Maladie de Crohn

Mis à jour : Jeudi 19 Juillet 2018

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La maladie de Crohn est une maladie inflammatoire chronique du tube digestif (le plus souvent de l'intestin) qui évolue par poussées imprévisibles. La fréquence des poussées et leur sévérité sont variables selon les patients. Chez les personnes souffrant de poussées fréquentes ou durables, la maladie de Crohn est handicapante et peut provoquer perte de poids et anémie. Le traitement vise à soulager les poussées et à prévenir les rechutes. Il ne guérit pas la maladie mais permet aux patients de maintenir une qualité de vie satisfaisante.

Qu'est-ce que la maladie de Crohn ?

mal aux intestins

La maladie de Crohn est une maladie du tube digestif qui fait partie des maladies inflammatoires chroniques de l’intestin (MICI) comme, par exemple, la rectocolite hémorragique. Évoluant par poussées dont la fréquence, la durée et la sévérité varient considérablement selon les patients, la maladie de Crohn se traduit principalement lors des crises par des maux de ventre et des diarrhées qui peuvent persister plusieurs semaines. Lorsqu’elles durent, ces poussées peuvent entraîner fatigue, anémie, dénutrition et perte de poids. Les périodes de rémission (accalmie) entre les poussées peuvent durer quelques semaines, quelques mois, voire quelques années. Il est difficile de prédire la fréquence des crises.

La maladie de Crohn provoque une inflammation et un épaississement de la paroi du tube digestif, ainsi que des ulcères et, parfois, des fissures et des perforations. Ces lésions peuvent affecter toute l’épaisseur de la paroi du tube digestif et l’ensemble du tube digestif (de l’œsophage au rectum) à la différence de la rectocolite hémorragique qui n’affecte que le côlon et le rectum, et seulement la couche superficielle de la paroi intestinale. Dans un tiers des cas, la maladie de Crohn affecte seulement l’intestin grêle (surtout la partie terminale, l’iléon) et seulement le côlon dans un autre tiers des cas. Le tiers restant concerne à la fois l’iléon et le côlon.

La maladie de Crohn n’est pas contagieuse.

 

système digestif
Schéma des organes digestifs

 

La maladie de Crohn est-elle fréquente ?

En France, la maladie de Crohn touche environ 60 000 personnes (soit une personne sur mille). Un peu moins de quatre mille nouveaux cas sont diagnostiqués chaque année. La maladie de Crohn est plus fréquente depuis les années 1950. Il existe d’importantes variations de sa fréquence selon les pays : elle est plus courante dans les pays du nord de l’Europe que dans ceux du Sud.

La maladie de Crohn est le plus souvent diagnostiquée chez de jeunes adultes (entre 20 et 30 ans) mais elle est parfois observée chez des enfants et des adolescents ou chez des sujets âgés. Les femmes sont un peu plus souvent touchées que les hommes. Une prédisposition familiale existe, en particulier dans les populations d’origine juive ashkénase.

La maladie de Crohn chez les enfants et les adolescents
Chez les enfants et les adolescents, le risque de développer une maladie de Crohn est quatre à six fois plus important lorsque l'un des parents est atteint de cette maladie. Chez les enfants, les symptômes de la maladie de Crohn sont similaires à ceux observés chez les adultes, avec la présence fréquente de symptômes non intestinaux chez les adolescents. Chez les enfants et les adolescents, une maladie de Crohn sévère et durable entraîne souvent des troubles de la croissance ou un retard de la puberté. Des mesures de soutien nutritionnel spécifiques sont mises en place pour éviter ces troubles (par exemple, la mise en place d'une alimentation par sonde pendant la nuit).

Les symptômes de la maladie de Crohn ne sont observés que lors des poussées. De survenue et de durée imprévisibles, ces crises se produisent généralement tout au long de la vie, avec des périodes de rémission (absence totale ou quasi-totale de symptômes) pouvant aller de quelques semaines à plusieurs mois, voire des années. Chez 10 à 20 % des patients, la première poussée de la maladie de Crohn est suivie d'une période de rémission durable.

