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Les médicaments de la maladie de Crohn

Mis à jour : Jeudi 24 Mai 2018
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Le traitement de la maladie de Crohn repose sur la prescription de médicaments destinées à diminuer l’activité du système immunitaire du patient : anti-inflammatoires et immunosuppresseurs.

Les médicaments anti-inflammatoires (corticoïdes, parfois dérivés aminosalicylés) visent à réduire les symptômes de l’inflammation provoquée par une activité excessive du système immunitaire contre les cellules des parois de l’intestin. Les médicaments immunosuppresseurs (anticorps monoclonaux, azathioprine et méthotrexate) ont une activité plus spécifiquement ciblée sur les cellules du système immunitaire et leur activité.

Dans la maladie de Crohn, il ne faut pas envisager de ne prendre son traitement qu’au moment des crises. La prise d’un traitement d’entretien, même si elle est parfois contraignante, permet de mieux contrôler la maladie (diminution des récidives) et d’éviter d’éventuelles complications (perforations, sténose, etc.). Les médicaments généralement utilisés sont les immunosuppresseurs (azathioprine et anti-TNF, voir ci-dessous).

Les corticoïdes dans le traitement de la maladie de Crohn

Dans le cadre du traitement de la maladie de Crohn, les corticoïdes (dérivés de la cortisone) peuvent être prescrits par voie orale ou sous forme de lavement, pour traiter une poussée comme pour prévenir les rechutes.

Les corticoïdes par voie orale

Les corticoïdes par voie orale permettent une amélioration rapide des crises : diminution des douleurs et de la diarrhée, amélioration de l’état général du patient. Le traitement est poursuivi plusieurs semaines et l’arrêt du traitement doit être progressif.

Les effets indésirables des corticoïdes par voie orale apparaissent lorsque le traitement est poursuivi plusieurs semaines : gonflements (œdèmes), diabète, ostéoporose, fonte des muscles et peau anormalement fine, cataracte, glaucome, etc. Les personnes qui prennent des corticoïdes au long cours doivent subir des examens de contrôle réguliers pour dépister ces éventuels effets indésirables.

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Médicament générique

Un corticoïde d'action locale

Le budésonide est un corticoïde lui aussi administré par voie orale, mais il passe faiblement dans le sang et a une action essentiellement locale, dans l'intestin. Il se présente sous forme de gélules contenant des microgranules conçus pour libérer la substance dans l’intestin. Il est particulièrement actif sur l’iléon (la partie terminale de l’intestin grêle). Il est prescrit contre les poussées de maladie de Crohn d’intensité légère à modérée qui touche l’iléon ou le début du colon, et pour prévenir les rechutes. Il est également prescrit aux patients dits « corticodépendants » (voir ci-dessous) en attendant la mise en place d’un traitement immunosuppresseur.

Liste des médicaments mise à jour : Mardi 22 Mai 2018

Corticoïdes d'action locale : budésonide

Les corticoïdes par voie rectale

Les corticoïdes sont prescrits en lavement lorsque la maladie de Crohn touche le rectum et le côlon gauche. Le traitement est bref (moins de deux semaines). Le lavement est administré de préférence le soir au coucher, en essayant dans la mesure du possible de s’endormir en « gardant » le lavement.

Liste des médicaments mise à jour : Mardi 22 Mai 2018

Corticoïdes par voie rectale

Corticorésistance, corticodépendance, qu'est-ce que c'est ?

On parle de corticorésistance lorsque la maladie de Crohn est toujours active (CDAI supérieur à 150) malgré la prise de corticoïdes à dose suffisante pendant quatre semaines. Dans ce cas, d’autres types de traitement doivent être prescrits.

La corticodépendance est observée chez des patients chez lesquels il est impossible de réduire la dose de corticoïdes au dessous d’un certain seuil dans les trois mois après le début de la corticothérapie, ou chez les patients présentant une rechute dans les trois mois après l’arrêt du traitement par les corticoïdes. Elle est observée chez environ 30 % des patients atteints de maladie de Crohn et traités par des corticoïdes. Le diagnostic d’une corticodépendance justifie le remplacement des corticoïdes par des médicaments immunosuppresseurs.

Maladie de Crohn, aspirine et AINS
L’aspirine et les anti-inflammatoires non stéroïdiens (AINS, ibuprofène, diclofénac, acide niflumique, par exemple) sont des substances fréquemment prescrites pour contrôler la fièvre ou la douleur. Les personnes qui souffrent de maladie de Crohn doivent éviter d’utiliser ces substances qui peuvent aggraver leurs symptômes. Pour soulager des douleurs courantes, mieux vaut prendre du paracétamol.

Les biothérapies dans le traitement de la maladie de Crohn

Plusieurs anticorps monoclonaux, produits par biotechnologie, sont indiqués dans le traitement de la maladie de Crohn, modérée à sévère. Leur prescription nécessite différents examens avant de débuter le traitement : elle est réservée à certains spécialistes.

L’infliximab et l’adalimumab sont des agents anti-TNF. Ils bloquent l’action du TNF (Tumor necrosis factor), une substance de l’immunité. Ils sont utilisés lorsque les corticoïdes ou les autres immunosuppresseurs n’ont pas été efficaces, ou sont contre-indiqués ou mal tolérés. L’infliximab est également prescrit lorsque la maladie de Crohn a provoqué une fistule, ainsi que chez les enfants de plus de six ans. L’infliximab est administré en perfusion à l'hôpital et l’adalimumab est administré en injection sous-cutanée. Le rythme des injections varient selon les substances.

