Constipation de l’adulte

Mis à jour : Vendredi 13 Décembre 2019

Qu’est-ce que la constipation ?

La constipation se définit comme une difficulté à évacuer les selles. Elle a souvent plusieurs causes : l’absence d’activité physique, une alimentation pauvre en fibres, et une hydratation insuffisante. Elle peut également être liée à : un changement de mode de vie ou d’alimentation, des problèmes psychiques, au stress, ou à l’arrêt du tabac. Les personnes âgées de plus de 55 ans auraient 5 fois plus de risque de souffrir de constipation que les adultes plus jeunes.

Comment savoir si on est constipé ?

constipation mal de ventre

Il y a constipation lorsque la fréquence des selles est inférieure à trois par semaine. Mais ce n’est pas une règle absolue ; certaines personnes vont à la selle seulement deux fois par semaine et se sentent parfaitement à l’aise. C’est pourquoi on ne parle de constipation que si celle-ci entraîne une sensation désagréable de lourdeur, des crampes dans le ventre, des ballonnements, ou des douleurs à la défécation.

En effet, lors de ces épisodes, les selles sont souvent dures, sèches et difficiles à évacuer. La constipation provoque parfois l’émission périodique de glaires liquides, peu abondantes, appelées fausses diarrhées. L’eau des selles et les sécrétions intestinales sont évacuées sous forme liquide au lieu d’être absorbées par le côlon. S’il y a présence d’hémorroïdes, les selles sèches peuvent les faire saigner. La présence de sang dans les selles doit être considérée comme un signe d’alerte.

La constipation est-elle fréquente ?

Dans les pays occidentaux, le nombre de personnes souffrant de constipation chronique est estimé entre 3 et 5 % de la population adulte. La constipation occasionnelle est encore plus fréquente.

Les personnes de plus de 55 ans auraient 5 fois plus de risque de souffrir de constipation que les adultes plus jeunes.

Quelles sont les complications éventuelles de la constipation ?

Quoique désagréable, la constipation est généralement anodine. Cependant, les difficultés pour aller à la selle peuvent entraîner des crises d’hémorroïdes. Chez les personnes d’un certain âge, une constipation chronique peut faire redouter une occlusion intestinale.


Quelles sont les causes de la constipation ?

La constipation est souvent le résultat de plusieurs facteurs associés : l’absence d’activité physique, une alimentation pauvre en fibres et une hydratation insuffisante. Elle peut également être liée à un changement de mode de vie ou d’alimentation, à des problèmes psychiques ou au stress, ou encore survenir lorsque l’on arrête de fumer. La constipation survient plus fréquemment après la soixantaine.

La constipation peut aussi avoir une origine neurologique : maladie de Parkinson, sclérose en plaques, neuropathie périphérique ou autre maladie neurologique diminuant ou stoppant la perception du besoin d'exonération, ou perturbant les contractions musculaires nécessaires par exemple.

Chez les femmes, les changements hormonaux lors des cycles, lors de la grossesse ou de la ménopause peuvent exercer une influence sur le transit intestinal.

Parfois la constipation peut alterner avec des diarrhées. Cette alternance témoigne d’un obstacle dans les intestins (par exemple une accumulation de selles dures) ou d’une inflammation chronique.

Certains médicaments ralentissent le transit intestinal et peuvent occasionner une constipation. Même l’absorption régulière de laxatifs peut constiper s’ils sont utilisés sur une trop longue période. L’Association Française de formation médicale a élaboré en 2015 un tableau comportant une liste non exhaustive des substances ou familles de médicaments pouvant induire une constipation.

Principaux médicaments susceptibles d'induire une constipation
Antalgiques Morphine, oxycodone, fentanyl, hydromorphone
Tramadol, codéine
Antidépresseurs Antidépresseurs imipraminiques, inhibiteurs de la recapture de la sérotonine (IRS), duloxétine
Antihistaminiques Antiallergiques antihistaminiques H1, antiulcéreux antihistaminiques H2
Antihypertenseurs Inhibiteurs de l'enzyme de conversion (IEC), inhibiteurs calciques, bêtabloquants, diurétiques
Antiépileptiques Prégabaline, carbamazépine
Anticancéreux Carboplatine, gemcitabine, docetaxel, vincristine, exémestane
Antiagrégants plaquettaires Clopidogrel
Antinauséeux utilisés dans le cadre des chimiothérapies Granisétron, ondansétron, etc.
Antidiabétiques oraux Gliclazide, répaglinide
Antiulcéreux Inhibiteurs de la pompe à protons (oméprazole, ésoméprazole, lanzoprazole, pantoprazole, rabéprazole)
AINS  
Biphosphonates utilisés dans l’ostéoporose Acide alendronique, risédronate, acide zolédronique
Calcium  
Fer  
Hypolipidémiants Statines (atorvastatine, fluvastatine, pravastatine, rosuvastatine, simvastatine)
Autres Méthadone, ribavirine, varénicline, tacrolimus, etc.

