Cancer du sein

Mis à jour : Lundi 01 Octobre 2018

Le cancer du sein est le cancer le plus fréquent chez la femme, avant ou après la ménopause. Sous le terme de cancer du sein sont regroupés plus d'une douzaine de cancer différents qui ont chacun leurs particularités en termes de pronostic et de traitement. Aujourd'hui, la prise en charge des cancers du sein est efficace et environ 85 % des femmes atteintes en guérissent.

L'anatomie du sein

    Un sein contient divers types de tissus :
  • les glandes, formées de petits « sacs » (les lobules) où se trouvent les cellules productrices de lait pendant l’allaitement ;
  • des canaux de lactation, qui font communiquer les lobules avec le mamelon pour permettre le passage du lait ;
  • de la graisse, pour soutenir lobules et canaux ;
  • de la peau qui enveloppe le tout.

Les cellules du sein sont sensibles aux hormones sexuelles (estrogènes et progestérone, produits par les ovaires, les glandes surrénales et le tissu graisseux) ainsi qu’à d’autres hormones, par exemple la prolactine sécrétée par le cerveau. Les seins sont parcourus par des vaisseaux et des ganglions lymphatiques, qui participent à la protection de l’organisme contre les infections.

coupe d'un sein
Anatomie du sein

Les différents cancers du sein

Le terme « cancer du sein » correspond à la présence de cellules anormales dans un sein, cellules qui se multiplient de façon anarchique pour former une tumeur maligne (un « carcinome »). Selon le type de cancer du sein, ces cellules peuvent rester confinées dans le sein ou migrer vers les ganglions avoisinants, voire le reste du corps (métastases).

Selon le type de cellules à l’origine du cancer, et selon l’aspect de la tumeur, on distingue différents cancers du sein. Par exemple, un cancer du sein qui touche les cellules qui bordent les canaux sera dit « canalaire » et un cancer qui affecte les cellules des lobules sera dit « lobulaire ».

De plus, certains cancers du sein sont provoqués par des cellules cancéreuses dont la multiplication est favorisée par les hormones sexuelles féminines, les estrogènes. Ce sont les cancers du sein dits « hormonodépendants » ou « hormonosensibles ». En cas de sensibilité des cellules cancéreuses aux estrogènes, le médecin peut bloquer la croissance de la tumeur en supprimant ces hormones par le biais de médicaments adaptés.

Les cancers du sein non invasifs

On parle de cancer du sein « non invasif » ou « in situ » lorsque la tumeur reste dans le tissu d’origine et n’envahit pas les tissus voisins. Ces cancers sont plus facilement traités que les cancers qui envahissent les tissus voisins (« cancers invasifs », voir ci-dessous).

Dans 90 % des cas, les cancers du sein non invasifs sont de type canalaire (ils se forment à l’intérieur des canaux de lactation), les 10 % restants étant de type lobulaire.

La maladie de Paget du mamelon
La maladie de Paget du mamelon est un cancer non invasif des canaux les plus proches du mamelon. Elle se traduit par des lésions du mamelon ressemblant à de l'eczéma (rougeur, plaies, suintements, croûtes, etc.) qui ne guérissent pas. Le traitement de la maladie de Paget est chirurgical.

Les cancers du sein invasifs

Les cancers du sein sont dits « invasifs » ou « infiltrants » lorsque les cellules cancéreuses ne restent pas confinées à leur lieu d’origine et envahissent les tissus avoisinants, les ganglions locaux (dits « ganglions axillaires » et situés sous l’aisselle) et, parfois, le reste du corps. Ces cancers invasifs touchent essentiellement les canaux, rarement les lobules. Leur pronostic est moins bon que celui des cancers du sein non invasifs.

Les formes rares de cancer du sein invasif
Il existe plusieurs formes rares de cancer du sein invasif dont chacune ne représente pas plus de 1 à 2 % des cas. Ces cancers ont un meilleur pronostic que les cancers du sein canalaires invasifs les plus fréquents.
  • Le carcinome mucineux ou colloïde : ce cancer du sein se développe plutôt chez les femmes de 60 à 70 ans.
  • Le carcinome papillaire : ce cancer du sein n’est pas toujours invasif. Lorsqu’il l’est, il touche plutôt les femmes âgées.
  • Le carcinome médullaire : ce cancer du sein invasif est plutôt diagnostiqué chez les femmes de moins de 50 ans. Chez les femmes jeunes, sa présence fait suspecter une prédisposition génétique au cancer du sein.
  • Le carcinome tubuleux : ce cancer du sein invasif à tendance à être de petite taille et diagnostiqué chez les femmes de 55 ans et plus. Malgré sa nature invasive, il ne se propage que rarement hors du sein atteint.

Le cancer du sein est le cancer le plus fréquent chez les femmes

En France, le cancer du sein est le cancer le plus fréquent chez les femmes, avec environ 52 000 nouveaux cas chaque année. Il est responsable d’environ 11 500 décès par an. C’est en France le deuxième cancer le plus fréquent, après celui de la prostate. Le plus souvent, les cancers du sein sont diagnostiqués chez des femmes de plus de 50 ans.

Le cancer du sein représente un tiers des cancers diagnostiqués chez les femmes en France chaque année. On estime que, dans les pays industrialisés, une femme sur neuf sera atteinte de cancer du sein dans sa vie, toutes formes confondues. Si le nombre de cancers du sein a tendance à augmenter chaque année depuis trente ans, les progrès du dépistage et des traitements font que le taux de survie après un cancer du sein augmente également chaque année, sauf chez les femmes âgées de plus de 85 ans.

Les hommes peuvent également souffrir de cancer du sein, même s’ils représentent moins de 1 % des cas diagnostiqués.


Les biopsies percutanées permettent de différencier les grosseurs dues à un cancer de celles dues à diverses maladies sans gravité.

Le fibroadénome du sein

Le fibroadénome du sein est une petite masse de tissus durs qui peut être sentie à la palpation, comme une petite bille glissante. Bénin, il est fréquent chez les femmes de moins de 25 ans. Selon sa taille, il est laissé ou retiré.

Le kyste du sein

Le kyste du sein est une poche remplie de liquide qui apparaît comme une masse molle et mobile à la palpation. Courant chez les femmes âgées de 35 à 50 ans, le kyste du sein est bénin et sa taille est sensible à l’influence des hormones sexuelles. Dans certains cas, il peut être nécessaire d’aspirer le liquide contenu dans le kyste ou de l’enlever.

Les changements fibrokystiques du sein

Également appelés « mastose sclérokystique » ou « fibrose kystique du sein », ces changements de structure du sein sont bénins et sous influence hormonale. Très fréquents, ces changements sont observés chez 50 à 80 % des femmes, souvent au niveau des deux seins. À la palpation, ce sont des masses bosselées, parfois douloureuses, avec ou sans écoulement par le mamelon. Chez les femmes issues de famille à prédisposition génétique pour le cancer du sein, ces changements doivent amener à une surveillance régulière des seins.

