Hypertension artérielle (HTA)

Mis à jour : Mardi 18 Décembre 2018

L’hypertension artérielle (également appelée hypertension artérielle essentielle de l’adulte ou HTA) est l’un des principaux facteurs de risque des maladies cardiaques, de l’insuffisance rénale et des accidents vasculaires cérébraux (attaques). Présentant peu de symptômes, elle apparaît généralement avec l’âge, souvent accompagnée d’un excès de poids. Une meilleure hygiène de vie permet de la prévenir ou d’en limiter les complications.

La tension artérielle, qu’est-ce que c’est ?

femme souffrant d'hypertension

Les artères acheminent le sang du cœur vers les organes. La pression artérielle (ou tension artérielle) mesure la pression exercée par le sang sur la paroi des artères. Un niveau minimal de pression est nécessaire pour que le sang circule dans tout l'organisme : on parle d'hypertension artérielle quand cette pression est en permanence trop élevée.

La pression artérielle se mesure par deux valeurs. La première correspond à la pression au moment de la contraction du cœur : c’est la pression systolique ou pression maximale. La deuxième correspond au relâchement du cœur : c’est la pression diastolique ou minimale. En pratique, ces pressions sont mesurées avec un tensiomètre placé autour du bras. Les deux valeurs de la pression artérielle sont habituellement comprises entre 10 et 14 pour la pression systolique, et 6 et 8 pour la pression diastolique. Par exemple, une tension de 12/8 est considérée comme normale. La pression artérielle augmente naturellement avec l’âge. En moyenne, tous les 10 ans, la pression systolique s'élève de 0,5 et la pression diastolique de 0,2. Chez plus de la moitié des personnes ayant passé 60 ans, même en bonne santé, on observe une élévation de la pression systolique (le premier chiffre) au-dessus de 14.

Quels sont les symptômes de l’hypertension artérielle ?

Très souvent, l’hypertension ne donne aucun signe clinique et on la découvre lors d’une consultation pour un autre motif. Elle se manifeste quelquefois par des maux de tête, des vertiges, des bourdonnements d’oreille, des troubles de la vision ou des saignements de nez. Un diagnostic précoce permet une prise en charge dans les meilleures conditions pour traiter la maladie et éviter du mieux possible les complications.

L’hypertension artérielle est-elle fréquente ?

On estime que 25 % des hommes et 18 % des femmes sont hypertendus, soit 14,5 millions de personnes en France. Beaucoup n'en ont pas conscience car l'hypertension artérielle provoque peu de symptômes.


Quelles sont les causes de l’hypertension artérielle ?

Dans plus de 95 % des cas, l'origine de l'hypertension n'est pas identifiée. Le traitement consiste alors à faire baisser la tension sans s'attaquer aux causes. Dans les autres cas, elle est secondaire à une maladie : un mauvais fonctionnement des reins, des glandes surrénales ou de la thyroïde, par exemple.

    En revanche, les facteurs qui aggravent l'hypertension arterielle sont connus :
  • une trop grande consommation de sel ;
  • le stress ;
  • le tabac ;
  • l'obésité ;
  • l'inactivité physique.

L’hypertension artérielle apparaît plus précocement chez les hommes. Les femmes en âge de procréer sont relativement préservées grâce aux effets protecteurs de certaines hormones sexuelles, les estrogènes. À la ménopause, la fréquence de l’hypertension chez les femmes rejoint celle des hommes.

L’excès de poids, l’obésité et le diabète de type 2 sont de plus en plus souvent présents chez les personnes qui souffrent d’hypertension artérielle. Elle est deux fois plus fréquente chez les patients en surpoids et on compte une fois et demi plus d’hypertendus chez les personnes âgées obèses que chez celles de poids normal. Dans une étude menée auprès de patients ayant un diabète de type 2, l’hypertension artérielle touchait un tiers des hommes et la moitié des femmes.

De plus, certains médicaments ou substances peuvent favoriser ou aggraver une hypertension artèrielle ou encore déséquilibrer une hypertension traitée : estrogènes, vasoconstricteurs nasaux (pulvérisateurs pour déboucher le nez), anti-inflammatoires non stéroïdiens (aspirine, ibuprofène , kétoprofène, etc.), glucocorticoïdes (cortisone, dexaméthasone, etc.), alcool, réglisse et boissons anisées de type pastis, etc.

Quelles sont les complications de l’hypertension artérielle ?

    Lorsqu'elle n'est pas traitée, l'hypertension expose à plusieurs types de problème artériel grave :
  • des accidents vasculaires cérébraux (AVC ou attaques),
  • des infarctus du myocarde,
  • de l’insuffisance cardiaque,
  • des hémorragies intracrâniennes,
  • des lésions des reins pouvant provoquer une insuffisance rénale,
  • des lésions de la rétine entraînant parfois la perte de la vue.

Comment dépiste-t-on l’hypertension artérielle ?

Le dépistage de l'hypertension repose sur la mesure de la pression artérielle. Elle se mesure à l’aide d’un tensiomètre : un brassard gonflable relié à un cadran (ou à une colonne de verre contenant du mercure) qui indique la tension. Celle-ci augmente notamment au cours d'un effort physique. C’est pourquoi la tension doit idéalement être mesurée sur un patient allongé depuis au moins 15 minutes. L’hypertension est confirmée si la pression artérielle dépasse 14 pour la pression systolique ou 9 pour la pression diastolique sur plusieurs mesures. En effet, pour être certain qu'il ne s'agit pas d'une élévation temporaire due au stress par exemple, deux mesures par consultation au cours de trois consultations successives, sur une période de trois à six mois, sont nécessaires pour confirmer un diagnostic d’HTA. Parce que l'hypertension est souvent silencieuse, cet examen est fait régulièrement lors des visites chez le médecin. Lorsqu’une élévation modérée est observée chez un patient par ailleurs en bonne santé, il est recommandé de mesurer la pression artérielle hors du cabinet médical (chez soi ou chez son pharmacien, par exemple) : certaines personnes sont sensibles à l’effet « blouse blanche ».

En cas d’hypertension artérielle, le médecin recherche aussi d’autres facteurs de risque de maladie cardiaque comme, par exemple, des antécédents familiaux, un diabète, l'obésité, le tabagisme ou un taux de cholestérol élevé.

Comment surveiller soi-même sa tension artérielle ?

Il est recommandé de faire contrôler sa tension par son médecin 3 à 4 fois par an. Dans l’intervalle, le médecin peut proposer de surveiller sa tension artérielle à domicile avec un appareil d’automesure, un autotensiomètre (ou tensiomètre automatique). En 2015, on estimait que 44 % des personnes traitées pour l’hypertension étaient équipées d’un appareil d’automesure.

