Rubéole

Mis à jour : Vendredi 24 Août 2018

La rubéole (ou « troisième maladie ») est une maladie infantile virale habituellement bénigne qui survient chez les enfants non vaccinés. Elle devient grave lorsqu’elle touche les femmes enceintes, surtout en début de grossesse. Ce risque justifie la vaccination systématique avec le vaccin ROR (rougeole oreillons rubéole).

Qu’est-ce que la rubéole ?

La rubéole (ou troisième maladie) est une infection virale due à un virus de la famille des Togavirus.

Comment se transmet la rubéole ?

La rubéole se transmet dans les gouttelettes de salive expulsées par la personne malade. Les personnes atteintes sont contagieuses une semaine avant l’apparition de l’éruption cutanée et jusqu’à 14 jours après. Une transmission au fœtus est également possible en cas d’infection par une femme enceinte pendant les premiers mois de la grossesse. En cas de passage à travers le placenta, le risque de malformations fœtales est élevé. Il suffit d’avoir eu une fois la rubéole pour être immunisé définitivement.

Quels sont les symptômes de la rubéole ?

Deux semaines après la contamination, les symptômes qui apparaissent ressemblent à ceux de la rougeole : fièvre modérée pendant un ou deux jours, suivie d’une éruption de petites taches rosées, le plus souvent sur le thorax. Ces taches disparaissent très rapidement. Les ganglions au niveau du cou et derrière les oreilles sont parfois gonflés. Chez les adultes, les symptômes de la rubéole sont souvent plus intenses que chez les enfants. Dans environ la moitié des cas, la rubéole ne provoque pas de symptômes et passe inaperçue. Le diagnostic de rubéole ne peut être confirmé que par un test sérologique (mise en évidence d’immunoglobulines spécifiques).

Quelles sont les complications de la rubéole ?

Si la rubéole reste le plus souvent bénigne chez l’enfant, certaines complications peuvent néanmoins apparaître : une atteinte inflammatoire de plusieurs articulations qui disparaît sans séquelles au bout de quelques semaines (plus fréquente chez les adultes et en particulier les femmes), voire une atteinte inflammatoire des méninges (méningite) et du cerveau.

La contamination par la rubéole d’une femme enceinte est extrêmement dangereuse pour le fœtus, en particulier en début de grossesse. A la naissance, l’enfant peut présenter des lésions du cerveau, une surdité, une cécité, des anomalies cardiaques, un retard de croissance ou d’autres handicaps. On constate également un risque d’avortement ou de prématurité.


Quels sont les traitements de la rubéole ?

Le traitement de la rubéole se résume à la prescription de médicaments pour faire baisser la fièvre, comme le paracétamol (ni aspirine ni ibuprofène).

Comment prévenir la rubéole ?

La prévention de la rubéole repose sur la vaccination. La généralisation de la vaccination contre la rubéole, pourtant bénigne chez l’enfant, se justifie par le risque que fait courir la maladie à la femme enceinte et au fœtus. Le vaccin anti-rubéole est associé au vaccin contre la rougeole et les oreillons (vaccin ROR, rougeole oreillons rubéole) avec une bonne tolérance et une excellente efficacité.

Si un cas survient dans une collectivité d’enfants, l’éviction n’est pas obligatoire. En revanche, il est fortement recommandé d’avertir le personnel.

Le vaccin contre la rougeole, les oreillons et la rubéole

Le vaccin ROR est remboursé à 100 % par l’Assurance maladie pour les enfants entre 1 et 17 ans afin de favoriser la vaccination contre ces maladies dès l'enfance. Les centres de la PMI vaccinent gratuitement les enfants de moins de 6 ans.

Les femmes nées avant 1980, en âge de procréer, non vaccinées contre la rubéole, doivent recevoir une dose de vaccin rougeole, rubéole, oreillons. Avant de se faire vacciner, elles doivent s’assurer qu’elles ne sont pas enceintes, car les femmes enceintes ne doivent pas recevoir de vaccin ROR. Néanmoins, une vaccination effectuée par inadvertance chez une femme qui ne se savait pas encore enceinte ne justifie pas d’interruption de grossesse

Liste des médicaments mise à jour : Mardi 16 Avril 2019

Vaccins : rougeole, oreillons, rubéole

Légende
Médicament ayant des présentations disponibles sans ordonnance
La surveillance des cas de rubéole
En France, seuls sont recensés les cas de rubéole survenue chez les femmes enceintes et les cas de rubéole congénitale chez les nouveaux-nés. Le nombre d’infections rubéoleuses diagnostiquées durant la grossesse a diminué de 80 % entre 2001 (39 cas) et 2006 (7 cas). Depuis 2006, ce nombre est inférieur à 5 par an. Ils sont survenus essentiellement chez des femmes provenant de pays où la vaccination contre la rubéole n’est pas recommandée.

