Comment soigne-t-on la fibromyalgie ?

Mis à jour : Jeudi 22 Novembre 2018

Les recommandations sur la prise en charge de la fibromyalgie

La prise en charge de la fibromyalgie fait l’objet de recommandations européennes, établies par un collège d’experts (EULAR). Elles ont été actualisées en juin 2016.

    Pour ces recommandations, l’évaluation des traitements a porté sur :
  • la diminution du syndrome douloureux,
  • la diminution de la fatigue chronique ressentie,
  • l’amélioration du sommeil,
  • la diminution du handicap induit par la fibromyalgie sur la vie quotidienne.

Le traitement doit être adapté à chaque patient en fonction de ses symptômes. Les traitements non médicamenteux sont à privilégier, en particulier l’exercice physique qui bénéficie d’une recommandation forte. D’autres traitements non médicamenteux ont montré un effet bénéfique sur certains symptômes : acupuncture, cure thermale (hydrothérapie), yoga, tai chi, qi gong, ainsi que les psychothérapies comportementales et cognitives. Les médicaments sont réservés aux patients chez qui l’exercice physique individualisé n’a pas permis d’améliorer les symptômes de la fibromyalgie.

Les traitements non médicamenteux

Des études cliniques ont montré que certains traitements non médicamenteux peuvent aider les personnes atteintes de fibromyalgie.

  • L’activité physique, avec des exercices gradués et adaptés selon les moyens de chaque patient, s’est révélée dans les études la plus efficace contre la douleur et le handicap fonctionnel. Elle améliore également le bien-être pour un coût modeste et avec une absence d’effets indésirables. Selon les experts de l’EULAR, c'est la seule modalité thérapeutique qui peut être « fortement » recommandée dans la prise en charge de la fibromyalgie. Les données scientifiques ne permettent pas de distinguer les bénéfices de l’exercice aérobie de ceux liés à une amélioration de la force musculaire.
  • Les pratiques de type mouvement méditatif (yoga, tai chi, qi gong, etc.) sont « faiblement » recommandées, mais semblent avoir un effet positif sur le sommeil, la fatigue et la qualité de vie, alors que les pratiques de relaxation purement méditatives ont, elles, un faible effet positif sur la qualité de vie et la douleur. Idem pour l’acupuncture (qui semble améliorer douleur et fatigue) et les cures thermales (qui pourraient soulager la douleur et améliorer la qualité de vie). Certaines pratiques alternatives ne sont pas recommandées par manque de preuves d’efficacité : biofeedback, hypnothérapie, kinésithérapie, SAM-e (S-adénosyl-L-méthionine), capsaïcine, homéopathie, visualisation guidée. La chiropractie est formellement déconseillée pour des raisons de sécurité.
  • Les psychothérapies sont « faiblement » recommandées pour les patients qui présentent des troubles de l’humeur ou qui peinent à s’adapter à leur fibromyalgie. En particulier, les thérapies comportementales et cognitives ont montré une capacité faible mais significative à réduire de manière durable les symptômes douloureux et le handicap, et à soulager les troubles de l’humeur.

L’activité physique adaptée dans la prise en charge de la fibromyalgie

L’activité physique adaptée (APA) fait partie des traitements non médicamenteux de la fibromyalgie. En effet, la pratique régulière d’une activité physique contribue à une diminution significative des douleurs et une amélioration de la qualité de vie et du moral.

De nombreuses activités sportives peuvent être adaptées pour pouvoir être pratiquées par les personnes souffrant de fibromyalgie : par exemple, natation, marche nordique, taïchi chuan et qi gong.

Dans le cadre de la fibromyalgie, le médecin traitant peut désormais prescrire de l’APA en précisant les objectifs recherchés (diminution du syndrome douloureux, renforcement musculaire, lutte contre le stress, etc.) et les contre-indications propres au patient. Dans les clubs qui proposent ces disciplines, des éducateurs formés à la pratique du sport santé sont chargés de définir des protocoles de remise en forme et d’entraînement adaptés à chaque cas particulier. Les frais engagés, souvent modestes, sont parfois pris en charge par les assurances complémentaires (« mutuelles ») ou les mairies / départements.

Les patients qui ont recours à ces activités adaptées témoignent de bénéfices physiques (par exemple sur l’autonomie et l’endurance), mais également de bénéfices psychosociaux (lutte contre l’isolement, meilleure image de soi).

Les traitements médicamenteux

Il n’existe pas de traitements médicamenteux propres à la fibromyalgie. Les médicaments qui sont parfois prescrits sont destinés à soulager les symptômes sans agir sur la cause de la maladie qui demeure inconnue. Par manque d’études cliniques dans cette affection, ces médicaments ne sont pas officiellement autorisés pour le traitement de la fibromyalgie et leur utilisation se fait sous la responsabilité du médecin.

  • En cas de douleurs : la plupart des médicaments contre la douleur (antalgiques) restent sans effet pour soulager la fibromyalgie. Seul le tramadol, associé ou non au paracétamol, semble parfois diminuer la douleur, mais ses effets indésirables en limitent l’usage. La duloxétine (CYMBALTA et ses génériques), un antidépresseur de la famille des inhibiteurs de la recapture de la sérotonine et de la noradrénaline, et la prégabaline (LYRICA et ses génériques), un antiépileptique, ont montré également de l’intérêt pour soulager la douleur.
  • En cas de troubles du sommeil : le manque de sommeil réparateur étant un élément caractéristique de la fibromyalgie, des médicaments peuvent être prescrits aux personnes qui souffrent de troubles du sommeil importants. Les médicaments recommandés ne sont pas spécifiques des troubles du sommeil. Il s’agit de l’amytriptiline (LAROXYL), un antidépresseur de la famille des imipraminiques utilisé dans cette situation à faible dose ou de la prégabaline (LYRICA et ses génériques), un antiépileptique à prendre le soir. Un relaxant musculaire, la cyclobenzapine, est également recommandé mais il n’est pas commercialisé en France.
  • Les experts de l’EULAR déconseillent « faiblement » les anti-inflammatoires non stéroïdiens (ibuprofène, kétoprofène) et les médicaments antidépresseurs (autres que la duloxétine et l'amytriptiline) du fait de leur manque d’efficacité. De plus, ils déconseillent « fortement » l’hormone de croissance humaine, l’oxybate de sodium, les antalgiques opiacés de niveau 3 (morphine, oxycodone, fentanyl, etc.) et les corticostéroïdes (dérivés de la cortisone), du fait de leurs profils en termes d’effets indésirables et du manque de preuves en termes d’efficacité. Aucune donnée n’est disponible sur les cannabinoïdes, ni sur les substances antipsychotiques dans cette indication.
  • En cas de dépression liée à la douleur et à l’anxiété : le médecin peut prescrire une psychothérapie associée à un traitement antidépresseur.

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