    Pour l’automesure, la Haute autorité de santé (HAS) et le comité de lutte conte l’hypertension artérielle préconisent de faire :
  • 3 mesures espacées de 1 ou 2 minutes, le matin avant le petit déjeuner ;
  • 3 mesures le soir au coucher ;
  • pendant 3 jours de suite.

Notez les valeurs observées sur un relevé d’automesure et apportez-les en consultation. Habituellement, les valeurs obtenues chez soi sont inférieures à celles relevées chez le médecin ou à la pharmacie.

Comment choisir son tensiomètre ?
Les tensiomètres répondent à la définition de dispositif médical. Ils appartiennent à la classe IIA. L’agence du médicament publie sur son site une liste des autotensiomètres disponibles. Les autotensiomètres ne fonctionnent pas exactement sur le même principe que les appareils utilisés par les médecins. Il existe deux types : les modèles au poignet et ceux au bras. Les modèles à placer au poignet sont peu encombrants. Il faut faire attention à bien positionner le poignet par rapport au cœur. Ils conviennent bien aux personnes obèses. Les modèles au bras sont souvent plus faciles à positionner mais il est nécessaire de choisir un brassard adapté à votre morphologie. Si vous utilisez le tensiomètre uniquement chez vous, il est recommandé de privilégier un tensiomètre au bras. N’hésitez pas à demander conseil à votre médecin ou à votre pharmacien.

femme enceinte chez son médecin

La pression artérielle baisse naturellement au cours de la grossesse. Néanmoins, il existe un risque d’élévation de la pression artérielle pendant la grossesse. L’hypertension artérielle touche environ 10 % des femmes enceinte. Si l’hypertension n’est pas contrôlée, elle peut provoquer un décollement du placenta ou des troubles de la coagulation sanguine (voir l’article Pré-éclampsie).

Les femmes enceintes qui présentent une hypertension artérielle avant leur grossesse

Si vous souffrez d’hypertension artérielle et que vous envisagez une grossesse, vous devez en informer votre médecin traitant. Attention, certains médicaments antihypertenseurs sont déconseillés chez la femme enceinte. Il est possible que votre médecin soit amené à modifier votre traitement. Les inhibiteurs de l’enzyme de conversion et les inhibiteurs de l’angiotensine II sont contre-indiqués aux deuxième et troisième trimestres de la grossesse et leur interruption devra être envisagée. Les diurétiques sont également déconseillés, car ils risquent d’entraîner un retard de croissance du fœtus. Les antihypertenseurs les plus utilisés pendant la grossesse sont la méthyldopa, certains bêtabloquants et certains inhibiteurs calciques.

Les femmes enceintes dont l’hypertension artérielle est mal équilibrée ou compliquée doivent être prises en charge dans une maternité en lien avec un spécialiste de la prise en charge de l’hypertension.

L’hypertension artérielle liée à la grossesse

L’hypertension artérielle liée à la grossesse, appelée hypertension artérielle gravidique, survient habituellement après 4e mois (20e semaine d’aménorrhée). Elle est due à une anomalie des vaisseaux sanguins du placenta. Elle n’y a pas ou peu de perte de protéines dans les urines, contrairement à la prééclampsie. La tension artérielle se normalise après l’accouchement. Le repos et des conseils diététiques peuvent être recommandés. Un traitement médicamenteux est parfois prescrit. Une surveillance régulière permet de s’assurer que l’hypertension n’évolue pas vers la pré-éclampsie.


La prise en charge de l’HTA contribue à l’allongement de l’espérance de vie. Elle repose sur des mesures hygéonodiététiques et éventuellement un traitement médicamenteux. Elle vise à abaisser la pression systolique en dessous de 14 et la pression diastolique en dessous de 9. Lorsque la pression artérielle est maîtrisée efficacement à l'aide de ces traitements, le risque d'accident vasculaire cérébral et celui de maladie cardiaque diminuent.

L’évaluation du risque cardiovasculaire global

    Le médecin choisit le traitement en fonction de la sévérité de l’hypertension et du risque cardiovasculaire global du patient. Pour évaluer ce risque, il prend en compte certains facteurs :
  • l’âge : plus de 50 ans pour un homme, plus de 60 ans pour une femme ;
  • les antécédents familiaux : infarctus ou mort subite chez un parent de premier degré (avant 55 ans chez un parent masculin, avant 65 ans chez un parent féminin) ou accident vasculaire cérébral (attaque) avant 45 ans quel que soit le sexe du parent ;
  • l’usage du tabac (ou son arrêt depuis moins de trois ans) ;
  • un diabète ;
  • un taux de cholestérol LDL supérieur à 1,60 g/l ou un taux de cholestérol HDL inférieur à 0,40 g/l ;
  • éventuellement, l’obésité abdominale (au niveau du ventre), l’insuffisance rénale, l’absence d’exercice physique régulier ou la consommation excessive d’alcool.

Cette évaluation est complétée par la recherche de maladie des organes qui peuvent être endommagés par l’hypertension artérielle : cœur, artères, reins et rétine.

Quels sont les traitements non médicamenteux recommandés ?

    Les mesures hygiéno-diététiques (détaillées ici) font partie intégrante de la prise en charge de l’hypertension et sont proposées à tous les patients hypertendus. Elles comprennent :
  • la pratique d’une activité physique régulière et adaptée aux possibilités du patient (voir ci-dessous) ;
  • la perte de poids en cas de surpoids ou d’obésité, avec pour objectif un IMC de 25 kg/m2 ou une baisse de 10 % du poids initial ;
  • une diminution de la consommation d’alcool ;
  • une réduction de l’apport de sel (6 g de chlorure de sodium par jour au maximum) ;
  • une alimentation privilégiant la consommation de fruits, de légumes, de céréales et d’aliments peu riches en graisses saturées.

Quelle place pour l’activité physique adaptée dans la prise en charge de l’hypertension artérielle ?

ordonnance

L’activité physique adaptée (APA) fait partie des traitements non médicamenteux de l’hypertension artérielle. En effet, la pratique régulière d’une activité physique contribue à maintenir la pression artérielle à un niveau physiologique.

De nombreuses pratiques sportives se sont adaptées pour pouvoir être pratiquées par les personnes souffrant d’hypertension artérielle modérée : par exemple, athlétisme, basket-ball, canoë-kayak, football, karaté, natation, taïchi chuan et qi gong, et tennis de table.

Dans le cadre de l’hypertension artérielle, le médecin traitant peut désormais prescrire de l’APA en précisant les objectifs recherchés (contrôle de la pression artérielle, réduction du stress, etc.) et les contre-indications propres au patient. Dans les clubs qui proposent ces disciplines, des éducateurs formés à la pratique du sport santé sont chargés de définir des protocoles de remise en forme et d’entraînement adaptés à chaque cas particulier. Les frais engagés, souvent modestes, sont parfois pris en charge par les assurances complémentaires (« mutuelles ») ou les mairies/départements.

