Hépatite C

Mis à jour : Jeudi 09 Juillet 2020

L’hépatite C est une infection du foie d’origine virale principalement transmise par le sang. Elle peut rester longtemps sans provoquer de symptômes et dans 80 % des cas évolue vers une hépatite chronique. Son dépistage a pour objectif de proposer un traitement aux personnes infectées. En effet, des antiviraux permettent désormais de guérir 95 % des patients traités.

Qu'est-ce que l'hépatite C ?

femme

L'hépatite C est une infection chronique du foie causée par un virus qui se transmet par le sang. Si cette infection guérit spontanément chez 20 % des personnes infectées, l'hépatite C devient une maladie chronique dans 80 % des cas. Lorsque cette maladie n'est pas diagnostiquée et traitée à temps, elle peut provoquer une cirrhose, voire un cancer du foie. On estime qu’il y a environ 5000 nouveaux cas d’hépatite C symptomatique par an dans notre pays chaque année. Il n'existe pas encore de vaccin pour s'en protéger.

Le virus de l’hépatite C, qui a envahi le foie et s’y multiplie, a une forte capacité d’adaptation. Il change régulièrement d’aspect extérieur (il « mute ») pour échapper aux mécanismes de défense immunitaire de l’organisme. Ce phénomène de mutation rapide explique que seulement deux personnes infectées sur dix parviennent à éliminer le virus sans traitement. Pour les huit autres, l’hépatite C devient une maladie chronique : le virus continue à se multiplier plus ou moins intensément dans le foie. Le plus souvent, cette phase chronique ne provoque aucun symptôme pendant des dizaines d’années.

Quels sont les symptômes de l'hépatite C ?

Après la contamination, une phase aiguë survient 4 à 12 semaines après la contamination et dure quelques mois. Elle passe le plus souvent inaperçue ou peut être accompagnée, dans 30 % des cas, de symptômes évoquant la grippe. Dans 80 % des cas, l’hépatite C devient une maladie chronique. Le plus souvent, aucun symptôme n’est présent pendant des dizaines d’années, même si l’on constate une tendance à une fatigue durable, voire des troubles de l’humeur. En l’absence de surveillance médicale et de traitement, une cirrhose voire un cancer du foie peut apparaître.

L'hépatite C est-elle une maladie fréquente ?

Dans le monde, il y aurait au moins 170 millions de personnes infectées par le virus de l’hépatite C, le taux d’infection le plus élevé étant observé en Afrique (5 % en moyenne, jusqu’à 20 % en Égypte).

En France, en 2011, on estimait qu'il y avait 345 000 personnes ayant été en contact avec le virus de l’hépatite C et 232 000 porteurs d’une hépatite C chronique. Cependant, avec l’arrivée en 2014 de nouveaux traitements, le nombre de personnes porteuses d'une hépatite C chronique est en constante diminution. Actuellement, on estime qu’il reste environ 120 000 personnes à traiter en France, dont la moitié n’est pas encore dépistée.

Aujourd’hui, en France, les personnes les plus fréquemment touchées par l’hépatite C sont les usagers de drogue par voie intraveineuse (60 % d’entre eux sont atteints par cette maladie), les détenus (25 % des prisonniers sont infectés par ce virus) et les personnes séropositives pour le VIH/sida (qui sont co-infectées par le virus de l’hépatite C dans 25 % des cas).

Les personnes ayant reçu, avant 1992, une transfusion de sang ou de produits d'origine sanguine, ou celles ayant subi une greffe d'organe ou une intervention chirurgicale avant cette date peuvent avoir été infectées par le virus de l'hépatite C. Il en est de même pour les personnes ayant subi certains examens médicaux invasifs (par exemple une fibroscopie) avant 1997.

Ainsi, plus de la moitié des personnes qui souffrent d’hépatite C chronique ne présentent pas de problème de santé grave, même si l’on constate une tendance à une fatigue durable, voire des troubles de l’humeur. Mais chez une personne sur cinq, des complications peuvent apparaître en l’absence de surveillance médicale et de traitement.