La rubéole, lorsqu’elle est contractée pendant la grossesse, peut entraîner de graves malformations chez le fœtus. Pour cette raison, le dépistage de la rubéole est obligatoire en début de grossesse : un test pour évaluer l'immunité de la femme enceinte contre la rubéole est prescrit lors du premier examen prénatal (entre deux et trois mois de grossesse), en l’absence d’un certificat de vaccination contre cette maladie ou d’une précédente analyse de sang (sérologie) montrant la présence d'anticorps contre la rubéole.

En revanche, si la future mère a déjà eu la rubéole ou a été vaccinée au moins un mois avant le début de la grossesse, le contact proche avec une personne contaminée n’entraîne pas de risque pour le fœtus.

Quels sont les risques encourus par le fœtus dont la mère contracte la rubéole pendant la grossesse ?

femme enceinte

Le risque de transmission du virus de la rubéole de la mère au fœtus est très élevé si la mère contracte la maladie pendant le premier trimestre de la grossesse. Le risque de transmission mère-enfant est alors de plus de 80 %. Ensuite, il diminue jusqu’à une valeur de 30 % avant d’augmenter à nouveau à partir de la 30e semaine d’aménorrhée pour approcher de 100 % en fin de grossesse. Les risques encourus par le fœtus sont toutefois très différents selon le moment où la mère contracte la rubéole.

  • En cas de rubéole avant la 12e semaine d’aménorrhée (pendant le premier trimestre de la grossesse), l’infection peut entrainer des conséquences graves pour le fœtus. Outre le risque de décès, il existe un risque de malformations sévères (syndrome de rubéole congénitale) : malformations des yeux (risque de cécité), de l’audition (risque de surdité), du cœur, mais aussi neurologiques (avec un possible retard mental).
  • En cas de rubéole entre la 12e et la 18e semaine d’aménorrhée (pendant les 3e et 4e mois de la grossesse), la rubéole n’entraine généralement qu’une surdité.
  • En cas de rubéole entre la 18e et la 29e semaine d’aménorrhée (du 4e au 7e mois de la grossesse), le risque est quasiment nul pour le fœtus.
  • En cas de rubéole après la 29e semaine d’aménorrhée, soit le 7e mois de grossesse, l’infection peut entrainer un retard de croissance du fœtus.

Il n’existe pas de traitement antiviral efficace susceptible de réduire les conséquences d’une infection par le virus de la rubéole sur le fœtus.

Quels sont les risques encourus par une femme enceinte qui contracte la rubéole ?

Près de la moitié des femmes enceintes infectées par la rubéole ne présentent pas de symptôme. Les autres développent une éruption cutanée qui peut parfois être confondue avec une réaction allergique, éventuellement accompagnée de fièvre. Il n’y a pas de complication particulière à craindre pour la future mère.

Que faire si une femme enceinte n'est pas immunisée contre la rubéole ?

Sans preuve écrite d’une immunité par rapport à la rubéole, le médecin prescrit un test sérologique au moment du premier examen prénatal. Ce test consiste, à partir d’une prise de sang, à doser les anticorps dirigés contre le virus de la rubéole.

Lorsque cet examen sérologique montre que la femme enceinte n’est pas immunisée contre la rubéole, une nouvelle prise de sang à 20 semaines d’aménorrhée (au début du 5e mois de grossesse) est recommandée, afin de vérifier que la rubéole n'a pas été contractée pendant cette période.

En l’absence d’immunisation, la femme enceinte ne peut pas être vaccinée contre la rubéole pendant la grossesse. Elle doit éviter tout contact avec une personne susceptible d’être contaminée (enfant avec une éruption de tâches rosées en cours ou récente), surtout durant les 4 premiers mois de la grossesse. Pour protéger d’éventuelles autres grossesses, la vaccination contre la rubéole est pratiquée après l’accouchement, avant même la sortie de la maternité. Elle n’empêche pas l’allaitement maternel.


Sources et références de l'article "Rubéole"

  • Rubéole, ameli.fr, 04/2017
  • Rubéole, INVS, 12/2012
  • Guide des enfants en bonne santé, Vidal, 2006