En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l’utilisation de cookies pour vous proposer des contenus et services adaptés à vos centres d’intérêts. En savoir plus et gérer ces paramètres. ×

Insuffisance cardiaque chronique

Mis à jour : Mardi 08 Novembre 2016

L'insuffisance cardiaque chronique est une complication grave de certaines maladies cardiovasculaires et respiratoires. D'apparition progressive, elle touche essentiellement les personnes âgées de plus de 75 ans. Sa prise en charge médicale repose sur les soins de la maladie qui en est la cause, des mesures d'hygiène de vie et la prescription d'un ensemble de médicaments destinés à soutenir le muscle cardiaque et à lutter contre l'hypertension artérielle. Ce traitement doit être mis en place le plus précocement possible et être suivi scrupuleusement tout au long de la vie.

Qu'est-ce que l'insuffisance cardiaque chronique ?

coeur

L’insuffisance cardiaque chronique (ICC) est l’incapacité du cœur à pomper suffisamment de sang pour oxygéner correctement l’ensemble des organes du corps, ce qui se traduit principalement par de la fatigue et un essoufflement rapide à l’effort. Le plus souvent, elle est simplement appelée « insuffisance cardiaque ».

L’insuffisance cardiaque chronique apparaît progressivement car elle est une complication à long terme d’un problème cardiaque (infarctus, problèmes de valvules, troubles du rythme cardiaque, par exemple), respiratoire (emphysème, bronchite chronique, etc.) ou vasculaire (hypertension artérielle non contrôlée, atteinte des artères coronaires ou de l’artère pulmonaire).

L’insuffisance cardiaque chronique est liée à une baisse d’efficacité des ventricules du cœur (les cavités entourées du muscle cardiaque, le myocarde, qui sont chargées de pomper le sang). Le ventricule gauche (chargé de faire circuler le sang oxygéné dans le corps) est celui qui est le plus souvent touché : on parle alors d’ICC gauche. Mais l’insuffisance cardiaque chronique peut également toucher le ventricule droit (chargé de faire circuler le sang veineux dans les poumons, voir encadré), voire les deux ventricules.

Les symptômes de l’insuffisance cardiaque chronique varient selon le ventricule en cause, et selon la sévérité de la perte d’efficacité des ventricules.

Rappel sur le fonctionnement du cœur
Pour mieux comprendre l’insuffisance cardiaque chronique, il est indispensable de comprendre le rôle du cœur dans la circulation du sang.
Le sang veineux, chargé de dioxyde de carbone (« gaz carbonique ») et pauvre en oxygène, arrive dans le cœur droit (oreillette, puis ventricule). Lorsque le muscle cardiaque se contracte, le ventricule droit expulse le sang veineux dans les poumons où celui-ci se débarrasse de son dioxyde de carbone, se charge en oxygène et passe ensuite dans le cœur gauche. Lors de la contraction cardiaque, le ventricule gauche expulse ce sang oxygéné dans l’ensemble des organes via l’aorte. Progressivement, le sang distribue l’oxygène aux organes, se charge en dioxyde de carbone et retourne dans le cœur droit via le système veineux.

Pourquoi parle-t-on parfois d'insuffisance cardiaque « congestive » ?

Lorsqu’un ventricule cardiaque peine à effectuer son travail, le sang situé en amont est contraint de « stagner » avant de pouvoir circuler de nouveau. Cette stagnation relative est appelée « stase » et elle provoque le passage d’une partie du plasma (le liquide dans lequel baignent les cellules sanguines) hors des vaisseaux sanguins, dans les tissus environnants.

Cette fuite de plasma produit une congestion, soit dans les poumons (quand le ventricule gauche est celui qui est affaibli), soit dans les jambes et les organes digestifs (dans le cas du ventricule droit). La stase dans les poumons provoque de la toux et des troubles respiratoires, celle dans les jambes produit des gonflements (« œdèmes »).

Qu'est-ce que l'insuffisance cardiaque aiguë ?
On parle d’insuffisance cardiaque aiguë lorsque le cœur est soudainement incapable d’assurer sa fonction de pompe sanguine. À la différence de l’insuffisance cardiaque chronique qui apparaît progressivement, la forme aiguë survient brutalement.
L’exemple le plus connu d’insuffisance cardiaque aiguë est l’infarctus du myocarde, lorsque le muscle du cœur n’est plus suffisamment oxygéné à cause d’un obstacle dans une artère coronaire. Mais l’insuffisance cardiaque aiguë peut également être l’aggravation soudaine d’une insuffisance cardiaque chronique, lorsque la perte d’efficacité des ventricules devient trop sévère pour que le cœur puisse la compenser.

Qui est touché par l'insuffisance cardiaque chronique ?

L’insuffisance cardiaque chronique est plutôt une maladie de la personne âgée (en France, l’âge moyen au moment du diagnostic est de 74 ans). Passé 70 ans, elle affecterait entre 10 et 20 % des personnes.

Parce que cette maladie est la conséquence d’un ou plusieurs autres problèmes cardiaques, respiratoires ou vasculaires, elle affecte les personnes qui souffrent de ces problèmes. Par exemple, elle peut se développer progressivement chez des personnes qui ont eu un infarctus du myocarde, une malformation d’une valvule cardiaque, des problèmes d’angine de poitrine (angor), de l’hypertension artérielle non contrôlée par les traitements, des problèmes respiratoires chroniques, une embolie pulmonaire, etc.

L'insuffisance cardiaque chronique est-elle fréquente ?

En France, on estime qu’environ 600 000 personnes souffrent d’insuffisance cardiaque chronique. Chaque année, 120 000 nouveaux cas sont diagnostiqués. De plus, l’ICC provoque 150 000 hospitalisations et 32 000 décès tous les ans.

L’insuffisance cardiaque chronique est de plus en plus fréquente, du fait du vieillissement général de la population française, mais aussi parce que les troubles cardiovasculaires et respiratoires qui font le lit de cette maladie sont mieux traités. Par exemple, les infarctus du myocarde entraînent moins de décès à court terme, mais leurs séquelles sont à l’origine de nouveaux cas d’ICC.

Actualités

Répartition départementale des cas signalés en 2017 (source : InVS).

Rougeole : 4 fois plus de cas qu'au premier quadrimestre 2016. Vers une vaccination ROR obligatoire ?

Le séquençage génétique de l’ADN fœtal peut être effectué à partir d’une simple prise de sang de la future mère (illustration).

Grossesse : la HAS recommande d’intégrer les tests ADN dans le dépistage de la trisomie 21

La SFAP publie des fiches repères pour aider à la mise en oeuvre, à la demande du patient et dans certaines conditions, d'une sédation profonde et continue en fin de vie (illustration).

Droit à une sédation profonde et continue en fin de vie : la SFAP publie 3 fiches repères