Les patients qui ont recours à ces activités adaptées témoignent de bénéfices physiques (par exemple sur l’autonomie et l’endurance), mais également de bénéfices psychosociaux (lutte contre l’isolement, meilleure image de soi).

Le choix du traitement médicamenteux et son suivi

Le choix du traitement prend également en compte les contre-indications de chaque patient. Il est difficile de prévoir si un traitement sera efficace pour un patient en particulier : un médicament très efficace pour l’un peut se révéler insuffisant pour l’autre. Les médicaments contre l’HTA sont pleinement efficaces après 4 à 6 semaines de traitement. Parfois, une fatigue passagère est ressentie en début de traitement.

Parce que l’hypertension artérielle elle-même ne provoque que peu de symptômes, environ un tiers des personnes traitées ne suivent pas scrupuleusement leur traitement, ce qui réduit son efficacité. Attention, les personnes qui prennent un traitement contre l'hypertension artérielle doivent être attentives à bien suivre leur traitement, même en l'absence de symptômes : l'hypertension est une maladie silencieuse qui peut avoir de graves conséquences sur le plan artériel. Si vous supportez mal le traitement qui vous a été prescrit, n'hésitez pas à en avertir votre médecin ; il pourra décider de vous en prescrire un autre, mieux adapté à votre sensibilité.

Des visites de contrôle doivent être effectuées pour s’assurer de l’efficacité du traitement. Elles ont en général lieu trois à quatre fois par an. De plus, le patient peut surveiller lui-même sa tension. Après six à douze mois pendant lesquels la tension artérielle est contrôlée, le médecin peut décider de réduire progressivement les doses et le nombre de médicaments.


Dans la lutte contre l’hypertension, les mesures d’hygiène de vie et de diététique jouent un rôle essentiel. Elles préviennent ses complications et permettent d’alléger le traitement médicamenteux. La pratique régulière d’une activité physique, l’arrêt du tabac et certains choix alimentaires sont importants.

Réduire la consommation de sel : sodium et hypertension

Le sodium (sel) contribue à provoquer l’hypertension, à un degré variable selon la sensibilité de chacun. Les personnes qui souffrent d’obésité ou de diabète de type 2, ainsi que les personnes âgées, sont plus sensibles aux effets négatifs d’une alimentation trop salée.

En Finlande, on a dénombré moitié moins de cas d’hypertension lorsque la consommation moyenne de sel a été réduite d’un tiers grâce à des mesures réglementaires telles que la substitution partielle du chlorure de sodium par du chlorure de potassium. En France, la consommation moyenne de sel est de 8 à 10 g par jour, bien au-dessus des 5 g recommandés. Dix à 20 % d’entre nous consomment plus de 12 g par jour, soit deux fois et demie les quantités conseillées ! Les personnes qui souffrent d’insuffisance cardiaque doivent souvent suivre un régime contre l’hypertension artérielle très pauvre en sel (de 4 à 6 g par jour, voire moins de 4 g par jour).

Le sel que nous ingérons est généralement apporté pour un tiers par le pain (une baguette parisienne contient 5 à 6 g de sel), par les charcuteries, les fromages, le sel de table, mais aussi les plats cuisinés.

  • Prenez garde aux plats cuisinés industriels et aux conserves, souvent trop salés.
  • Apprenez à lire les étiquettes et partez à la chasse aux aliments riches en sodium (sel). Sachez traduire : 400 mg (0,4 g) de sodium correspondent à 1 g de sel.
  • Salez vos plats une fois dans l’assiette ou pendant la cuisson. Pour donner du goût, utilisez des herbes aromatiques, des épices, du jus de citron, par exemple.

Manger plus équilibré

  • Mangez plus de fruits et de légumes frais. Les fruits et les légumes sont riches en potassium qui s’oppose aux effets nocifs du sodium. Privilégiez les bananes, les fruits séchés, le raisin, entre autres.
  • Limitez votre consommation de matières grasses d’origine animale.
  • Mangez des produits laitiers demi-écrémés. Ils sont riches en calcium, en magnésium et en potassium, qui diminuent les effets du sodium sur l’hypertension artérielle.
  • Buvez au moins un litre et demi d’eau chaque jour. Attention aux eaux minérales riches en sodium (plus de 200 mg/l), telles que Arcens, Arvie, Chateldon, Quézac, Vernière, Vichy Saint-Yorre ou Vichy Célestins.
  • Limitez votre consommation de caféine. Essayez de ne pas boire plus de trois boissons caféinées par jour telles que café, colas, cacao ou thé, car la caféine peut augmenter la pression artérielle.
  • Diminuez votre consommation d’alcool. Les boissons alcoolisées augmentent la pression sanguine et nuisent à l’efficacité des traitements contre l’hypertension. De plus, l’alcool est riche en calories. Consommez au maximum trois verres par jour si vous êtes un homme et deux verres par jour si vous êtes une femme.

Bouger

L'activité physique soutenue contribue à réduire la pression sanguine et aide à contrôler le stress. L’entraînement optimal pour garder la forme consiste à pratiquer trois fois par semaine une activité d’endurance pendant environ 45 minutes (marche rapide, vélo, natation, etc.). Lorsqu’on pratique une activité physique d’endurance, il existe une petite astuce pour identifier le niveau d’intensité idéal : vous devez pouvoir continuer à parler (ralentissez si vous êtes trop essoufflé pour cela), mais vous ne devez pas pouvoir chanter (accélérez si vous y parvenez). Un essoufflement exagéré, des palpitations ou une douleur inhabituelle (en particulier au niveau de la poitrine) doivent impérativement entraîner l’arrêt de l’exercice et justifient une consultation médicale.

Arrêter de fumer

Le tabac augmente la pression artérielle et endommage les vaisseaux sanguins. Lorsqu’on souffre d’hypertension artérielle, il est essentiel de cesser de fumer même si cela demande plusieurs tentatives. Votre meilleur allié pour arrêter de fumer est votre médecin.

Réduire son niveau de stress

Dormez suffisamment, pratiquez un hobby, un sport ou une activité de relaxation (yoga, tai-chi, méditation, sophrologie, etc.). Prenez le temps de vous détendre et de profiter de la vie.


Si les mesures d’hygiène de vie et de diététique sont insuffisantes pour faire baisser la tension artérielle, un traitement médicamenteux est mis en place. Il peut faire appel à plusieurs familles de médicaments. Cinq classes d’antihypertenseurs sont privilégiées : les diurétiques, les bêtabloquants, les inhibiteurs calciques, les inhibiteurs de l’enzyme de conversion (IEC) et les antagonistes de l’angiotensine II. Ces médicaments ont montré leur efficacité pour prévenir les accidents cardiovasculaires chez les personnes hypertendues.