Une hépatite, qu'est-ce que c'est ?
Les hépatites sont une inflammation du foie. Elles sont le plus souvent d’origine virale, mais elles peuvent également être causées par l’alcool, un médicament, une plante ou un produit chimique. Les différentes hépatites d’origine virale sont distinguées par une lettre de l’alphabet, en fonction du virus responsable : A, B, C, D et E. Selon leur mode de contamination, on peut les classer en trois types :
  • les hépatites virales d’origine alimentaire : A et E ;
  • les hépatites virales sexuellement transmissibles : B et D ;
  • les hépatites virales transmises par le sang : B et C.

Chaque année, en France, 5 500 décès sont dus aux complications d’une hépatite virale (dont entre 800 et 1 000 cancers du foie).

Le virus de l'hépatite C (VHC)

L’hépatite C est provoquée par un virus, le virus de l’hépatite C (VHC). Ce virus est très résistant et il peut survivre pendant une semaine à l’air libre (sur des surfaces ou des objets). L’analyse génétique du VHC montre qu’il en existe six types (les « génotypes ») et divers sous-types. Les personnes contaminées par transfusion sanguine sont principalement porteuses du génotype 1, alors que le génotype 2 est plutôt observé chez les usagers de drogue par voie intraveineuse. En Afrique, le génotype 4 est prédominant.

La connaissance du génotype est importante pour la mise en place du traitement. En effet, celui-ci sera plus court chez les personnes porteuses d’un VHC de génotype 2 ou 3, ces deux génotypes étant plus sensibles aux traitements actuellement disponibles.

Comment se transmet le virus de l'hépatite C ?

Le virus de l’hépatite C se transmet uniquement par contact avec du sang humain infecté. Une personne peut être contaminée par :

  • le partage de matériel qui a été en contact avec le sang d’une personne infectée, comme les objets de toilette (brosse à dents, rasoir, ciseaux, coupe-ongles, pince à épiler, etc.) ou les bijoux transperçants (piercing, boucle d’oreille) ;
  • l’échange de matériel utilisé lors d’injection de drogues (aiguille, seringue, coton, cuillère) ou de leur inhalation (par exemple, une paille contaminée par des saignements de la muqueuse des fosses nasales) ;
  • les soins médicaux avec effusion de sang : les professionnels de santé peuvent se contaminer accidentellement (aiguilles, seringues, intervention chirurgicale, dentisterie, etc.) ;
  • les tatouages, le piercing ou une séance d’acupuncture, s’ils sont réalisés sans respecter les règles d’hygiène indispensables (matériel à usage unique ou stérilisé selon les normes en vigueur) ;
  • la transmission de la mère à l’enfant, essentiellement lors de l’accouchement : celle-ci reste rare (3 à 5 % des cas sauf si la mère est co-infectée par le VIH/sida ce qui porte le risque à 25 % des cas). Pour des raisons inconnues, le risque de transmission mère-enfant est plus élevé si le nouveau-né est un garçon.
  • les relations sexuelles non protégées, uniquement si le sang est présent : période de règles, petites plaies des organes génitaux dues à des infections sexuellement transmissibles ou à des abrasions, pratiques sadomasochistes, etc.

Il n’y a pas de transmission du virus de l’hépatite C par l’eau, ni par les aliments, le partage des couverts ou encore l’utilisation de toilettes communes. Les contacts physiques (poignées de main, bises, massages, etc.) ne transmettent pas le virus de l’hépatite C.

Peut-on prévenir l'hépatite C ?

Il n'existe aucun vaccin contre le virus de l'hépatite C. Les tentatives de mise au point d’un tel vaccin se sont heurtées à la capacité du VHC à se transformer rapidement pour échapper au contrôle du système immunitaire.

Certaines mesures peuvent réduire le risque de contamination par le virus de l’hépatite  C :

  • Portez des gants avant de toucher au sang d’une personne, que vous la sachiez infectée ou non. Cette précaution s’applique particulièrement au personnel soignant. Évitez également d’utiliser le rasoir ou la brosse à dents d’une autre personne, ou de prêter les vôtres.
  • Lors de tatouage, de piercing ou d’acupuncture, vérifiez que le personnel utilise du matériel correctement stérilisé ou jetable. Préférez les boutiques qui ont pignon sur rue et une bonne réputation.
  • Les usagers de drogues ne doivent jamais partager leur matériel d’injection ou d’inhalation (« sniff ») : seringue, aiguille, cuillère, paille, etc.
  • Ayez des relations sexuelles protégées dans les situations où un contact avec le sang est possible : en période de règles, en cas d’infections génitales (par exemple l’herpès), en cas de lésions sur les organes génitaux, en cas de pratiques traumatiques, etc.
  • Évitez, dans la mesure du possible, de recevoir des soins invasifs (injections, examens par sonde, soins dentaires, chirurgie, etc.) dans les pays en voie de développement.

