Rectocolite hémorragique

Mis à jour : Lundi 13 Mai 2019

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Également appelée colite ulcéreuse, la rectocolite hémorragique est une maladie inflammatoire chronique du rectum et du côlon (gros intestin) qui évolue par poussées imprévisibles. La fréquence des poussées et leur sévérité sont variables selon les patients. Lorsqu'elle est prise en charge médicalement, la rectocolite hémorragique n'est pas une maladie grave, mais les poussées peuvent représenter une gêne dans la vie quotidienne. Des traitements dits « d'entretien » existent pour prévenir les rechutes et les complications de cette maladie.

Qu'est-ce que la rectocolite hémorragique ?

La rectocolite hémorragique est une maladie du gros intestin (côlon) et du rectum qui fait partie des maladies inflammatoires chroniques de l’intestin (MICI) comme, par exemple, la maladie de Crohn. Évoluant par poussées dont la fréquence, la durée et la sévérité varient considérablement selon les patients, la rectocolite hémorragique se traduit principalement par des maux de ventre, le besoin impérieux et fréquent d’aller aux toilettes, souvent sans résultat ou pour faire de petites quantités de sang ou de glaires sanguinolentes, ainsi que de la fatigue.

La rectocolite hémorragique provoque une inflammation, des ulcères et une fragilité de la partie la plus superficielle de la paroi interne du côlon et du rectum. Cette maladie ne touche que le gros intestin et le rectum (à la différence de la maladie de Crohn qui peut également affecter l’intestin grêle).

La rectocolite hémorragique n’est pas contagieuse.

 

gros côlon rectum
Schéma du gros intestin et rectum

 

La rectocolite hémorragique est-elle fréquente ?

En France, la rectocolite hémorragique touche environ une personne sur mille. Un peu plus de trois mille nouveaux cas sont diagnostiqués chaque année. Cette maladie semble plus fréquente chez les personnes qui vivent en ville.

La rectocolite hémorragique est le plus souvent diagnostiquée chez des personnes âgées de 30 à 40 ans, mais elle est parfois observée chez des enfants et des adolescents. Les hommes et les femmes sont touchés en égale proportion. Une prédisposition familiale existe, en particulier dans les populations d’origine européenne ou juive ashkénaze.

La rectocolite hémorragique chez les enfants et les adolescents
Chez les enfants et les adolescents, les symptômes de la rectocolite hémorragique sont similaires à ceux observés chez les adultes. Seules les conséquences diffèrent : une rectocolite hémorragique sévère et durable peut entraîner des troubles de la croissance ou un retard de la puberté. Des mesures nutritionnelles et une surveillance régulière permettent d’éviter ces complications.

Les symptômes de la rectocolite hémorragique ne sont observés que lors des poussées. Imprévisibles en termes de survenue ou de durée, celles-ci se produisent généralement tout au long de la vie, avec des périodes de rémission (absence totale ou quasi-totale de symptômes) pouvant aller de quelques semaines à plusieurs années. Rarement, la rectocolite hémorragique peut évoluer en continu, c'est-à-dire sans périodes de rémission.

Les différentes formes de rectocolite hémorragique

Selon la localisation des lésions, on distingue différentes formes de rectocolite hémorragique :

  • la rectite ulcéreuse ne touche que le rectum ;
  • la proctosigmoïdite affecte le rectum et le côlon sigmoïde (situé juste au dessus du rectum)  ;
  • la colite gauche touche le rectum, le côlon sigmoïde et la partie du gros intestin située à gauche du ventre (au-dessus du côlon sigmoïde) ;
  • la pancolite touche le rectum et l’ensemble du côlon.

Le plus souvent, les lésions de rectocolite hémorragique débutent au niveau du rectum et, avec les années, tendent à remonter le long du côlon sigmoïde. Dans 60 % des cas environ, la rectocolite hémorragique ne touche que le rectum et le côlon sigmoïde. Dans 15 % des cas, elle touche tout le côlon (pancolite). Les 25 % restants sont des cas dits « intermédiaires » : les lésions s’étendent au-dessus du côlon sigmoïde sans affecter le côlon dans son ensemble.

