Méningites

Mis à jour : Mardi 18 Décembre 2018

Une méningite est une inflammation des méninges, les membranes qui protègent le cerveau et la moelle épinière. En général, les méningites sont des infections causées par un virus (le plus fréquemment) ou par une bactérie. Il existe également des méningites non infectieuses.

Une méningite peut se produire à n’importe quel âge, mais les enfants, les adolescents et les jeunes adultes sont les plus à risque de développer cette maladie. Les méningites bactériennes sont les plus dangereuses et peuvent s’aggraver rapidement. Des symptômes tels que des maux de tête violents, de la fièvre, une rigidité du cou ou une sensibilité exacerbée à la lumière justifient de consulter un médecin au plus vite.

Qu'est-ce qu'une méningite ?

cerveau humain

Une méningite est une inflammation des méninges, les membranes qui protègent le cerveau et la moelle épinière. Le plus souvent, cette inflammation est la manifestation d’une infection par un virus ou par une bactérie. Plus rarement (dans moins de 5 % des cas), les méningites peuvent également être provoquées par un champignon ou un parasite microscopique.

Il existe des méningites non infectieuses liées par exemple à une maladie auto-immune (comme, par exemple, le lupus érythémateux) ou à un cancer métastasé (notamment du poumon ou du sein).

Les méningites peuvent survenir à tout âge, mais elles touchent plus particulièrement les enfants et les adolescents. La méningite est une maladie rare mais grave. Devant toute suspicion de méningite, il est donc impératif de consulter rapidement un médecin.

Les méningites sont-elles des maladies fréquentes ?

Le nombre de méningites bactériennes survenues en France en 2009 est estimé à environ 1.650 (20 à 25 % des 7.000 à 8.500 cas annuels de méningites, toutes causes confondues). Seuls les méningocoques sont à l’origine d’épidémies de méningite (méningocoques de sérogroupes A, B, C, W135 ou X). La répartition géographique et l’intensité de ces épidémies varient selon le sérogroupe responsable.

En France, dans le cas des épidémies de méningite à méningocoque, on retrouve majoritairement le sérogroupe B, puis le sérogroupe C et, plus rarement, les sérogroupes W135 et Y. Les départements de la Seine-Maritime et plus récemment de la Somme, du Nord et du Pas-de-Calais sont régulièrement concernés.

Qui est à risque pour les méningites ?

Certaines personnes ont un risque plus élevé de souffrir d’une méningite :

  • les nourrissons de moins de deux ans, les adolescents et les jeunes adultes jusqu’à l’âge de 24 ans ;
  • les personnes âgées ;
  • les personnes vivant dans une collectivité fermée (pensionnat, caserne, crèche à plein temps) ;
  • les personnes dont le système immunitaire est affaibli (personnes prenant un médicament immunosuppresseur, personnes infectées par le VIH/sida, diabétiques, etc.) ;
  • les personnes en contact avec une personne atteinte de méningite ;
  • les personnes séjournant dans une région où les épidémies de méningites sont fréquentes ;
  • les fumeurs et les personnes exposées à la fumée de cigarette.

Quels sont les symptômes des méningites ?

Les symptômes des méningites sont regroupés sous le terme de « syndrome méningé » qui associe le plus souvent :

  • une forte fièvre,
  • une sensibilité exacerbée à la lumière,
  • une raideur de la nuque,
  • de violents maux de tête,
  • des nausées et des vomissements.

Ces symptômes peuvent ne pas tous être présents en même temps. Toute personne présentant ces symptômes doit être hospitalisée en urgence.

Les symptômes des méningites chez les nourrissons
Chez les nourrissons, outre la fièvre, les symptômes des méningites sont le plus souvent des pleurs incessants, de l'irritabilité et une somnolence alternant avec une forte agitation. La fontanelle peut également être bombée. Si le comportement de votre bébé vous semble inhabituel et vous inquiète, n'hésitez pas à consulter un médecin en urgence.

Quelles sont les éventuelles complications des méningites ?

Dans le cas des méningites dues à des virus, notamment lorsque la personne ne perd pas conscience, la maladie évolue favorablement en une dizaine de jours. Néanmoins, les médecins surveillent l’apparition de signes de gravité qui pourraient signaler une méningite liée au virus de l’herpès.