L'évolution de l'hépatite C chronique est très variable selon les individus. Ce risque d'évolution n'est pas directement lié au génotype du virus de l'hépatite C (VHC).

Quelles sont les complications de l'hépatite C chronique ?

Les deux complications principales de l’hépatite C chronique sont la cirrhose du foie et, plus rarement, le cancer du foie. Dans les pays en voie de développement, les personnes atteintes d’hépatite C chronique succombent à ces complications qui sont souvent diagnostiquées trop tard. Dans les pays industrialisés, le dépistage permet de mettre en place les traitements nécessaires pour prévenir les complications de l’hépatite C, et même la guérir (en éradiquant le virus). L’hépatite C chronique peut également entraîner des complications qui touchent d’autres organes que le foie.

Quel est le rôle du foie ?
Le foie est un organe volumineux situé du côté droit du corps, sous la cage thoracique. Il assure un certain nombre de fonctions essentielles dans notre organisme : transformation et stockage des substances nutritives en provenance des intestins, fabrication de la bile indispensable à la digestion des graisses, participation au maintien du taux de sucre dans le sang, fabrication des protéines nécessaires à la coagulation du sang, capture et transformation des substances toxiques auxquelles nous pouvons être exposés (alcool, drogues, médicaments, polluants, etc.) afin qu’elles soient ensuite éliminées dans les selles ou les urines.
Le foie joue un rôle important dans le stockage de l’énergie (sucres) et des vitamines, c’est pourquoi la fatigue est un symptôme fréquent des hépatites.

La fibrose du foie lors d'hépatite C chronique

Lors d’une hépatite C chronique, les cellules du foie infectées par le virus sont détruites par le système immunitaire. Ces cellules sont remplacées par des cicatrices fibreuses et le foie est alors dit atteint de « fibrose ». Cette fibrose va progressivement toucher les différentes parties du foie, sans provoquer de symptômes.

  • Dans un tiers des cas, l’infection persistante par le virus de l’hépatite C se traduit par une fibrose trop lente pour que des complications apparaissent du vivant de la personne. La personne ne souffre d’aucun symptôme mais elle reste contaminante.
  • Dans un autre tiers des cas, les dommages occasionnés au foie par le VHC sont plus importants et une cirrhose (voir définition ci-dessous) apparaît après plus de trente années d’hépatite chronique.
  • Enfin, dans le dernier tiers des cas, la fibrose évolue plus vite et les symptômes de cirrhose apparaissent dix à vingt ans après la contamination.

La cirrhose du foie lors d'hépatite C chronique

Lorsque la fibrose due à l’hépatite C chronique s’est fortement développée et perturbe le fonctionnement du foie, on parle de « cirrhose du foie », le plus souvent irréversible.

Lorsqu’une personne souffre de cirrhose, le sang ne peut plus circuler correctement dans le foie. La circulation sanguine tend alors à contourner le foie via d’autres vaisseaux sanguins qui ne sont pas adaptés à ce débit sanguin : il se forme des varices autour de l’estomac et de l’œsophage qui peuvent éclater et entraîner des hémorragies. De plus, le sang a tendance à stagner dans les veines des organes digestifs (hypertension portale).

Lors d’une cirrhose, le foie ne fabrique plus en quantités suffisantes certaines substances indispensables au fonctionnement de l’organisme, comme les facteurs de la coagulation du sang ou l’albumine, une protéine importante du sang. La fabrication insuffisante de ces substances peut entraîner des saignements répétés (ou l’apparition d’ecchymoses sur la peau) et une accumulation de liquide dans les jambes (œdème) ou dans le ventre (ascite).