Les différentes formes de maladie de Crohn

Selon la localisation des lésions, on distingue différentes formes de maladie de Crohn.

La maladie de Crohn dite « colique pure »

Lorsque la maladie de Crohn n’affecte que le côlon, elle se traduit plutôt par des diarrhées, la présence de sang dans les selles et des maux de ventre.

La maladie de Crohn dite « iléale pure »

Lorsque la maladie de Crohn n’affecte que l’iléon, elle se traduit plutôt par des douleurs dans la partie basse du ventre située à droite, des nausées et des diarrhées.

La maladie de Crohn « œsophago-duodénale »

Lorsque la maladie de Crohn touche l’œsophage et le début de l’intestin grêle (duodénum), les patients ressentent également des brûlures d’estomac et des renvois acides.

Les symptômes intestinaux des poussées de maladie de Crohn

Lors de poussées de maladie de Crohn, les patients souffrent de maux de ventre (en particulier après les repas), d’épisodes de diarrhée pouvant durer plusieurs semaines, d’émissions de selles contenant du sang (parfois en quantité importante) ou des glaires, ainsi que de nausées, de vomissements et de perte d’appétit.

Outre la gêne relative à la vie quotidienne, les patients peuvent également se plaindre de fatigue, parfois associée à de la fièvre ou à une anémie (carence en fer). Lorsque les poussées durent plusieurs semaines, la personne maigrit et peut présenter des signes de dénutrition.

Les autres symptômes associés aux poussées de maladie de Crohn

Dans certains cas, les symptômes digestifs peuvent être associés à d’autres manifestations, notamment :

  • des rhumatismes articulaires dans les membres ou au niveau de la colonne vertébrale (spondylarthrite) ;
  • une inflammation de l’enveloppe des yeux (uvéite) ;
  • des problèmes de peau (érythème noueux, de petits nodules fermes et rouges situés dans l’épaisseur de la peau).

Ces symptômes non intestinaux traduisent un état d’inflammation générale avec une tendance du système immunitaire à attaquer divers organes.

La maladie de Crohn chez la femme enceinte
La maladie de Crohn n'affecte pas la fertilité et n'empêche pas de mener une grossesse à terme. Cependant, il est préférable de concevoir un enfant pendant les périodes de rémission, les poussées de maladie de Crohn pouvant être à l'origine de fausses couches. Pendant la grossesse, la fréquence des poussées est la même que chez les femmes qui ne sont pas enceintes. La plupart des médicaments prescrits en traitement d'entretien de la maladie de Crohn sont compatibles avec la grossesse, à l'exception notable du méthotrexate qui impose une contraception rigoureuse.

Les rechutes de maladie de Crohn

Chez les personnes qui souffrent de maladie de Crohn, les rechutes sont définies comme la réapparition de maux de ventre et de diarrhées chroniques après une période sans symptômes. Ces rechutes peuvent être dites « précoces » (si elles apparaissent moins de trois mois après le début de la période de rémission) ou « fréquentes » (si elles se produisent plus de deux fois par an).


Les complications de la maladie de Crohn peuvent être graves et nécessitent une prise en charge médicale urgente et, parfois, une hospitalisation.

La colite aiguë grave lors de maladie de Crohn

La colite aiguë grave est une complication de la maladie de Crohn qui se définit par la présence de plusieurs symptômes sévères :

  • émission de selles sanglantes plus de six fois par jour ;
  • anémie et amaigrissement ;
  • fièvre.

La colite aiguë grave peut être à l’origine d’une dilatation du côlon accompagnée de fièvre, de maux de ventre et de ballonnements. Elle augmente le risque de perforation du gros intestin et de péritonite (l’infection de la cavité de l’abdomen). La colite aiguë grave peut également entraîner des hémorragies (saignements) importantes. Elle justifie généralement une hospitalisation du patient.

Les sténoses de l'intestin lors de maladie de Crohn

Lorsque la maladie de Crohn est sévère, les parois de l’intestin ont, avec le temps, tendance à s’épaissir ce qui réduit leur diamètre (on parle alors de « sténose »). Ces sténoses peuvent faire obstruction au transit intestinal et provoquer des bouchons (« obstruction ») ou des « nœuds » (« sub-occlusion » ou « occlusion »). Ce type de complication peut être grave et nécessiter une hospitalisation en urgence.