Les diurétiques dans le traitement de l’HTA

Ce sont les médicaments les plus anciens et les mieux évalués. Ils ont fait la preuve de leur efficacité à long terme. Ces médicaments favorisent l’élimination d'eau et de sel par les reins et diminuent le volume de liquide qui circule dans les artères, abaissant ainsi la pression qui s'exerce sur leur paroi. Ils peuvent être le seul traitement à prendre pour les patients qui ne présentent pas d’autre problème que l’hypertension. Ils ont en général peu d’effets indésirables. Ils augmentent le volume des urines, surtout en début de traitement. Certains d’entre eux sont responsables d’une baisse du taux de potassium dans le sang qui doit être surveillé.
L'hydrochlorothiazide est un diurétique très souvent présent dans les associations d'antihypertenseurs. Il peut entraîner une sensibilité accrue de la peau au soleil (photosensibilisation) et provoquer des réactions cutanées (coup de soleil, brûlures) en cas d'exposition même faible aux rayons ultraviolets. Il augmente également le risque de survenue de certains cancers de la peau : il ne s'agit pas de mélanomes, mais de cancers localisés d'évolution très lente et donc peu menaçants. Une surveillance cutanée lors des renouvellements d'ordonnance est nécessaire et suffisante pour éviter les complications graves.
Voir Actualités : Hydrochlorothiazide : risque accru de "cancer de la peau non mélanome" à doses cumulatives croissantes, 11/2018
Les autres diurétiques également sont parfois associés à une autre famille de médicaments contre l'hypertension artérielle.

Diurétiques de l'anse

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Médicament générique

Les bêtabloquants dans le traitement de l’HTA

Ces médicaments agissent sur le cœur et les vaisseaux. Ce sont des traitements bien évalués, qui ont fait la preuve de leur efficacité à long terme. Ils entraînent une baisse de la tension artérielle, un ralentissement de la fréquence cardiaque et une diminution de la force de contraction du cœur.Parce qu'ils sont également efficaces pour prévenir des troubles cardiaques, les bêtabloquants sont généralement prescrits aux patients hypertendus ayant déjà subi un infarctus du myocarde, souffrant d’angine de poitrine ou dont la fréquence cardiaque de repos est rapide. Les effets gênants le plus fréquemment rencontrés sont des troubles digestifs, un sentiment de fatigue, une sensation de pieds et de mains froids, un ralentissement du rythme cardiaque, des troubles du sommeil et des troubles de l’érection.

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Médicament générique

Les inhibiteurs calciques dans le traitement de l’HTA

Ces médicaments freinent l’entrée du calcium dans les muscles responsables de la contraction des artères. Ils entraînent la baisse de la tension artérielle par relâchement des artères. Ils sont également utilisés pour traiter l’angine de poitrine.

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Médicament générique

Les inhibiteurs de l’enzyme de conversion (IEC) dans le traitement de l’HTA

Les inhibiteurs de l'enzyme de conversion (IEC) sont des antihypertenseurs qui bloquent la production de l'angiotensine II, une hormone produite par le rein à partir d'une protéine présente dans le sang. L’angiotensine II a un rôle important dans la régulation de la pression artérielle ; elle l'augmente et fatigue le cœur. Les IEC ont démontré leur efficacité dans de nombreuses études et sont particulièrement indiqués chez les patients hypertendus qui souffrent d’insuffisance cardiaque, de diabète ou d’insuffisance rénale. Ils sont formellement contre-indiqués chez la femme enceinte à partir du 4e mois de la grossesse car ils peuvent entraîner des effets indésirables graves chez l’enfant à naître. En cas de projet de grossesse ou de début de grossesse, contactez rapidement votre médecin. Un changement de traitement est nécessaire. Néanmoins, n’arrêtez pas le médicament sans avis médical.

Voir Actualités : IEC et ARA II : un mésusage persistant pendant la grossesse

Les IEC peuvent entraîner de la toux et, plus rarement un œdème de Quincke. Lorsqu’une toux sèche est observée lors du traitement, elle doit être signalée au médecin.

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Médicament générique

Les antagonistes de l'angiotensine II (ARA2) dans le traitement de l’HTA

Comme leur nom l’indique, les antagonistes des récepteurs de l’angiotensine II (candésartan, irbésartan, losartan, telmisartan, valsartan…) bloquent l’action de l’angiotensine II, en se liant à ses récepteurs présents à la surface des vaisseaux sanguins. Ils empêchent ainsi la contraction des vaisseaux sanguins et luttent contre l’augmentation de la pression artérielle. Ces médicaments sont plus récents que les diurétiques et les bêtabloquants et leur efficacité à long terme est moins caractérisée. Ils ont peu d’effets indésirables mais doivent être utilisés avec précaution chez les personnes souffrant d'insuffisance rénale. Comme les IEC, ils sont contre-indiqués chez la femme enceinte à partir du 4e mois de la grossesse car ils peuvent entraîner des effets indésirables graves pour l’enfant à naître. En cas de projet de grossesse, consultez votre médecin pour qu’il envisage une modification de votre traitement.

Voir Actualités : IEC et ARA II : un mésusage persistant pendant la grossesse

En juillet 2013, l’agence du médicament a publié une information sur la survenue d’atteintes graves de l’intestin (entéropathies) liées à l’utilisation de l’olmésartan seul (ALTEIS, OLMETEC) ou en association (ALTEISDUO, COOLMETEC, AXELER, SEVIKAR...). Ces atteintes peuvent survenir plusieurs mois, voire plusieurs années après le début du traitement. En cas de diarrhée chronique ou de perte de poids, il est recommandé de prendre un avis spécialisé. Même si cette substance permet de faire baisser la tension, les études n’ont pas permis de démontrer son efficacité pour réduire les complications cardiovasculaire et diminuer le nombre de décès. Les médicaments à base d’olmesartan ne sont plus remboursables depuis le 2 janvier 2017.

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Médicament générique

Les associations d'antihypertenseurs

Il existe des médicaments qui associent deux antihypertenseurs. En effet, dans certains cas, la prise d’un seul antihypertenseur ne permet pas de contrôler efficacement la tension artérielle, notamment lorsqu’elle est importante. Le médecin peut aussi choisir de prescrire d’emblée deux antihypertenseurs à faibles doses pour limiter les effets indésirables. Les antihypertenseurs qui sont utilisés en association ont un mode d’action complémentaire qui permet un effet additif sur la baisse de la tension : les bêtabloquants, les inhibiteurs de l’enzyme de conversion et les antagonistes de l’angiotensine II peuvent être ainsi être associés aux diurétiques ou aux inhibiteurs calciques.

