Allergie aux protéines du lait de vache

Mis à jour : Lundi 22 Juin 2020

L’allergie aux protéines de lait de vache est une forme d’allergie alimentaire qui touche surtout les nourrissons et les enfants de moins de trois ans. Elle provoque des symptômes digestifs et des rougeurs de la peau. Cette allergie disparaît spontanément chez 80 % des nourrissons touchés vers l'âge de 1 à 2 ans.

Qu'est-ce que l'allergie aux protéines du lait de vache ?

allergie au lait de vache

L’allergie aux protéines de lait de vache est une allergie alimentaire qui touche surtout les nourrissons et les enfants de moins de 3 ans. Elle disparaît spontanément chez 80 % des nourrissons touchés, vers l'âge de 1 à 2 ans. C’est une réaction allergique de l’organisme lorsqu’il est exposé aux protéines contenues dans le lait de vache, mais également, très souvent, à celles contenues dans le lait de chèvre, de brebis ou de jument. Ces protéines provoquent des réactions inflammatoires au niveau de la peau et de l’intestin.

Quels sont les symptômes de l'allergie aux protéines du lait de vache ?

L’allergie aux protéines de lait de vache peut apparaître dès l’âge de trois semaines et jusqu’à l’âge de huit à dix mois. Elle se traduit par des rougeurs et des démangeaisons de la peau, ainsi que par des symptômes digestifs, tels que régurgitations, vomissements, constipation, diarrhée ou maux de ventre. Parfois, des symptômes neurologiques de type malaise peuvent apparaître. Le bébé est souvent irritable. Si elle n’est pas traitée, une allergie aux protéines de lait de vache peut provoquer des lésions de l’intestin et diminuer l’absorption des aliments.

Quelles sont les complications de l’allergie aux protéines de lait de vache ?

Des carences peuvent se développer et nuire à la croissance de l’enfant. Les démangeaisons peuvent provoquer des lésions de grattage qui peuvent s’infecter.

Les nourrissons qui souffrent d’une allergie aux protéines de lait de vache ont un risque plus élevé de développer une autre forme d’allergie en grandissant : allergie alimentaire, rhume des foins, asthme, par exemple.

L'allergie aux protéines de lait de vache est-elle fréquente ?

En France, ce type d’allergie touche environ un bébé sur quarante. Si les parents présentent tous les deux un terrain allergique, cette maladie touche environ un bébé sur cinq. Il est assez fréquent que l’allergie aux protéines de lait de vache soit associée à une autre forme d’allergie alimentaire (par exemple aux œufs, aux protéines de blé ou à l’arachide).

Dans la plupart des cas, l’allergie aux protéines de lait de vache disparaît avec l’âge. Huit enfants sur 10 en guérissent avant l’âge de deux ans et neuf sur dix avant l’âge de six ans.


Quelles sont les causes de l’allergie aux protéines du lait de vache ?

Les symptômes de l’allergie aux protéines de lait de vache sont dus à une réaction allergique de l’organisme lorsqu’il est exposé aux protéines contenues dans ce lait, mais également, très souvent, à celles contenues dans le lait de chèvre, de brebis ou de jument. Ces protéines provoquent des réactions inflammatoires au niveau de la peau et de l’intestin.

Comment prévenir l’allergie aux protéines de lait de vache ?

  • L’allaitement maternel (au sein) pendant les quatre à six premiers mois semble diminuer la fréquence des allergies alimentaires chez les nourrissons. Néanmoins, ce n’est pas toujours le cas. Il arrive qu’un bébé soit allergique à des substances issues des produits laitiers consommés par sa mère et qui passent ensuite dans le lait maternel. La mère doit alors s’abstenir de consommer ce type d’aliments et recevoir des compléments de calcium.
  • Chez les enfants dont les parents présentent un terrain allergique et qui sont allaités au biberon, le pédiatre peut conseiller l’usage de laits dits hypoallergéniques qui semblent réduire le risque de développer une allergie aux protéines du lait de vache.

Quand consulter le médecin en cas d’allergie aux protéines de lait de vache ?

Que fait le médecin en cas d’allergie aux protéines de lait de vache ?

S’il soupçonne une allergie aux protéines de lait de vache (ou à un autre aliment), le médecin prescrit des examens complémentaires destinés à diagnostiquer qu’il s’agit bien d’une allergie et à identifier la substance responsable. Il peut avoir recours à diverses techniques.

  • Le test de provocation labiale consiste à déposer une goutte de la substance suspecte (dans ce cas, du lait de vache) sur un côté de la lèvre inférieure de l’enfant. Après quelques heures, il recherche la présence de signes d’inflammation là où la goutte a été déposée. Un test de provocation orale (au cours duquel on fait ingérer des doses croissantes de la substance suspecte) peut également être pratiqué en milieu hospitalier.
  • Le prick-test consiste à déposer un peu de substance suspecte sous la peau (à l’aide d’une aiguille courte). Si le nourrisson y est allergique, une inflammation apparaît au point d’injection. En règle générale, chez les bébés, ce test est pratiqué avec six substances : lait de vache, blanc d’œuf, poisson, farine de blé, arachide (cacahuète) et soja.
  • Une prise de sang peut être prescrite pour rechercher la présence d’anticorps dirigés contre les protéines de lait de vache.

