Oreillons

Mis à jour : Vendredi 24 Août 2018

Les oreillons sont une maladie infantile virale fréquente chez les enfants de plus de deux ans. La gravité de ses éventuelles complications (méningite, pancréatite, troubles auditifs) justifie la généralisation de la vaccination ROR (Rougeole Oreillons Rubéole) qui a réduit considérablement la fréquence de la maladie.

Les oreillons, qu’est-ce que c’est ?

garçon ayant mal aux oreilles

Les oreillons (et non oreillon au singulier) sont dus à un virus (virus ourlien) qui se transmet par des gouttelettes de salive émises par la personne infectée. Ce virus infecte essentiellement les parotides (des glandes salivaires situées en arrière des mâchoires). Il peut parfois infecter les enveloppes du cerveau (les méninges), le pancréas, le nerf auditif et, à partir de la puberté les testicules, et, exceptionnellement, les ovaires. Le risque de contagion est important une semaine avant et 10 jours après l’apparition des premiers symptômes. Comme la plupart des maladies infantiles, on ne contracte les oreillons qu’une fois dans sa vie, la première infection conférant une solide immunité.

Quels sont les symptômes des oreillons ?

Deux à trois semaines après la contamination, les symptomes apparaissent : ils peuvent être discrets, voire inexistants dans 20 à 30 % des cas. La parotidite (l’inflammation des glandes salivaires parotides) est caractéristique des oreillons. Un gonflement apparaît en avant des oreilles, d’un seul côté puis des deux. Mâcher ou avaler devient douloureux. Une fièvre modérée et des maux de tête peuvent également se déclarer. Les symptômes disparaissent spontanément en une dizaine de jours.

Si la maladie se déclare surtout chez les enfants, les oreillons touchent également les adolescents et les jeunes adultes. Dans ce cas, les oreillons sont plus sévères et leurs conséquences plus graves (voir ci-dessous).

Quelles sont les complications des oreillons ?

Les complications des oreillons sont relativement rares mais sérieuses.

Chez les adolescents et les jeunes adultes, l’orchite (inflammation des testicules) et l’ovarite (inflammation des ovaires) s'accompagne de fièvre élevée et de douleurs abdominales. L'orchite touche 50 % des adolescents et jeunes adultes. Chez la moitié d'entre eux, elle entraîne une atrophie d'un ou des testicules, le plus souvent sans effet sur la fertilité.

La pancréatite (inflammation du pancréas) provoque des vomissements et des douleurs abdominales.

La méningite (inflammation des enveloppes du cerveau) survient dans 16 % des cas mais elle est bien tolérée et guérit spontanément. Rarement, elle peut se compliquer d’une encéphalite (inflammation du cerveau) qui se traduit plus particulièrement par de la fièvre, des vomissements, une raideur de la nuque et des troubles de la conscience.

L’atteinte du nerf auditif est exceptionnellement possible, provoquant une surdité définitive. Les petits enfants souffrant de troubles auditifs doivent impérativement être vaccinés contre les oreillons pour éviter d'aggraver ces troubles.


Quels sont les traitements des oreillons ?

Comme il s’agit d’une maladie virale, les antibiotiques ne servent à rien. Le traitement des formes non compliquées vise à calmer la fièvre et les douleurs avec du paracétamol (l’aspirine et l’ibuprofène sont à éviter). Des aliments liquides ou mixés peuvent être proposés en cas de douleur pour avaler ou mâcher. De plus, il est recommandé de se reposer et de boire beaucoup.

Les complications nécessitent des traitements adaptés, et pour les cas les plus graves, une hospitalisation.

Si un cas d’oreillons survient chez un enfant qui fréquente une collectivité, une éviction de neuf jours à partir du début de la parotidite est obligatoire. Il est fortement conseillé d’avertir le personnel.

Comment prévenir les oreillons ?

La prévention des oreillons repose sur la vaccination. L’administration de deux doses de vaccin anti-oreillons permet d'obtenir une efficacité proche de 100 %. Chaque année, en France, plusieurs milliers de cas d'oreillons sont diagnostiqués malgré l'existence du vaccin (6000 en 2011). Un tiers de ces cas surviennent chez des adolescents et de jeunes adultes, non vaccinés ou vaccinés dans l’enfance, mais dont l’immunité s’est estompée avec le temps. Dans ce cas, la maladie est habituellement bénigne.

La vaccination contre les oreillons est désormais obligatoire pour tous les enfants nés après le 1er janvier 2018. Le vaccin anti-oreillons est bien toléré, même chez les adolescents et les jeunes adultes. Il n’existe qu’en association aux vaccins contre la rougeole et la rubéole (vaccin ROR pour Rougeole Oreillons Rubéole).

En cas de survenue de plusieurs cas d’oreillons dans une collectivité (école, université, club sportif...), il est recommandé de proposer systématiquement une troisième dose de vaccin ROR aux personnes qui ont reçu la deuxième dose depuis plus de 10 ans.

Liste des médicaments mise à jour : Mardi 18 Juin 2019

Vaccins : rougeole, oreillons, rubéole

Légende
Médicament ayant des présentations disponibles sans ordonnance

Le vaccin ROR est remboursé à 100 % par l’Assurance maladie pour les enfants et les adolescents jusqu’à 17 ans, et à 65 % à partir de 18 ans. L’acte de vaccination lui-même (la consultation et l’injection) est également remboursé à 100 % par l’Assurance maladie. Les centres de la PMI vaccinent gratuitement sans que les parents aient à apporter le vaccin avec eux.


Les risques liés à la maladie chez la femme enceinte

Pendant la grossesse, les oreillons n’entraînent pas de malformations fœtales mais provoque un risque accru de fausse couche au cours du premier trimestre de grossesse. Si une femme enceinte est exposée au virus des oreillons, une injection d'immunoglobulines (anticorps) peut être prescrite pour soutenir la réponse immunitaire.

La vaccination contre les oreillons chez la femme enceinte

Le vaccin contre les oreillons est constitué de virus vivants atténués. Les femmes enceintes ne doivent donc pas recevoir de vaccin ROR. En cas de vaccination d’une femme jeune, il est nécessaire d’éviter de débuter une grossesse dans le mois qui suit l’injection du vaccin. Néanmoins, une vaccination effectuée par inadvertance chez une femme qui ne se savait pas encore enceinte ne justifie pas d’interruption de grossesse.

Pour les femmes enceintes qui ne sont pas immunisées, la vaccination peut être en revanche réalisée après l’accouchement pendant l’allaitement.


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