Liste des médicaments mise à jour : Mardi 21 Mai 2019

Association d'antihypertenseurs : antagoniste de l'angiotensine II + diurétique

Association d'antihypertenseurs : antagoniste de l'angiotensine II + inhibiteur calcique

Association d'antihypertenseurs : bêtabloquant + inhibiteur calcique

Association d'antihypertenseurs : diurétique et réserpine

Association d'antihypertenseurs : inhibiteur de l'enzyme de conversion (IEC) + diurétique

Association d’antihypertenseurs : diurétiques + inhibiteurs calciques

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Médicament générique

Les autres classes d'antihypertenseurs

La méthyldopa est un antihypertenseur dit d'action centrale. Cet antihypertenseur est traditionnellement utilisé en cas d'hypertension chez la femme enceinte. Il peut entraîner de la fatigue et une dépression.

Liste des médicaments mise à jour : Mardi 21 Mai 2019

Antihypertenseurs d'action centrale

D'autres types de traitement existent comme les antihypertenseurs centraux, les alphabloquants ou d'autres vasodilatateurs (minoxidil).

Liste des médicaments mise à jour : Mardi 21 Mai 2019

Alphabloquants et autres vasodilatateurs

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Médicament générique

Les antihypertenseurs contenant de l'aliskiren (RASILEZ, RASILEZ HTC), ne sont plus commercialisés depuis octobre 2017. Cet arrêt de commercialisation coïncide avec leur déremboursement qui avait été recommandé en raison d’une efficacité insuffisante et de possibles effets cardiovasculaires graves et de l'altération du fonctionnement des reins.

Voir Actualités : Arrêt de commercialisation de RASILEZ et RASILEZ HCT, 10/2017.


Les compléments alimentaires proposés dans le cadre de la prévention des maladies cardiovasculaires sont nombreux, à l'image du vaste marché que ces maladies représentent. La plupart visent à réduire les taux sanguins de cholestérol LDL, sans effet sur l'hypertension artérielle. Si certains d'entre eux bénéficient d'une certaine reconnaissance des autorités de santé, la plupart n'ont pas fait leurs preuves.

Quels compléments alimentaires contre les maladies cardiovasculaires ?

Les substances contenues dans les compléments alimentaires destinés à protéger contre les maladies cardiovasculaires sont de plusieurs types. Elles visent :

  • soit à réduire l’absorption des graisses et du cholestérol par l’intestin ;
  • soit à abaisser les taux de cholestérol LDL dans le sang ;
  • soit à fluidifier le sang pour éviter qu’un caillot ne se forme autour d’une plaque d’athérome, bloquant ainsi la circulation sanguine.

Les acides gras oméga-3 des huiles de poisson contre les maladies cardiovasculaires

compléments alimentaires

Les acides gras oméga-3 issus des huiles de poisson font l'objet d'une grande étude de prévention des rechutes après un infarctus ou un accident vasculaire cérébral (« attaque ») en France.

Depuis 2012, les autorités de santé européennes (EFSA, European Food Safety Authority et la Commission européenne) se sont prononcées sur certaines allégations santé des aliments et des compléments alimentaires contenant des acides gras oméga-3 des huiles de poisson (EPA et DHA).

Après examen des données scientifiques, elles ont estimé que ces produits peuvent prétendre contribuer au fonctionnement normal du cœur si et seulement si ces produits contiennent au moins 40 mg d'EPA/DHA pour 100 g et 100 kcal de produit, et s'ils apportent au moins une dose quotidienne de 250 mg d’acides gras oméga-3 des huiles de poisson (EPA et DHA).

De plus, les aliments et les compléments alimentaires contenant du DHA (ou du DHA et de l’EPA) peuvent prétendre contribuer à maintenir une pression sanguine normale chez les adultes, à condition d’apporter au moins 3 g de DHA et d’EPA par jour, sans dépasser 5 g par jour.

Par ailleurs, ces aliments ou compléments alimentaires peuvent prétendre contribuer à maintenir des taux de triglycérides normaux chez les adultes, à condition d’apporter au moins 2 g de DHA et d’EPA par jour (ou 2 g de DHA), sans dépasser 5 g par jour.

Par contre, les aliments et les compléments alimentaires contenant des acides gras oméga-3 des huiles de poisson (EPA et DHA) ne peuvent pas prétendre réduire les taux sanguins de cholestérol LDL, fluidifier le sang, améliorer la qualité du cholestérol, ni maintenir la santé du cœur.

En 2018, deux publications scientifiques ont rendu plus complexe l’analyse de l’efficacité des acides gras oméga-3 des huiles de poisson sur la prévention cardiovasculaire.

Les acides gras oméga-3 des huiles végétales contre les maladies cardiovasculaires

Les acides gras oméga-3 des huiles végétales ont fait l’objet de peu d’études et les données manquent pour déterminer leur rôle dans le cadre de la prévention des maladies cardiovasculaires. Depuis 2012, les autorités de santé européennes se sont prononcées sur certaines allégations santé des aliments et des compléments alimentaires contenant des acides gras oméga-3 des huiles végétales.

Après examen des données scientifiques, elles ont estimé que ces produits peuvent prétendre contribuer au maintien de taux sanguins de cholestérol normaux si et seulement si ces produits contiennent au moins 0,3 g d'acide alpha-linolénique pour 100 g et 100 kcal de produit, et s'il apportent au moins une dose quotidienne de 2 grammes d’acide alpha-linolénique (ALA).

Par contre, les aliments et les compléments alimentaires contenant de l’acide alpha-linolénique (ALA) ne peuvent pas prétendre être important pour la santé du cœur et des vaisseaux sanguins, ni contribuer à maintenir une pression artérielle normale.

En 2018, une méta-analyse de l’Institut Cochrane a évalué les bénéfices d’une supplémentation en acides gras oméga-3 des huiles végétales (ALA) en terme de prévention cardiovasculaire.

Les acides gras oméga-6 contre les maladies cardiovasculaires

Depuis 2012, les autorités de santé européennes se sont prononcées sur certaines allégations santé des aliments et des compléments alimentaires contenant des acides gras oméga-6.

Après examen des données scientifiques, elles ont estimé que les produits qui contiennent de l’acide linoléique peuvent prétendre contribuer au maintien de taux sanguins de cholestérol normaux si et seulement si ces produits apportent au moins 1,5 grammes d’acide linoléique pour 100 grammes et 100 kcal d’aliment, et si la personne ingère au moins 10 grammes d’acide linoléique par jour.

Par contre, les aliments et les compléments alimentaires contenant de l’acide linoléique ne peuvent pas prétendre être important pour la santé des vaisseaux sanguins. De plus, les aliments et les compléments alimentaires contenant de l’acide gamma-linolénique (GLA) ne peuvent pas prétendre maintenir des taux sanguins de cholestérol normaux, contribuer à la santé cardiovasculaire ou normaliser la pression artérielle.