Problème courant, on estime que la constipation touche une femme enceinte sur deux, en particulier celles qui souffraient déjà de ce problème avant la grossesse. Des solutions existent pour prévenir la constipation et faciliter le transit, même lorsqu'on est enceinte.

Pourquoi la constipation est-elle plus fréquente pendant la grossesse ?

femme enceinte constipée

Les hormones de la grossesse, et en particulier la progestérone, ont un effet relaxant sur les fibres de l’utérus et de l’intestin (les « fibres musculaires lisses »). Cet effet permet de réduire le risque de contraction de l’utérus (et donc de fausse couche), mais il provoque un ralentissement du transit qui est à l’origine de ballonnements et de la constipation.

De plus, au cours du troisième trimestre, la réduction de l’activité physique contribue également à la constipation, ainsi que la pression qu’exerce l’utérus sur les intestins.

Enfin, les suppléments de fer, parfois prescrits pou prévenir la carence en fer chez la femme enceinte, ont tendance à provoquer un ralentissement du transit intestinal.

Comment se traduit la constipation pendant la grossesse ?

Pendant la grossesse, la constipation peut provoquer des douleurs du ventre qui inquiètent la femme enceinte. Si vous souffrez de maux de ventre, consultez avant de décider qu’il s’agit d’une constipation.

On considère qu’il y a constipation lorsque la fréquence des selles est inférieure à trois par semaine. Mais ce n’est pas une règle absolue ; certaines personnes vont à la selle seulement deux fois par semaine et se sentent parfaitement à l’aise. C’est pourquoi on ne parle de constipation nécessitant un traitement que si celle-ci entraîne une sensation désagréable de lourdeur, des crampes dans le ventre, des ballonnements, ou des douleurs à la défécation, voire des hémorroïdes.

Comment prévenir la constipation pendant la grossesse ?

Pendant la grossesse, quelques mesures simples peuvent prévenir la constipation.

  • Pensez à vous hydrater suffisamment : la déshydratation favorise la constipation, l’eau des selles étant absorbée en trop grande quantité par le gros intestin. Les selles deviennent sèches et dures ce qui nuit au transit. Buvez au moins deux litres par jour d’eau ou de jus de fruits frais coupés d’eau.
  • Consommez suffisamment d’aliments riches en fibres (légumes, fruits, féculents complets). Pensez aux cinq fruits et légumes par jour ! Attention, l’ajout de son de céréales dans les aliments peut provoquer des symptômes de colite douloureux. De plus, le son peut contribuer à la déminéralisation de la femme enceinte. Préférez les féculents complets.
  • Jusqu’à l’accouchement, veillez à maintenir une activité physique régulière compatible avec la grossesse. Demandez conseil à votre médecin.

Comment soulager la constipation pendant la grossesse ?

Lors de constipation, la première mesure à prendre est de s’hydrater régulièrement, de manger plus de fruits et de légumes, et de bouger davantage (par exemple, en marchant ou en nageant).

Pendant la grossesse, les médicaments laxatifs ne doivent jamais être utilisés sans avis médical. Les laxatifs les plus sûrs sont ceux dits « de lest » (qui augmentent le volume et l’hydratation des selles) et ceux dits « osmotiques » (qui augmentent la concentration en eau des selles).

Les laxatifs stimulants, sous forme de médicaments ou sous forme de plantes (par exemple, l’aloès, la bourdaine ou le séné), doivent impérativement être évités car ils peuvent déclencher des contractions de l’utérus, voire une fausse couche.

Les laxatifs lubrifiants, comme l’huile de paraffine, ne doivent être utilisés que de manière ponctuelle car leur utilisation prolongée peut réduire l’absorption de certaines vitamines par l’intestin.


Comment soulager la constipation ?