Pour confirmer son diagnostic, le médecin peut avoir recours à la mise en place d’un régime d’éviction/réintroduction qui se déroule à l'hôpital : le bébé est nourri avec un lait spécial où les protéines ont été découpées en tout petits fragments. Si les symptômes disparaissent, puis réapparaissent lorsque les protéines de lait de vache sont réintroduites, cela confirme la nature de l’allergie.


Lorsque le diagnostic d’allergie aux protéines de lait de vache a été confirmé grâce à une épreuve d’éviction-réintroduction faite en milieu hospitalier, un régime excluant totalement les protéines de lait de vache doit être débuté. La mise en pratique de ce régime dépend de l’âge du nourrisson. Avant 4 mois, l'alimentation du nourrisson allergique aux protéines de lait de vache diffère selon qu'il est allaité ou pas.

Quel est le traitement de l'allergie aux protéines du lait de vache ?

Si l'enfant allergique est allaité, le médecin peut proposer à la mère de suivre un régime sans protéines de lait de vache pendant 2 à 3 semaines. Lorsque les symptômes d’allergie disparaissent, il est alors possible d'élargir progressivement le régime maternel jusqu'à la dose maximale de protéines de lait de vache tolérée par le nourrisson. Si l'enfant n'est pas allaité, le médecin prescrit des laits appelés hydrolysats poussés, de protéines de lait de vache ou de protéines de riz. En cas d'échec, des préparations à base d'acides aminés sont essayées.

Quand le nourrisson a plus de 4 mois, la diversification alimentaire peut commencer et elle doit être mise en place rapidement pour mettre à profit d’autres sources de protéines et de calcium. Parfois, une supplémentation en fer, calcium ou vitamine D est nécessaire.

On tente généralement de réintroduire le lait chez un nourrisson allergique aux protéines de lait de vache vers l’âge de douze à quatorze mois. En effet, ce type d’allergie ayant tendance à disparaître avec le temps, une réintroduction progressive est parfois possible dès cet âge.

Les parents de nourrissons allergiques doivent veiller à utiliser des produits de toilette (shampooings, pommades, etc.) qui ne contiennent pas de protéines de lait.

Les différents types de laits infantiles proposés en cas d’allergies aux protéines de lait de vache

    Si l'enfant n'est pas allaité ou si la mère ne peut ou ne veut pas suivre un régime excluant les protéines du lait, plusieurs types de préparation sont disponibles :
  • en premier choix, les laits appelés hydrolysats poussés de protéines de lait de vache sont proposés. Ils contiennent de petits peptides et des acides aminés issus de la caséine ou des protéines du lactosérum. Les protéines à l’origine de l’allergie sont complètement fragmentées afin de ne plus être reconnues par le système immunitaire. Ces laits ne doivent pas être confondus avec les laits hypoallergéniques dans lesquels les protéines sont partiellement fragmentées. Ces hydrolysats sont tolérés par plus de 90 % des nourrissons ayant une allergie aux protéines de lait de vache ;
  • les hydrolysats poussés de protéines de riz sont aune autre option qui peut mieux convenir à certains enfants ;
  • en cas d'échec, les préparations à base d'acides aminés (sans aucune protéine ni fragment de protéine) sont essayées. Leur coût est plus élevé. Néanmoins, elles sont parfois conseillées en premier choix en cas d'allergie très sévère ;
  • une dernière option, mais qui ne peut être proposée qu'après l'âge de 6 mois et après vérification de la tolérance, sont les préparations à base de protéines de soja, en tenant compte du fait que les effets des hormones qu'ils contiennent (phytoestrogènes) sont mal connus chez l'enfant.
Les aliments à ne pas utiliser en cas d’allergie aux protéines de lait de vache
  • Le lait de vache, y compris celui présent dans les laits infantiles standard.
  • Les laitages (yaourts, petit-suisses, fromages, desserts lactés, crème fraîche, beurre, etc.).
  • De nombreux aliments industriels contenant des protéines de lait tels que les margarines, certaines farines animales, certains petits pots, les biscottes, le pain de mie, le pain brioché, la plupart des biscuits, certaines purées instantanées, la mayonnaise et la sauce béchamel, etc. Il est alors essentiel de choisir seulement les aliments portant la mention « sans lait ».
  • Concernant les produits industriels, mieux vaut éviter tous les produits sur l'emballage desquels est indiqué : lait (même sous forme de trace), protéines lactées, protéines de lait, petit lait, coagulum, lactoprotéine, lactoglobuline, protéine du lactosérum, lactis proteinum, caséine, caséinate, lactalbumine, sérum albumine, lactose, margarine, beurre, crème, yaourt, fromage, protéines animales dont l'origine n'est pas précisée.
  • La viande de bœuf ou de veau peut ne pas être tolérée, mais seulement chez un faible pourcentage d'enfants.
  • Attention à certains médicaments qui peuvent contenir du lait.
  • Les autres laits (chèvre, brebis, jument, ânesse) ne sont pas adaptés aux besoins nutritionnels des nourrissons. Il existe de plus un risque de réaction allergique croisée avec le lait de vache.
  • Les laits partiellement hydrolysés dits « hypoallergéniques » qui sont indiqués chez les nourrissons à risque d'allergie.
  • Quant aux « laits » végétaux (riz, amande, coco, châtaigne, etc.), ils sont à proscrire, car totalement inadaptés dans cette tranche d'âge et pouvant provoquer de graves carences nutritionnelles.

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