Les acides gras oméga-9 contre les maladies cardiovasculaires

Les acides gras oméga-9 proviennent de certaines huiles végétales, et particulièrement de l’huile d’olive. Depuis 2012, les autorités de santé européennes se sont prononcées sur certaines allégations santé des aliments et des compléments alimentaires contenant des acides gras oméga-9.

Après examen des données scientifiques, elles ont estimé que les aliments qui contiennent de l’acide oléique peuvent prétendre contribuer à remplacer les graisses saturées par des graisses insaturées (dans le but de maintenir un taux normal de cholestérol sanguin, mais sans effet sur le taux de triglycérides) si et seulement si au moins 70 % de leurs matières grasses sont insaturées et si celles-ci représentent au moins 20 % de la quantité totale de calories contenue dans l’aliment.

Par contre, les aliments et les compléments alimentaires contenant de l’huile d’olive ne peuvent pas prétendre contribuer à la santé du cœur et des vaisseaux sanguins, ni participer au maintien de taux sanguins normaux de triglycérides ou de cholestérol.

Les phytostérols et les phytostanols contre les maladies cardiovasculaires

Les phytostérols et les phytostanols sont des substances végétales proches du cholestérol. Ils agissent en bloquant l’absorption par l’intestin d’une partie du cholestérol contenu dans les aliments.

En 2014, les autorités de santé européennes ont établi que les produits enrichis en ces substances contribuent à diminuer le cholestérol dans le sang. Pour ces autorités, le consommateur doit être informé que l'effet bénéfique est obtenu par la consommation journalière de 1,5 à 3 g de stanols/stérols végétaux. Associés à un régime adapté, ils peuvent entraîner une baisse de 7 à 12,5 % du taux sanguin de cholestérol LDL.

L'ampleur de l'effet peut être mentionnée uniquement pour les denrées alimentaires des catégories suivantes: les matières grasses à tartiner, les produits laitiers, la mayonnaise et les sauces pour salades. Lorsqu'il est fait référence à l'ampleur de l'effet, la fourchette « de 7 à 10 % », pour les denrées alimentaires garantissant une consommation journalière de 1,5 à 2,4 g de stanols/stérols végétaux, ou la fourchette « de 10 à 12,5 % », pour celles garantissant une consommation journalière de 2,5 à 3 g, ainsi que la durée nécessaire pour obtenir l'effet (« en 2 à 3 semaines ») doivent être communiquées au consommateur.

Cependant, les produits contenant des phytostérols ou des phytostanols ne peuvent pas affirmer, sur leur emballage, que ces produits contribuent directement à la prévention des maladies cardiovasculaires, en l'état des données disponibles (recommandation ANSES 06/2014).

Les phytostérols et les phytostanols sont le plus souvent ajoutés à des produits laitiers et des matières grasses, tels que les yaourts ou les margarines. On les trouve parfois en capsules ou en gélules qui doivent être prises pendant les repas.

Les policosanols contre les maladies cardiovasculaires

Les policosanols revendiquent les mêmes propriétés que les phytostérols sur l’absorption des graisses par l’intestin. Ils sont utilisés comme médicament contre l’excès de cholestérol LDL dans plusieurs pays d’Amérique centrale et du Sud. Néanmoins, les études cliniques ne sont pas suffisamment nombreuses pour préciser leurs conditions d’utilisation.

Les pectines contre les maladies cardiovasculaires

Depuis 2012, les autorités de santé européennes (EFSA, European Food Safety Authority et la Commission européenne) se sont prononcées sur certaines allégations santé des compléments alimentaires contenant des pectines. Après examen des données scientifiques, elles ont estimé que ces produits peuvent prétendre contribuer au maintien de taux sanguins de cholestérol normaux, à condition d’apporter 6 grammes de pectines par jour, à prendre pendant les repas.

Le potassium contre les maladies cardiovasculaires

Depuis 2012, les autorités de santé européennes (EFSA, European Food Safety Authority et la Commission européenne) se sont prononcées sur certaines allégations santé des aliments et des compléments alimentaires contenant du potassium. Après examen des données scientifiques, elles ont estimé que ces produits peuvent prétendre contribuer au maintien d’une pression artérielle normale si et seulement si ces produits contiennent au moins 300 mg de potassium pour 100 g, 100 ml ou par emballage si le produit ne contient qu’une portion.

La levure de riz rouge contre les maladies cardiovasculaires

La levure de riz rouge est un champignon microscopique. Selon son origine, elle contient des quantités variables de monacoline K, connue dans le monde médical sous le nom de lovastatine. Cette statine est utilisée comme médicament dans certains pays, excepté en France.

Les études cliniques ont montré que les compléments alimentaires à base de levure de riz rouge possédaient, de ce fait, une certaine efficacité pour réduire les taux sanguins de cholestérol LDL.

Depuis 2012, les autorités de santé européennes (EFSA, European Food Safety Authority et la Commission européenne) se sont prononcées sur certaines allégations santé des compléments alimentaires contenant de la levure de riz rouge. Après examen des données scientifiques, elles ont estimé que ces produits peuvent prétendre contribuer à maintenir un taux normal de cholestérol LDL à condition d’apporter une dose quotidienne de monacoline K (lovastatine) égale à 10 mg.

Les protéines de soja contre les maladies cardiovasculaires

Les protéines de soja sont extraites des graines de soja, riches en protéines et en isoflavones. Des études ont confirmé l’efficacité des protéines de soja, à la dose minimale de 25 g par jour et associées à un régime adapté, pour contrôler les taux sanguins de cholestérol LDL et prévenir les maladies cardiovasculaires. Cette propriété est reconnue par les autorités de santé américaines qui autorisent les fabricants à revendiquer cette propriété sur les emballages.

Néanmoins, en 2012, faute de preuves d'efficacité convaincantes, les autorités sanitaires européennes ont interdit aux compléments alimentaires contenant des protéines de soja de prétendre contribuer à maintenir des taux sanguins de cholestérol normaux.

La vitamine B3 (acide nicotinique) contre les maladies cardiovasculaires

L’acide nicotinique, l’un des deux composés que l’on regroupe sous le nom de vitamine B3, a montré une certaine capacité à augmenter le taux de cholestérol HDL et à diminuer les taux de cholestérol LDL et de triglycérides. Néanmoins, ces effets ont été observés à des dosages potentiellement toxiques et l’usage de vitamine B3 dans cette indication est fortement déconseillé.

Le chitosanes contre les maladies cardiovasculaire

Le chitosane est une substance dérivée de la chitine, composant principal de la carapace des insectes et des crustacés. Il est proposé comme complément alimentaire pour diminuer l’absorption des graisses et du cholestérol par l’intestin. Mais si des résultats positifs ont été obtenus chez des animaux de laboratoire, ils n’ont jamais été étendus à l’homme.

