Tumeurs du cerveau

Mis à jour : Vendredi 03 Avril 2020

Les tumeurs du cerveau regroupent plusieurs formes de cancers selon les cellules atteintes, la localisation de la tumeur et la vitesse de son évolution. Elles représentent environ 4 500 nouveaux cas de cancers chaque année en France. La chirurgie est le traitement principal, parfois en association avec la radiothérapie et la chimiothérapie.

Qu’appelle-t-on tumeurs du cerveau ?

femme mal de tête

Les tumeurs dites du cerveau regroupent tous les cancers qui naissent et se développent à l’intérieur du crâne. Elles peuvent toucher toutes les parties du cerveau et leurs symptômes varient selon la région du cerveau où se développe la tumeur. Il existe une grande variété de tumeurs du cerveau selon le type de cellule concerné, la localisation de la tumeur, sa taille, la rapidité de son évolution, etc. Les tumeurs du cerveau ne doivent pas être confondues avec les métastases cérébrales provenant d’un cancer situé dans un autre organe.

À l’inverse des tumeurs « vraies » du cerveau (dites également « primaires » ou « primitives »), les métastases sont dues à des cellules cancéreuses provenant d’un cancer situé dans un autre organe, cellules qui ont migré dans la circulation sanguine et se sont ensuite fixées dans le cerveau. Les cellules qui forment une métastase gardent les caractéristiques de leur organe d’origine (sein, poumon, ovaire, côlon, etc.). De ce fait, les métastases au cerveau se traitent comme le cancer dont elles sont issues.

Les différentes cellules du cerveau
Les principales fonctions du cerveau sont assurées par un réseau dense de milliards de cellules nerveuses connectées entre elles, les neurones. Ces neurones sont entourés et nourris par des cellules spécialisées, les cellules gliales, qui représentent 90 % de la masse du cerveau.
Il existe plusieurs types de cellules gliales (astrocytes, microglie, oligodendrocytes, etc.) qui possèdent diverses fonctions. Dans un peu plus de 50 % des cas, les tumeurs du cerveau sont des tumeurs des cellules gliales (des « gliomes »).
Le cerveau est entouré et protégé par des enveloppes, les méninges. Il arrive qu’une tumeur se développe à partir de ces enveloppes. On parle alors de « méningiome ».

Les différents types de tumeur du cerveau

Selon les cellules en cause, on distingue différents types de tumeurs du cerveau, susceptibles d’évoluer différemment.

  • Les gliomes sont des tumeurs des cellules gliales qui peuvent apparaître dans n’importe quelle région du cerveau. Les gliomes représentent la majorité des tumeurs du cerveau. Parmi les gliomes, les astrocytomes touchent les cellules gliales appelées astrocytes. Les astrocytomes cancéreux à progression rapide sont appelés « glioblastomes » et représentent 20 % des tumeurs du cerveau. Les oligodendrogliomes sont une autre forme de gliome qui peut être à progression lente (dite « de bas grade ») ou rapide (« de haut grade »). Les gliomes peuvent être bénins ou cancéreux.
  • Les neurinomes et les neurofibromes sont des tumeurs, le plus souvent bénignes, qui se développent sur un nerf, en particulier sur le nerf acoustique (qui relie l’oreille au cerveau).
  • Les méningiomes sont des tumeurs qui se développent à partir des cellules des méninges, les enveloppes qui entourent le cerveau.
  • L’adénome hypophysaire est une tumeur de l’hypophyse, une partie du cerveau qui contrôle de nombreuses hormones.

Les tumeurs du cerveau sont-elles fréquentes ?

En France, en 2010, 4 560 tumeurs du cerveau ont été diagnostiquées. Les tumeurs du cerveau sont un peu plus fréquentes chez les hommes et sont le plus souvent diagnostiquées autour de l’âge de 60 ans.

Les tumeurs bénignes du cerveau
Les tumeurs bénignes du cerveau sont composées de cellules qui se divisent lentement. En fonction de leur localisation, elles sont simplement surveillées ou bien retirées par un traitement chirurgical.

Quelles sont les causes des tumeurs du cerveau ?

Les facteurs qui conditionnent l’apparition d’une tumeur du cerveau sont encore mal connus. Certains facteurs de risque sont suspectés mais leur influence reste peu claire.