Lorsqu’il s’agit d’une méningite bactérienne, un traitement antibiotique doit être mis en place le plus rapidement possible afin de réduire le risque de complications : confusion mentale, crise d’épilepsie, coma, et parfois dissémination de l’infection dans tout l’organisme (choc septique) avec un purpura fulminans qui est la complication la plus sérieuse (voir ci-dessous). En outre, des séquelles au niveau de la vue (pouvant aller jusqu’à la perte de la vision) sont possibles, ainsi qu’au niveau de l’audition, de l’élocution et de l’apprentissage. Une paralysie, voire une gangrène des mains ou des pieds aboutissant éventuellement à une amputation, peuvent également être observées.

Les méningites bactériennes sont mortelles dans 10 % des cas malgré une antibiothérapie adaptée et le taux de personnes présentant des séquelles après une méningite bactérienne est d’environ 30 %.

Qu'est-ce que le purpura fulminans ?

Le purpura fulminans est une urgence médicale. Cette complication révèle la dissémination de la bactérie responsable de la méningite dans l’ensemble de l’organisme. Le purpura fulminans se rencontre le plus souvent lors d’une infection par un méningocoque. Il se présente sous la forme de taches rouge violacé sur la peau qui ne disparaissent pas à la pression et qui ont tendance à s’étendre.

Lorsqu’un enfant présente une forte fièvre, il est indispensable de le déshabiller complètement pour rechercher d’éventuels signes de purpura fulminans. Dans ce cas, il est indispensable d’appeler un service médical d’urgence.


Les méningites infectieuses peuvent être dues à des virus, des bactéries ou d’autres micro-organismes.

Les méningites dues à des virus

Les méningites virales, qui sont les plus fréquentes (70 à 80 % des cas), sont généralement bénignes. La guérison survient en cinq à dix jours, mais des maux de tête peuvent persister plusieurs semaines. Les méningites virales ont des origines variées : virus de la famille des Entérovirus, virus de la varicelle, de la mononucléose infectieuse, de la rougeole, des oreillons, de la grippe ou de l’herpès (qui provoque les méningites virales les plus graves), etc.

Les méningites dues à des bactéries

Les méningites bactériennes mettent la vie du patient en danger. Elles nécessitent une prise en charge médicale urgente.

Plusieurs types de bactéries peuvent être à l’origine de méningites :

  • Le pneumocoque (Streptococcus pneumoniae) est le plus fréquent (environ la moitié cas de méningite bactérienne en France). Cette bactérie se développe dans le nez et la gorge (rhinopharynx) où elle peut rester plusieurs mois sans provoquer de symptômes (c’est ce qu’on appelle le « portage sain »). Parfois, sans que l’on en sache les mécanismes, ce pneumocoque provoque des otites, une pneumonie, une méningite voire une septicémie (infection généralisée).
  • Le méningocoque (Neisseria meningitidis) est responsable d’environ un quart des cas de méningite bactérienne en France. Comme le pneumocoque, cette bactérie se développe dans le nez et la gorge où elle peut rester longtemps sans provoquer de symptômes. Toutefois, chez certaines personnes, le méningocoque est à l’origine d’une méningite ou d’une septicémie.
  • Les streptocoques du groupe B (en particulier Streptococcus agalactiae) sont la cause d’environ 10 % des cas de méningite en France. Mais, chez les nouveau-nés de moins de deux mois, cette bactérie est responsable de près de 80 % des méningites. Les femmes hébergent fréquemment cette bactérie sur les parois du vagin (sans aucun symptôme) et il arrive que les nouveau-nés soient contaminés lors de l’accouchement. Pour cette raison, il est recommandé aux femmes enceintes de réaliser un prélèvement vaginal en fin de grossesse (au cours du neuvième mois), afin de rechercher la présence de streptocoques B et de mettre en œuvre, si nécessaire, un traitement antibiotique adapté pendant l’accouchement.
  • D’autres bactéries peuvent également être à l’origine de méningites : la listeria (Listeria monocytogenes), Hæmophilus influenzae B ou encore Mycobacterium tuberculosis (la bactérie responsable de la tuberculose).
Qu'appelle-t-on sérogroupe ?
Au sein d’une même espèce, certaines bactéries et certains virus présentent de petites variations de structure. Ces sous-espèces sont appelées « sérogroupes ». Par exemple, il existe 91 sérogroupes de pneumocoques et douze sérogroupes de méningocoques. Un vaccin peut n’être efficace que sur certains de ces sérogroupes, ce qui complique la prévention des méningites.