Les flavonoïdes contre les maladies cardiovasculaires

Les flavonoïdes sont des substances présentes dans les plantes. Les allégations dont ils font l’objet dans le domaine de la prévention des maladies cardiovasculaires n’ont jamais été vérifiées par des essais cliniques.

Depuis 2012, faute de preuves d'efficacité convaincantes, les autorités sanitaires européennes ont interdit aux compléments alimentaires contenant des flavonoïdes (par exemple, la rutine, la diosmine ou les catéchines du thé vert) de prétendre contribuer à maintenir des taux sanguins de cholestérol normaux, ou de contribuer à la santé du cœur et des vaisseaux sanguins.

La coenzyme Q10 contre les maladies cardiovasculaires

La coenzyme Q10 fait partie des substances nécessaires à la production d’énergie dans les cellules. Au Japon et en Israël notamment, la coenzyme Q10 est un médicament destiné aux personnes souffrant d’insuffisance cardiaque chronique.

Plusieurs études semblent indiquer que, lors de traitement contre l'excès de cholestérol par des statines, l'administration simultanée de coenzyme Q10 pourrait améliorer l'efficacité du traitement en termes de baisse du cholestérol LDL. Il est prescrit à cet effet dans les pays où il est disponible comme médicament.

Néanmoins, en 2012, faute de preuves d'efficacité convaincantes, les autorités sanitaires européennes ont interdit aux compléments alimentaires contenant du coenzyme Q10 de prétendre contribuer à maintenir des taux sanguins de cholestérol normaux, de normaliser la pression sanguin ou de contribuer à la santé du cœur et des vaisseaux sanguins.

Le germe de blé contre les maladies cardiovasculaires

Le germe de blé renferme des phytostérols. En 2012, les autorités de santé européennes (EFSA, European Food Safety Authority et la Commission européenne) se sont prononcées sur certaines allégations santé des produits contenant de l’huile de germe de blé. Après examen des données scientifiques, elles ont estimé que les compléments alimentaires contenant de l’huile de germe de blé ne peuvent pas prétendre améliorer la santé du système cardiovasculaire en favorisant l’élasticité des vaisseaux sanguins ou en normalisant la pression sanguine.

Les autres compléments alimentaires proposés contre le risque cardiovasculaire

De très nombreux ingrédients de compléments alimentaires ont, par le passé, fait l'objet d'allégations de santé relatives au maintien de taux de cholestérol normaux, d'une pression sanguine normale ou de la santé du cœur et des vaisseaux sanguins.

Depuis 2012, les autorités de santé européennes (EFSA, European Food Safety Authority et la Commission européenne) se sont prononcées sur ces allégations. Elles en ont interdites un très grand nombre (voir tableau ci-dessous).

Des ingrédients des compléments alimentaires qui n’ont PAS le droit de revendiquer des effets sur le risque cardiovasculaire
Effet sur les taux de cholestérol sanguins Effet sur la pression artérielle Effet sur la santé du cœur et des vaisseaux sanguins
Acide alpha-lipoïque
Acide gamma-linolénique
Acide nicotinique (vitamine B3)
Astaxanthine
Coquilles d’œuf ou d’huître
Carnitine et acétyl-L-carnitine
Coenzyme Q10
Cuivre
Flavonoïdes
Fructo-oligosaccharides (FOS)
Gelée royale
Huile d’olive
Inulines
Isoflavones
Lycopène
Magnésium
Méthionine
Oméga-3 des huiles de poisson
Phosphatidylcholine (lécithine)
Protéines de soja
Vitamine B3 (acide nicotinique)
Arginine
Calcium
Coenzyme Q10
Acide alpha-linolénique
Acide gamma-linolénique
Huile de germe de blé
Magnésium
Probiotiques
Arginine
Calcium
Coenzyme Q10
Acide alpha-linolénique
Acide gamma-linolénique
Acide linoléique
Flavonoïdes
Gelée royale
Glucosamine
Huile de germe de blé
Huile de lin
Huile d’olive
Levure de bière
Lycopène
Oméga-3 des huiles de poisson
Phosphatidylcholine (lécithine)
Sélénium
Vitamines B9, D, E et K
Zinc

Existe-t-il des risques avec les compléments alimentaires pour protéger les artères ?

La prise de potassium, en plus de celui contenu dans les aliments et les compléments multivitaminiques, est fortement déconseillée sans contrôle médical. Un excès de potassium provoque des troubles du rythme cardiaque pouvant entraîner la mort. De plus, le potassium en excès peut interagir avec de nombreux médicaments.

Les femmes enceintes ou celles qui allaitent, ainsi que les personnes qui souffrent de diabète, de maladies du cœur et des vaisseaux, de constipation ou de diarrhée, ou qui prennent un traitement contre l'hypertension artérielle, doivent particulièrement veiller à ne pas prendre de compléments riches en potassium sans en référer d'abord à leur médecin traitant.

Les pectines diminuent l’absorption de nombreuses autres substances présentes dans les aliments : bêta-carotène, lutéine, lycopène, sels minéraux tels que zinc, calcium, magnésium ou fer. De ce fait, les pectines ne devraient pas être ingérées plus de quelques jours d’affilée.

De plus, les pectines doivent être ingérées avec une grande quantité d'eau, suffisamment pour qu'elles parviennent rapidement à l'estomac. Cette précaution d'emploi est destinée à éviter les étouffements qui pourraient survenir si les pectines étaient ingérées en solution trop épaisse. Les personnes qui ont du mal à déglutir doivent particulièrement veiller à fortement diluer les pectines qu'elles prennent.

Le chitosane est déconseillé aux personnes allergiques aux crustacés. En outre, il perturberait l’absorption de nombreuses substances dont certains médicaments. Ses effets indésirables possibles sont des nausées et des diarrhées.

Les personnes qui prennent des médicaments contre l’excès de cholestérol (en particulier des statines) doivent se renseigner auprès de leur médecin avant de consommer des aliments enrichis en phytostérols ou en phytostanols, ou des compléments contenant des policosanols ou de la coenzyme Q10.

Les personnes qui souffrent d'allergie au gluten ne doivent pas consommer de produits contenant du germe de blé.

La levure de riz rouge doit être utilisée avec les mêmes précautions qu’un médicament et un suivi médical est indispensable. Si des crampes, des douleurs musculaires, une sensibilité ou une faiblesse musculaire apparaissent, une consultation médicale immédiate s’impose. En outre, la levure de riz rouge peut avoir des interactions avec de nombreux médicaments, en particulier ceux destinés à lutter contre l’excès de cholestérol LDL.