Les obstructions intestinales se manifestent généralement par des ballonnements, de la constipation, voire des vomissements de matières fécales. Les occlusions intestinales provoquent des crampes intestinales intenses, des ballonnements, une constipation, des nausées et des vomissements, ainsi que, parfois, de la fièvre.

Les perforations intestinales dans la maladie de Crohn

Chez les personnes qui souffrent de maladie de Crohn sévère, les parois de l’intestin sont fragiles et peuvent se fissurer ou se rompre : c’est la perforation intestinale qui peut provoquer une infection de la cavité de l’abdomen (péritonite) ou la formation d’abcès localisés dans cette cavité.

Les fistules dans la maladie de Crohn

Dans certains cas, la maladie de Crohn entraîne la formation de fistules, la communication anormale entre le tube digestif et un autre organe. Par exemple, entre deux parties de l’intestin ou entre l’intestin et la peau ou entre l’intestin et la vessie. Sont également observées, des fistules entre l’anus et le périnée ou le vagin.

La dénutrition liée à la maladie de Crohn

Pour dépister et traiter d’éventuelles carences nutritionnelles, des examens sanguins annuels sont pratiqués. Les personnes qui souffrent de maladie de Crohn au niveau de l’iléon ont fréquemment des carences en vitamine B12 et en vitamine D.

Le cancer du côlon lors de maladie de Crohn

Les personnes qui souffrent de maladie de Crohn touchant le gros intestin ont un risque plus élevé de développer un cancer du côlon après quelques années de maladie. Un dépistage systématique de ce cancer par coloscopie est mis en place chez les personnes qui souffrent de maladie de Crohn depuis plus de huit ans.

Les troubles des voies biliaires lors de maladie de Crohn

Dans certains cas, la maladie de Crohn peut se compliquer de troubles des canaux qui acheminent la bile du foie vers l’intestin grêle : c’est la cholangite sclérosante primitive, une inflammation et un épaississement de ces canaux. Cette cholangite augmente le risque de cancer des voies biliaires ou du côlon.


Les causes de la maladie de Crohn sont mal identifiées. Aujourd'hui, on pense que la maladie de Crohn associe des facteurs génétiques (une prédisposition familiale) avec des facteurs environnementaux (mode de vie) non identifiés.

Les facteurs génétiques de la maladie de Crohn

Une trentaine de gènes favorisant l’apparition d’une maladie de Crohn ont été identifiés : par exemple, le gène NOD2/CARD15 qui multiplie par cinq le risque de souffrir de cette maladie. Ce gène code pour des protéines impliquées dans le fonctionnement du système immunitaire. Cependant, la maladie de Crohn n’est pas une maladie purement génétique et la présence d’autres facteurs aujourd’hui inconnus est indispensable à son apparition.

La maladie de Crohn, une maladie auto-immune

L’interaction des facteurs génétiques et environnementaux amènerait le système immunitaire du patient à attaquer les cellules de la paroi du tube digestif. La maladie de Crohn serait donc une maladie dite « auto-immune » comme, par exemple, le psoriasis, la polyarthrite rhumatoïde, la spondylarthrite ou la sclérose en plaques. Cette hypothèse est renforcée par la nature des symptômes non intestinaux de la maladie de Crohn (uvéite, rhumatismes, etc.) et par l’efficacité des traitements visant à réduire l’activité du système immunitaire.

Peut-on prévenir la maladie de Crohn ?

Aujourd’hui, il n’existe pas de mesures de prévention qui puissent diminuer le risque de souffrir de maladie de Crohn. La prévention des rechutes repose sur la mise en place d’un traitement d’entretien.

Tabac et maladie de Crohn

Le tabagisme augmente la sévérité des poussées de maladie de Crohn, leur fréquence, ainsi que la nécessité de recourir à la chirurgie. Les fumeurs qui souffrent de maladie de Crohn ont tout intérêt à cesser complètement de fumer dès le diagnostic de la maladie. De même, les enfants qui ont une maladie de Crohn doivent, si possible, vivre en milieu non fumeur.