Les symptômes intestinaux des poussées de rectocolite hémorragique

Lors des poussées, les patients souffrent de maux de ventre, de sensation de brûlure au niveau de l’anus et elles ressentent le besoin pressant d’aller souvent à la selle, souvent sans résultat ou pour émettre de petites quantités de sang ou de glaires sanguinolentes. Lorsque seul le rectum et le côlon sigmoïde sont atteints, la constipation est fréquente, les diarrhées étant plutôt liées à des lésions du côlon gauche ou du côlon dans son ensemble.

Une personne atteinte de rectocolite hémorragique peut ressentir le besoin d’aller aux toilettes jusqu’à vingt fois dans une journée, souvent sans résultat. Pour cette raison, les périodes de poussées sont souvent invalidantes en terme de vie professionnelle et quotidienne.

Outre la gêne relative à la vie quotidienne, les patients peuvent également se plaindre de fatigue, parfois liée à de la fièvre, à une anémie ou à des troubles du sommeil (les envies d’aller à la selle sont également ressenties tout au long de la nuit). Une perte de poids est parfois observée lorsque les poussées durent plusieurs semaines.

Les autres symptômes associés aux poussées de rectocolite hémorragique

Les personnes qui souffrent de poussée de rectocolite hémorragique peuvent également présenter :

  • des rhumatismes articulaires dans les membres ou au niveau de la colonne vertébrale (spondylarthropathie) ;
  • une inflammation de l’enveloppe des yeux (uvéite) ;
  • des aphtes dans la bouche ;
  • des problèmes de peau (érythème noueux, de petits nodules fermes et rouges situés dans l’épaisseur de la peau) ;
  • des thromboses (formation de caillots de sang dans les veines).

Ces symptômes non intestinaux traduisent un état inflammatoire général avec une tendance du système immunitaire à attaquer d’autres organes.

La rectocolite hémorragique chez la femme enceinte
La rectocolite hémorragique n’affecte pas la fertilité et n’empêche pas de mener une grossesse à terme. Cependant, il est préférable de concevoir un enfant pendant les périodes de rémission, les poussées de rectocolite hémorragique pouvant être à l’origine de fausses couches. Pendant la grossesse, la fréquence des poussées est la même que chez les femmes qui ne sont pas enceintes. La plupart des médicaments prescrits en traitement d’entretien de la rectocolite hémorragique sont compatibles avec la grossesse.
Les femmes dont le côlon a dû être amputé pour éviter les complications d’une rectocolite hémorragique particulièrement sévère ont fréquemment des problèmes de fertilité.

Les rechutes de rectocolite hémorragique

Chez les personnes qui souffrent de rectocolite hémorragique, les rechutes sont définies comme la réapparition de selles glaireuses et sanguinolentes après une période sans symptômes.

Ces rechutes peuvent être dites « précoces » (si elles apparaissent moins de trois mois après le début de la période de rémission) ou « fréquentes » (si elles se produisent plus de deux fois par an).


Si la rectocolite hémorragique est rarement une maladie grave, ses complications peuvent l'être et justifient une surveillance régulière, en particulier chez les patients atteints de la maladie depuis plusieurs années.

La colite aiguë grave lors de rectocolite hémorragique

La colite aiguë grave est une complication de la rectocolite hémorragique qui se définit par la présence de plusieurs symptômes sévères :

  • émission de selles sanglantes plus de six fois par jour ;
  • anémie (qui se traduit généralement par une pâleur) et amaigrissement ;
  • fièvre.

La colite aiguë grave peut être à l’origine d’une dilatation importante du côlon accompagnée de fièvre, de maux de ventre et de ballonnements (« colectasie » ou « mégacôlon toxique »). La colectasie augmente le risque de perforation du gros intestin et de péritonite (l’infection de la cavité de l’abdomen). La colite aiguë grave peut également entraîner des saignements (hémorragies) importants. Elle reste heureusement rare (moins de 2 % des patients atteints de rectocolite hémorragique).