Chez les personnes qui souffrent d’hépatite C chronique, le risque de développer une cirrhose du foie est plus élevé :

  • chez les hommes,
  • chez les personnes qui consomment de l’alcool,
  • chez les personnes en surpoids,
  • chez les personnes souffrant de stéatose, une accumulation de substances grasses appelées triglycérides dans les cellules du foie,
  • chez les personnes immunodéprimées, c’est-à-dire dont les défenses immunitaires sont affaiblies (par exemple par une chimiothérapie contre le cancer, le recours à l’hémodialyse (« rein artificiel »), ou un traitement contre le rejet d’une greffe d’organe),
  • chez les personnes qui sont également infectées par le virus de l’hépatite B ou par celui du VIH/sida.

Avec un suivi médical régulier et des traitements adaptés, il est possible de vivre longtemps avec une cirrhose du foie. Lorsque la cirrhose risque de mettre en danger la vie du patient, une greffe de foie est pratiquée.

Le cancer du foie lors de l'hépatite C chronique

Chez les patients atteints de cirrhose, un cancer du foie apparaît chez environ 3 à 10 % des patients. Ce cancer nécessite un traitement chirurgical pour enlever la partie du foie touchée par le cancer, ou pour greffer un nouveau foie.

Les complications de l'hépatite C qui touchent d'autres organes que le foie

Plus que les autres types d'hépatite virale, l’hépatite C est souvent diagnostiquée en raison de symptômes associés à la présence du virus de l’hépatite C (VHC), mais ne touchant pas le foie. On peut notamment observer :

  • une inflammation de la thyroïde (une « thyroïdite ») ;
  • des lésions de la peau en forme de bulles au niveau des mains et du visage (une « porphyrie cutanée ») ;
  • une inflammation de la paroi des vaisseaux sanguins (une « cryoglobulinémie ») ;
  • une inflammation des reins (une « glomérulonéphrite ») ;
  • des douleurs touchant les articulations des mains et des genoux ;
  • un syndrome de fatigue chronique, avec environ 20 % de cas de fatigue sévère retentissant sur les activités sociales et professionnelles.

L'hépatite C peut également être associée à un « syndrome sec » (sécheresse de la bouche et des yeux), à l’apparition de saignements répétés ou de « bleus », à un diabète ou encore à un lymphome (une maladie des globules blancs).


Comment fait-on le diagnostic de l'hépatite C ?

Le diagnostic de l'hépatite C est rarement fait au cours de la phase aiguë de la maladie parce que, pour la majorité des personnes infectées, aucun symptôme n’est observé.

Lors des années de phase chronique, avant l’apparition d’une cirrhose et de ses symptômes, le diagnostic d’hépatite C n’est fait que si le médecin la suspecte du fait de la présence de certains antécédents (transfusion de sang avant 1992, patient toxicomane, patient séropositif pour le VIH/sida, ancien détenu, etc.) ou d’anomalies de marqueurs de l’état du foie au cours d’un test sanguin de routine. L'hépatite C peut parfois être diagnostiquée à l’occasion d’un dépistage ciblé : don de sang, grossesse ou enquête après un contact supposé avec le virus.

Les tests de diagnostic de l'hépatite C

Lorsqu’un médecin suspecte une hépatite C, il demande une recherche d’anticorps anti-VHC (sérologie) à l’aide d’une simple prise de sang :

  • si ce test est positif, cela signifie que la personne a été en contact avec le VHC, mais elle a pu toutefois éliminer le virus spontanément.
  • si le test est négatif, cela indique le plus souvent que la personne n’a pas été contaminée par le virus de l’hépatite C. Néanmoins, certaines personnes infectées par le VHC peuvent ne pas avoir développé ces anticorps, ou en quantité insuffisante pour en permettre la détection.

Pour savoir si une personne qui a une sérologie positive a éliminé le VHC, ou dans le cas d’une sérologie négative chez une personne à risque élevé d’hépatite C et présentant des symptômes évocateurs, le médecin demande une recherche du virus de l’hépatite C lui-même. Si cette recherche est positive, la personne est infectée et le médecin demande alors une mesure de la quantité de VHC dans le sang (la « charge virale ») et une identification du génotype du virus. Ces deux éléments seront essentiels pour le choix des modalités de traitement, si un traitement s’avère nécessaire.

En cas de présence du virus de l’hépatite C chez son patient, le médecin fait également effectuer des analyses de sang pour évaluer l’état de son foie : mesure des transaminases (des enzymes qui sont produites en grande quantité en cas de souffrance du foie, mais dont l’élévation n’est pas proportionnelle à la gravité de la maladie) et mesure d’autres substances qui aident à évaluer le degré de fibrose du foie.