Alimentation et maladie de Crohn

Pendant les poussées, l’alimentation peut avoir une influence sur la sévérité des symptômes. En général, les médecins recommandent d’exclure les fruits et les légumes pendant les poussées. D’autres aliments peuvent aggraver les symptômes mais leur nature dépend de chaque patient. Ainsi, pendant les poussées, il est intéressant de tenir un journal de son alimentation afin d’identifier ces aliments « aggravants » (la viande rouge, certaines céréales et les produits laitiers sont souvent cités). L’exclusion d’un aliment « suspect » pendant deux ou trois semaines permet de se faire une idée de la réalité de cette suspicion.

Les épices et les boissons contenant de la caféine peuvent également aggraver les symptômes des poussées de maladie de Crohn.


Il n'y a actuellement pas de test permettant de prédire la survenue de maladie de Crohn. Le diagnostic de la maladie de Crohn repose sur l'interrogatoire du patient (analyse des symptômes), l'examen clinique et certains examens complémentaires.

L'iléocoloscopie dans le diagnostic de la maladie de Crohn

schéma estomac et intestins

L’iléocoloscopie consiste à observer la paroi du gros intestin et de l’iléon à l’aide d’une sonde endoscopique souple, un ensemble de fibres optiques pourvu d’une lumière et d’une caméra. La sonde est introduite par l’anus. Cet examen s’effectue sous anesthésie générale et nécessite que le côlon soit vidé de son contenu (patient à jeun, prise de liquide de lavage intestinal avant l’examen, voire régime sans résidus et médicaments laxatifs quelques jours avant l’examen).

L’iléocoloscopie permet d’observer des signes d’inflammation et de fragilité de la paroi de l’intestin, ainsi que des ulcères. En fonction de ce qu’il observe, le médecin pourra affecter un score de sévérité et un score d’étendue aux lésions. Si nécessaire, il prélèvera un petit fragment de paroi intestinale pour analyse (une « biopsie »).

Les autres examens complémentaires de la maladie de Crohn

Chez les patients pour lesquels les examens endoscopiques ne sont pas réalisables (présence d’une dilatation ou d’une fragilisation excessive du côlon), il est possible d’avoir recours à des examens de type IRM ou échographie pour évaluer la sévérité d’une maladie de Crohn.


Aujourd’hui, la maladie de Crohn est une maladie dont on ne guérit pas définitivement. Le traitement de la maladie de Crohn vise à soulager les symptômes des poussées (traitement dit « d’attaque ») et à prévenir les rechutes et les complications (traitement dit « d’entretien »). Le traitement d’entretien a également pour objectif de maintenir la qualité de vie du patient. Ces deux types de traitement utilisent essentiellement les mêmes médicaments à des posologies différentes. Le choix des médicaments se fait selon la sévérité des symptômes, la partie du tube digestif touchée et l’étendue des lésions.

Le traitement de la maladie de Crohn peut également mettre en œuvre des mesures chirurgicales.

Le suivi médical des patients atteints de maladie de Crohn

Les personnes qui souffrent de maladie de Crohn font l’objet d’un suivi médical dont la fréquence varie selon la sévérité de la maladie : deux fois par an si tout va bien, une fois par mois voire plus fréquemment pendant les poussées.

Au cours du suivi médical, un examen endoscopique (iléocoloscopie) est effectué, qui permet au médecin de mesurer objectivement l’état de l’intestin à l’aide de divers scores de sévérité.

Le CDAI, qu'est-ce que c'est ?
L’activité de la maladie de Crohn est mesurée par un index (le CDAI ou Crohn’s Disease Activity Index) qui tient compte, sur une semaine :
  • du nombre de selles liquides ;
  • des maux de ventre ;
  • de l’état général du patient :
  • de son poids ;
  • de son taux d’hémoglobine (la substance qui transporte l’oxygène dans le sang et qui est diminuée lors d’anémie) ;
  • des symptômes non intestinaux.

