Cholestérol

Mis à jour : Jeudi 14 Février 2019

L'excès de cholestérol n'est pas une maladie en soi mais un facteur de risque pour d'autres maladies du cœur et des vaisseaux. Après plusieurs années de taux trop élevé, le cholestérol provoque peu à peu une perte d’élasticité des artères et réduit leur diamètre. On parle alors d’athérosclérose (ou artériosclérose), une maladie qui peut avoir de graves conséquences. Le traitement de l’excès de cholestérol repose sur des mesures diététiques et sur des médicaments spécifiques.

L’excès de cholestérol, qu’est-ce que c’est ?

homme avec du cholestérol

Le cholestérol est un corps gras fabriqué par notre organisme et qui se trouve également dans l’alimentation. C’est un élément indispensable à la synthèse de nombreuses hormones, mais aussi à la structure de la membrane qui entoure les cellules. L'excès de cholestérol n'est pas une maladie en soi mais un facteur de risque pour d'autres maladies du cœur et des vaisseaux. Ces problèmes de santé apparaissent lorsqu’une fraction du cholestérol circulant dans le sang se retrouve en trop grande quantité. Il s’agit du cholestérol LDL, appelé aussi « mauvais cholestérol », qui favorise la formation de dépôts sur la paroi des artères. L’autre fraction, le cholestérol HDL ou « bon cholestérol », piège le cholestérol qui se trouve en trop grande quantité dans le sang et stimule son élimination par le foie. Il a donc plutôt pour effet de réduire le taux de maladies cardiovasculaires.

Le taux de cholestérol dans le sang tend à augmenter avec l'âge. Après plusieurs années de taux trop élevé, le cholesterol forme des dépôts sur la paroi interne des artères. Ces dépôts, appelés plaques d’athérome, peuvent contenir d’autres substances, comme le calcium. Ils provoquent peu à peu une perte d’élasticité des artères et réduisent leur diamètre. On parle alors d’athérosclérose (ou artériosclérose). Cette maladie ne provoque aucun symptôme pendant des années. Pourtant, l’apport en oxygène et en nutriments des organes touchés diminue parfois considérablement, provoquant à la longue des symptômes graves et parfois soudains.

On estime que 12 millions de Français souffrent d'un excès de cholestérol.

Et les triglycérides ?

Les triglycérides constituent la majeure partie des graisses que nous mangeons et qui circulent dans notre sang. Ils sont une source d’énergie essentielle pour notre corps. Il semblerait qu’un taux trop élevé de triglycérides dans le sang favorise le développement des maladies cardiovasculaires, mais les avis divergent sur ce sujet. Le taux de triglycérides dans le sang est habituellement inférieur à 1,5 g/l. Un taux anormalement élevé est souvent lié à un excès d’alcool, à un diabète non contrôlé, à un surpoids, à une surcharge du foie en graisses ou à la prise de certains médicaments.

Quelles sont les causes de l’excès de cholestérol ?

    Un grand nombre de facteurs peuvent contribuer à augmenter la concentration de cholestérol LDL dans le sang :
  • l'hérédité ;
  • une alimentation trop riche en graisses d’origine animale et en cholestérol ;
  • le surpoids et l'obésité ;
  • une activité physique insuffisante ;
  • le sexe (les hommes ont un taux de cholestérol LDL plus élevé).

D'autres troubles, par exemple le diabète, l'hypothyroïdie, les maladies du foie et du rein, peuvent augmenter les taux sanguins de cholestérol LDL.


Les signes de l’athérosclérose sont différents selon les organes atteints. Ils se manifestent lorsque le débit sanguin est tellement diminué par les dépôts de cholestérol qu’il empêche le bon fonctionnement des organes. Si les artères du cœur sont touchées, le patient peut développer des crises d’angine de poitrine (une contraction des artères qui irriguent le muscle cardiaque), voire un infarctus du myocarde (la mort d’une partie du muscle cardiaque par manque d’oxygénation). Des plaques dans les artères situées dans l’abdomen peuvent entraîner des troubles de l’érection. Si les artères du cerveau sont bouchées par les plaques d’athérome, des paralysies, des vertiges, des troubles du langage, etc. sont possibles. Parfois, des morceaux de plaques se détachent, migrent et vont obstruer un petit vaisseau en aval. C’est l'une des causes d’accident vasculaire cérébral (les « attaques cérébrales »).