Les produits à base de protéines de soja sont contre-indiqués chez les femmes ayant des antécédents personnels ou familiaux de cancer du sein, de l’utérus, des ovaires ainsi que chez les hommes présentant des troubles de la prostate. Les protéines de soja peuvent interagir avec de nombreux médicaments comme les anticoagulants, les hormones thyroïdiennes ou les traitements de l’ostéoporose.

Compte tenu des nombreux risques liés à son utilisation, la vitamine B3 ne doit jamais être utilisée à des fins thérapeutiques.

Les personnes qui prennent des médicaments anticoagulants doivent s’abstenir de prendre des policosanols, de la coenzyme Q10, des flavonoïdes ou des compléments à base d’ail, d’acides gras oméga-3 ou oméga-9.

En 2014, une étude australienne a mis en garde les personnes souffrant d'hypertension artérielle contre la prise simultanée de vitamine C et de flavonoïdes (polyphénols). Si la prise de 500 mg/jour de vitamine C semble réduire la pression artérielle des personnes hypertendues, et la prise de 1000 mg/jour de polyphénols extraits des pépins de raisin être sans effet sur leur tension artérielle, la prise concomitante de ces deux substances a provoqué une augmentation significative de la tension artérielle de ces patients hypertendus. Un phénomène identique a été observée lors de la prise de 500 mg/jour de vitamine E (tocophérols). La prudence est donc de mise.

Enfin, les personnes qui souffrent de diabète doivent se faire conseiller avant de prendre de la coenzyme Q10.


Quelles plantes pour protéger son cœur et ses vaisseaux ?

phytothérapie

Peu de plantes ont montré un intérêt dans la protection du cœur et des vaisseaux. Néanmoins, certaines plantes riches en fibres pourraient contribuer à prévenir les problèmes cardiovasculaires.

L’avoine pour protéger son cœur et ses vaisseaux

Le son et le gruau d’avoine sont riches en fibres alimentaires solubles et en bêta-glucanes, qui normalisent les concentrations de cholestérol LDL dans le sang. En 2012, l'EFSA (European Food Safety Authority) a estimé que les produits à base d’avoine contribuent au maitien d’un taux normal de cholestérol sanguin à la condition que le complément alimentaire (ou l’aliment) contienne au moins 1 gramme de béta-glucanes par portion et que la personne ingère 3 grammes de béta-glucanes par jour.

De plus, ces produits peuvent réduire l’élévation du taux de glucose dans le sang après un repas à la condition que l’aliment contienne au moins 4 grammes de béta-glucanes pour chaque 30 grammes de glucides présents dans l’aliment, et que l'aliment contenant de l’avoine soit consommé au sein d’un repas.

Le psyllium (ou ispaghul) pour protéger son cœur et ses vaisseaux

Les graines de psyllium contiennent des fibres qui forment dans l’estomac un gel susceptible de fixer en partie les graisses contenues dans les aliments et de diminuer ainsi l’absorption du cholestérol. La Food and Drug Administration américaine autorise la mention suivante sur les emballages des aliments contenant plus de 1,7 g de fibres de psyllium par portion : « Lorsqu’elles sont assorties d’un régime faible en gras et en cholestérol, les fibres solubles provenant des enveloppes de graines de psyllium contenues dans ce produit peuvent réduire les risques de maladies cardiovasculaires. »

En 2012, les autorités de santé européennes (EFSA, European Food Safety Authority et la Commission européenne) se sont prononcées sur certaines allégations santé des produits contenant des graines ou du son de psyllium (ispaghul). Après examen des données scientifiques, elles ont estimé que les produits à base de psyllium ne peuvent pas prétendre contribuer à réduire les taux sanguins de cholestérol.

L’ail pour protéger son cœur et ses vaisseaux

De nombreuses études cliniques ont porté sur l’ail frais ou sur des extraits standardisés. Elles n’ont montré qu’une efficacité modeste dans le contrôle du cholestérol sanguin ou de la pression artérielle. Plusieurs analyses croisées révèlent que l’administration quotidienne d’ail ne semble réduire les taux de cholestérol LDL que de 4 à 6 %, ce qui semble insuffisant pour entraîner un bénéfice dans la prévention des maladies cardiovasculaires.

Le lin pour protéger son cœur et ses vaisseaux

L’huile de lin est particulièrement riche en acides gras polyinsaturés (acides gras oméga-3), ce qui a conduit les scientifiques à rechercher un éventuel effet de l’huile de lin dans la prévention des maladies cardiovasculaires. Mais les études portant sur les effets des graines ou de l’huile de lin sur le taux de cholestérol LDL ont donné des résultats contradictoires. En 2012, les autorités sanitaires européennes ont interdit aux aliments et aux compléments alimentaires contenant de l'huile de lin de prétendre contribuer à la santé du cœur ou des vaisseaux sanguins.

Le fenugrec et le nopal contre les maladies cardiovasculaires

Le fenugrec et le nopal sont deux plantes qui sont parfois proposées pour diminuer l’absorption des graisses par l’intestin, du fait de leur richesse en fibres. Aucune étude n’a confirmé cette allégation.

En 2016, l’EFSA (Agence européenne de sécurité des aliments) a interdit à un complément alimentaire contenant du fenugrec (Teestar) de prétendre réduire la glycémie sanguine (par exemple, dans le cadre du diabète de type 2).

Existe-t-il des risques à protéger son cœur et ses vaisseaux avec des plantes ?

La prise d’avoine, de graines de lin ou de psyllium peut diminuer l’absorption de certaines substances. Il convient généralement de respecter un délai d’au moins deux heures entre la prise de ces plantes et celle de médicaments. Les personnes qui prennent des médicaments contre l’excès de cholestérol (en particulier des statines) doivent se renseigner auprès de leur médecin avant de prendre de l’avoine. Les personnes qui prennent un traitement anticoagulant doivent s’abstenir de prendre des compléments à base d’ail.

Les personnes qui souffrent de maladie cœliaque (intolérance au gluten) devraient s’abstenir de consommer des produits contenant de l’avoine, même si, parmi plusieurs études cliniques, aucune n’a montré d’aggravation de la maladie lors d’une consommation modérée de cette céréale.


Sources et références de l'article "Hypertension artérielle (HTA)"

  • HTA (hypertension artérielle), Vidal Recos, 04/2017
  • HTA sévère et urgences hypertensives, Vidal Recos, 04/2017
  • MédicoSport Santé 2017, Commission médicale du Comité national olympique et sportif français, 04/2017
  • Guide de l'automédication, Vidal, 2010
  • Guide des plantes qui soignent, Vidal, 2010
  • Guide des compléments alimentaires, Vidal, 2008
  • Guide de l'alimentation équilibrée, Vidal, 2008
  • Guide de la santé en voyage, Vidal, 2007
  • Guide Santé après 50 ans, Vidal, 2005
  • Guide sport et santé, Vidal, 2005