La fibrose kystique du sein est parfois traitée à l’aide de médicaments à base d’hormones sexuelles, de diurétiques ou de médicaments contre la douleur. Le port d’un soutien-gorge de maintien peut être nécessaire pour soulager la douleur.


Certains facteurs de risque de cancer du sein ont été identifiés. On distingue les facteurs de risque indépendants des habitudes de vie des patientes et ceux sur lesquels chacune d'entre elles peut influer.

Les facteurs de risque de cancer du sein non liés à l'environnement

Certaines personnes ont un risque plus important de cancer du sein, quelles que soient leurs habitudes de vie. Les principaux éléments qui permettent de définir les personnes à risque sont :

  • le sexe : plus de 99 % des cancers du sein sont diagnostiqués chez les femmes.
  • l’âge : environ 80 % des cancers du sein sont diagnostiqués chez des femmes âgées de plus de 50 ans, 20 % chez les femmes de moins de 50 ans dont la moitié chez celles de moins de 30 ans. Si l’âge moyen du diagnostic est de 61 ans, environ un tiers des cancers du sein sont diagnostiqués après 69 ans.
  • une prédisposition génétique familiale (antécédents familiaux, voir ci-dessous).
  • une prédisposition personnelle : les femmes qui ont déjà eu un cancer du sein ont trois à quatre fois plus de risque d’en développer un autre que celles qui n’en ont jamais eu. Par exemple, un cancer du sein canalaire non invasif multiplie par huit à dix le risque d’avoir un cancer du sein invasif. De la même manière, un cancer du sein lobulaire non invasif augmente le risque de cancer du sein pour les deux seins.
  • certaines lésions du sein : certaines femmes souffrent de proliférations de cellules non cancéreuses dans leurs seins (« hyperplasie épithéliale intracanalaire »). Selon l’aspect de ces cellules, le risque de développer un cancer du sein est multiplié par un facteur allant de 1,5 à 5.
  • une radiothérapie du thorax : l’administration répétée de rayons ionisants sur le thorax (par exemple, pour traiter une maladie de Hodgkin ou pour dépister une maladie des poumons) augmente le risque de cancer du sein, surtout si cette radiothérapie a eu lieu avant l’âge de 30 ans.
  • une exposition prolongée aux estrogènes (voir ci-dessous).

Les gènes qui augmentent le risque de cancer du sein

Le fait d’avoir une mère, une sœur ou une fille qui a eu un cancer du sein double le risque d’en développer un soi-même. Ce risque est augmenté :

  • si un cancer du sein a été diagnostiqué chez deux parentes du premier degré,
  • si des parentes du premier degré ont développé un cancer de l’ovaire, du côlon (gros intestin) ou du rectum,
  • si une parente du premier degré a développé deux cancers du sein,
  • si un parent masculin a développé ce type de cancer.

Cette prédisposition familiale s’explique par des mutations sur certains gènes. La recherche scientifique s’est penché sur les cas de cancers du sein dits « familiaux » où une forte prédisposition génétique pouvait être suspectée (5 à 10 % des cancers du sein). Cette recherche a mené à la découverte de divers gènes qui favorisent ce type de cancer.

Les plus fréquemment observés sont deux gènes, BRCA 1 et BRCA2, dont certaines mutations sont liées à une fréquence plus élevée de cancer du sein, chez la femme comme chez l’homme, mais aussi de cancer de l’ovaire chez la femme. Ces gènes codent pour des protéines qui protègent les cellules d’une transformation cancéreuse. Lors de mutation, cette transformation cancéreuse devient plus probable. Environ deux femmes sur mille portent ces mutations sur leurs gènes BRCA 1 et 2.

D’autres mutations, plus rares, ont également été observées en lien avec un risque plus élevé de développer un cancer du sein.

Le rôle des estrogènes dans le cancer du sein

Les cellules du sein sont sensibles aux estrogènes (hormones sexuelles) et, en particulier, à la présence d’estrogènes dans le sang tout au long de la vie. En d’autres termes, tout ce qui augmente la durée totale d’exposition aux estrogènes sanguins augmente le risque de cancer du sein. Ainsi, le risque de cancer du sein est augmenté :

  • chez les femmes qui ont eu leurs premières règles avant l’âge de douze ans ;
  • chez les femmes qui ont été ménopausées après 50 ans ;
  • chez les femmes qui n’ont pas eu d’enfant (les estrogènes diminuent fortement pendant la grossesse et l’allaitement maternel) ou celles qui ont eu leur premier enfant après l’âge de 35 ans ;
  • les femmes qui souffrent d’obésité (la graisse produit des estrogènes), en particulier après la ménopause.

Les femmes qui ont eu plusieurs enfants et qui les ont allaités ont donc un risque réduit de cancer du sein.

Les facteurs de risque de cancer du sein liés aux habitudes de vie

Des facteurs de risque de cancer du sein dépendants des habitudes de vie ont été identifiés :

  • le surpoids et l’obésité après la ménopause ;
  • le tabagisme, même lorsqu’il est passif ;
  • la consommation excessive de boissons alcoolisées ;
  • l’absence d’exercice physique régulier ;
  • les traitements hormonaux substitutifs de la ménopause (estrogènes et progestérone) lorsque ceux-ci sont administrés de manière continue pendant plus de cinq ans ;
  • la prise de pilule contraceptive de manière continue pendant plus de quatre ans : la pilule augmente légèrement le risque de développer un cancer du sein mais ce risque accru disparaît dix ans après en avoir cessé l’usage. Cependant, la pilule diminue le risque de souffrir de cancer de l’ovaire, en particulier chez les femmes qui ont des mutations sur leurs gènes BRCA 1 et 2. Pour ces raisons, les femmes qui souffrent d’une prédisposition familiale au cancer du sein peuvent choisir la pilule comme moyen contraceptif.

Quelles sont les causes du cancer du sein ?

Les facteurs déclenchant des cancers du sein ne sont pas précisément identifiés. On pense que leur apparition est le résultat de l’action conjuguée de facteurs de l’environnement et de facteurs liés aux particularités génétiques et physiologiques des patientes.

Peut-on prévenir la survenue d'un cancer du sein ?

Les mesures de prévention du cancer du sein sont, pour la plupart, peu spécifiques et concernent tous les cancers :

  • ne pas fumer ;
  • adopter une alimentation équilibrée et lutter contre l’embonpoint ;
  • limiter le plus possible sa consommation de boissons alcoolisées ;
  • pratiquer régulièrement une activité physique.