Enfin, si les artères des jambes sont rétrécies, on observe des crampes intermittentes du mollet pendant la marche : c’est l’artérite des jambes.Cette maladie est d’autant plus importante que les crampes et les douleurs surviennent après une très courte distance parcourue ou qu’elles apparaissent au repos. Une artérite sévère des jambes peut être à l’origine d’une gangrène (la mort des zones qui ne sont plus irriguées) nécessitant une amputation. L'échographie permet d’apprécier la diminution du débit sanguin dans l’artère et de diagnostiquer l'artérite.

Le traitement des artérites associe des médicaments vasodilatateurs (qui élargissent le diamètre des artères), la marche, l'arrêt du tabac et l'ensemble des mesures destinées à lutter contre l'excès de cholestérol. Parfois, la dilatation de l'artère rétrécie avec une sonde à ballonnet et la pose d'un stent (un petit dispositif qui bloque l’artère en position dilatée), ou encore la dérivation de la circulation du sang (pontage) sont nécessaires.


Comment dépiste-t-on l’excès de cholestérol ?

Le dépistage de l'excès de cholestérol se fait par une analyse de sang (effectuée à jeun) qui évalue les taux de cholestérols LDL, HDL et total, ainsi que celui de triglycérides. A partir de 50 ans, un dosage systématique du cholestérol est effectué tous les cinq ans chez les femmes et tous les trois ans chez les hommes. Ce dosage peut être plus fréquent chez les patients présentant plusieurs facteurs de risque cardiovasculaire. Lorsqu’une prise de sang montre des valeurs trop élevées, le médecin fait faire une deuxième analyse de sang à jeun pour confirmer les résultats de la première.

L’athérosclérose peut être détectée au cours d’un examen médical, en auscultant notamment le cou, l’aine ou l’abdomen. Le médecin recherche un bruit de souffle traduisant le rétrécissement des artères. La prise du pouls permet aussi d’évaluer l’importance de la diminution du débit sanguin.

Comment lire les résultats de l’analyse de sang ?

A partir d’une prise de sang, le laboratoire d’analyse mesure les paramètres qui constituent le profil lipidique du patient.

Le cholestérol total

Sous le terme de cholestérol total, on inclut les taux de cholestérol HDL et LDL, ainsi qu’un cinquième du taux de triglycérides. Ce taux est habituellement inférieur à 2 g/l.

Le cholestérol LDL

Egalement appelé mauvais cholestérol. Dans le sang, la grande majorité du cholestérol total est composée de cholestérol LDL. Chez un patient, le taux de cholestérol LDL souhaitable est déterminé par le médecin en fonction de la présence de facteurs de risque cardiovasculaire. En l’absence de facteur de risque, un taux de cholestérol LDL est considéré comme normal lorsqu’il est inférieur à 1,6 g/l. Si le patient présente un ou plusieurs facteurs de risque (par exemple, un homme de plus de 50 ans), cette valeur limite est de 1,3 g/l. Au-delà, des mesures thérapeutiques doivent être prises.

Le cholestérol HDL

Egalement appelé bon cholestérol, son rôle est de capter le cholestérol en excès dans le sang et de le conduire au foie pour qu’il soit éliminé avec la bile. Le taux de cholestérol HDL est considéré trop faible lorsqu’il est inférieur à 0,35 g/l. Un taux élevé de cholestérol HDL (plus de 0,60 g/l) protège des maladies cardiovasculaires et annule un facteur de risque cardiovasculaire. Ainsi, un homme de 50 ans (un facteur de risque) qui présente un taux de cholestérol LDL de 1,5 g/l et un taux de cholestérol HDL de 0,65 g/l ne sera pas considéré comme nécessitant une prise en charge médicale.