Lorsque le CDAI est inférieur à 150, on parle de rémission de la maladie. Entre 150 et 220, l’activité de la maladie est dite légère, elle est modérée entre 220 et 450, et sévère au-dessus de 450.

Pour aider le médecin à évaluer la sévérité de la maladie de Crohn, il peut être utile de tenir un journal sur lequel seront notés, chaque jour : le nombre de selles et leur aspect, la fréquence et l’intensité des maux de ventre, l’appétit et le poids, les moments de la journée où les symptômes sont le plus intenses, etc.

La consultation de suivi médical permet également de faire un bilan sur les traitements et sur l’état nutritionnel du patient (à l’aide d’une prise de sang). Les personnes qui, pour contrôler leur maladie, sont obligées de prendre des corticoïdes pendant plus de six mois font l’objet de contrôles particuliers : densité des os, mesure du taux de glucose (sucre) dans le sang, examen des yeux, etc.

L'association François Aupetit (AFA)

L’association François Aupetit (AFA) est une association regroupant des personnes atteintes de maladies intestinales chroniques de l’intestin (MICI) : maladie de Crohn, rectocolite hémorragique et autres colites chroniques. Ses missions sont de promouvoir, susciter et financer des programmes de recherche, d’informer les malades, les proches, les professionnels de santé et le public, et de soutenir les malades et leurs proches.

Pour en savoir plus sur l’AFA


Le traitement de la maladie de Crohn repose sur la prescription de médicaments destinées à diminuer l’activité du système immunitaire du patient : anti-inflammatoires et immunosuppresseurs.

Les médicaments anti-inflammatoires (corticoïdes, parfois dérivés aminosalicylés) visent à réduire les symptômes de l’inflammation provoquée par une activité excessive du système immunitaire contre les cellules des parois de l’intestin. Les médicaments immunosuppresseurs (anticorps monoclonaux, azathioprine et méthotrexate) ont une activité plus spécifiquement ciblée sur les cellules du système immunitaire et leur activité.

Dans la maladie de Crohn, il ne faut pas envisager de ne prendre son traitement qu’au moment des crises. La prise d’un traitement d’entretien, même si elle est parfois contraignante, permet de mieux contrôler la maladie (diminution des récidives) et d’éviter d’éventuelles complications (perforations, sténose, etc.). Les médicaments généralement utilisés sont les immunosuppresseurs (azathioprine et anti-TNF, voir ci-dessous).

Les corticoïdes dans le traitement de la maladie de Crohn

Dans le cadre du traitement de la maladie de Crohn, les corticoïdes (dérivés de la cortisone) peuvent être prescrits par voie orale ou sous forme de lavement, pour traiter une poussée comme pour prévenir les rechutes.

Les corticoïdes par voie orale

Les corticoïdes par voie orale permettent une amélioration rapide des crises : diminution des douleurs et de la diarrhée, amélioration de l’état général du patient. Le traitement est poursuivi plusieurs semaines et l’arrêt du traitement doit être progressif.

Les effets indésirables des corticoïdes par voie orale apparaissent lorsque le traitement est poursuivi plusieurs semaines : gonflements (œdèmes), diabète, ostéoporose, fonte des muscles et peau anormalement fine, cataracte, glaucome, etc. Les personnes qui prennent des corticoïdes au long cours doivent subir des examens de contrôle réguliers pour dépister ces éventuels effets indésirables.

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Médicament générique

Un corticoïde d'action locale

Le budésonide est un corticoïde lui aussi administré par voie orale, mais il passe faiblement dans le sang et a une action essentiellement locale, dans l'intestin. Il se présente sous forme de gélules contenant des microgranules conçus pour libérer la substance dans l’intestin. Il est particulièrement actif sur l’iléon (la partie terminale de l’intestin grêle). Il est prescrit contre les poussées de maladie de Crohn d’intensité légère à modérée qui touche l’iléon ou le début du colon, et pour prévenir les rechutes. Il est également prescrit aux patients dits « corticodépendants » (voir ci-dessous) en attendant la mise en place d’un traitement immunosuppresseur.