Le rôle de l'environnement

Certaines substances chimiques semblent augmenter le risque de tumeur du cerveau pour les personnes qui y sont exposées pendant de longues durées et à des doses élevées. Ce sont des substances utilisées dans la production de carburants et de produits dérivés du pétrole, ou dans la fabrication des plastiques et des caoutchoucs synthétiques. De plus, la manipulation de certains pesticides ou de substances radioactives semble également être un facteur de risque. Pour cette raison, certaines tumeurs du cerveau sont considérées comme des maladies professionnelles.

L’exposition prolongée à des champs électromagnétiques (par exemple, ceux créés par des lignes électriques à très haute tension) a été suspectée d’être un facteur de risque. Les études menées à ce sujet ont donné des résultats contradictoires et le doute demeure.

Les téléphones portables augmentent-ils le risque de tumeur du cerveau ?
Depuis plusieurs années, la polémique enfle sur l'impact des téléphones portables (qui émettent des ondes électromagnétiques) sur le risque de développer une tumeur du cerveau. Les études menées n'ont pas permis d'identifier un risque avéré ni pour les tumeurs du cerveau, ni pour les tumeurs du nerf acoustique, mais elles vont néanmoins dans le sens d'un risque possible, en particulier chez les enfants et les adolescents.
Pour cette raison, les autorités de santé, par mesure de précaution, recommandent de ne pas confier de téléphone portable aux enfants et d'utiliser systématiquement une oreillette « mains libres ».

Le rôle de l'hérédité

Un risque lié à l’hérédité (un risque « familial ») existe pour deux types de tumeurs du cerveau, les neurinomes et les neurofibromes, qui représentent environ 5 % des tumeurs du cerveau. Une maladie génétique, la neurofibromatose, augmente également le risque de ce type de tumeur (mais pas des autres types de tumeur du cerveau).

Le rôle des autres maladies

Les personnes immunodéprimées, par exemple celles qui souffrent de VIH/sida, ont un risque plus élevé de développer un lymphome du cerveau (une tumeur des cellules chargées de défendre le cerveau contre les infections).

Peut-on prévenir les tumeurs du cerveau ?

    Les mesures de prévention des tumeurs du cerveau sont peu spécifiques et concernent tous les cancers :
  • ne pas fumer ;
  • adopter une alimentation équilibrée et lutter contre l’embonpoint ;
  • limiter le plus possible sa consommation de boissons alcoolisées ;
  • pratiquer régulièrement une activité physique.

Des mesures de protection particulières sont mises en place pour les personnes qui, dans le cadre de leur vie professionnelle, sont amenées à manipuler des substances chimiques soupçonnées d’augmenter le risque de développer une tumeur du cerveau.


Selon le type et la vitesse d’évolution de la tumeur du cerveau, l’apparition de symptômes peut être soudaine ou progressive. Certaines tumeurs à progression lente ne provoquent aucun symptôme pendant plusieurs mois.

Quels sont les symptômes des tumeurs du cerveau ?

Les symptômes des tumeurs du cerveau varient selon la localisation de la tumeur.

    En règle générale, on distingue trois symptômes principaux :
  • les maux de tête persistants dus à l’augmentation de la pression du liquide qui baigne le cerveau ;
  • les crises d’épilepsie liées à des modifications de sensibilité des cellules nerveuses du cerveau ;
  • et les troubles liés aux répercussions, sur le reste du corps, du mauvais fonctionnement de la région du cerveau touchée par la tumeur, par exemple des troubles de vision ou des troubles émotionnels.

Les maux de tête liés aux tumeurs du cerveau

Lorsqu’une tumeur se développe, il est fréquent que l’on observe une augmentation de la pression du liquide dans lequel le cerveau baigne (le liquide céphalo-rachidien). Cette hypertension dite « intracrânienne » est due à la combinaison de plusieurs causes : la réaction inflammatoire autour de la tumeur (un gonflement appelé « œdème »), la compression provoquée par la tumeur lorsqu’elle grossit, et une mauvaise circulation du liquide céphalo-rachidien dans le crâne.

Les maux de tête sont le symptôme de cette hypertension intracrânienne. Ils apparaissent le plus souvent au réveil et s’accompagnent de nausées, voire de vomissements. Les personnes qui ont ressenti ces maux de tête les décrivent parfois comme étant différents des maux de tête courants ou des crises de migraines. Fréquemment, c’est la nature inhabituelle de ces maux de tête qui amène le patient à consulter son médecin traitant et qui est à l’origine du diagnostic de tumeur du cerveau.