De plus, des examens physiques sont prescrits pour évaluer la sévérité de l’inflammation et de la fibrose au niveau du foie : mesure de l’élasticité du foie (FibroScan, un examen qui ressemble à une échographie) ou prélèvement d’un fragment du foie pour examen microscopique, un examen appelé « ponction biopsie hépatique ».

Les stades de l'atteinte du foie en cas d'hépatite C
Pour pouvoir décider de la sévérité de la maladie et du moment opportun pour initier un éventuel traitement, le médecin se fie à des mesures de l'inflammation et de la fibrose du foie. L'inflammation est mesurée en quatre stades de sévérité croissante (de A0 à A3) et la fibrose en cinq stades également de sévérité croissante (F0 à F4). Ainsi, il est possible de mesurer de manière objective l'évolution de la maladie et l'efficacité des traitements sur l'état du foie.

Qui doit se faire dépister pour l'hépatite C ?

La recherche d’anticorps anti-VHC est recommandée pour :

  • les personnes ayant reçu une transfusion sanguine (ou des produits issus du sang) à la suite d’un accident, d’une opération chirurgicale ou d’un accouchement avant 1992 ;
  • les usagers de drogue qui ont partagé leur matériel d’injection ;
  • les personnes ayant des antécédents d’acte médical invasif dans le cadre d’un diagnostic ou d’un traitement, avant 1997 ;
  • l’entourage familial d’une personne atteinte d’hépatite C ;
  • les personnes qui ont recours à l’hémodialyse (rein artificiel) ;
  • les enfants de mère infectée par le VHC ;
  • les personnes présentant des signes de souffrance des cellules du foie.

La prise en charge de l'hépatite C chez la femme enceinte

femme enceinte chez son médecin

L’hépatite C n’est pas une cause connue de malformations pour le fœtus et la grossesse n’aggrave pas la maladie. Le risque principal est celui de la transmission du virus de l’hépatite C (VHC) au nouveau-né au moment de l’accouchement, par les voies naturelles aussi bien que par césarienne. Ce risque est faible puisqu’on l’estime entre 3 et 5 %. Il est plus élevé chez les femmes qui sont co-infectées par le VIH, et il est quasi nul chez les femmes qui n’ont pas de VHC détectable dans leur sang.

En cas de projet de grossesse, il faut en parler à votre médecin. En effet, la grossesse est formellement contre-indiquée pendant toute la durée d’un traitement par la ribavirine et pendant les quatre mois qui suivent son arrêt, en raison de son effet tératogène. Un traitement par antiviral à action direct sans ribavirine est néanmoins possible. À la naissance, un test de dépistage du virus dans le sang permet de savoir si l’enfant a été infecté. Si c’est le cas, l’évolution de l’infection est suivie : elle est le plus souvent bénigne et il est rarement nécessaire de traiter.

Le risque de transmission du virus de l’hépatite C à l’enfant par le lait maternel est nul, mais les traitements contre l’hépatite C ne sont pas compatibles avec l’allaitement.


Les traitements de l’hépatite C chronique visent à éradiquer le VHC, à prévenir, stabiliser ou faire régresser les lésions du foie, et à éviter que ne se développent des complications comme la cirrhose ou le cancer du foie. Ils doivent également permettre à terme de réduire le nombre de nouveaux cas de personnes atteintes d’hépatite C en France.

Comment traite-t-on l'hépatite C ?

Le traitement de l'hépatite C a pour objectif d'éliminer le virus qui en est responsable, ce qui est aujourd'hui possible dans environ 90 % des cas avec la mise à disposition de médicaments antiviraux dits à action directe. Ces antiviraux, efficaces et le plus souvent bien tolérés, ont profondément modifié la prise en charge de la maladie. Si ces médicaments ne parviennent pas à éliminer le virus de l'hépatite C, les soins médicaux visent alors à ralentir la progression de la fibrose du foie afin de prévenir l'apparition d'une cirrhose.