L’ustékunimab (STELARA) est un anticorps monoclonal qui cible une autre substance de l’immunité, une interleukine, également impliquée dans les processus inflammatoires. Le védolizumab (ENTYVIO) est un anticorps monoclonal conçu pour bloquer une protéine à la surface de certaines cellules de l’immunité présentes dans l'intestin. Il réduit ainsi l'inflammation de l'intestin. Réservé à l’usage hospitalier, il se présente sous forme de poudre pour solution injectable et est administré en perfusion de 30 minutes. L’ustékinumab et le védolizumab sont destinés au traitement de la maladie de Crohn de l’adulte en cas de réponse insuffisante ou d’intolérance à un traitement conventionnel ou par anti-TNF.

Les anticorps monoclonaux peuvent augmenter le risque d’infections (en particulier la tuberculose). Tout signe d’infection (fièvre, frissons, perte de poids, etc.) doit amener à consulter son médecin rapidement. De plus, une mise à jour des vaccinations est nécessaire avant le démarrage de ces traitements.

Les autres effets indésirables sont des troubles cardiaques, des problèmes de peau ressemblant au psoriasis ou au lupus, des troubles neurologiques, etc.

Liste des médicaments mise à jour : Mardi 22 Mai 2018

Agents anti-TNF : adalimumab

Agents anti-TNF : infliximab

Anticorps monoclonal : ustékinumab

L'azathioprine dans le traitement de la maladie de Crohn

L’azathioprine est prescrite dans les formes sévères de la maladie de Crohn chez les patients intolérants aux corticoïdes ou corticodépendants, ou pour lesquels un traitement utilisant de fortes doses de corticoïdes n’a pas suffi à provoquer une rémission. L’effet de l’azathioprine ne se manifeste qu’après quelques semaines ou quelques mois de traitement.

Les effets indésirables les plus fréquents de l’azathioprine sont des nausées et des anomalies du sang qui nécessitent des prises de sang de contrôle régulières. Les patients traités par azathioprine sont plus sensibles aux infections. La survenue d’un épisode de fièvre justifie donc une consultation médicale rapide.

Liste des médicaments mise à jour : Mardi 22 Mai 2018

Immunosuppresseurs : azathioprine

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Médicament générique

Le méthotrexate dans le traitement de la maladie de Crohn

Le méthotrexate est un immunosuppresseur d’action assez lente. Dans la maladie de Crohn, il est généralement prescrit sous forme injectable par voie sous-cutanée (SC) ou intramusculaire(IM) à la dose de 25 mg par semaine. L’utilisation du méthotrexate s’accompagne de la prescription d’acide folinique pour prévenir la survenue de certains effets indésirables.

Le méthotrexate est formellement contre-indiqué chez les femmes enceintes et sa prescription nécessite une contraception efficace chez les femmes en âge de procréer. Le méthotrexate est contre-indiqué durant l’allaitement.

Auparavant, il n'existait pas de médicament à base de méthotrexate officiellement indiqué dans le traitement de la maladie de Crohn. Les spécialistes de la maladie pouvaient néanmoins le prescrire. Il existe désormais un médicament indiqué dans le traitement de la maladie en cas d’échec ou d’intolérance à l’azathioprine mais il n’est pas remboursé dans ce cas, car le laboratoire n’a pas fait de demande de remboursement pour cette indication aux autorités de santé.

Liste des médicaments mise à jour : Mardi 22 Mai 2018

Méthotrexate

Les dérivés aminosalicylés dans le traitement de la maladie de Crohn

Les dérivés aminosalicylés exercent une action anti-inflammatoire directe sur les parois de l’intestin, sans être au préalable absorbés dans le sang. Ils sont moins utilisés dans le traitement de la maladie de Crohn que dans celui de la rectocolite hémorragique. Ils sont plutôt prescrits aux patients après une intervention chirurgicale où une partie de l’intestin a été enlevée, afin de diminuer le risque de rechute.

Le plus souvent bien tolérés, les dérivés aminosalicylés entraînent parfois des effets indésirables : maux de tête, nausées et vomissements, voire douleurs des mains et des pieds ou diarrhées. Parmi les deux dérivés aminosalicylés utilisés dans la maladie de Crohn, la mésalazine (5-ASA) semble la mieux tolérée. Chez certains patients, la sulfasalazine peut provoquer des réactions allergiques potentiellement graves (syndrome d’hypersensibilité et syndromes de Lyell et de Stevens-Johnson). Ces réactions imposent l'arrêt immédiat du médicament, sa contre-indication définitive ainsi que celle des médicaments proches.

Liste des médicaments mise à jour : Mardi 22 Mai 2018

Anti-inflammatoires intestinaux

Le thalidomide dans le traitement de la maladie de Crohn

Le thalidomide (THALIDOMIDE CELGENE) peut être utilisé à l’hôpital en cas d’échec des traitements habituels (corticoïde, immunosuppresseur ou anti-TNF) Pour cela, il bénéficie d’une recommandation temporaire d'utilisation (RTU), un dispositif particulier de prescription qui permet un suivi étroit des patients.

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