Les crises d'épilepsie liées aux tumeurs du cerveau

Les tumeurs du cerveau peuvent entraîner des crises d’épilepsie chez une personne qui n’en a jamais connues auparavant. Ces crises sont plus fréquentes lorsque la tumeur se développe à la surface du cerveau. La pression exercée par la tumeur perturbe le fonctionnement des cellules nerveuses du cortex (la partie la plus superficielle du cerveau) et déclenche des « orages électriques » qui se traduisent par une crise d’épilepsie généralisée (où la personne perd connaissance et chute) ou localisée (mouvements involontaires, raideurs musculaires, sensations étranges, sentiment de peur soudaine, absences, etc.).

La crise est parfois accompagnée d'une perte de mémoire immédiate (la personne ne se souvient pas d'avoir fait une crise).

Les troubles fonctionnels liés aux tumeurs du cerveau

Lorsqu’une tumeur perturbe le fonctionnement d’une région du cerveau, les troubles qui apparaissent varient selon les fonctions contrôlées par la zone touchée.

Par exemple, une tumeur qui se développe dans la zone du cerveau chargée de l’analyse des informations visuelles entraîne des troubles de la vision. Une tumeur située dans la partie frontale du cerveau (qui gouverne la personnalité, les capacités d’analyse et de raisonnement, etc.) provoque de la confusion, un changement de la personnalité, des troubles émotionnels, etc.

Parce que l’hémisphère gauche du cerveau contrôle la moitié droite du corps et vice-versa, certains symptômes ne sont observés que d’un seul côté du corps : par exemple, une tumeur située dans l’hémisphère gauche du cerveau, dans la zone où sont contrôlés les mouvements, peut provoquer des difficultés à accomplir des tâches avec la main droite, la main gauche restant parfaitement fonctionnelle.

Lorsque la tumeur se développe au niveau de l’hypothalamus (une région qui contrôle l’équilibre hormonal), les symptômes de la tumeur peuvent être un arrêt des règles ou des troubles thyroïdiens, par exemple.

Comment évoluent les tumeurs du cerveau ?

Les tumeurs du cerveau sont classées en différents grades selon leur rapidité d’évolution (leur « agressivité »). On parle de « bas grade » pour les tumeurs les moins agressives et de « haut grade » pour les tumeurs qui le sont davantage.

Le grade peut aussi être exprimé par un chiffre romain allant de I à IV. Le grade I correspond aux tumeurs non cancéreuses. Le grade IV correspond aux tumeurs les plus agressives. Plus le grade est bas, plus le pronostic est favorable. Connaître le grade d’une tumeur est déterminant dans le choix des traitements.

Contrairement aux autres cancers, les cellules des tumeurs cancéreuses du cerveau ne migrent pas hors de celui-ci et ne provoquent pas de métastases.

Le taux de survie cinq ans après le diagnostic d’une tumeur du cerveau cancéreuse est estimé entre 20 et 30 %.


Peut-on dépister les tumeurs du cerveau ?

Il n’existe pas de test de dépistage des tumeurs du cerveau.

Comment diagnostique-t-on les tumeurs du cerveau ?

radio d'un crâne

Lorsque, suite à l’examen clinique et neurologique, le médecin suspecte la présence d’une tumeur du cerveau, il prescrit un scanner et une IRM de la tête, mais également d’autres parties du corps à la recherche d’un autre cancer qui aurait métastasé dans le cerveau.

Si les images obtenues semblent confirmer le diagnostic, il est alors indispensable de prélever un fragment de la tumeur afin d’identifier sa nature et sa vitesse d’évolution (son « agressivité ») : c’est la biopsie ou examen anatomopathologique (voir encadré).

Cet examen peut être pratiqué avant de commencer les traitements ou, dans certains cas, après l’intervention chirurgicale destinée à retirer la tumeur.