Le cancer du côlon lors de rectocolite hémorragique

Les personnes qui souffrent de rectocolite hémorragique depuis plus d’une dizaine d’années ont un risque plus élevé de développer un cancer du côlon, en particulier si les lésions remontent au-dessus du côlon sigmoïde. Récemment, avec l’arrivée des nouveaux traitements d’entretien, ce risque semble avoir diminué.

Néanmoins, un dépistage systématique de ce cancer par coloscopie est mis en place chez les personnes qui souffrent de rectocolite hémorragique depuis plus de dix ans.

Les troubles des voies biliaires lors de rectocolite hémorragique

Dans certains cas, la rectocolite hémorragique peut se compliquer d’une atteinte des canaux biliaires (canaux qui acheminent la bile du foie vers l’intestin grêle) : c’est la cholangite sclérosante primitive, une inflammation et un épaississement de ces canaux. Cette cholangite augmente le risque de cancer des voies biliaires ou du côlon.

Les fissules anales lors de rectocolite hémorragique

Parfois, des fissures anales (des plaies au niveau de l'anus) peuvent apparaître chez les personnes atteintes de rectocolite hémorragique.


Les causes de la rectocolite hémorragique sont mal identifiées. Aujourd'hui, on pense que la rectocolite hémorragique associe des facteurs génétiques (une prédisposition familiale) avec des facteurs environnementaux non identifiés.

La rectocolite hémorragique, une maladie auto-immune

L’interaction des facteurs génétiques et du mode de vie amènerait le système immunitaire du patient à attaquer la couche superficielle de la paroi interne du rectum et du côlon. La rectocolite hémorragique serait donc une maladie dite « auto-immune » comme, par exemple, le psoriasis, la polyarthrite rhumatoïde, la spondylarthrite ou la sclérose en plaques. Cette hypothèse est renforcée par la nature des symptômes non intestinaux de la rectocolite hémorragique (uvéite, rhumatismes, etc.) et par l’efficacité des traitements visant à réduire l’activité du système immunitaire.

La rectocolite hémorragique est-elle une maladie psychosomatique ?
Contrairement à une idée fausse, la rectocolite hémorragique n’est pas la manifestation physique d’une maladie psychique. De plus, s’il est bien établi que l’excès de stress semble favoriser le déclenchement et la sévérité des poussées, il n’est pas la cause première de cette maladie.

Peut-on prévenir la rectocolite hémorragique ?

Aujourd’hui, il n’existe pas de mesures de prévention qui puissent diminuer le risque de souffrir de rectocolite hémorragique. Il a été observé que les fumeurs et les personnes qui ont été opérées de l’appendicite sont moins touchés par la rectocolite hémorragique, mais l’ablation systématique de l’appendice ne semble pas protéger de la rectocolite hémorragique.

La prévention des rechutes repose sur la mise en place d’un traitement d’entretien.


Le diagnostic de la rectocolite hémorragique repose sur l’interrogatoire (description des symptômes), l’examen clinique et certains examens complémentaires.

La rectosigmoïdoscopie dans le diagnostic de la rectocolite

schéma estomac et intestins

La rectosigmoïdoscopie consiste à observer la paroi interne du rectum et de la partie finale du côlon à l’aide d’une sonde endoscopique souple, un ensemble de fibres optiques capables d’éclairer et de filmer ces organes. La sonde est introduite par l’anus après un lavement. Cet examen se fait généralement sous anesthésie légère et ne nécessite pas d’être à jeun.

En cas de rectocolite hémorragique, la rectosigmoïdoscopie permet d’observer les signes d’inflammation et de fragilité de la paroi du rectum et du côlon sigmoïde, ainsi que des ulcères présents sur l’ensemble de cette paroi. En fonction de ce qu’il observe, le médecin pourra affecter un score de sévérité et un score d’étendue aux lésions. Si nécessaire, il pourra prélever un petit fragment de paroi intestinale pour analyse (une « biopsie »).