Les triglycérides

Les triglycérides constituent l’essentiel des graisses du sang qui ne se trouvent pas sous forme de cholestérol. Le taux de triglycérides augmente après un repas riche et bien arrosé, lors d'une maladie du foie ou après la prise de certains médicaments. Le lien entre un taux élevé de triglycérides (plus de 1,5 g/l) et le risque de maladie cardiovasculaire n’a pas été clairement établi.

Le rapport CT/HDL

En divisant le taux de cholestérol total (CT) par le taux de cholestérol HDL, on obtient le rapport CT/HDL qui permet d’évaluer le risque de maladie cardiovasculaire. Ce rapport est moins utilisé aujourd'hui.


    Les experts ont identifié une série de facteurs qui favorisent le développement d'une maladie du cœur ou des vaisseaux. Ces facteurs sont pris en compte pour déterminer le taux souhaitable de cholestérol LDL.
  • L’âge : plus de 50 ans pour un homme ou plus de 60 ans pour une femme.
  • Les antécédents familiaux de maladie cardiaque précoce (infarctus) : le risque existe lorsque le père du patient a eu un accident cardiaque avant 55 ans (ou la mère avant 65 ans).
  • L’usage du tabac ou son arrêt depuis moins de trois ans.
  • Une hypertension artérielle, même traitée.
  • Un diabète de type 2.
  • Un taux sanguin de cholestérol HDL inférieur à 0,40 g/l (un taux supérieur à 0,60 g/l annule un facteur de risque).

On distingue également des patients dits « à haut risque cardiovasculaire » : ceux qui ont des antécédents personnels de maladie cardiovasculaire (infarctus, angine de poitrine, artérite, accident vasculaire cérébral), et ceux qui souffrent de diabète de type 2 avec atteinte des reins ou deux autres facteurs de risque cardiovasculaire.


femme enceinte chez son médecin

Dans la plupart des cas, les traitements contre le cholestérol peuvent être suspendus pendant la grossesse car un taux de cholestérol élevé chez la femme enceinte ne représente pas un risque majeur. Ils doivent être interrompus en cas de désir de grossesse. Si une grossesse survient sous traitement hypocholestérolémiant, il faut consulter rapidement votre médecin.

Les médicaments de la famille des fibrates peuvent être utilisés pendant la grossesse dans certaines situations exceptionnelles (taux de triglycérides supérieur à 10 g/l qui expose à un risque de pancréatite).


Lorsqu’une personne présente un taux sanguin de cholestérol trop élevé sur deux analyses de sang consécutives, une prise en charge médicale peut s’avérer nécessaire. Le médecin généraliste décide de l’opportunité du traitement en fonction de plusieurs paramètres : les taux sanguins de cholestérol total, LDL et HDL, le taux de triglycérides et l’existence de facteurs de risque cardiovasculaire.

Dans tous les cas, le traitement contre l’excès de cholestérol ou de triglycérides consiste d’abord à donner au patient des règles d’hygiène de vie et de diététique. Si trois mois d’application des règles hygiéno-diététiques ne suffisent pas à ramener le taux de cholestérol LDL ou de triglycérides à des valeurs acceptables, un traitement médicamenteux est nécessaire.

    L’objectif de ces traitements est de maintenir le taux sanguin de cholestérol LDL sous un seuil-cible qui est défini en fonction du nombre de facteurs de risque cardiovasculaire présents chez le patient :
  • En l’absence de facteurs de risque, l’objectif du traitement est un taux de cholestérol LDL inférieur à 2,2 g/l.
  • En présence d’un facteur de risque, l’objectif du traitement est un taux de cholestérol LDL inférieur à 1,9 g/l.
  • En présence de deux facteurs de risque, l’objectif du traitement est un taux de cholestérol LDL à 1,6 g/l.
  • En présence de plus de deux facteurs de risque, l’objectif du traitement est un taux de cholestérol LDL inférieur à 1,3 g/l.
  • Chez les patients à haut risque cardiovasculaire (antécédents de maladie cardiovasculaire, ou diabète de type 2 avec atteinte des reins ou deux autres facteurs de risque), l’objectif du traitement est un taux de cholestérol LDL inférieur à 1 g/l.