La biopsie d'une tumeur du cerveau
Prélever un fragment d’une tumeur du cerveau nécessite une intervention chirurgicale, sous anesthésie générale ou locale (le cerveau est un organe insensible), qui nécessite une hospitalisation de deux à cinq jours. Après avoir incisé le cuir chevelu et fait un petit trou dans l’os du crâne (de quelques millimètres de diamètre), le chirurgien insère une aiguille jusqu’à la tumeur et en aspire des fragments qui seront analysés. Le cuir chevelu est ensuite recousu, sans refermer le trou osseux qui se rebouchera spontanément au cours de la cicatrisation.

Quels sont les traitements des tumeurs du cerveau ?

La chirurgie est le traitement principal des tumeurs du cerveau. La radiothérapie ou la chimiothérapie sont utilisées en complément de la chirurgie, pour détruire les cellules cancéreuses qui n’ont pas pu être retirées, ou lorsque la chirurgie est impossible. Le choix du mode de traitement dépend de la gravité de la tumeur, de son type, de sa localisation, mais aussi de l’âge et de l’état de santé général du patient. Les tumeurs proches de la surface du cerveau, et celles qui sont bien délimitées, sont plus faciles à enlever chirurgicalement.

Lorsque la tumeur n’évolue pas ou ne présente pas de risque immédiat, il est possible de ne pas commencer de traitement tout de suite et de surveiller son évolution. En effet, tant qu’elle n’évolue pas, il est parfois moins risqué de laisser la tumeur que d’intervenir au niveau du cerveau.

Comme pour les autres cancers, le traitement des tumeurs du cerveau repose sur un ensemble de protocoles codifiés qui sont adaptés aux particularités du patient. Il est administré dans des centres de lutte contre le cancer accrédités par l’Institut national du cancer (INCa).

D’autres soins et soutiens complémentaires, appelés soins de support, peuvent être mis en œuvre pour faire face aux conséquences de la maladie et de ses traitements : troubles du langage ou de l’équilibre, fatigue, anxiété, troubles du sommeil, perte d’autonomie, problèmes sociaux, etc.


L’objectif du traitement chirurgical des tumeurs du cerveau est de retirer la totalité (ou la plus grosse partie) de la tumeur. Également appelé « chirurgie à ciel ouvert » (parce qu’il impose de pratiquer une ouverture dans le crâne), ce traitement est quasi-systématiquement mis en œuvre, sauf chez les personnes trop âgées ou trop faibles pour le supporter.
Lorsque la tumeur est étendue ou située dans des régions particulièrement vitales du cerveau, il est parfois impossible de la retirer en totalité. Dans ce cas, la radiothérapie et la chimiothérapie seront mises en œuvre après l’intervention pour détruire la partie qui n’a pas pu être enlevée.

La chirurgie des tumeurs du cerveau en pratique

La chirurgie des tumeurs du cerveau nécessite une hospitalisation d’une semaine environ. Effectuée sous anesthésie générale, elle implique de découper le cuir chevelu, puis une partie de l’os du crâne (qui sera remise en place après l’intervention) pour accéder au cerveau. Une fois prélevée, la tumeur est envoyée au laboratoire pour analyse.

Parfois, lorsque la tumeur est située dans la partie basse du cerveau, il est possible de la retirer en passant par la bouche ou le nez.

Qu’appelle-t-on dérivation et ventriculo-cisterno-stomie ?
Lorsque la tumeur bloque la circulation du liquide céphalo-rachidien dans lequel baigne le cerveau, il peut être nécessaire de pratiquer une intervention chirurgicale pour rétablir cette circulation et soulager les maux de tête. Deux techniques existent :
  • la pose d’un drain (un petit tuyau) pour évacuer le liquide céphalo-rachidien ailleurs dans le crâne ou dans le ventre : c’est la dérivation.
  • la création d’une ouverture d’évacuation dans la paroi de la poche où le liquide est bloqué : c’est la ventriculo-cisterno-stomie.

Ces interventions peuvent être pratiquées pendant la chirurgie « à ciel ouvert » ou indépendamment, via un endoscope inséré à travers une petite ouverture au sommet du crâne.

Comment le chirurgien réduit-il les éventuels dommages au niveau du cerveau ?

Les patients qui doivent subir une intervention chirurgicale au niveau du cerveau sont souvent inquiets vis-à-vis des dommages irréversibles que cette chirurgie pourrait entraîner. Les chirurgiens disposent désormais de moyens efficaces pour repérer une tumeur et l’extraire en veillant à respecter le plus possible les parties saines du cerveau.