Les méningites dues à d'autres micro-organismes

Les méningites dites « fongiques » sont causées par des champignons microscopiques (Cryptococcus neoformans, Candida albicans, par exemple) : elles sont rares mais sévères, car elles surviennent chez des personnes ayant un système immunitaire affaibli.

Enfin, les méningites peuvent être dues à un parasite microscopique (par exemple, ceux à l'origine de la toxoplasmose ou du paludisme) ou à un ver (ascaris, oxyures, etc.).


La prévention des méningites repose sur la vaccination contre les bactéries responsables de méningites graves (méningocoque, pneumocoque, Hæmophilus influenzae de type B) et sur le traitement préventif des personnes ayant été en contact avec des malades en cas de méningite à méningocoques.

Les vaccins contre les méningites

Il existe des vaccins permettant de se protéger contre les infections dues aux bactéries pouvant être responsables de méningites : méningocoques, pneumocoques et Hæmophilus B. Ces vaccins sont recommandés dès le plus jeune âge.

Il est également important de se souvenir que les vaccins contre les oreillons, la rougeole ou la tuberculose (BCG) préviennent les méningites liées à ces maladies.

Les vaccins contre les infections à méningocoques

    Il en existe plusieurs types :
  • Le vaccin contre le méningocoque C (MENJUGATE, NEISVAC) : c'est le vaccin recommandé pour la vaccination généralisée de tous les nourrissons à 5 mois avec un rappel à 12 mois (qui peut être pratiqué en même temps que le vaccin ROR). Afin d’immuniser le plus grand nombre d’enfants et de réduire ainsi le risque d’épidémie, l’injection d’une dose de ce vaccin est aussi recommandée pour tous les enfants jusqu’à l’âge de 24 ans révolus s’ils n’ont pas été vaccinés dès le plus jeune âge.
  • Le vaccin contre les méningocoques A, C, Y et W135 (MENVEO, NIMENRIX) : cette vaccination concerne essentiellement des populations à risque. Elle peut être proposée en cas de contact avec une personne ayant une infection par un méningocoque A, C Y ou W135.
  • Le vaccin contre les infections à méningocoque B (BEXSERO) : il est réservé à des situations spécifiques, notamment d’épidémie. Il est utilisable chez les adultes et les enfants à partir de l'âge de 2 mois.
Liste des médicaments mise à jour : Mardi 17 Septembre 2019

Vaccins : infections à méningocoques

Le vaccin contre les infections à Hæmophilus influenzae de type B

Ce vaccin est recommandé pour tous les nourrissons. Il est administré généralement en association avec les vaccins contre la diphtérie, le tétanos, la poliomyélite et la coqueluche. Pour les enfants qui n’ont pas été vaccinés avant six mois, il existe un vaccin uniquement destiné à prévenir ce type d’infection.

Liste des médicaments mise à jour : Mardi 17 Septembre 2019

Vaccins : infections à Haemophilus influenzae type b

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Médicament ayant des présentations disponibles sans ordonnance

Les vaccins contre les infections à pneumocoques

Il existe 2 vaccins constitués de fragments de différents pneumocoques. Le vaccin à 13 sérotypes (PREVENAR 13) est recommandé pour tous les nourrissons de moins de deux ans, avec une injection à 2 mois et à 4 mois et un rappel à 11 mois. Le vaccin à 23 sérotypes (PNEUMOVAX) est destiné à l’adulte et à certains enfants présentant des risques particuliers.

Liste des médicaments mise à jour : Mardi 17 Septembre 2019

Vaccins : infections à pneumocoques

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Médicament ayant des présentations disponibles sans ordonnance

Voyageurs : prenez vos précautions !

L’Afrique est très touchée par les méningocoques de sérogroupe A qui sont à l’origine de grandes épidémies tous les sept à quatorze ans (les dernières en 1996 et en 2009), épidémies qui touchent en particulier les enfants et les adolescents. Une vaccination (incluant le sérogroupe W135) est recommandée en cas de séjour prolongé ou de contact étroit avec la population locale, en période sèche et en zone d’épidémie, dans tous les pays d’Afrique situés au nord du Cameroun.