L'iléocoloscopie dans le diagnostic de la rectocolite

L’iléocoloscopie est un examen très proche de la rectosigmoïdoscopie qui explore des parties plus hautes de l’intestin : l’ensemble du côlon et la partie terminale de l’intestin grêle (iléon). Cet examen s’effectue sous anesthésie générale et nécessite que le côlon soit vidé de son contenu (patient à jeun, prise de liquide de lavage intestinal avant l’examen, voire régime sans résidus et médicaments laxatifs quelques jours avant l’examen).

Les autres examens complémentaires de la rectocolite

Chez les patients pour lesquels les examens endoscopiques ne sont pas réalisables (présence d’une dilatation ou d’une fragilisation excessive du côlon), il est possible d’avoir recours à des examens de type IRM ou échographie pour évaluer la sévérité d’une rectocolite hémorragique.


Aujourd'hui, la rectocolite hémorragique est une maladie dont on ne guérit pas définitivement. Le traitement médicamenteux de la rectocolite hémorragique a pour objectif de soulager les crises, prévenir les rechutes et les complications, ralentir la progression des lésions le long du côlon et maintenir la qualité de vie du patient.

Le traitement de la rectocolite hémorragique peut également mettre en œuvre des mesures chirurgicales.

Le suivi médical des patients atteints de rectocolite hémorragique

Les personnes qui souffrent de rectocolite hémorragique font l’objet d’un suivi médical dont la fréquence varie selon la sévérité de la maladie : une fois par an en l’absence de poussée et de traitements, deux fois par an chez les personnes qui prennent un traitement d’entretien sans connaître de poussées, une fois par mois voire plus fréquemment pendant les poussées.

Au cours du suivi médical, un examen endoscopique (rectosigmoïdoscopie ou iléocoloscopie) est effectué, qui permet au médecin de mesurer objectivement l’état de l’intestin à l’aide de divers scores de sévérité : par exemple, le score de Truelove et Witts, ou la classification de Montréal qui définit quatre degrés de sévérité (de S0 à S3) et trois degrés d’étendue des lésion (de E1 à E3).

La consultation de suivi médical permet également de faire un bilan sur les traitements et sur l’état nutritionnel du patient (à l’aide d’une prise de sang). Les personnes qui, pour contrôler leur maladie, sont obligées de prendre des corticoïdes pendant plusieurs mois font l’objet d’examens particuliers : mesure de la densité des os, mesure du taux de glucose (sucre) dans le sang, examen des yeux, etc.

L'association François Aupetit (AFA)
L’association François Aupetit (AFA) est une association regroupant des personnes atteintes de maladies intestinales chroniques de l’intestin (MICI) : rectocolite hémorragique, maladie de Crohn et autres colites chroniques. Ses missions sont de promouvoir, susciter et financer des programmes de recherche, d’informer les malades, les proches, les professionnels de santé et le public, et de soutenir les malades et leurs proches.
Pour en savoir plus sur l’AFA

Alimentation et rectocolite hémorragique

Dans la plupart des cas, la rectocolite hémorragique n’a pas de conséquence sur l’état nutritionnel des personnes qui en souffrent. Les formes les plus sévères peuvent entraîner une carence en fer (anémie) ou en certaines vitamines. Dans ce cas, des suppléments de vitamines et de minéraux sont prescrits. Le suivi nutritionnel des enfants et des adolescents atteints de rectocolite hémorragique est particulièrement important pour éviter un impact de la maladie sur leur développement.

Pendant les poussées, l’alimentation a peu d’influence sur les symptômes de la rectocolite hémorragique. Certains médecins recommandent de limiter ou de supprimer la consommation de légumes et de fruits pendant les poussées, ainsi que celle d’épices, de caféine et de boissons alcoolisées. En période de rémission, l’alimentation doit être équilibrée et diversifiée, sans restrictions.