Dans certains pays peu ensoleillés, les autorités de santé recommande la prise de suppléments de vitamine D en automne et en hiver, voire toute l’année pour les femmes âgées, les femmes qui sortent peu de chez elles ou de leur lieu de travail, et celles qui ont une peau noire.

Le cas des femmes issues de familles où existe une forte prédisposition génétique au cancer du sein est particulier. Chez ces femmes, la prévention du cancer du sein est à discuter au cas par cas avec le médecin traitant. Dans certaines situations, et selon les souhaits de sa patiente, le médecin peut avoir recours à des médicaments bloquant certaines hormones sexuelles ou, plus radicalement, à l’ablation chirurgicale des deux seins.


Les symptômes du cancer du sein

Certains signes ou changements, notamment du sein, peuvent être la manifestation d’un cancer du sein. Il faut les signaler rapidement au médecin pour qu’il puisse prescrire les examens permettant de confirmer au non la présence d’un cancer :

  • une masse dure dans un sein, fixe ou mobile, le plus souvent non douloureuse, aux contours souvent irréguliers ; cette masse peut modifier la forme ou la grosseur du sein.
  • éventuellement, des ganglions gonflés et durs, non douloureux, au niveau de l’aisselle ;
  • des écoulements spontanés au niveau d’un des deux mamelons ;
  • une modification d’un mamelon (qui apparaît enfoncé dans le sein) ou de l’aspect de la peau du sein (dure, grumeleuse, dite « en peau d’orange »).

Lorsque le cancer du sein s’est propagé au reste du corps, d’autres symptômes peuvent apparaître : fatigue, nausées, perte de poids et d’appétit, essoufflement, maux de tête, douleurs des os ou troubles de la vision.

Le carcinome inflammatoire, un cancer du sein rare
Le carcinome inflammatoire se traduit par un sein qui devient chaud, rouge et enflé. Cette forme de cancer du sein progresse rapidement et elle est plus difficile à soigner.

Le pronostic et l'évolution des cancers du sein

Aujourd’hui, en France, la survie cinq ans après un diagnostic de cancer du sein est de 85 %, ce qui en fait l’un des cancers possédant le meilleur taux de survie.

Lorsque le cancer du sein est invasif et en l’absence de traitement, les cellules cancéreuses vont progressivement envahir le sein, puis migrer, via la circulation de la lymphe, dans les ganglions lymphatiques qui drainent cette région du corps, situés sous l’aisselle du côté du sein atteint. Sans traitement, ces cellules vont ensuite migrer dans la circulation sanguine pour aller s’installer et se multiplier dans le foie, les poumons, les os, le cerveau, etc. Ces tumeurs secondaires sont appelées « métastases ».

Certains éléments peuvent orienter le pronostic :

  • l’âge de la patiente : les cancers du sein chez les patientes jeunes se soignent moins bien que chez les patientes plus âgées ;
  • l’aspect de la tumeur : une grosse tumeur sera plus difficile à traiter ;
  • les particularités microscopiques de la tumeur ;
  • la présence de signes d’inflammation, ou l’atteinte des ganglions de l’aisselle, ou la présence de métastases dans d’autres organes sont des signes de plus grande gravité ;
  • l’activation du gène HER2 (voir Diagnostic) est également un signe de gravité ;
  • les cancers du sein dits « hormonodépendants » sont d’un meilleur pronostic.
Les stades d'évolution du cancer du sein
En fonction des résultats des examens complémentaires, le médecin peut déterminer le stade d'évolution du cancer du sein (ce qui conditionne son pronostic et son traitement). Pour cela, il utilise une classification dite « TNM » qui prend en compte les aspects de la tumeur du sein, la présence éventuelle de cellules cancéreuses dans les ganglions, et l'existence éventuelle de métastases. En fonction du résultat de cette classification, le cancer du sein est dit « de stade évolutif 0, I, IIa, IIb, IIIa, IIIb, IIIc ou IV », de gravité croissante.

Comment soigne-t-on les cancers du sein ?

Le traitement du cancer du sein a pour objectif la guérison de la patiente, à défaut l’amélioration de sa qualité de vie et de sa survie, ainsi que la prévention des complications ou des effets indésirables des traitements.

Le traitement des cancers du sein repose sur des mesures chirurgicales (pour enlever la tumeur ou le sein atteint), sur l’exposition à des radiations ionisantes (la radiothérapie) et sur l’administration de médicaments de chimiothérapie, d’hormonothérapie ou de thérapie dite « ciblée ».

Comme pour les autres cancers, le traitement du cancer du sein repose sur un ensemble de protocoles codifiés qui sont adaptés aux particularités de la patiente. Il est administré dans des centres de lutte contre le cancer accrédités par l’Institut national du cancer (INCa).


Depuis 2004, en France, un test de dépistage du cancer du sein (mammographie) est proposé gratuitement, tous les deux ans, aux femmes âgées de 50 à 74 ans (âge au-delà duquel le dépistage systématique ne semble plus avoir d'intérêt). Ce dépistage est destinée aux femmes qui ne présentent pas de symptômes ni de douleur des seins, et qui ne présentent pas un risque particulièrement élevé de cancer du sein, par exemple du fait d’une prédisposition familiale (ces femmes bénéficient d’un suivi personnalisé, le plus souvent par échographie).

La mammographie, test de dépistage du cancer du sein

mammographie

La mammographie est une technique de radiographie (rayons X) adaptée à l’anatomie du sein et à la nature des cancers de cet organe, et destinée à les dépister ou les diagnostiquer. Elle consiste à prendre deux clichés du sein (un de face et un en oblique). Pour cela, le sein est pressé entre deux plaques. Idéalement, pour les femmes non ménopausées, la mammographie doit être réalisée entre le 8e et le 12e jour après le début des règles, lorsque les seins sont moins douloureux et plus faciles à visualiser à la radiographie. Lorsque les seins sont trop denses pour être correctement examinés par une mammographie, le médecin peut prescrire un examen des seins par échographie.

La mammographie est proposée dans le cadre :

  • du programme national de dépistage organisé du cancer du sein, en complément d’un examen régulier des seins par un médecin,
  • d’un dépistage individuel, notamment en cas de facteur de risque (antécédent personnel ou familial de cancer du sein).

Les résultats de la mammographie

Les résultats de la mammographie sont exprimés selon une classification dite ACR :

  • Stade 0 : mammographie difficile à interpréter, des examens complémentaires sont nécessaires ;
  • Stade 1 : mammographie normale ;
  • Stade 2 : anomalies bénignes ne nécessitant ni surveillance, ni examens complémentaires ;
  • Stade 3 : anomalies bénignes nécessitant une surveillance dans trois ou six mois ;
  • Stade 4 : anomalie suspecte nécessitant des examens complémentaires (biopsie) ;
  • Stade 5 : anomalie évoquant un cancer et nécessitant une biopsie.