Pour le pèlerinage à la Mecque, la présentation d’un carnet de vaccination à jour est exigée par les autorités saoudiennes. Il est obligatoire d’être vacciné contre les méningocoques de sérogroupe A, C, Y et W135. La vaccination doit être réalisée au plus tard dix jours avant le départ. Le vaccin contre le pneumocoque est également recommandé.

De plus, pour les voyageurs se rendant sous les Tropiques, la dengue et le chikungunya peuvent provoquer des méningites. Ces maladies sont transmises par les moustiques et mieux vaut s’équiper de produits répulsifs et de moustiquaires.

Ne laissez pas traîner une infection ORL !

Parce que les virus et les bactéries qui provoquent une méningite peuvent être présents dans la gorge ou les oreilles, il est important de rester vigilant en cas d’infection ORL (rhume, rhinopharyngite, otite, angine, etc.). Un rhume ne dure habituellement pas plus d’une semaine. S’il persiste, ou s’il aggrave, consultez un médecin. Une angine ou une otite peut également être d’origine bactérienne. Consultez rapidement un médecin afin qu’il puisse prescrire un antibiotique si c’est le cas.

Les traitements préventifs pour l'entourage

Dans le cas d’une méningite à méningocoques, contagieuse et parfois mortelle, un traitement préventif est préconisé dans l’entourage de la personne qui déclare cette maladie. La période d’incubation d’une méningite à méningocoque peut varier entre deux et dix jours. Les personnes ayant été en contact avec un malade dans les dix jours précédant le diagnostic de méningite à méningocoque doivent recevoir un traitement antibiotique dans les plus brefs délais. Ce traitement préventif dure deux jours. Toutes les personnes fréquentant la même collectivité (crèche, école, collège, lycée, entreprise, etc.) sont concernées, même s’il n’y a pas eu de contact direct entre les deux individus. De plus, les personnes en contact régulier et répété avec le malade sont vaccinées (hors méningocoque de sérogroupe B).

Dans le cas d’une méningite à Hæmophilus (devenue exceptionnelle en France depuis la mise en place de la vaccination systématique des nourrissons), un traitement préventif de l’entourage peut également être proposé.


Comment diagnostique-t-on une méningite ?

Lorsqu’une personne présente des symptômes évoquant une méningite (fièvre, raideur de la nuque, maux de tête, sensibilité exacerbée à la lumière, nausées), une hospitalisation en urgence est indispensable afin de pratiquer une ponction lombaire pour confirmer la diagnostic.

Le médecin recherche également systématiquement un purpura fulminans (taches rouge violacé sur la peau). En cas de suspicion de méningite due à une bactérie, un traitement antibiotique est prescrit au plus vite, sans attendre les résultats de la ponction lombaire.

La ponction lombaire est un geste médical qui consiste à prélever du liquide céphalo-rachidien à l’aide d’une aiguille fine introduite après anesthésie locale entre deux vertèbres lombaires. Cet examen est généralement peu ou pas douloureux. Son objectif est de rechercher la présence d’un nombre anormalement élevé de globules blancs dans le liquide céphalo-rachidien (ce qui est le signe d’une infection).

Le liquide céphalo-rachidien est ensuite envoyé au laboratoire pour une identification du micro-organisme responsable de la méningite afin d’adapter le traitement antibiotique.

Quels sont les traitements des méningites ?

Dans le cas des méningites virales bénignes, le traitement consiste à soulager les symptômes : repos et administration de médicaments contre la fièvre et contre la douleur. Les méningites dues au virus de l’herpès nécessitent un traitement antiviral spécifique à base d’aciclovir ou de valaciclovir.

Si une origine bactérienne est suspectée, un traitement antibiotique est administré en perfusion pour une durée de dix à 21 jours selon la bactérie et l’évolution de l’état du patient. Afin de limiter l’inflammation des méninges, le traitement comprend parfois de la dexaméthasone, un anti-inflammatoire de la famille de la cortisone.

Les méningites induisent une immunité : il n’est donc pas utile pour une personne qui a eu une méningite à méningocoque de se faire vacciner contre le sérogroupe qui a occasionné l’infection.


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