Lorsque le taux de cholestérol LDL est maintenu sous ces valeurs, le risque de complication cardiovasculaire est diminué. Néanmoins, ces seuils-cibles ne sont que des objectifs et il n’est pas recommandé, faute d’études suffisantes, de vouloir les atteindre au prix d’un traitement médicamenteux excessif ou mal toléré.

Lorsqu’un traitement médicamenteux est prescrit, il est d’abord administré aux doses les plus faibles possibles. Si celles-ci ne suffisent pas, la posologie est progressivement augmentée. La surveillance de l’efficacité et de la tolérance de ces médicaments est faite à l’aide d’analyses sanguines. La première de ces prises de sang de contrôle se fait entre un et trois mois après le début du traitement.


Prévenir l’athérosclérose revient à modifier son hygiène de vie pour diminuer son taux de cholesterol LDL. Les mesures diététiques sont essentielles mais elles ne doivent pas être excessivement contraignantes pour être suivies dans la durée : le bon régime anti cholestérol, c’est celui que vous pourrez adopter de manière durable. En pratique, les mesures alimentaires conseillées aux personnes victimes d’un excès de cholestérol LDL varient selon que le patient présente un excès de poids ou non.

Chez les personnes sans excès de poids

Dans ce cas, les mesures recommandées consistent essentiellement à limiter la consommation d’aliments riches en graisses saturées et en cholestérol - les deux sont souvent associés dans les aliments - et à augmenter celle de graisses insaturées (en particulier d’acides gras oméga-3) et de fibres. L’arrêt du tabac est également vivement recommandé.

Des mesures simples pour limiter l’apport en graisses saturées et en cholestérol

    S’il n’y avait que trois mesures simples à retenir pour réduire l’apport quotidien en graisses saturées et en cholestérol, ce seraient les suivantes :
  • Evitez d’utiliser le beurre pour cuisiner, réservez-en une noix pour les tartines du matin.
  • Réduisez fortement votre consommation de charcuterie grasse telle que rillettes, saucissons, saucisses et lardons.
  • Evitez de manger du fromage à tous les repas.

D’autres mesures

  • Remplacez le beurre par de la margarine aux phytostérols. On trouve dans les supermarchés des margarines végétales enrichies avec ces substances naturelles qui contribuent à faire baisser le taux de cholestérol LDL. La dose quotidienne recommandée de phytostérols (un à deux grammes par jour) correspond à une consommation quotidienne de 30 à 40 g de ces margarines, matières grasses enrichies, soit l’équivalent de la quantité tartinée sur quatre ou cinq biscottes. Attention, il est préférable de demander l’avis de son médecin lorsque l’on utilise ces produits durant de longues périodes. On peut également utiliser des margarines végétales à cuire pour la préparation des pâtes brisées ou feuilletées.
  • Dans les cakes, les gâteaux et les crêpes, remplacez le beurre par de l’huile ou de la margarine, riches en graisses insaturées ; 150 ml d’huile remplacent 200 g de beurre.
  • Divisez par deux le nombre de jaunes d’œuf indiqué dans les recettes.
  • Dégraissez les bouillons de viande en les plaçant au réfrigérateur. La graisse fige en surface et peut facilement être retirée.
  • Dégraissez les viandes au couteau avant de les cuisiner.
  • Privilégiez les viandes maigres de poulet, dinde, steak de bœuf ou lapin, ainsi que le poisson, même gras.
  • Préférez le lait et les produits laitiers écrémés ou demi-écrémés.
  • Limitez votre consommation de produits à base de noix de coco.
  • Evitez d’acheter des produits contenant des graisses hydrogénées (acides gras trans) et des huiles de palme, de coprah ou de palmiste, riches en acides gras saturés.
  • Privilégiez les matières grasses insaturées (voir ci-dessous).
  • Mangez plus de fibres. Les fibres réduiraient l’absorption du cholestérol alimentaire par l’intestin. On les trouve dans les fruits, les légumes, les légumes secs et les céréales complètes.
Peut-on manger des œufs ?
La consommation de jaune d’œuf riche en cholestérol a moins d’impact sur le taux sanguin de cholestérol qu’on ne l’a dit. Son effet semble variable selon des facteurs génétiques propres à chacun. Des études ont montré que la consommation d’un œuf par jour n’augmentait pas la mortalité liée aux maladies cardiovasculaires. Elle n’est donc pas interdite, mais doit être réduite lorsque le taux de cholestérol sanguin ne diminue pas malgré une prise en charge adaptée.