La mammographie a-t-elle fait diminuer le nombre de décès liés au cancer du sein ?

Chaque année, en France, le programme national de dépistage organisé par mammographie systématique permet la découverte précoce d'environ 15 000 cancers du sein. Néanmoins, son impact sur la mortalité liée à cette maladie est difficile à évaluer, en partie parce que les traitements sont devenus plus efficaces ces dernières années, ce qui complique l’analyse. On estime aujourd’hui que le dépistage organisé réduit d’environ 20 % le risque de décéder d’un cancer du sein. À l’âge de 50 ans, les femmes présentent un risque d’environ 5 % de décéder un jour d’un cancer du sein. Avec le dépistage organisé, ce risque diminue d’un cinquième (20 %), il passe donc à 4 %.

En termes de prévention des décès dus au cancer du sein, on estime que dépister 10 000 femmes, tous les 3 ans, sur 30 ans, permet d’éviter 43 décès (donc un peu plus de 4 décès pour 1 000 femmes dépistées).

Ce résultat, certes modeste mais néanmoins positif, doit être tempéré par les risques et inconvénients que ce dépistage entraîne, en particulier le stress et les traitements inutiles.

Le problème des cancers qui n’auraient jamais évolué

En l’absence de traitement, les cancers du sein dépistés précocement par la mammographie n’évolueraient pas tous en cancers symptomatiques. En effet, certains cancers ont une croissance très lente, voire disparaissent spontanément sous l’action défensive du système immunitaire. Sans la mammographie, ils seraient passés inaperçus.

La mammographie les révèle et occasionne ainsi ce qu’on appelle des « surdiagnostics ». En l’absence de manière sûre de distinguer entre cancer agressif et cancer voué à disparaître, toutes les femmes qui présentent un cancer après une mammographie sont traitées par chirurgie, parfois associée à une chimiothérapie, même si elles auraient pu se passer de ces « surtraitements ».

Le problème des faux positifs

Au-delà des problèmes de surdiagnostic, il existe le problème des faux positifs qui entraînent également des traitements inutiles. Lorsqu’une lésion douteuse est identifiée par la mammographie, elle fait l’objet d’un prélèvement (une « biopsie »). Ce prélèvement est analysé au microscope par un médecin dit « pathologiste » pour savoir s’il s’agit d’un cancer. Dans certains cas, la conclusion est incertaine. Certaines de ces lésions douteuses sont effectivement des cancers, d’autres non : ces dernières sont appelées « faux positifs ». Néanmoins, en cas de doute, un traitement est prescrit dans tous les cas. En cas de faux-positif, ce traitement est bien évidemment inutile.

13 femmes sur 1 000 seraient traitées inutilement

On estime que, sur 1 000 femmes qui font une mammographie, 13 seront traitées pour un faux positif ou un cancer qui aurait lentement progressé sans impact sur la durée de vie, voire qui aurait disparu spontanément. Selon les études, ce chiffre varie de 5 à 20 femmes, 13 étant la moyenne. Ces 13 femmes vont donc subir un traitement chirurgical ou chimiothérapeutique inutile qui n’est pas sans toxicité, ni impact sur la santé future.

Le stress induit par une lésion qui n’est finalement pas un cancer

De plus, sur 1 000 femmes dépistées par la mammographie, 150 femmes présentent un nodule non cancéreux. L’identification du caractère bénin de ces nodules entraîne des examens médicaux invasifs (en général une biopsie) et du stress qui auraient été évités sans la mammographie, dans ce cas source de soucis injustifiés.

D’autres données chiffrées concernant l’utilité de la mammographie

D’autres chiffres doivent être précisés pour avoir une vision plus complète de l’utilité du dépistage organisé du cancer du sein. Sur 1 000 femmes dépistées, 50 ont été diagnostiquées avec une tumeur qui aurait pu être diagnostiquée plus tard (à partir des symptômes) sans impact sur leur durée de vie. Dans le cas, la mammographie n’apporte pas de bénéfice en terme de survie, elle a juste permis un diagnostic plus précoce.

Enfin, toujours sur 1 000 femmes dépistées, 12 femmes qui ont eu une mammographie normale vont néanmoins présenter un cancer du sein dans les deux années suivantes. C’est ce qu’on appelle les « cancers de l’intervalle » qui sont des tumeurs à développement rapide, pour lesquelles le rythme d’une mammographie tous les deux ans n’est pas suffisamment rapproché.

Alors, faut-il dire non au dépistage organisé du cancer du sein ?

Il est nécessaire d’avoir l’ensemble de ces données en tête lorsqu’on envisage la mammographie de dépistage. En effet, chaque femme est libre de sa décision de participer ou non au dépistage organisé.

Une concertation citoyenne et scientifique organisée sous l’égide de l’Institut national du cancer (INCa) en 2015-2016 insiste, dans son rapport, sur le fait que, en l’état des connaissances, un flou subsiste sur l’utilité du dépistage organisé du cancer du sein, flou qui l’empêche d’être recommandé systématiquement à toutes les femmes âgées de 50 à 74 ans. Ce rapport préconise de les encourager à discuter de leur situation personnelle avec leur médecin traitant avant de considérer ce dépistage.

Armée des informations sur les bénéfices et les risques de ce dépistage, épaulée par son médecin traitant qui peut l’aider à évaluer son risque personnel pour ce cancer, chaque femme peut se faire une opinion sur l’opportunité, dans son cas particulier, de faire une mammographie tous les deux ans.


Lorsque le médecin suspecte la présence d'un cancer du sein, il a recours à divers examens complémentaires : mammographie ou échographie du sein. Si les résultats de ces examens évoquent un éventuel cancer, il est alors nécessaire de pratiquer des prélèvements au niveau de la grosseur (« biopsie ») afin d'étudier l'aspect microscopique des cellules qui la constituent.

La biopsie percutanée dans le cancer du sein

La biopsie consiste à prélever des fragments de l’éventuelle tumeur à l’aide d’une aiguille, à travers la peau (biopsie dite « percutanée »). Cet examen est effectué par le médecin radiologue qui va guider son geste par les images obtenues à la mammographie, ainsi que par les images obtenues par échographie (et, éventuellement, par un ordinateur qui va calculer l’angle et la profondeur de l’implantation de l’aiguille).

Après anesthésie locale de la peau et de la zone où va pénétrer l’aiguille, le médecin pratique une petite incision et utilise l’aiguille pour pénétrer jusqu’à la grosseur et prélever de dix à vingt petits fragments qui seront analysés au laboratoire. Il peut également profiter de cette intervention pour placer un « clip de repérage » (une petite agrafe métallique qui sera facile à repérer lors d’une future intervention chirurgicale de traitement). Ce clip est relié à un fil métallique très fin qui sort de la peau et reste protégé par un pansement. L’incision est refermée et ne laisse pas de cicatrice.