Pour soulager la constipation, mieux vaut :

  • enrichir son alimentation en fibres : fruits, légumes, céréales complètes, noix, pruneaux, son de blé, graines de psyllium ou de lin par exemple.
  • augmenter ses apports en eau en buvant au moins un à deux litres de liquide par jour, sous forme d’eau, de tisanes, de jus de fruits, de soupe. Boire des eaux minérales riches en magnésium est également utile.
  • faire de l’exercice physique.
Conduite à tenir en cas de constipation
  alt Si la constipation s'accompagne de sang dans les selles.
  alt Si la constipation s'accompagne de douleurs abdominales persistantes, de nausées ou de vomissements.
  alt Si la constipation s'accompagne d'une impossibilité d'émettre des gaz et des ballonnements importants.
  alt Si la constipation s'accompagne de fièvre ou de frissons.
  alt Si l'émission de selles est accompagnée d'un mucus abondant (glaires).
  alt Si l'épisode de constipation est inhabituel, survient inopinément et se prolonge au-delà de 48 à 72 heures.
  alt Si constipation et diarrhée alternent.
  alt Si la constipation s'est déclarée en même temps que la prise d'un nouveau traitement.
  alt Si la constipation se déclare occasionnellement et ne s'accompagne d'aucun signe inquiétant, par exemple en voyage.
  alt Si la constipation a déjà fait l'objet d'un bilan et que des mesures ont été conseillées par le médecin.
Légende
alt Consultez un médecin dans la journée.
alt Consultez un médecin dans les jours qui viennent.
alt Il est possible de s’automédiquer.

Que fait le médecin en cas de constipation ?

Il interroge son patient sur la fréquence habituelle de ses selles, lui demande depuis combien de temps la constipation se produit, etc. Des examens complémentaires peuvent se révéler nécessaires, comme une radiographie de l’intestin ou une endoscopie, grâce à une fibre optique insérée dans les intestins par le rectum (coloscopie). Le médecin conseille des mesures d’hygiène de vie et donne des indications à suivre sur le plan de l’alimentation. Il prescrit parfois un laxatif, et seulement pour un temps limité.


Quels compléments alimentaires contre la constipation ?

compléments alimentaires

De nombreux compléments alimentaires prétendent lutter contre la constipation. Certains sont composés de plantes irritantes et sont à éviter. D’autres, dont l’utilisation est préférable, contiennent des fibres qui retiennent l’eau dans les selles et évitent qu’elles ne deviennent trop dures.

Les graines de psyllium et de fenugrec contre la constipation

Les enveloppes des graines de psyllium entrent dans la catégorie des laxatifs dits de lest et soulagent efficacement la constipation grâce à leurs fibres solubles. De la même manière, les graines de fenugrec peuvent être utilisées.

Les algues contre la constipation

Comme les graines de psyllium et de fenugrec, les algues peuvent diminuer la constipation en retenant l’eau dans les selles.

Les pectines contre la constipation

Les pectines extraites des pommes ou des citrons sont utilisées pour traiter la constipation car leur capacité à retenir l’eau évite aux selles de devenir trop dures.

Certains compléments alimentaires contenant du béta-palmitate étaient proposés pour ramollir les selles. L'EFSA (Agence européenne de sécurité des aliments) a, par manque de preuves, interdit cette allégation.

Existe-t-il des risques avec les compléments alimentaires contre la constipation ?

Les laxatifs de lest (graines de psyllium et de fenugrec, algues et pectines) sont efficaces mais provoquent souvent un ballonnement et une augmentation de la production de gaz intestinaux.

Les algues et les graines de psyllium peuvent être employées chez les femmes enceintes, les personnes âgées et les enfants de plus de six ans. En revanche, les graines de fenugrec doivent être évitées chez la femme enceinte car elles pourraient provoquer des contractions.

Les pectines diminuent l’absorption de nombreuses autres substances présentes dans les aliments. De ce fait, elles ne devraient pas être ingérées pendant plus de quelques jours de suite.


Quelles plantes pour soulager la constipation ?

phytothérapie

De nombreuses plantes ont une efficacité avérée contre la constipation. Certaines, dont l’utilisation est préférable, contiennent des substances qui retiennent l’eau dans les selles et leur évitent de devenir trop dures. D’autres agissent grâce à des composants irritants pour l’intestin : elles sont à éviter.

Les graines de lin et de psyllium pour soulager la constipation

Les graines de lin renferment des mucilages qui, en retenant une grande quantité d’eau, permettent de diminuer le temps de transit et d’augmenter le volume des selles. Les enveloppes des graines de psyllium (ou ispaghul) soulagent efficacement la constipation grâce à leurs fibres solubles qui augmentent le volume et la souplesse des selles. Les graines de lin et de psyllium ont un effet dit « de lest » similaire à celui des fibres végétales issues d’une alimentation équilibrée.

D’autres plantes et fruits laxatifs pour soulager la constipation

Les propriétés laxatives du latex de l’aloès (Aloe vera) sont largement reconnues. Il contient une substance, l’aloïne, qui irrite l’intestin et provoque une accélération du transit de la même manière qu’avec des plantes comme la casse ou le séné.