Tout malade atteint d’hépatite C chronique peut désormais bénéficier d’un traitement antiviral s’il le souhaite. En mars 2018, l’Association française pour l’étude du foie (AFEF) a publié des recommandations d’organisation de la prise en charge des personnes atteintes d’hépatite C, dans l’optique d’une élimination de la maladie d’ici 2025 (c’est-à-dire une réduction de 90 % des nouveaux cas et une réduction de 65 % de la mortalité due à l’hépatite C).
Selon ces recommandations, il faudrait que tous les médecins aient la possibilité de traiter leurs patients infectés par le VHC, sans recours aux structures hospitalières (sauf cas particuliers comme les personnes co-infectées par l’hépatite B, ou celles souffrant d’insuffisance rénale, de cirrhose sévère, de cancer du foie, etc. ou celles pour qui un premier traitement contre le VHC s’est avéré inefficace) : c’est le « traitement universel ».
De plus, pour éliminer l’hépatite C, il est indispensable que tout adulte soit au moins dépisté une fois dans sa vie (en y associant le dépistage de l’hépatite B et du VIH) : c’est le « dépistage universel ».
Le Ministère de la santé réfléchit à autoriser tous les médecins à prescrire des médicaments anti-VHC, comme recommandé par l’AFEF.

La prise en charge du traitement par l’Assurance maladie
Essentiellement en raison de leur prix, les antiviraux d’action directe n’étaient initialement proposés qu’à certains patients. Leur efficacité, leur bonne tolérance et leur facilité d’utilisation ont amené le Ministère de la santé à annoncer, en avril 2017, un accès universel aux traitements innovants de l’hépatite C. Ils sont désormais pris en charge à 100 % par l’Assurance maladie pour tous les adultes présentant une hépatite C chronique.

Quels sont les médicaments utilisés dans l'hépatite C chronique

Jusqu'en 2014, le traitement médicamenteux de l’hépatite C reposait sur diverses substances : interféron, peginterféron, ribavirine, antiprotéases (bocéprévir, télaprévir).

En 2014, une nouvelle génération d’antiviraux a été mise à disposition des malades. Ces antiviraux dits « à action directe » empêchent le virus d’infecter de nouvelles cellules en bloquant l’action des protéines indispensables à sa multiplication. Ces antiviraux, efficaces et le plus souvent bien tolérés, ont profondément modifié la prise en charge de la maladie.

    Ils peuvent être organisés en 3 classes différentes selon leurs cibles :
  • inhibiteurs de protéase NS3A/4A (grazoprévir, voxilaprévir, glécaprévir),
  • inhibiteurs de la protéine NS5A (lédipasvir, elbasvir, pibrentasvir, velpastavir),
  • inhibiteurs de NS5B (sofosbuvir).

Le traitement classique de l’hépatite C avec ces antiviraux dure entre 8 et 12 semaines, parfois 16 semaines. Pendant le traitement, le patient est suivi pour s’assurer de la bonne prise de l’antiviral, de l’absence d’effets indésirables gênants et pour éviter les interactions médicamenteuses.

Pour évaluer l’efficacité du traitement antiviral, une prise de sang est effectuée 12 semaines après la fin du traitement anti-VHC. Si aucun virus de l’hépatite C n’est retrouvé dans le sang, la personne est considérée comme guérie (mais elle gardera des anticorps contre le VHC dans son sang, comme témoins de la maladie).

Si le foie était en bon état (peu ou pas de fibrose) au moment du traitement, aucun suivi ultérieur n’est nécessaire (mais la personne doit respecter les conseils de protection pour éviter une réinfection par le VHC, toujours possible).

Si le foie présentait des lésions, ou si la personne est à risque de troubles hépatiques (co-infection par l’hépatite B, alcoolodépendance, obésité, syndrome métabolique, par exemple), un suivi régulier est maintenu pour s’assurer de la santé du foie (en particulier pour dépister précocement un éventuel cancer du foie).

Attention en cas de diabète
Les antiviraux d'action directe peuvent abaisser la glycémie des patients diabétiques traités. Une surveillance étroite du taux de sucre dans le sang est donc nécessaire pendant les premiers mois du traitement contre l'hépatite C. Les traitements antidiabétiques doivent parfois être ajustés par le médecin.

Que se passe-t-il en cas d’échec d’un premier traitement contre le VHC ?

    Les causes d’échec des traitements contre le VHC sont essentiellement :
  • une mauvaise observance (le patient ne prend pas son traitement comme indiqué) 
  • des interactions médicamenteuses qui diminuent l’efficacité du traitement anti-VHC (voir encadré ci-dessous) 
  • un arrêt prématuré du traitement (par exemple à cause d’une mauvaise tolérance par le patient) 
  • l’existence de souches de VHC résistantes au traitement 
  • une réinfection par le VHC au cours du traitement.