Privilégier les graisses insaturées

Les graisses insaturées se trouvent dans les poissons gras comme le saumon, la sardine, le maquereau et le hareng ainsi que dans les huiles végétales d’olive, de tournesol, de maïs, de colza, de noix, de pépins de raisin ou de soja, par exemple. Les acides gras oméga-6, comme ceux présents dans les huiles de maïs et de tournesol, semblent contribuer à une baisse du taux sanguin de cholestérol LDL. Ceux de la famille des oméga-3, présents dans les poissons gras et les huiles de colza ou de noix, jouent visiblement un rôle positif dans la prévention des maladies cardiovasculaires.

  • Utilisez de l’huile de colza dans vos salades, en faisant par exemple un mélange à parts égales d’huile de colza et d’huile d’olive ou de noix.
  • Mangez du poisson gras une à deux fois par semaine.
  • Mangez régulièrement des noix, en quantité raisonnable.

Diminuer la consommation d’alcool

Lorsqu’elles sont consommées en excès, les boissons alcoolisées augmentent le taux de triglycérides et le risque de complications comme un accident cardiovasculaire ou une inflammation du pancréas. Consommez moins de trois verres par jour si vous êtes un homme, et moins de deux verres par jour si vous êtes une femme, ce qui correspond aux conseils habituels pour une bonne santé.

Chez les personnes en surpoids

Les mesures à prendre

Chez les personnes en surpoids, limiter l’apport global en matières grasses est un objectif prioritaire par rapport à la réduction des apports de cholestérol alimentaire. Perdre du poids contribue à réduire le taux de cholestérol LDL et le risque de maladies cardiovasculaires. Pratiquer une activité physique de manière régulière, diminuer sa consommation de boissons alcoolisées et cesser de fumer sont également des mesures importantes pour réduire les risques de complications.

Chez les personnes en surpoids, les conseils diététiques pour les personnes sans excès de poids (détaillés ci-dessus) sont également bénéfiques.

Pratiquer une activité physique

D’une manière générale, pratiquer chaque jour une activité physique modérée est bénéfique pour la santé. Une activité physique soutenue permet de perdre du poids, contribue à réduire le taux sanguin de cholestérol LDL et augmente celui de cholestérol HDL. L’entraînement optimal pour garder la forme consiste à pratiquer trois fois par semaine une activité d’endurance telle que marche rapide, vélo ou natation, pendant environ 45 minutes. L’intensité de l’exercice doit légèrement vous essouffler, mais vous permettre néanmoins de parler pendant l’effort (mais pas de chanter, accélérez si vous y parvenez). Un essoufflement exagéré, des palpitations du cœur ou une douleur inhabituelle, en particulier dans la poitrine, doivent impérativement entraîner l’arrêt de l’exercice et justifient une consultation médicale.