Le traitement de la rectocolite hémorragique repose sur la prescription de médicaments qui régulent le fonctionnement du système immunitaire du patient : anti-inflammatoires et immunosuppresseurs.

Les médicaments anti-inflammatoires (dérivés aminosalicylés et corticoïdes) visent à réduire les symptômes de l’inflammation provoquée par le fonctionnement anormal et excessif du système immunitaire. Les médicaments immunomodulateurs ou immunosuppresseurs (azathioprine, infliximab, ciclosporine) ont une activité plus spécifiquement ciblée sur certaines cellules du système immunitaire et leur activité.

Les dérivés aminosalicylés dans le traitement de la rectocolite hémorragique

Les dérivés aminosalicylés exercent une action anti-inflammatoire locale sur les parois du côlon et du rectum, sans devoir être au préalable absorbés dans le sang. Ils ont montré leur efficacité en cas de poussées d’intensité faible à modérée mais ils ne sont pas suffisamment efficaces pour traiter les poussées de forte intensité ou les formes graves de la maladie. Les dérivés aminosalicylés sont également utiles dans le traitement au long cours (traitement d’entretien) en cas d’atteinte du côlon gauche ou de l’ensemble du côlon.

Les dérivés aminosalicylés présentés sous forme de suppositoires sont efficaces en cas d’atteinte limitée au rectum. Sous forme de lavements (suspensions rectales), ils le sont dans les atteintes du rectum ou de la partie gauche du côlon. Les comprimés sont conçus pour résister à la digestion et pour libérer la substance active directement dans le côlon et le rectum.

Le plus souvent bien tolérés, les dérivés aminosalicylés entraînent parfois des effets indésirables : maux de tête, nausées et vomissements, voire douleurs des mains et des pieds ou diarrhées (dans le cas de l’olsalazine chez 10 à 20 % des patients). Parmi les dérivés aminosalicylés, la mésalazine (5-ASA) semble la mieux tolérée. Chez certains patients, la sulfasalazine peut provoquer des réactions allergiques aigues (syndrome d’hypersensibilité et syndromes de Lyell et de Stevens-Johnson). Son usage est plutôt réservé aux patients qui souffrent également de rhumatismes de la colonne vertébrale (spondylarthropathie).

Liste des médicaments mise à jour : Mardi 16 Avril 2019

Anti-inflammatoires intestinaux

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Médicament ayant des présentations disponibles sans ordonnance

Les corticoïdes dans le traitement de la rectocolite hémorragique

Dans le cadre du traitement de la rectocolite hémorragique, les corticoïdes peuvent être prescrits par voie orale ou sous forme de lavement.

Les corticoïdes par voie orale

Les corticoïdes par voie orale permettent une amélioration rapide des symptômes de la rectocolite hémorragique : diminution des douleurs et de la diarrhée, amélioration de l’état général. Le traitement est poursuivi plusieurs semaines ou plusieurs mois et l’arrêt du traitement doit être progressif pour éviter un risque de rechute. Les corticoïdes doivent être pris de préférence le matin.

Les effets indésirables des corticoïdes par voie orale apparaissent lorsque le traitement est poursuivi plusieurs semaines : gonflements (œdèmes), diabète, ostéoporose (un apport en calcium et en vitamine D est généralement prescrit en prévention), faiblesse musculaire, peau anormalement fine, vergetures, excitation, euphorie, insomnie, troubles oculaires (cataracte, glaucome), etc. En cas de traitement prolongé, des examens réguliers permettent de dépister ces éventuels effets indésirables.

Corticoïdes : dexaméthasone

Corticoïdes : méthylprednisolone

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Médicament générique

Les corticoïdes par voie rectale

Les corticoïdes en lavement se présentent sous forme de solution rectale ou de mousse. Ils agissent localement et sont prescrits lorsque la rectocolite hémorragique touche le rectum et le côlon gauche. Le traitement est bref (moins de deux semaines). Le lavement est administré de préférence le soir au coucher, en essayant dans la mesure du possible de s’endormir en « gardant » le lavement.