Les tests complémentaires après un diagnostic de cancer du sein

Après un diagnostic de cancer du sein, une grande variété d’examens complémentaires sont pratiqués, dont certains sont particuliers à cette maladie. Certaines caractéristiques de la tumeur diagnostiquée vont en effet permettre d’orienter le traitement.

La recherche des récepteurs hormonaux dans le cancer du sein

laboratoire analyse

Cet examen complémentaire cherche à savoir si les cellules de la tumeur ont des récepteurs hormonaux qui les rendent sensibles à la présence d’hormones sexuelles (estrogènes et progestérone) pour se multiplier : dans ce cas, le cancer du sein est dit « hormonodépendant » ou « hormonosensible ». La recherche des récepteurs hormonaux se fait au microscope sur les cellules prélevées par biopsie.

Les cancers du sein hormonodépendants sont plus fréquemment observés après la ménopause et ils sont de meilleur pronostic. Ils peuvent être traités avec des médicaments qui ont une action antihormonale, principalement antiestrogène (hormonothérapie).

La recherche de l'activation du gène HER2 dans le cancer du sein

Le gène HER2 code pour un récepteur de la membrane des cellules appelé « Récepteur 2 du Facteur de croissance épidermique humain ». Une activation de ce gène dans les cellules du cancer du sein est le signe d’une capacité de croissance importante. Cette activation est retrouvée chez environ 20 à 30 % des cancers du sein invasifs. Les cancers du sein dits « HER2 positifs » requièrent un traitement particulier.

L'étude du profil génétique de la patiente atteinte de cancer du sein

Chez une patiente atteinte de cancer du sein âgée de moins de 40 ans, le médecin peut faire effectuer une recherche de mutation sur les gènes identifiés comme augmentant le risque de cancer du sein, en particulier les gènes BRCA 1 et 2. Cette recherche, si elle confirme cette prédisposition génétique, pourra servir à prévenir ce type de cancer chez d’autres membres de la famille de la patiente, en les alertant sur l’importance d’un dépistage régulier.


Dans le contexte du traitement du cancer du sein, la chirurgie est employée pour enlever la tumeur (« mastectomie partielle ») ou le sein (« mastectomie totale »), ainsi que, dans certains cas, les ganglions de l’aisselle qui drainent la région atteinte (« curage axillaire »).

Le choix entre mastectomie partielle ou totale est fonction des caractéristiques de la tumeur et, si cela reste possible, des préférences de la patiente.

La mastectomie partielle dans le traitement du cancer du sein

Également appelée « chirurgie conservatrice du sein », la mastectomie partielle est possible lorsque la tumeur est petite (ou s’il y a plusieurs petites tumeurs proches les unes des autres). Dans ce cas, le chirurgien enlève la tumeur et une partie des tissus sains qui l’entourent.

Après la chirurgie, des séances de radiothérapie sont prescrites pour supprimer d'éventuelles cellules cancéreuses restées dans le sein. Selon la taille du fragment de sein enlevé, on parle de « zonectomie » si le fragment est de petite taille, ou de « quadrantectomie » si la zone enlevée est plus importante.

La mastectomie totale dans le traitement du cancer du sein

La mastectomie totale consiste à enlever la totalité du sein atteint. Elle se pratique dans environ un tiers des cas. Parfois une partie de la peau du sein est préservée pour permettre une meilleure reconstruction du sein plus tard.

La mastectomie totale se pratique lorsque la tumeur est volumineuse, mal placée, s’il y a plusieurs tumeurs espacées ou si le sein souffre d’inflammation. Elle est également choisie lorsque la radiothérapie n’est pas possible après la chirurgie : maladies de la peau, exposition préalable à la radiothérapie pour ce cancer ou pour une autre maladie. Les récidives de cancer du sein font également toujours l’objet d’une mastectomie totale.

Le prélèvement de ganglions lymphatiques dans le traitement du cancer du sein

Pour évaluer le stade d’évolution de la tumeur et affiner le traitement ultérieur, le chirurgien profite de l’intervention destinée à enlever la tumeur pour, le cas échéant, prélever les ganglions lymphatiques avoisinants. Cette intervention est pratiquée systématiquement, sauf pour les cancers du sein non invasifs dépistés à un stade précoce.

Selon les caractéristiques du cancer du sein, le chirurgien choisit soit de prélever le ou les ganglions les plus proches de la tumeur (« exérèse du ganglion sentinelle »), soit de prélever au moins une dizaine de ganglions au niveau de l’aisselle (« curage axillaire »). Ces ganglions sont envoyés au laboratoire pour analyse, afin de savoir si des cellules cancéreuses les ont envahis.

Le lymphœdème, une complication de la chirurgie du cancer du sein

Les complications de la chirurgie du cancer du sein sont essentiellement celles du curage axillaire. Chez certaines femmes, cette intervention provoque une mauvaise circulation de la lymphe dans le bras situé du côté du sein atteint : le bras gonfle et devient lourd et douloureux, les éventuelles plaies qui s’y forment ont du mal à cicatriser et peuvent s’infecter. C’est le lymphœdème ou « gros bras ».

Le lymphœdème est plus fréquemment observé lorsque la patiente a subi à la fois un curage axillaire et une radiothérapie : dans ce cas, il peut toucher une patiente sur quatre. Le lymphœdème peut apparaître quelques semaines, quelques mois voire quelques années après le traitement. La patiente se plaint de tension et de lourdeur dans le bras, ses bagues deviennent trop serrées, son bras est rouge et chaud et la peau de son bras semble plus épaisse. Parfois, les symptômes disparaissent en position allongée ou lorsque la patiente lève le bras atteint.

Le traitement du lymphœdème repose sur le port d’un bandage compressif ou d’un manchon fait sur mesure qui compresse les doigts et le bras (un peu comme les bas de contention pour les femmes qui souffrent de jambes lourdes), associé à des séances de kinésithérapie (drainage lymphatique manuel).

La prévention du lymphœdème dans le cancer du sein
Certaines mesures peuvent prévenir le lymphœdème ou éviter qu’il ne s’aggrave :
  • Évitez de soulever des objets lourds après la chirurgie et dans les semaines qui suivent.
  • Faites les séances de kinésithérapie prescrites par le chirurgien et pratiquez régulièrement chez vous les exercices recommandés par le kinésithérapeute.
  • Protégez votre bras et votre main d’éventuelles blessures : portez des gants pour bricoler et jardiner. En cas de plaie, désinfectez-la soigneusement le plus rapidement possible.
  • Refusez les prises de sang ou les prises de tension sur le bras qui pourrait développer un lymphœdème.
  • Attention aux sports que vous pouvez pratiquer. Demandez conseil à votre médecin avant de refaire du sport.
  • Évitez les bains chauds, les saunas, les hammams, les bains à remous, etc.
  • Luttez contre l’embonpoint qui favorise l’apparition d’un lymphœdème.

