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Les traitements médicamenteux du cancer de la prostate

Mis à jour : Mardi 08 Octobre 2019

Les traitements médicamenteux du cancer de la prostate sont essentiellement des traitements hormonaux qui bloquent la croissance des cellules cancéreuses en bloquant la sécrétion ou l'action de la testostérone. Ces traitements font partie de deux familles : les analogues de la LHRH et les anti-androgènes. Ils sont plutôt prescrits pour traiter les cancers localisés à risque élevé, ceux localement avancés et ceux avec atteinte ganglionnaire, mais peuvent également être utiles contre les autres stades du cancer de la prostate.

L’hormonothérapie dans le traitement du cancer de la prostate

Les analogues de la LHRH

Les analogues de la LHRH, également appelés analogues de la GnRH, (goséréline, leuproréline ou triptoréline) bloquent la sécrétion de la testostérone par les testicules. Ils peuvent être prescrits en complément d’une radiothérapie. Ils sont administrés en injections par voie sous-cutanée ou intramusculaire à un rythme variable selon le médicament (tous les un, trois, quatre ou six mois), pour toute la vie du patient. Le début du traitement peut provoquer une augmentation temporaire du taux de testostérone dans le sang qui nécessite la prescription simultanée d’anti-androgènes pendant quelques semaines.

Les principaux effets indésirables des analogues de la LHRH sont liés à la baisse du taux de testostérone : bouffées de chaleur, baisse du désir sexuel, troubles de l’érection. Des troubles de l’humeur (y compris une dépression) et de la fatigue sont également fréquents. Signalez sans tarder à votre médecin la survenue de signes pouvant évoquer une dépression : tristesse, perte d’intérêt, troubles du sommeil, etc. Une aggravation de certains symptômes (comme des douleurs osseuses et des troubles urinaires) est possible lors de la mise en route du traitement. Elle justifie une surveillance médicale renforcée au cours des premières semaines. À long terme, les analogues de la LHRH peuvent être à l’origine d’une ostéoporose (fragilisation des os) qui nécessite un traitement spécifique.

Liste des médicaments mise à jour : Mardi 17 Septembre 2019

Hormones de synthèse

Les médicaments anti-androgènes

Les médicaments anti-androgènes les plus anciens agissent en bloquant les récepteurs de la testostérone (bicalutamide, cyprotérone, nilutamide), les plus récents (abiratérone, enzalutamide) agissent par d’autres mécanismes. Ils sont administrés sous forme de comprimés ou de capsules. Ils sont habituellement utilisés en association avec un agoniste de la LHRH ou après ablation de la prostate.

L'agence du médicament a publié en 2019 une information sur l'augmentation du risque de méningiome (cancer des méninges) en cas d'utilisation prolongée à fortes doses de cyprotérone. Le médecin doit désormais remettre une fiche d'information lors de la prescription de cyprotérone (ANDROCUR et ses génériques) et faire signer une attestation d'information qui doit être présentée au pharmacien pour obtenir le médicament. Une IRM doit être pratiquée avant l'initiation du traitement, et renouvelée 5 ans après en cas de poursuite du traitement, puis tous les 2 ans.

Des analyses de sang sont prescrites avant le démarrage du traitement puis régulièrement afin de vérifier le bon fonctionnement du foie.

Les principaux effets indésirables des anti-androgènes les plus anciens (bicalutamide, cyprotérone et nilutamide) sont similaires à ceux des analogues de la LHRH avec, également, des maux de tête et des gonflements des jambes.
Les principaux événements indésirables de l'abiratérone sont un gonflement des jambes, une hypertension artérielle, ou une baisse du taux de potassium. Ceux de l'enzalutamide sont des bouffées de chaleur, de la fatigue, des maux de tête, des chutes, de l'hypertension et un risque de convulsions.

Liste des médicaments mise à jour : Mardi 17 Septembre 2019

Antiandrogène

Légende
Médicament générique
L'ablation des testicules dans le cancer de la prostate
Chez les personnes très âgées ou pour lesquelles la vie sexuelle n'est plus un souci, il est possible de réduire le taux de testostérone dans le sang en enlevant chirurgicalement les testicules (ou leur partie centrale). Les effets indésirables de cette intervention sont identiques à ceux des traitements hormonaux. Ce type de traitement reste relativement rare.

La chimiothérapie anticancéreuse dans le traitement du cancer de la prostate

Dans le contexte du cancer de la prostate, la chimiothérapie n’est utilisée que dans des cas très particuliers de cancers métastasés qui résistent à un traitement hormonal (les cancers dits « hormonorésistants »).

Le plus souvent, elle consiste en séances de perfusion intraveineuse (les « cures ») tous les jours ou par cycles de deux jours espacés de deux semaines. Elle peut éventuellement se faire par voie orale (comprimés). Ses éventuels effets indésirables sont les nausées et les vomissements, une coloration bleu vert des urines, des yeux rouges, des plaies de la bouche, des fourmillements et des engourdissements des pieds et des mains, de la fatigue, une baisse des défenses immunitaires, des diarrhées, etc.

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