Dans ce cas, le patient est suivi par une équipe hospitalière qui va rechercher les causes de l’échec et trouver des moyens d’y remédier. En cas de souches résistantes, des examens complémentaires sont pratiqués pour identifier les médicament antiviraux actifs contre cette souche résistante.

La greffe de foie

Lorsque la cirrhose ou le cancer du foie met en danger la vie du patient, le seul traitement reste la greffe de foie. En France, 30 % des greffes de foie sont pratiquées chez des personnes atteintes d’hépatite C chronique.

Les patients qui nécessitent une greffe de foie sont classés par ordre de gravité décroissante. Ce n’est pas la date d’inscription qui compte mais la gravité de l’insuffisance hépatique. Le délai moyen d’attente pour une greffe de foie est de 6 à 12 mois. Dans certains cas, les patients en attente de greffe sont traités contre le VHC avant la greffe. Après la greffe, tous les patients sont traités contre le VHC pour prévenir une infection du foie greffé par du VHC présent dans l’organisme.


La nouvelle génération d’antiviraux dits « à action directe » empêchent le virus d’infecter de nouvelles cellules en bloquant l’action des protéines indispensables à sa multiplication. Grâce à des médicaments combinant plusieurs antiviraux d'action directe, les patients sont traités avec des durées de traitement de plus en plus courtes et une bonne tolérance.

Les associations d'antiviraux d’action directe actifs sur tous les types de VHC

Parce qu’ils agissent sur tous les types de virus de l’hépatite C et qu’ils sont faciles à utiliser, deux médicaments sont actuellement privilégiés dans le traitement de l’hépatite C : EPCLUSA (sofosbuvir + velpatasvir) et MAVIRET (glécaprévir + pibrentasvir).

Le traitement par EPCLUSA doit être pris à raison de 1 comprimé par jour pendant 12 semaines. Il permet d’obtenir une guérison virale dans 95 % des cas quel que soit le type de virus de l’hépatite C et la gravité de l’atteinte du foie.

Le traitement par MAVIRET doit être pris à raison de 3 comprimés par jour pendant 8 à 12 semaines (selon la gravité de la maladie hépatique). Il permet d’obtenir une guérison virale dans 95 % des cas. Chez certaines personnes infectées par un virus de l’hépatite C de génotype 3, un traitement plus long (16 semaines) peut être nécessaire.

Liste des médicaments mise à jour : Jeudi 14 Mai 2020

Associations d'antiviraux d’action directe

Associations d’antiviraux d’action directe

Les associations d'antiviraux d’action directe actifs sur certains types de VHC

D’autres associations d’antiviraux sont également disponibles : HARVONI (sofosbuvir + lédipasvir), ZEPATIER (elbasvir + grazoprévir), VOSEVI (sofosbuvir + velpatasvir + voxilaprévir). Elles ne sont pas actives sur tous les types de virus de l’hépatite C. Le choix du traitement dépend du génotype du VHC et/ou, s'il y a eu des traitements antiviraux antérieurs, de la réponse à ces traitements. L’identification du génotype doit être effectuée avant de débuter un traitement par ces médicaments.

Liste des médicaments mise à jour : Jeudi 14 Mai 2020

Associations d’antiviraux d’action directe

Attention aux interactions
Avant de prescrire le traitement, votre médecin doit faire une évaluation complète des traitements pris aussi précisément que possible : n'oubliez pas de lui signaler les médicaments pris en automédication, la naturopathie, la consommation de pamplemousse, d’orange sanguine, ou les produits de phytothérapie contenant du millepertuis.
La prise concomitante ou récente d’un médicament contenant du sofosbuvir seul (SOVALDI) ou en association (EPCLUSA, HARVONI et VOSEVI) avec un antiarythmique contenant de l’amiodarone (CORDARONE et génériques) expose à un risque de ralentissement important du cœur et de troubles cardiaques (troubles de la conduction). Une surveillance adaptée (comprenant une surveillance continue de la fréquence cardiaque pendant 48 heures à l'hôpital, suivie d'une surveillance journalière à la maison pendant au moins 2 semaines) doit être mise en place dans le cas où le recours à l'association est inévitable. De plus, il est nécessaire de consulter un médecin en urgence en cas de survenue de symptômes tels que tels des étourdissements, des vertiges, voire une perte de connaissance, une sensation de fatigue ou un essoufflement (Coadministration amiodarone/sofosbuvir et risque de bradyarythmie : renforcement des mises en garde, 02/2020).