Lorsque le traitement du cancer du sein impose d’enlever la totalité du sein, il existe différentes manières pour que l’esthétique de la patiente en souffre le moins possible.

Les méthodes utilisées peuvent être le port d’une prothèse externe (placée dans le soutien-gorge ou collée à la peau) ; la mise en place d’un implant mammaire (comme lors d’une intervention de chirurgie esthétique) ; la reconstruction du sein avec des muscles de la patiente (« reconstruction par lambeau »).

Le choix de la technique utilisée est décidé d’un commun accord entre la patiente et son médecin qui lui explique les différentes modalités. Une première phase de la reconstruction mammaire est parfois effectuée lors de l’intervention destinée à retirer le sein malade, mais il est le plus souvent nécessaire d’attendre la fin des traitements par radiothérapie ou par chimiothérapie.

Les prothèses externes dans le cancer du sein

Il existe de nombreux types de prothèse externe du sein. Elles peuvent être :

  • temporaires : de petits coussinets souples et légers à glisser dans le soutien-gorge ;
  • partielles : également appelées « coquilles » ou « enveloppes », elles se placent directement au contact de la peau, dans un soutien-gorge normal ou un soutien-gorge spécial muni d’une poche pour la prothèse, le soutien-gorge « post-mastectomie » ;
  • permanentes : ces prothèses ont la même apparence et le même poids que le sein normal. Elles sont portées dans un soutien-gorge normal ou spécial et sont parfois collées à la peau avec une colle spéciale. Ce sont les prothèses qui se rapprochent le plus de l’aspect naturel du sein sous les vêtements.

Le choix d’une prothèse se fait sur les conseils d’un prothésiste spécialisé. Il existe également des prothèses adaptées au sport ou au port d’un maillot de bain. Les prothèses de sein sont remboursées par l’Assurance maladie sur la base de 69,75 € par prothèse, le reste du prix (souvent élevé) étant soit pris en charge par l’assurance santé complémentaire (la mutuelle) de la patiente, soit payé de sa poche.

La pose d'un implant mammaire et la reconstruction par lambeau

Dans 70 à 80 % des cas de mastectomie totale, la patiente bénéficie d’une reconstruction du sein. Cette technique demande du temps car deux ou trois interventions chirurgicales sont souvent nécessaires :

  • pour reconstruire le volume du sein avec un implant ou un muscle ;
  • pour harmoniser les deux seins après cicatrisation du sein atteint ;
  • pour reconstruire l’aréole et le mamelon du sein atteint.

La pose d'un implant mammaire dans le cancer du sein

Si la patiente et son médecin optent pour la pose d’un implant mammaire rempli d’une solution saline ou de silicone, il se peut qu’il n’existe plus suffisamment de peau pour reconstruire un sein identique à celui qui a été enlevé.

Dans ce cas, le chirurgien pose d’abord un implant plat (la « prothèse d’expansion ») qui possède la particularité de pouvoir être progressivement gonflé par des injections de solution saline directement à l’intérieur de l’implant (à travers la peau). Cet implant provisoire sera gonflé petit à petit chaque semaine, laissant ainsi à la peau le temps de se détendre. Après deux à trois mois, l’implant gonflable est retiré et remplacé par un implant permanent.

Le principal inconvénient de la pose d’un implant mammaire est qu’il est difficile d’obtenir une harmonie de forme et de volume entre les deux seins. Les implants mammaires ont une taille limitée et, lorsque les seins sont gros, une chirurgie de l’autre sein est parfois nécessaire afin d'équilibrer leur apparence. Au bout de quelques années, il peut être nécessaire de remplacer l’implant.

La pose d’un implant mammaire après un cancer du sein est remboursé à 100 % par l’Assurance maladie, mais des dépassements d’honoraires peuvent survenir à la charge de la patiente ou de son assurance santé complémentaire.

La reconstruction par lambeau

Cette technique de reconstruction du sein se fait en déplaçant certains muscles de la patiente (avec leur innervation et leur circulation sanguine) pour les placer là où était le sein malade et lui redonner du volume. Les muscles utilisés sont le grand dorsal (sur le côté du dos, à proximité du sein malade) ou le grand droit de l’abdomen (la partie supérieure d’un des abdominaux, sous le sein malade).

Si la reconstruction par lambeau permet de recréer un sein plus naturel, cette technique est lourde. Elle demande plusieurs interventions chirurgicales et l’ensemble du processus dure entre un an et un an et demi. Elle crée une cicatrice supplémentaire, dans le dos ou sur le ventre. Cette technique est remboursée à 100 % par l’Assurance maladie mais, de nouveau, les dépassements d’honoraires sont fréquents.

Reconstruire le mamelon et l'aréole
La reconstruction du mamelon se fait en prélevant un petit fragment de peau ou d'oreille chez la patiente et en le greffant là où le mamelon devrait se trouver. L'aréole est recréée soit par greffe d'un fragment de peau plus foncée (pris sur l'autre aréole ou au niveau de la zone génitale) ou par tatouage.

Dans le contexte du traitement du cancer du sein, les rayons ionisants (radiothérapie) sont utilisés après la chirurgie pour éliminer les cellules cancéreuses qui auraient pu rester dans le sein. La radiothérapie du sein peut être externe (des rayons projetés traversent la peau) ou utiliser des sondes implantées dans le sein (« curiethérapie »).

La radiothérapie du cancer du sein en pratique

Après une chirurgie conservatrice du sein (mastectomie partielle), la radiothérapie est systématiquement administrée. Elle n’est pas toujours pratiquée après une mastectomie totale (où le sein entier est enlevé).

En règle générale, la radiothérapie est pratiquée dans les douze semaines qui suivent la chirurgie, sauf si une chimiothérapie est pratiquée après la chirurgie, auquel cas la radiothérapie, si elle est nécessaire, aura plutôt lieu quatre à six semaines après la fin de la chimiothérapie.

Dans le cadre du traitement du cancer du sein, la radiothérapie est le plus souvent administrée pendant cinq jours consécutifs (à raison d'une séance par jour) durant cinq semaines, parfois seulement trois semaines.

Qu'appelle-t-on curiethérapie dans le traitement du cancer du sein ?

La curiethérapie est une forme de radiothérapie qui consiste à insérer un fil ou une bille radioactive dans le sein atteint, au contact de l’endroit où se situait la tumeur. Elle se pratique lorsque le sein a été préservé par la chirurgie (mastectomie partielle).