Grâce aux images issues des appareils d’imagerie (scanner, IRM), les chirurgiens peuvent déterminer à l’avance la manière dont ils pourront atteindre la tumeur sans endommager les parties du cerveau qui ne sont pas atteintes. Ils connaissent également très précisément l’étendue et la position de la tumeur. Néanmoins, pour profiter au mieux de ces informations, il leur est nécessaire de disposer d’un moyen de repérage fiable pour savoir, pendant l’intervention, où se trouvent les éléments identifiés sur les images. C’est le rôle de la stéréotaxie ou, plus récemment, de la neuronavigation.

La stéréotaxie, ou comment le chirurgien se repère pendant l'intervention

La stéréotaxie consiste à disposer de points de repère fixes pour pouvoir diriger finement l’intervention chirurgicale. Pour cela, sous anesthésie locale, un cadre est solidement fixé au crâne du patient. Ce cadre est porté pendant la collecte des images (IRM, scanner) et pendant l’intervention. Il apparaît sur les images et sert de repère fixe. Chaque zone du cerveau peut être définie par les distances qui la séparent des différents axes du cadre de stéréotaxie. Cette technique permet au chirurgien de se repérer au millimètre près.

La neuronavigation, ou la chirurgie pilotée par ordinateur

La neuronavigation est une autre technique de repérage. Le chirurgien calcule, à partir des images de l’IRM, la manière dont il va enlever la tumeur. Ensuite, il transfère ces informations à un ordinateur situé en salle d’opération qui crée une image 3D du cerveau avec le trajet choisi et l’étendue de la tumeur. Au cours de l’intervention, le chirurgien visualise sur un écran l’emplacement de ses instruments à l’intérieur du cerveau grâce à ce cerveau « virtuel » recréé par l’ordinateur (comme si ses instruments disposaient de caméras à leur extrémité).

La chirurgie éveillée, un moyen de s'assurer de l'absence de dommages

La chirurgie dite « éveillée » consiste à réveiller le patient pendant l'intervention pour lui demander de faire des tests adaptés (langage, calcul, vision, etc.). Ces tests permettent de vérifier en temps réel que le chirurgien ne touche aucune zone vitale importante. Réveiller le patient pendant une opération du cerveau peut sembler impressionnant : en fait, le cerveau est insensible à la douleur et les zones sensibles (peau, crâne) restent anesthésiées localement.

Quels sont les effets indésirables de la chirurgie des tumeurs du cerveau ?

Outre les éventuels effets indésirables et complications liés à toute forme de chirurgie (hématome, infection, fatigue, etc.), la chirurgie des tumeurs du cerveau provoque en général une aggravation temporaire des symptômes, liée à l’inflammation (œdème) du cerveau en réaction au traumatisme de l’intervention. Des médicaments spécifiques (anti-inflammatoires) sont prescrits pour réduire ces effets indésirables qui disparaissent au bout de quelques jours.

Plus rarement, on observe la rupture d’un vaisseau sanguin du cerveau (ce qui nécessite souvent une nouvelle intervention) ou des troubles fonctionnels liés à la lésion d’une zone du cerveau pendant la chirurgie.


Dans le cadre du traitement des tumeurs du cerveau, la radiothérapie est le plus souvent utilisée en relais après une intervention chirurgicale, pour supprimer les cellules cancéreuses qui n'ont pas pu être retirées. Elle est également utilisée chez les personnes pour lesquelles la chirurgie n'est pas envisageable, éventuellement associée à la chimiothérapie.

La radiothérapie des tumeurs du cerveau en pratique

rayons tumeur au cerveau

Grâce aux images scanner et IRM, la trajectoire des rayons ionisants est calculée de manière à respecter le plus possible les zones saines du cerveau et à éviter les zones particulièrement sensibles aux rayonnements : les yeux et les nerfs optiques, les organes de l’audition et les nerfs acoustiques. Un masque adapté à la morphologie du crâne du patient est préparé afin de lui permettre de maintenir sa tête immobile pendant le traitement, et pour retrouver facilement une bonne position de la tête à chaque séance.

La radiothérapie des tumeurs du cerveau se déroule le plus souvent sur une période de cinq à six semaines, à raison de trois à cinq séances par semaine. Chaque séance dure environ un quart d’heure, dont quelques minutes d’exposition aux rayons.