Les personnes qui présentent un taux sanguin de triglycérides trop élevé doivent suivre les mêmes règles d’hygiène de vie. De plus, un régime pauvre en calories et en sucres rapides leur est prescrit. Il leur est également recommandé de cesser toute consommation d’alcool.




Il existe plusieurs familles de médicaments destinés à lutter contre le cholestérol LDL en excès ; on les appelle hypolipémiants. Ils sont employés lorsque trois mois de mesures diététiques appropriées (régime anticholestérol) n’ont pas suffi à ramener les taux de cholestérol LDL à une valeur normale.

Les hypolipidémiants de la famille des statines

Ce sont les médicaments hypolipidémiants les plus récents et ceux qui sont prescrits en premier lorsqu’un traitement médicamenteux est nécessaire. Ils permettent de baisser efficacement le taux de cholestérol dans le sang en bloquant une enzyme qui participe à sa synthèse dans l’organisme. Plusieurs études ont montré que les statines ont un rôle important pour prévenir les événements cardiovasculaires (infarctus du myocarde, accident vasculaire cérébral, artérite) et pour réduire le risque de mortalité chez les patients présentant un haut risque cardiovasculaire. Néanmoins, le bénéfice du traitement est individuel et doit être estimé par le médecin en fonction des risques encourus.

Les effets indésirables sont le plus souvent bénins : troubles digestifs (constipation, nausées, flatulences, diarrhées, douleurs abdominales), maux de tête, fatigue, vertiges ou crampes.

Les effets indésirables considérés comme graves sont rares (moins de 1 % des utilisateurs) et surviennent surtout à fortes doses : augmentation des enzymes du foie (transaminases), atteintes musculaires (lésions musculaires, destruction du tissu musculaire).

Des études ont montré que les statines peuvent également augmenter la glycémie. Leur utilisation chez les diabétiques et les personnes à risque de diabète a fait débat. Après réévaluation des dossiers, les agences du médicament (EMA et ANSM) estiment que le bénéfice de ces médicaments reste favorable dans la prévention des maladies cardiovasculaires. Chez les patients à risque de diabète, une surveillance de la glycémie peut être recommandée.

Douleurs musculaires : attention !
Si vous prenez un médicament de la famille des statines, et que vous ressentez des crampes, des douleurs musculaires, une sensibilité ou une faiblesse musculaire inexpliquée (en particulier au niveau des bras ou des cuisses), signalez-le immédiatement à votre médecin. Ces symptômes peuvent être d'intensité variable et sont habituellement mineurs. Néanmoins, exceptionnellement, il peut s'agir d'une atteinte musculaire grave appelée rhabdomyolyse. Elle se traduit par une destruction des cellules musculaires et peut entraîner une insuffisance rénale potentiellement fatale. Sa survenue est imprévisible. Les atteintes musculaires sont observées plus fréquemment chez les personnes de plus de 70 ans, celles qui souffrent d’alcoolisme, d’insuffisance rénale, d’hypothyroïdie, etc. Le risque existe également avec les hypolipidémiants de la famille des fibrates et est augmenté en cas d'association avec les statines.

Les personnes qui prennent des statines doivent faire l’objet d’une surveillance médicale régulière. Un premier bilan sanguin est établi après quatre à six semaines de traitement et celui-ci est éventuellement adapté par le médecin. Ensuite, un bilan sanguin est pratiqué tous les trois à six mois pour vérifier l’efficacité du traitement.

Le jus de pamplemousse interagit avec deux statines : la simvastatine et l’atorvastatine. Sa consommation expose à un risque de surdosage et une augmentation des effets indésirables de ces deux substances. Les personnes qui sont traitées par ces médicaments doivent s’abstenir de consommer du pamplemousse (jus et fruit). Les autres agrumes ne posent pas de problème.