Liste des médicaments mise à jour : Mardi 16 Avril 2019

Corticoïdes d'action locale : budésonide

Les corticoïdes par voie rectale

Les corticoïdes sont prescrits en lavement lorsque la maladie de Crohn touche le rectum et le côlon gauche. Le traitement est bref (moins de deux semaines). Le lavement est administré de préférence le soir au coucher, en essayant dans la mesure du possible de s’endormir en « gardant » le lavement.

Liste des médicaments mise à jour : Mardi 16 Avril 2019

Corticoïdes par voie rectale

Corticorésistance, corticodépendance, qu'est-ce que c'est ?

On parle de corticorésistance lorsque la maladie de Crohn est toujours active (CDAI supérieur à 150) malgré la prise de corticoïdes à dose suffisante pendant quatre semaines. Dans ce cas, d’autres types de traitement doivent être prescrits.

La corticodépendance est observée chez des patients chez lesquels il est impossible de réduire la dose de corticoïdes au dessous d’un certain seuil dans les trois mois après le début de la corticothérapie, ou chez les patients présentant une rechute dans les trois mois après l’arrêt du traitement par les corticoïdes. Elle est observée chez environ 30 % des patients atteints de maladie de Crohn et traités par des corticoïdes. Le diagnostic d’une corticodépendance justifie le remplacement des corticoïdes par des médicaments immunosuppresseurs.

Maladie de Crohn, aspirine et AINS
L’aspirine et les anti-inflammatoires non stéroïdiens (AINS, ibuprofène, diclofénac, acide niflumique, par exemple) sont des substances fréquemment prescrites pour contrôler la fièvre ou la douleur. Les personnes qui souffrent de maladie de Crohn doivent éviter d’utiliser ces substances qui peuvent aggraver leurs symptômes. Pour soulager des douleurs courantes, mieux vaut prendre du paracétamol.

Les biothérapies dans le traitement de la maladie de Crohn

Plusieurs anticorps monoclonaux, produits par biotechnologie, sont indiqués dans le traitement de la maladie de Crohn, modérée à sévère. Leur prescription nécessite différents examens avant de débuter le traitement : elle est réservée à certains spécialistes.

L’infliximab et l’adalimumab sont des agents anti-TNF. Ils bloquent l’action du TNF (Tumor necrosis factor), une substance de l’immunité. Ils sont utilisés lorsque les corticoïdes ou les autres immunosuppresseurs n’ont pas été efficaces, ou sont contre-indiqués ou mal tolérés. L’infliximab est également prescrit lorsque la maladie de Crohn a provoqué une fistule, ainsi que chez les enfants de plus de six ans. L’infliximab est administré en perfusion à l'hôpital et l’adalimumab est administré en injection sous-cutanée. Le rythme des injections varient selon les substances.

L’ustékunimab (STELARA) est un anticorps monoclonal qui cible une autre substance de l’immunité, une interleukine, également impliquée dans les processus inflammatoires. Le védolizumab (ENTYVIO) est un anticorps monoclonal conçu pour bloquer une protéine à la surface de certaines cellules de l’immunité présentes dans l'intestin. Il réduit ainsi l'inflammation de l'intestin. Réservé à l’usage hospitalier, il se présente sous forme de poudre pour solution injectable et est administré en perfusion de 30 minutes. L’ustékinumab et le védolizumab sont destinés au traitement de la maladie de Crohn de l’adulte en cas de réponse insuffisante ou d’intolérance à un traitement conventionnel ou par anti-TNF.

Les anticorps monoclonaux peuvent augmenter le risque d’infections (en particulier la tuberculose). Tout signe d’infection (fièvre, frissons, perte de poids, etc.) doit amener à consulter son médecin rapidement. De plus, une mise à jour des vaccinations est nécessaire avant le démarrage de ces traitements.

Les autres effets indésirables sont des troubles cardiaques, des problèmes de peau ressemblant au psoriasis ou au lupus, des troubles neurologiques, etc.