Les principes actifs de la bourdaine, du cascara, de la rhubarbe de Chine et du séné ont également une action irritante sur les parois de l’intestin et stimulent ainsi ses mouvements. De plus, ils favorisent la sécrétion de liquides et de mucus par les parois intestinales.

Efficaces, ces plantes laxatives ont longtemps été les plus utilisées comme telles. Néanmoins, leurs effets indésirables et la dangerosité de leur usage abusif en limitent fortement l’intérêt.

La consommation de pruneaux (Prunus domestica), riches en fibres, est un remède très populaire pour lutter contre la constipation. Pourtant, l'EFSA (Agence européenne de sécurité des aliments) interdit désormais, par manque de preuves, aux produits contenant des pruneaux de prétendre contribuer au fonctionnement normal du tube digestif.

La pulpe des gousses (fruits) de tamarinier (Tamarindus indica) se prépare sous forme de confiture aux vertus laxatives douces. Enfin, par son action sur les muscles de l’intestin, le boldo peut être utilisé en complément d’autres plantes pour traiter une constipation passagère.

Existe-t-il des risques à soulager la constipation avec des plantes ?

Si l’émission de selles est accompagnée d’un mucus abondant (glaires), si l’épisode de constipation survient de façon brutale sans raison apparente et s’il s’accompagne d’une perte de poids, ou si constipation et diarrhée alternent, il est préférable de consulter son médecin.

Attention, une consultation en urgence est indiquée si la constipation est accompagnée de sang dans les selles, de douleurs abdominales persistantes, de nausées ou de vomissements, d’une impossibilité d’émettre des gaz, de ballonnements importants, de fièvre ou de frissons.

Les laxatifs dits « de lest » tels que les graines de psyllium et de lin sont efficaces, mais provoquent souvent un ballonnement et une augmentation de la production de gaz intestinaux. Ils peuvent être employés après avis médical chez les femmes enceintes, les personnes âgées et les enfants de plus de six ans.

L’utilisation prolongée des plantes laxatives irritantes (également dites « stimulantes ») telles que l’aloès, la bourdaine, le cascara, la rhubarbe de Chine ou le séné peut provoquer une dépendance et des pertes en sels minéraux, sodium et potassium en particulier. Ces plantes ne devraient jamais être utilisées chez les personnes souffrant de maladies inflammatoires du côlon (gros intestin), de constipation ou de douleurs abdominales d’origine inconnue ou dues à une obstruction du tube digestif (rétrécissement intestinal, bouchon de selles). Elles sont contre-indiquées chez les personnes souffrant de déshydratation importante. En raison de leurs effets indésirables, elles doivent être utilisées sous contrôle médical et pour une durée n’excédant jamais huit à dix jours. Dans tous les cas, il vaut mieux leur préférer les plantes laxatives de lest.


Quelles sont les mesures hygiénodiététiques préconisées en cas de constipation ?

    En cas de constipation occasionnelle ou chronique, des règles hygiéno-diététiques suffisent souvent à rétablir un transit normal. Les mesures les plus efficaces sont les suivantes :
  • Arrêter les médicaments pouvant occasionner une constipation (voir liste ici) : cet arrêt ne doit pas se faire sans l’accord du médecin qui vous a prescrit les médicaments.
  • Améliorer la position sur les toilettes pour faciliter l’évacuation des selles : soulevez vos pieds à la hauteur de la cuvette, en les posant sur un marchepied.
  • Améliorer l'aménagement des toilettes, même si aucune étude n'a porté sur ce sujet.
  • Enrichir votre alimentation quotidienne en fibres : fruits, légumes, céréales complètes, noix, pruneaux, etc. Certains produits naturels permettent d’augmenter la teneur en substances de lest des aliments, tels que le son de blé, ou les graines de psyllium ou de lin. Une supplémentation avec des médicaments ou des produits diététiques peut être prescrite. Elle doit se faire de manière progressive sur 2 semaines afin de réduire les effets indésirables de type ballonnement et inconfort digestif.
  • Boire des eaux riches en minéraux surtout en magnésium, sel minéral qui a un effet laxatif significatif.
    D’autres mesures hygiénodiététiques sont parfois proposées, mais leur intérêt n’a pas été formellement démontré.
  • Augmenter vos apports en eau en buvant au moins un à deux litres de liquide par jour, sous forme d’eau, de tisanes, de jus de fruits, de soupe. La prise de liquide favorise la régularité des selles. N’abusez ni du café ni du thé ni des boissons gazeuses (colas).
  • Faire de l’exercice physique. L’activité physique peut stimuler le transit intestinal, notamment lorsque les muscles abdominaux sont sollicités. Les personnes alitées pour cause de maladie doivent essayer de se lever et de marcher aussi souvent que le médecin l’autorise, pour stimuler l’envie d’aller à la selle.
  • Augmenter les apports alimentaires. Cette mesure n’est recommandée que chez les personnes jeunes qui suivent un régime amaigrissant ou qui souffrent d'anorexie mentale, ou les personnes âgées en perte d'appétit.