L’application du fil ou de la bille nécessite la pose de tubes de plastique très fins, les cathéters, qui traversent le sein de part en part et sont posés le plus souvent sous anesthésie locale. Ils sont laissés en place le temps de la curiethérapie et servent à introduire la source de rayons ionisants au plus près de là où se trouvait la tumeur.

Deux types de curiethérapie sont utilisés dans le traitement du cancer du sein :

  • la curiethérapie à bas débit de dose où la patiente est hospitalisée deux à six jours dans une chambre spéciale dont les murs bloquent la radioactivité ; celle-ci est mise en place en continu durant toute la durée de l’hospitalisation.
  • la curiethérapie à débit pulsé où la patiente vient chaque jour à l’hôpital pour des séances de curiethérapie durant lesquelles le matériel radioactif est inséré dans les cathéters, puis retiré.

Quels sont les effets indésirables de la radiothérapie ?

Les séances de radiothérapie externe ou de curiethérapie nécessaires pour traiter le cancer du sein peuvent provoquer certains effets indésirables au niveau du sein traité, du thorax ou de l’aisselle. Ces effets peuvent apparaître juste après les séances, mais également à long terme, pendant les deux années qui suivent la radiothérapie.

Ces effets indésirables diffèrent selon chaque patiente et selon la dose de rayons administrée. Ils ne sont heureusement pas tous ressentis par les patientes. Les médecins spécialisés savent dépister ces effets précocement et aider leurs patientes à mieux les supporter.

Après les séances de radiothérapie, ces effets indésirables peuvent être :

  • de la fatigue qui dure quelques semaines à quelques mois ;
  • une irritation de la peau autour de la zone traitée avec des rougeurs de type coup de soleil, des démangeaisons, de la sécheresse ;
  • des sensations de lourdeur ou de pression dans le sein traité ou dans l’épaule ;
  • une gêne pour avaler ;
  • un gonflement du sein traité.

Plusieurs mois après le traitement, il arrive que la patiente continue à ressentir une irritation de la peau, des douleurs dans le sein traité, parfois des modifications de sa forme et de sa taille, ainsi que de la toux sèche avec un essoufflement à l’effort, voire de la fièvre.

Prévenir les effets indésirables de la radiothérapie du sein
Pour essayer de diminuer la survenue des effets indésirables de la radiothérapie :
  • évitez de dessécher votre peau : utilisez un savon surgras, évitez les bains chauds et les douches prolongées, ne savonnez pas la zone traitée ou faites-le doucement avec la main, séchez-vous en tapotant avec une serviette douce puis appliquez une lotion hydratante pour peau très sèche (mais pas avant la séance de radiothérapie, plutôt après).
  • sur la zone de peau traitée, n’appliquez ni parfum, ni déodorant, ni talc.
  • essayez de ne pas porter de soutien-gorge (ou portez-en un sans armature), privilégiez les vêtements en coton.
  • évitez d’exposer la zone traitée au soleil pendant au moins un an après la fin du traitement.

Les traitements médicamenteux du cancer du sein sont de trois types : la chimiothérapie anticancéreuse qui bloque la prolifération des cellules cancéreuses ; les traitements hormonaux qui bloquent la croissance des cancers du sein hormonodépendants ; les thérapies ciblées qui agissent sur certains récepteurs nécessaires à la croissance des tumeurs du sein.

La chimiothérapie anticancéreuse dans le traitement du cancer du sein

Dans le contexte du cancer du sein, la chimiothérapie n’est prescrite que dans le traitement des cancers du sein invasifs. Le plus souvent, elle est mise en place entre trois et six semaines après la chirurgie, le temps que le sein cicatrise. Parfois, une chimiothérapie est administrée avant la chirurgie pour diminuer la taille de la tumeur et tester sa sensibilité à ce type de traitement.

En général, la chimiothérapie du cancer du sein consiste en quatre à six séances de perfusion intraveineuse (les « cures ») espacées de trois semaines. Le traitement dure donc entre trois et six mois. Le choix des médicaments utilisés est fonction des caractéristiques de la tumeur.

La pose d'une chambre implantable

Pour faciliter l’administration des cures intraveineuses, il peut être nécessaire de poser une chambre implantable (ou « Port-a-cath ») : un boitier-réservoir est placé sous la peau au niveau de la clavicule, connecté à un tube souple (un cathéter) qui délivre la chimiothérapie directement dans un gros vaisseau sanguin.

Posée sous anesthésie locale ou pendant l'opération destinée à retirer la tumeur ou le sein, la chambre implantable évite les dommages qu'une perfusion intraveineuse « normale » provoquerait au niveau des veines du bras. Il suffit de piquer dans le boitier à travers la peau pour administrer la cure. À la fin du traitement, la chambre implantable est retirée sous anesthésie locale.

Les effets indésirables de la chimiothérapie du cancer du sein

La chimiothérapie agit sur tout l’organisme. Elle peut donc provoquer divers effets indésirables. Ces effets sont variables selon les substances et ne sont heureusement pas tous ressentis par les patientes. Les médecins spécialisés savent aider leurs patientes à prévenir ces effets indésirables à l’aide de traitements spécifiques, et à mieux les supporter lorsqu’ils surviennent. Ces effets indésirables peuvent être :

Les traitements hormonaux contre le cancer du sein

Lorsque la croissance des cellules de la tumeur est stimulée par la présence d’hormones sexuelles (estrogènes et progestérone) (cancers du sein dits « hormonodépendants » ou « hormonosensibles »), le médecin pourra prescrire des médicaments qui bloquent l’action ou la production de ces hormones. Ces médicaments sont administrés sous forme de comprimés.

Il existe plusieurs types de médicaments de ce type :

  • les anti-estrogènes (tamoxifène, torémifène et fulvestrant) qui bloquent l’action de ces hormones ; leurs effets indésirables sont des bouffées de chaleur, la cataracte et des accidents de type thromboembolique (la formation d’un caillot dans les veines pouvant migrer dans d’autres organes).
  • les inhibiteurs de l’aromatase (anastrazole, exémestane, létrozole) qui bloquent la production d’estrogènes par les organes qui les sécrètent. Ces médicaments sont prescrits après la ménopause. Ils exigent une surveillance régulière pour dépister la survenue d’une ostéoporose. Leurs autres effets indésirables sont les bouffées de chaleur, la sécheresse vaginale et les douleurs du vagin et des articulations.
  • les progestatifs (acétate de médroxyprogestérone et acétate de mégestrol) dont les effets indésirables sont la prise de poids, l’hypertension artérielle, le diabète et les troubles vasculaires.
  • les agonistes de la GnRH (goséréline et leuproréline) qui bloquent la production d’hormones sexuelles par les ovaires. Leurs effets indésirables sont les bouffées de chaleur, la sécheresse vaginale, la baisse du désir sexuel et le risque de développer de l’ostéoporose.