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Corticoïdes par voie rectale

L'azathioprine dans le traitement de la rectocolite hémorragique

L’azathioprine est indiquée dans les formes sévères de rectocolite hémorragique chez les patients qui ne peuvent pas prendre de corticoïdes ou chez ceux pour lesquels les corticoïdes sont insuffisamment efficaces. L’effet de l’azathioprine ne se manifeste qu’après quelques semaines ou quelques mois de traitement.

Les effets indésirables les plus fréquents de l’azathioprine sont des nausées et des anomalies du sang qui nécessitent des prises de sang de contrôle régulières. Les patients traités par azathioprine sont plus sensibles aux infections. La survenue d’un épisode de fièvre justifie donc une consultation médicale rapide.

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Immunosuppresseurs : azathioprine

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Médicament générique

Les anti-TNF dans le traitement de la rectocolite hémorragique

Les médicaments dit « anti-TNF » se lient au TNF-alpha (Tumor necrosis factor), une protéine fabriquée en excès au cours de certaines maladies inflammatoires, et en bloquent l’action. Il s’agit d'anticorps monoclonaux produits par des cellules de l’immunité cultivées en laboratoire.

Les agents anti-TNF indiqués dans le traitement de la rectocolite hémorragique sont l’infliximab, l'adalimumab et le golimumab. Ils sont utilisés pour traiter les poussées modérées à sévères et non contrôlées malgré l’utilisation des anti-inflammatoires (corticoïdes) ou des immunosuppresseurs. L’infliximab est administré par voie intraveineuse, en perfusion de une ou deux heures. Des réactions allergiques ont rarement été observées en cours de perfusion. Son utilisation est donc réservée à l'usage hospitalier. L'adalimumab et le golimumab sont administrés par voie sous-cutanée. Ils doivent obligatoirement être prescrits la première fois à l'hôpital.

Ces médicaments augmentent le risque de certaines infections (en particulier la tuberculose) et la vigilance est de mise au moindre signe d'infection (fièvre, frissons, etc.) qui doit amener à consulter son médecin rapidement. De plus, une mise à jour des vaccinations est nécessaire avant le démarrage du traitement.

Les autres effets indésirables des anti-TNF sont des troubles cardiaques, des problèmes de peau ressemblant au psoriasis ou au lupus, des douleurs dans les mains et les pieds, etc.

Liste des médicaments mise à jour : Mardi 16 Avril 2019

Agents anti-TNF : adalimumab

Agents anti-TNF : golimumab

Agents anti-TNF : infliximab

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Médicament biosimilaire

La ciclosporine dans le traitement de la rectocolite hémorragique

La ciclosporine est un immunosuppresseur prescrit dans les poussées sévères de rectocolite hémorragique. Administrée initialement en intraveineuse pendant quelques jours, elle est ensuite administrée par voie orale durant quelques mois.

Ses effets indésirables sont nombreux : hypertension artérielle, picotements dans les membres, tremblements, crises d’épilepsie en cas de surdosage, etc. Le risque d’infection est augmenté chez les personnes qui en reçoivent, surtout si la ciclosporine est associée à des corticoïdes ou à l’azathioprine.

Actuellement, il n’existe pas de médicament à base de ciclosporine officiellement indiqué dans le traitement de la rectocolite hémorragique car les laboratoires qui commercialisent ces médicaments n’en ont pas fait la demande aux autorités de santé. Néanmoins, les spécialistes de cette maladie peuvent prescrire ceux qui sont autorisés pour d’autres maladies.

