Allergie alimentaire

Mis à jour : Vendredi 06 Mars 2020

L’allergie alimentaire est une réaction du système immunitaire à l’ingestion d’un aliment particulier. Certaines substances contenues dans cet aliment sont identifiées comme dangereuses par l’organisme et ce phénomène entraîne une réaction en chaîne qui peut parfois mettre la vie en danger.

Quels sont les symptômes des allergies alimentaires ?

goûter d'un enfant

En France, le nombre de cas d’allergie chez les enfants a doublé ces cinq dernières années, atteignant désormais 6 à 8 % des enfants de moins de douze ans. Parmi ces allergies, un nombre croissant est provoqué par certains aliments. Ces allergies alimentaires ne doivent pas être confondues avec les intolérances alimentaires, plus répandues mais moins spectaculaires. Les nourrissons peuvent être touchés, par exemple par l’allergie aux protéines de lait de vache.

    Les allergies alimentaires entraînent généralement une réaction immédiate (plus rarement 24 à 48 heures plus tard), parfois très intense :
  • un reflux gastro-œsophagien et des régurgitations anormalement fréquentes chez le nourrisson ;
  • des rougeurs et des démangeaisons au niveau de la bouche ;
  • des nausées ou des vomissements ;
  • des troubles digestifs peu spécifiques : coliques, diarrhées ou constipation ;
  • des manifestations de la peau : démangeaisons, éruptions cutanées, eczéma (chez 80 % des nourrissons atteint d'allergie alimentaire), urticaire ;
  • des maux de tête ;
  • des symptômes ressemblant à l’asthme ou à une rhinite allergique (rhume des foins) ;
  • un gonflement (œdème) des paupières, des mains, des pieds, voire du visage et de la gorge. Dans les formes les plus sévères (œdème de Quincke), l’œdème de la gorge peut bloquer la respiration et mettre la vie en danger. On observe parfois une perte de conscience et un coma (choc anaphylactique). Généralement, les allergies alimentaires vont en s’aggravant : la réaction du système immunitaire est de plus en plus intense lors de chaque exposition à l’aliment responsable. C'est moins le cas de l'allergie aux protéines de lait de vache (qui disparaît spontanément chez environ 80 % des enfants passé l'âge de 2 ans) et de celle à l'œuf (qui disparaît spontanément chez 60 % des enfants après l'âge de 3 ans).

Lorsqu’un enfant présente un terrain allergique (rhume des foins, asthme, eczéma, etc.), il est essentiel de consulter un médecin dès les premiers signes de réaction inhabituelle suite à l’ingestion d’un aliment. Cette mesure de précaution peut prévenir le risque de complications graves.

Qu’est-ce que l’AIAEP ?

Chez certaines personnes, des symptômes d’allergie alimentaire sont déclenchés par la pratique d’un exercice physique intense et prolongé après la prise de certains aliments (alors que ces aliments sont habituellement bien tolérés). Cette anaphylaxie induite par l’ingestion d’aliments et l’exercice physique (AIAEP) reste rare et s’observe en particulier chez les grands enfants et les adolescents.

Dans les trois-quarts des cas, l’ingestion des aliments incriminés a eu lieu avant le début de l’exercice physique (en général la course ou un entraînement de sport collectif). Quinze à trente minutes après le début de l’exercice, la personne ressent des symptômes annonciateurs : démangeaisons et picotements des mains, éternuements, toux, difficultés à respirer, rougeur du visage, maux de ventre, diarrhée, etc. Dans les cas les plus sévères, un urticaire peut apparaître, ainsi que des symptômes d’asthme ou une perte de conscience.

L’arrêt immédiat de l’exercice dès les premiers signes suffit généralement pour soulager les symptômes. Dans les cas les plus sévères, une injection d’adrénaline peut s’avérer nécessaire. Chez les personnes sujettes à l’AIAEP, la prévention repose sur le respect d’une période de trois heures entre la fin du repas et le début de l’exercice physique.

Comment diagnostique-t-on les allergies alimentaires ?

    Le diagnostic est établi dans les services spécialisés en allergologie. Il comprend :
  • dans un premier temps, un interrogatoire pour connaître les antécédents de l’enfant et de sa famille, les aliments suspectés, les circonstances de survenue de l’allergie et les éventuels facteurs favorisants ou aggravants. Il fait également pratiquer un dosage sanguin des IgE (des immunoglobulines spécifiques de l'allergie) ;
  • des tests cutanés, les prick-tests ou patch-tests : le médecin dépose une goutte de solution contenant l’allergène suspecté (ou parfois l’aliment lui-même) sur la peau puis il pique à travers la goutte (ou l’aliment) dans la peau, ou il pose un patch contenant l'allergène suspecté. Il observe ensuite la réaction provoquée. Les tests cutanés peuvent être effectués dès les premières semaines de la vie. Ils sont souvent complétés avec des examens biologiques ;
  • des tests de provocation orale sont pratiqués dans certaines situations. Ils suivent des règles strictes et sont réalisés le plus souvent à l’hôpital pour disposer des structures adéquates en cas de réaction allergique grave.

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