Les différents types de laxatifs utilisés pour combattre la constipation chez l’adulte

Les laxatifs ont pour objectif de faciliter le transit et l’émission des selles. Ils se différencient par leur mode d'action. L'usage prolongé de certains laxatifs est déconseillé.

Les laxatifs osmotiques

Les laxatifs osmotiques (lactulose, lactilol, sorbitol, macrogol) ramollissent les selles par un appel d’eau dans l’intestin. Ces substances ont un mode d'action purement physique : elles ne sont pas absorbées par l'organisme et sont excrétées sous forme inchangées. Ce sont les laxatifs à privilégier avec les laxatifs de lest. Ces deux types de laxatifs ont démontré leur efficacité et sont dénués de toxicité. Ils peuvent être utilisés après les mesures hygiénodiététiques et/ou en complément de celles-ci.

Légende
Médicament générique
Médicament ayant des présentations disponibles sans ordonnance

Les laxatifs de lests

Les laxatifs de lest modifient la consistance des selles. Ils contiennent des mucilages ou des fibres alimentaires qui permettent d'avoir des selles plus volumineuses et plus molles. Leur effet débute habituellement 48 heures après la prise du traitement.

Légende
Médicament générique
Médicament ayant des présentations disponibles sans ordonnance

Les laxatifs osmotiques ou des laxatifs de lest peuvent également être présents dans des produits de nutrition destinés à la prise en charge de la constipation.

Les laxatifs lubrifiants

Les laxatifs lubrifiants agissent en facilitant l’émission des selles à l’aide de corps « gras » (paraffine liquide). Leur utilisation prolongée peut réduire l'absorption de certaines vitamines (A, D, E, K). Certains laxatifs associent de la paraffine liquide à un laxatif de lest, un laxatif osmotique ou un laxatif stimulant.

Liste des médicaments mise à jour : Mardi 21 Janvier 2020

Associations de laxatifs

Légende
Médicament ayant des présentations disponibles sans ordonnance

Les laxatifs stimulants

Les laxatifs stimulants augmentent la motricité de l’intestin. Le traitement par laxatifs stimulants doit toujours être bref (pas plus de 8 à 10 jours), car à la longue, ils peuvent entraîner une dépendance et des troubles intestinaux graves. Ils sont déconseillés chez la femme enceinte.

Légende
Médicament générique
Médicament ayant des présentations disponibles sans ordonnance

Les laxatifs par voie rectale

Les laxatifs par voie rectale (aussi appelés laxatifs de contact) sont recommandés en première intention en cas de constipation d’origine rectale (ou constipation distale qui se traduit par une sensation d'obstruction anale, d'évacuation incomplète, des efforts de poussée). Ces laxatifs provoquent l'expulsion des selles par contraction du rectum. Ils ne doivent pas être utilisés de façon prolongée, car ils risquent d'entraver le réflexe normal de contraction du rectum qui permet l'évacuation des selles.

Légende
Médicament ayant des présentations disponibles sans ordonnance

Quelles sont les autres traitements disponibles pour traiter la constipation ?

La rééducation par des kinésithérapeutes spécialisés (rééducation périnéale par biofeedback) peut être proposée dans les cas de constipation distale. Elle vise à rééduquer la motricité rectale. L’efficacité de cette rééducation dépend de différents facteurs tels que la motivation du patient.

L'association des suppositoires d'EDUCTYL avec le biofeedback est souvent recommandée.

L'injection de toxine botulinique peut également être proposée en cas de constipation d’origine rectale mais les modalités d'injection ne sont pas définies à l'heure actuelle.

Dans le cas d’un prolapsus, une approche chirurgicale peut être envisagée pour améliorer une constipation d'origine rectale. Deux solutions chirurgicales usuelles ont montré leur efficacité : la rectopexie (intervention qui fixe le rectum pour éviter qu'il ne descende) et l'intervention de STARR (ablation d'une partie de la paroi de la partie basse du rectum).

Pour en savoir plus, lire dans les Actualités : Constipation : nouvelles recommandations de la Société Nationale Française de Colo-Proctologie.


Sources et références de l'article "Constipation de l’adulte"