter l’administration de la chimiothérapie intraveineuse, il peut être nécessaire de poser une chambre implantable (ou « Port-a-cath ») : un boitier-réservoir est placé sous la peau au niveau de la clavicule, connecté à un tube souple (un cathéter) qui délivre la chimiothérapie directement dans un gros vaisseau sanguin.
Posée sous anesthésie locale ou pendant l'intervention destinée à retirer la tumeur, la chambre implantable évite les dommages qu'une perfusion intraveineuse « normale » provoquerait au niveau des veines du bras. Il suffit de piquer dans le boitier à travers la peau pour administrer la cure. À la fin du traitement, la chambre implantable est retirée sous anesthésie locale.

Après le traitement du cancer de l'ovaire

Les femmes qui ont eu un cancer de l’ovaire font l’objet d’un suivi médical rapproché afin de dépister rapidement une rechute.

Ce suivi consiste en un examen clinique, des examens d’imagerie médicale (échographie), une prise de sang (pour rechercher le marqueur tumoral CA-125) et, éventuellement, une IRM ou une tomodensitométrie en cas de doute. Les visites de suivi ont lieu tous les quatre mois pendant deux ans, puis tous les six mois pendant trois ans. Ensuite, un suivi annuel est suffisant.

Chez les femmes qui ont eu des enfants après leur cancer de l’ovaire et qui n’en souhaitent plus d’autre, le médecin peut proposer d’enlever l’ovaire et la trompe de Fallope qui avaient été laissés en place.

Pour en savoir plus sur le cancer de l'ovaire

L’Institut national du cancer (INCa) publie des guides destinés aux patients, complets et faciles à comprendre. Consultez le guide consacré au cancer de l’ovaire.


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