La ribavirine dans le traitement de l’hépatite C

La ribavirine est une substance antivirale indiquée dans le traitement de l'hépatite C chronique, en association avec d’autres médicaments (antiviraux à action direct ou interféron alfa). La ribavirine ne doit jamais être utilisée seule. Elle est réservée à certains cas particuliers.

Des effets toxiques de la ribavirine sur les embryons ont été observés lors des études chez l’animal. La ribavirine est formellement contre-indiquée chez la femme enceinte. Une contraception efficace est indispensable pendant le traitement et doit être poursuivie pendant les quatre mois qui suivent l'arrêt du traitement chez la femme, et pendant sept mois chez l'homme (la ribavirine passe dans le sperme).

Le principal effet indésirable de la ribavirine est l’apparition d’une anémie provoquant une fatigue intense.

Liste des médicaments mise à jour : Jeudi 14 Mai 2020

Ribavirine

Légende
Médicament générique

Les autres médicaments indiqués dans l’hépatite C

SOVALDI (sofosbuvir) est un des premiers antiviraux d’action directe à avoir été disponible. Il contient un seul antiviral et doit toujours être utilisé en association avec d’autres antiviraux (ribavirine par exemple). Son intérêt est moindre depuis l’arrivée des associations fixes qui facilitent les prises.

Liste des médicaments mise à jour : Jeudi 14 Mai 2020

Antiviraux à action directe

L'interféron et le peginterféron ne sont plus recommandés dans le traitement de l'hépatite C. Administrés par injection sous cutanée, ils présentent des effets indésirables pouvant diminuer la qualité de vie : symptômes rappelant la grippe, fatigue, perte d’appétit, perte de poids, chute de cheveux, inflammation au point d'injection, état dépressif sévère.

Liste des médicaments mise à jour : Jeudi 14 Mai 2020

Interférons

Peginterférons


L'hépatite C au quotidien

Quelques mesures simples sont conseillées aux personnes qui souffrent d’hépatite C chronique avec ou sans symptômes.

    Votre foie est fragilisé :
  • Ne consommez pas de boissons alcoolisées.
  • Demandez l’avis de votre médecin sur les médicaments que vous pouvez prendre. De nombreux médicaments courants peuvent agir de façon négative sur le foie.
  • Cessez de fumer.
  • Faites attention à votre alimentation : le surpoids et l’obésité favorisent l’apparition d’une cirrhose du foie. Cependant, aucune famille particulière d’aliments n’est à éviter en cas d’hépatite C chronique.

Faites-vous vacciner contre l’hépatite B, et si vous voyagez, contre l’hépatite A, car une autre hépatite virale pourrait aggraver votre hépatite C.

N’hésitez pas à contacter une association de patients, qui pourra vous aider par l’écoute et par l’échange d’expériences et d’informations avec d’autres personnes concernées par cette maladie.


Sources et références de l'article "Hépatite C"


Documents utiles Hépatite C proposés par les laboratoires et sociétés

Vous trouverez ci-dessous une liste de documents et de ressources utiles concernant la maladie Hépatite C. Ils sont proposés par des laboratoires pharmaceutiques ou des sociétés de parapharmacie.
Ils peuvent vous permettent d'obtenir plus d'informations sur cette maladie et contribuer à mieux la gérer. Ils sont mis à votre disposition sous la responsabilité de leurs auteurs.

Utilisez le filtre ci-dessous pour filtrer les ressources proposées.

Brochure / Document (Environnement) - (Laboratoire)

Brochure / Document (Environnement) - (Laboratoire)

Evolution de l’hépatite C (Gilead Sciences)

Poster à destination des patients expliquant les différents stades de l’hépatite C

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Brochure / Document (Environnement) - (Laboratoire)

Hépatite C : pourquoi traiter ? – document patient (Gilead Sciences)

Fiches simplifiées sur l’hépatite C à destination des patients

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