Liste des médicaments mise à jour : Mardi 17 Septembre 2019

Statines

Légende
Médicament générique

Les hypolipidémiants de la famille des fibrates

Les médicaments de la famille des fibrates diminuent le taux de cholestérol LDL, mais aussi en partie les taux sanguins de triglycérides et d’acide urique. Ils sont utilisés lorsque les statines sont restées sans effet ou ont provoqué des effets indésirables gênants. Les personnes qui prennent des fibrates doivent faire l’objet d’une surveillance médicale régulière. Le médecin prescrit un premier bilan après deux à trois mois de traitement et le modifie éventuellement à la lecture des résultats. Il peut décider de faire pratiquer un bilan sanguin tous les deux à trois mois pendant un an pour vérifier l’efficacité du traitement.

Les effets indésirables observés peuvent varier selon les substances : digestion difficile, nausées ou diarrhée, démangeaisons, urticaire, photosensibilité, vertiges ou fatigue. Des cas de calculs biliaires ont également été rapportés.

Légende
Médicament générique

L'ézétimibe

L'ézétimibe inhibe l'absorption intestinale du cholestérol. Cette substance est réservée aux cas où les statines seules ne constituent pas un traitement efficace ou suffisamment bien toléré. Dans le premier cas, elle peut leur être associée ; dans le second cas, elle peut remplacer la statine mal tolérée. Ses effets indésirables sont essentiellement des troubles digestifs.

Rosuvastatine + ézétimibe

Légende
Médicament générique

La colestyramine

La colestyramine est une résine qui piège les acides de la bile et diminue l'absorption du cholestérol par l'intestin. Ses principaux effets indésirables sont des troubles digestifs (douleurs, constipation, flatulence) et un risque de carence en vitamines A, D, E et K. Elle peut être associée avec les statines et les fibrates.

Liste des médicaments mise à jour : Mardi 17 Septembre 2019

Colestyramine

Les autres traitements contre le cholestérol

Des acides gras polyinsaturés oméga-3 sont parfois prescrits chez les patients qui ont un taux sanguin de triglycérides élevé, en complément du régime. Ces acides gras inhiberaient la formation du cholesterol LDL. Leur principal effet indésirable est un allongement du temps de coagulation sanguine.

Liste des médicaments mise à jour : Mardi 17 Septembre 2019

Acides gras polyinsaturés

Légende
Médicament générique
Médicament ayant des présentations disponibles sans ordonnance

Des nouveaux hypolipidémiants arrivent

PRALUANT (alirocumab) est le premier médicament d’une nouvelle classe d’hypolipémiant, les anti-PCSK9. Il s’agit d’un anticorps monoclonal qui empêche la liaison d’une enzyme aux récepteurs LDL présents à la surface des cellules du foie. Cela se traduit par une baisse du LDL-cholestérol dans le sang. Il est indiqué dans le traitement des excès de cholestérol, en complément du régime alimentaire et d’autres traitements hypolipémiants. Il se présente sous forme de solution injectable en stylo prérempli. Il s’administre par voie sous-cutanée. L’auto-injection est possible après formation auprès d’un professionnel de santé. Il n’est actuellement remboursé que pour les adultes atteints des formes les plus graves d’hypercholestérolémie, insuffisamment contrôlés, et nécessitant un traitement par LDL-aphérèse (soit une épuration sanguine).

Un deuxième médicament de cette nouvelle classe, REPATHA (evolocumab), est désormais commercialisé en France. Il se présente également sous forme de solution injectable en stylo prérempli. Il s’utilise en complément du régime alimentaire et d’autres traitements hypolipémiants (statines, ézétimibe, cholestyramine, séance d’aphérèse). Il n’est remboursé que pour une population restreinte de malades : les personnes atteintes d’hypercholestérolémie familiale homozygote.

Ces médicaments doivent être conservés au réfrigérateur (entre 2 °C et 8 °C). Ils obéissent à des règles de prescription et de délivrance particulières : la prescription initiale annuelle est réservée aux spécialistes en cardiologie, en endocrinologie, diabète et maladies métaboliques ou en médecine interne et la prescription doit être rédigée sur une ordonnance particulière (médicament d’exception).


Sources et références de l'article "Cholestérol"