Comment évolue l'hépatite C ?

Mis à jour : Vendredi 06 Mars 2020

L'évolution de l'hépatite C chronique est très variable selon les individus. Ce risque d'évolution n'est pas directement lié au génotype du virus de l'hépatite C (VHC).

Quelles sont les complications de l'hépatite C chronique ?

Les deux complications principales de l’hépatite C chronique sont la cirrhose du foie et, plus rarement, le cancer du foie. Dans les pays en voie de développement, les personnes atteintes d’hépatite C chronique succombent à ces complications qui sont souvent diagnostiquées trop tard. Dans les pays industrialisés, le dépistage permet de mettre en place les traitements nécessaires pour prévenir les complications de l’hépatite C, et même la guérir (en éradiquant le virus). L’hépatite C chronique peut également entraîner des complications qui touchent d’autres organes que le foie.

Quel est le rôle du foie ?
Le foie est un organe volumineux situé du côté droit du corps, sous la cage thoracique. Il assure un certain nombre de fonctions essentielles dans notre organisme : transformation et stockage des substances nutritives en provenance des intestins, fabrication de la bile indispensable à la digestion des graisses, participation au maintien du taux de sucre dans le sang, fabrication des protéines nécessaires à la coagulation du sang, capture et transformation des substances toxiques auxquelles nous pouvons être exposés (alcool, drogues, médicaments, polluants, etc.) afin qu’elles soient ensuite éliminées dans les selles ou les urines.
Le foie joue un rôle important dans le stockage de l’énergie (sucres) et des vitamines, c’est pourquoi la fatigue est un symptôme fréquent des hépatites.

La fibrose du foie lors d'hépatite C chronique

Lors d’une hépatite C chronique, les cellules du foie infectées par le virus sont détruites par le système immunitaire. Ces cellules sont remplacées par des cicatrices fibreuses et le foie est alors dit atteint de « fibrose ». Cette fibrose va progressivement toucher les différentes parties du foie, sans provoquer de symptômes.

  • Dans un tiers des cas, l’infection persistante par le virus de l’hépatite C se traduit par une fibrose trop lente pour que des complications apparaissent du vivant de la personne. La personne ne souffre d’aucun symptôme mais elle reste contaminante.
  • Dans un autre tiers des cas, les dommages occasionnés au foie par le VHC sont plus importants et une cirrhose (voir définition ci-dessous) apparaît après plus de trente années d’hépatite chronique.
  • Enfin, dans le dernier tiers des cas, la fibrose évolue plus vite et les symptômes de cirrhose apparaissent dix à vingt ans après la contamination.

La cirrhose du foie lors d'hépatite C chronique

Lorsque la fibrose due à l’hépatite C chronique s’est fortement développée et perturbe le fonctionnement du foie, on parle de « cirrhose du foie », le plus souvent irréversible.

Lorsqu’une personne souffre de cirrhose, le sang ne peut plus circuler correctement dans le foie. La circulation sanguine tend alors à contourner le foie via d’autres vaisseaux sanguins qui ne sont pas adaptés à ce débit sanguin : il se forme des varices autour de l’estomac et de l’œsophage qui peuvent éclater et entraîner des hémorragies. De plus, le sang a tendance à stagner dans les veines des organes digestifs (hypertension portale).

Lors d’une cirrhose, le foie ne fabrique plus en quantités suffisantes certaines substances indispensables au fonctionnement de l’organisme, comme les facteurs de la coagulation du sang ou l’albumine, une protéine importante du sang. La fabrication insuffisante de ces substances peut entraîner des saignements répétés (ou l’apparition d’ecchymoses sur la peau) et une accumulation de liquide dans les jambes (œdème) ou dans le ventre (ascite).

Chez les personnes qui souffrent d’hépatite C chronique, le risque de développer une cirrhose du foie est plus élevé :

  • chez les hommes,
  • chez les personnes qui consomment de l’alcool,
  • chez les personnes en surpoids,
  • chez les personnes souffrant de stéatose, une accumulation de substances grasses appelées triglycérides dans les cellules du foie,
  • chez les personnes immunodéprimées, c’est-à-dire dont les défenses immunitaires sont affaiblies (par exemple par une chimiothérapie contre le cancer, le recours à l’hémodialyse (« rein artificiel »), ou un traitement contre le rejet d’une greffe d’organe),
  • chez les personnes qui sont également infectées par le virus de l’hépatite B ou par celui du VIH/sida.

Avec un suivi médical régulier et des traitements adaptés, il est possible de vivre longtemps avec une cirrhose du foie. Lorsque la cirrhose risque de mettre en danger la vie du patient, une greffe de foie est pratiquée.

Le cancer du foie lors de l'hépatite C chronique

Chez les patients atteints de cirrhose, un cancer du foie apparaît chez environ 3 à 10 % des patients. Ce cancer nécessite un traitement chirurgical pour enlever la partie du foie touchée par le cancer, ou pour greffer un nouveau foie.

Les complications de l'hépatite C qui touchent d'autres organes que le foie

Plus que les autres types d'hépatite virale, l’hépatite C est souvent diagnostiquée en raison de symptômes associés à la présence du virus de l’hépatite C (VHC), mais ne touchant pas le foie. On peut notamment observer :

  • une inflammation de la thyroïde (une « thyroïdite ») ;
  • des lésions de la peau en forme de bulles au niveau des mains et du visage (une « porphyrie cutanée ») ;
  • une inflammation de la paroi des vaisseaux sanguins (une « cryoglobulinémie ») ;
  • une inflammation des reins (une « glomérulonéphrite ») ;
  • des douleurs touchant les articulations des mains et des genoux ;
  • un syndrome de fatigue chronique, avec environ 20 % de cas de fatigue sévère retentissant sur les activités sociales et professionnelles.

L'hépatite C peut également être associée à un « syndrome sec » (sécheresse de la bouche et des yeux), à l’apparition de saignements répétés ou de « bleus », à un diabète ou encore à un lymphome (une maladie des globules blancs).

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