Hormones de synthèse

Légende
Médicament générique

Les thérapies ciblées dans le traitement du cancer du sein

Les thérapies ciblées sont des substances qui bloquent de manière très spécifique certains récepteurs situés sur les membranes des cellules. Elles sont en plein essor depuis quelques années. Elles comportent notamment des anticorps monoclonaux (bévacizumab, le trastuzumab, le pertuzumab et le trastuzumab emtansine) ou des inhibiteurs de protéines kinases. Elles peuvent être administrées soit par voie orale (lapatinib, évérolimus), soit par voie intraveineuse, avant la chirurgie ou après.

Le bévacizumab (AVASTIN) bloque la croissance des petits vaisseaux sanguins à l’intérieur de la tumeur, la privant ainsi de l’oxygène et des nutriments nécessaires à sa croissance. Il est prescrit dans les cancers du sein métastasés. Ses effets indésirables sont un retard de cicatrisation, de l’hypertension artérielle, de la fatigue, des diarrhées et des maux de ventre, des réactions de type allergique et des atteintes des os des mâchoires.

Le trastuzumab (HERCEPTIN) bloque l’action du récepteur HER2 lorsque celui-ci est activé dans certaines tumeurs du sein (voir Diagnostic). Ses effets indésirables sont les troubles cardiaques et les réactions de type allergique.

Le pertuzumab (PERJETA) est utilisé en association au trastuzumab et au docétaxel dans certains cancers du sein. Il s’administre en perfusion toutes les 3 semaines.

Le trastuzumab emtasine (KADCYLA) est utilisé dans le traitement de cancer métastatique ou avancé. Il est réservé aux patients dont le cancer a la caractéristique d’avoir des cellules cancéreuses qui produisent grandes quantités la protéine HER2. Il s’administre en perfusion toutes les 3 semaines.

Le lapatinib (TYVERB) inhibe une enzyme, la tyrosine kinase, indispensable à de nombreux récepteurs des membranes des cellules, dont HER2. Comme le trastuzumab, il est prescrit contre les cancers du sein où le gène HER2 est activé. Ses effets indésirables sont les troubles cardiaques, les diarrhées et les problèmes de peau, en particulier au niveau des paumes et des plantes des pieds.

Liste des médicaments mise à jour : Mardi 16 Avril 2019

Thérapie ciblée : lapatinib

L’évérolimus (AFINITOR) appartient à la famille des inhibiteurs de protéines kinases. Il bloque la croissance et la prolifération des cellules cancéreuses en se liant à une protéine située à l’intérieur de ces cellules. Il est utilisé, sous forme de comprimé, dans le traitement de certains cancers du sein avancé chez la femme ménopausée, en association avec l’exémestane.

Liste des médicaments mise à jour : Mardi 16 Avril 2019

Thérapie ciblée : évérolimus

L’éribuline (HALAVEN) bloque une protéine qui sert à la formation du réseau filamenteux à l’intérieur de la cellule, réseau dont la cellule a besoin pour s’assembler lorsqu’elle se divise. Ce médicament s’administre en injections intraveineuses par cycles de 21 jours.

Une surveillance particulière est nécessaire pour détecter et traiter les éventuels effets indésirables de ces thérapies ciblées. Tout symptôme anormal doit être signalé au médecin lors des visites de contrôles.


Quelle place pour l’activité physique adaptée dans la prise en charge du cancer du sein ?

ordonnance

L’activité physique adaptée (APA) fait partie des traitements non médicamenteux des cancers. En effet, la pratique régulière d’une activité physique contribue à réduire les effets indésirables des traitements de chimiothérapie, combat la fatigue et la dépression, et peut réduire le risque de récidive. De plus, chez les femmes opérées pour un cancer du sein, l’APA peut prévenir le lymphœdème du bras du côté opéré (gonflement) et améliorer la mobilité de ce bras en luttant contre les rétractions cicatricielles.

De nombreuses activités sportives peuvent être adaptées pour pouvoir être pratiquées par les personnes souffrant de cancers : par exemple, athlétisme, basket-ball, canoë-kayak, escrime, football, karaté, et tennis de table. Les femmes en rémission d’un cancer du sein peuvent pratiquer deux activités sportives ludiques spécifiquement pensées pour elles : l’escrime et le dragon-boat (une activité de type canoë où 10 à 20 femmes rament en cadence).

Dans le cadre des cancers, le médecin traitant peut désormais prescrire de l’APA en précisant les objectifs recherchés (lutte contre la fatigue, amélioration de l’humeur, etc.) et les contre-indications propres au patient. Dans les clubs qui proposent ces disciplines, des éducateurs formés à la pratique du sport santé sont chargés de définir des protocoles de remise en forme et d’entraînement adaptés à chaque cas particulier. Les frais engagés, souvent modestes, sont parfois pris en charge par les assurances complémentaires (« mutuelles ») ou les mairies / départements.

Les patients qui ont recours à ces activités adaptées témoignent de bénéfices physiques (par exemple sur l’autonomie et l’endurance), mais également de bénéfices psychosociaux (lutte contre l’isolement, meilleure image de soi).


Le suivi médical après un cancer du sein

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Les femmes qui ont reçu un traitement contre un cancer du sein font l’objet d’un suivi médical rapproché pendant plusieurs années, afin de dépister rapidement d’éventuelles récidives.

En général, ce suivi débute par des consultations tous les trois à quatre mois, puis tous les six mois pendant cinq ans, puis une fois par an. Des mammographies de contrôle et d’autres examens complémentaires sont régulièrement pratiqués.

Chez les femmes qui ont souffert d’un cancer du sein avec métastases, le suivi médical est plus rapproché, tous les deux à trois mois ou toutes les deux à trois cures de chimiothérapie si celle-ci est administrée sur une longue durée.

La reconstruction d’un sein justifie une consultation de suivi tous les ans ou tous les deux ans auprès du chirurgien qui l’a effectuée.

Alimentation et suivi du cancer du sein
Après un cancer du sein, une femme sur deux a tendance à prendre du poids de manière significative. Si c'est le cas, des consultations avec un médecin nutritionniste ou une diététicienne peuvent permettre d'adapter son alimentation pour prévenir ce surpoids, facteur de risque pour de nombreuses maladies, dont les cancers.

Pour en savoir plus sur le cancer du sein

L’Institut national du cancer (INCa) publie des guides destinés aux patients, complets et faciles à comprendre. Le guide consacré au cancer du sein est ici.


Sources et références de l'article "Cancer du sein"