Rectocolite hémorragique, aspirine et AINS

L’aspirine et les anti-inflammatoires non stéroïdiens (AINS, ibuprofène, diclofénac, acide niflumique, par exemple) sont des substances fréquemment prescrites pour contrôler la fièvre ou la douleur. Les personnes qui souffrent de rectocolite hémorragique doivent éviter d’utiliser ces substances qui peuvent aggraver leurs symptômes. Pour soulager des douleurs courantes, mieux vaut prendre du paracétamol.

Le védolizumab dans le traitement de la rectocolite hémorragique

Un anticorps monoclonal, le védolizumab (ENTYVIO), est également indiqué le traitement de la rectocolite hémorragique chez les adultes en cas de réponse insuffisante ou d’intolérance à un traitement classique ou par anti-TNF. Il est conçu pour bloquer une protéine à la surface de certaines cellules de l’immunité présentes dans l'intestin. Il réduit ainsi l'inflammation de l'intestin et les symptômes de la rectocolite. Ce médicament est réservé à l’usage hospitalier. Il se présente sous forme de poudre pour solution injectable, administré en perfusion de 30 minutes. Une surveillance s'impose durant et après la perfusion.

Liste des médicaments mise à jour : Mardi 16 Avril 2019

Anticorps monoclonal : Védolizumab

Le tofacitinib dans le traitement de la rectocolite hémorragique

Le tofacitinib (XELJANZ) est un inhibiteur des Janus kinases, des enzymes, qui ont un rôle dans la production de substances intervenant dans l’inflammation et l’immunité. Il est indiqué dans le traitement de la rectocolite hémorragique de l’adulte, en cas de réponse insuffisante ou d’intolérance aux autres traitements de fond antirhumatismaux, y compris les anti-TNF. Il se présente sous forme de comprimé à avaler et constitue une alternative au traitement par védolizumab, qui s’administre par voie injectable.
Les effets indésirables les plus fréquents sont des infections et une hyperlipidémie (augmentation du taux de cholestérol dans le sang) susceptible d’entraîner des risques cardiovasculaires. Des incertitudes existent sur la tolérance à long terme.

Liste des médicaments mise à jour : Mardi 16 Avril 2019

Immunosuppresseur : tofacitinib


Dans certains cas, les médicaments ne suffisent pas à contrôler la rectocolite hémorragique. Pour améliorer la qualité de vie des patients, soulager les symptômes et éviter les complications, il est alors nécessaire d'avoir recours à la chirurgie.

Les différents traitements chirurgicaux de la rectocolite hémorragique

Le traitement chirurgical de la rectocolite hémorragique consiste à enlever le gros intestin dans son intégralité (« ablation totale » ou « colectomie totale »). Selon l’état de sa paroi interne, le rectum est laissé ou enlevé. Lorsqu’il est enlevé, les symptômes de rectocolite hémorragique disparaissent de manière définitive.

Après ablation, la partie terminale de l’intestin grêle (l’iléon) est attachée au rectum ou à l’anus (si le rectum a été enlevé). Dans ce dernier cas, le médecin crée une poche avant l’anus (dite « réservoir iléal » ou « poche iléo-anale ») où les selles s’accumulent avant d’être émises. Dans les deux cas, les patients peuvent continuer à vivre normalement.

Les complications des traitements chirurgicaux de la rectocolite hémorragique

À long terme, des complications apparaissent parfois après l’ablation du côlon :

  • les personnes chez qui l’iléon a été relié au rectum ont un risque plus élevé de cancer du rectum. Un dépistage régulier doit être mis en place.
  • les personnes chez qui l’iléon a été relié directement à l’anus peuvent souffrir d’infection de la poche iléo-anale (on parle alors de « pochite » ou « pouchite »). Lorsque cette infection ne parvient pas à être contrôlée par les antibiotiques, il peut être nécessaire de faire communiquer directement l’iléon avec la peau du ventre (« stomie » ou « anus artificiel », qui nécessite le port de poches externes pour recueillir les selles). La stomie est nécessaire chez environ 10 % des personnes qui ont subi une ablation du côlon et du rectum.

Sources et références de l'article "Rectocolite hémorragique"