Liste des médicaments mise à jour : Mardi 16 Avril 2019

Agents anti-TNF : adalimumab

Agents anti-TNF : infliximab

Anticorps monoclonal : ustékinumab

Anticorps monoclonal : Védolizumab

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Médicament biosimilaire

L'azathioprine dans le traitement de la maladie de Crohn

L’azathioprine est prescrite dans les formes sévères de la maladie de Crohn chez les patients intolérants aux corticoïdes ou corticodépendants, ou pour lesquels un traitement utilisant de fortes doses de corticoïdes n’a pas suffi à provoquer une rémission. L’effet de l’azathioprine ne se manifeste qu’après quelques semaines ou quelques mois de traitement.

Les effets indésirables les plus fréquents de l’azathioprine sont des nausées et des anomalies du sang qui nécessitent des prises de sang de contrôle régulières. Les patients traités par azathioprine sont plus sensibles aux infections. La survenue d’un épisode de fièvre justifie donc une consultation médicale rapide.

Liste des médicaments mise à jour : Mardi 16 Avril 2019

Immunosuppresseurs : azathioprine

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Médicament générique

Le méthotrexate dans le traitement de la maladie de Crohn

Le méthotrexate est un immunosuppresseur d’action assez lente. Dans la maladie de Crohn, il est généralement prescrit sous forme injectable par voie sous-cutanée (SC) ou intramusculaire(IM) à la dose de 25 mg par semaine. L’utilisation du méthotrexate s’accompagne de la prescription d’acide folinique pour prévenir la survenue de certains effets indésirables.

Le méthotrexate est formellement contre-indiqué chez les femmes enceintes et sa prescription nécessite une contraception efficace chez les femmes en âge de procréer. Le méthotrexate est contre-indiqué durant l’allaitement.

Liste des médicaments mise à jour : Mardi 16 Avril 2019

Méthotrexate

Les dérivés aminosalicylés dans le traitement de la maladie de Crohn

Les dérivés aminosalicylés exercent une action anti-inflammatoire directe sur les parois de l’intestin, sans être au préalable absorbés dans le sang. Ils sont moins utilisés dans le traitement de la maladie de Crohn que dans celui de la rectocolite hémorragique. Ils sont plutôt prescrits aux patients après une intervention chirurgicale où une partie de l’intestin a été enlevée, afin de diminuer le risque de rechute.

Le plus souvent bien tolérés, les dérivés aminosalicylés entraînent parfois des effets indésirables : maux de tête, nausées et vomissements, voire douleurs des mains et des pieds ou diarrhées. Parmi les deux dérivés aminosalicylés utilisés dans la maladie de Crohn, la mésalazine (5-ASA) semble la mieux tolérée. Chez certains patients, la sulfasalazine peut provoquer des réactions allergiques potentiellement graves (syndrome d’hypersensibilité et syndromes de Lyell et de Stevens-Johnson). Ces réactions imposent l'arrêt immédiat du médicament, sa contre-indication définitive ainsi que celle des médicaments proches.

Liste des médicaments mise à jour : Mardi 16 Avril 2019

Anti-inflammatoires intestinaux

Le thalidomide dans le traitement de la maladie de Crohn

Le thalidomide (THALIDOMIDE CELGENE) peut être utilisé à l’hôpital en cas d’échec des traitements habituels (corticoïde, immunosuppresseur ou anti-TNF) Pour cela, il bénéficie d’une recommandation temporaire d'utilisation (RTU), un dispositif particulier de prescription qui permet un suivi étroit des patients.


Les traitements chirurgicaux dans la maladie de Crohn

Dans certains cas, les médicaments ne suffisent pas à contrôler la maladie de Crohn. Il est alors nécessaire d’avoir recours à la chirurgie, en particulier si le patient souffre de complications : sténose (rétrécissement d’une partie de l’intestin), perforation de l’intestin, abcès dans la cavité de l’abdomen ou fistule, par exemple.

Le traitement chirurgical de la maladie de Crohn consiste à enlever la partie de l’intestin à l’origine des complications, de traiter les abcès ou de supprimer les fistules. Le chirurgien veille à enlever le moins d’intestin possible : à l’inverse de la rectocolite hémorragique, la maladie de Crohn touche tout l’intestin et la chirurgie n’empêche pas les récidives.


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