Qu’est-ce que la radiochirurgie ?
Également appelée « radiothérapie stéréotaxique », la radiochirurgie consiste à administrer un faisceau de rayons ionisants qui encerclent la tumeur dans le but de la détruire. Cette technique est particulièrement utilisée pour traiter des tumeurs profondes pour lesquelles il serait trop dangereux de réaliser une intervention chirurgicale. Elle nécessite très peu de séances, voire même une seule, mais exige la pose d’un cadre de stéréotaxie et une hospitalisation d’un ou deux jours.
La radiochirurgie est réservée aux tumeurs de petite taille (moins de 3,5 centimètres de diamètre) et aux contours bien délimités. Il peut s’agir notamment des méningiomes, des neurinomes et des tumeurs qui se développent au niveau de l’hypophyse (adénome hypophysaire).

Les effets indésirables de la radiothérapie des tumeurs du cerveau

Les séances de radiothérapie destinées à traiter les tumeurs du cerveau peuvent entraîner des effets indésirables :

  • de la fatigue et de la dépression ;
  • une aggravation temporaire des symptômes présents avant le traitement, liée au gonflement inflammatoire (œdème) du cerveau ;
  • des nausées et des vomissements ;
  • des maux de tête ;
  • une irritation du cuir chevelu et une chute de cheveux à l’endroit où les rayons ont été appliqués. La chute de cheveux peut être temporaire ou définitive.

Ces effets indésirables peuvent également apparaître après la fin des séances de radiothérapie (jusqu’à trois mois après). Des traitements spécifiques peuvent être prescrits pour les soulager. À long terme, il arrive que la radiothérapie des tumeurs du cerveau entraîne des troubles de la concentration et de la mémoire, voir un ralentissement des mouvements.


Dans le cadre du traitement des tumeurs du cerveau, une chimiothérapie est parfois administrée en particulier après la radiothérapie, pour éliminer d’éventuelles cellules cancéreuses restantes et réduire le risque de récidive. Certaines formes de tumeur du cerveau ne sont pas sensibles à la chimiothérapie.

La chimiothérapie des tumeurs du cerveau en pratique

La chimiothérapie des tumeurs du cerveau peut être administrée sur une période allant de six semaines à un an, voire plus. Elle peut être prescrite en cures de quelques jours tous les mois, ou tous les jours pendant une période plus courte. Le plus souvent, elle fait appel à des médicaments administrés par voie intraveineuse.

Les effets indésirables de la chimiothérapie des tumeurs du cerveau

Les effets indésirables des médicaments de chimiothérapie sont variables selon les substances prescrites. Le plus souvent, ce sont des nausées et des vomissements, de la fatigue, une baisse du nombre de globules rouges et de globules blancs (à l’origine d’une anémie et d’une sensibilité plus grande aux infections), des saignements, des douleurs et la chute des cheveux et des poils.

Les autres traitements prescrits lors de tumeur du cerveau
Outre les médicaments de chimiothérapie, d’autres traitements peuvent être prescrits pour soulager les symptômes liés à la tumeur du cerveau ou aux traitements :
  • des corticoïdes pour diminuer l’œdème du cerveau provoqué par la tumeur ou par les traitements ;
  • des diurétiques pour faciliter l’élimination de l’excès de liquide à l’intérieur du cerveau ;
  • des antiépileptiques pour prévenir les crises d’épilepsie ;
  • des antalgiques pour soulager la douleur, en particulier les maux de tête ;
  • des anticoagulants pour éviter une phlébite ou une embolie pulmonaire.

Le suivi médical après une tumeur du cerveau

Les personnes qui ont eu une tumeur du cerveau sont régulièrement suivies pour détecter et traiter d’éventuels effets indésirables des traitements, dépister une rechute ou faciliter, le cas échéant, leur réinsertion sociale et professionnelle.

Le calendrier et la nature de ce suivi dépendent du type de tumeur et des traitements administrés. Il repose sur des consultations médicales régulières incluant un examen neurologique, un bilan neuropsychologique et des examens complémentaires (IRM du cerveau).

Pour en savoir plus sur les tumeurs du cerveau

L’Institut national du cancer (INCa) publie des guides destinés aux patients, complets et faciles à comprendre. Découvrez le guide consacré aux tumeurs du cerveau.


Sources et références de l'article "Tumeurs du cerveau"