Diabète de type 2

Mis à jour : Jeudi 11 Juillet 2019

Le diabète de type 2, plus fréquent que celui de type 1, touche essentiellement les personnes de plus de 40 ans. Cette maladie est grave par ses complications, notamment sur le cœur, les vaisseaux sanguins, les reins et les nerfs. Sa prise en charge repose sur des mesures hygiéno-diététiques (alimentation équilibrée et activité physique), ainsi que sur des traitements médicamenteux.

Une maladie de plus en plus fréquente

test de glycémie diabète

L’insuline est l’une des hormones qui permettent la régulation du taux de sucre (glucose) dans le sang. Lorsque ce taux augmente (par exemple après un repas), le pancréas sécrète de l'insuline qui favorise le stockage du sucre dans les muscles et le foie. Sans cette hormone, le taux de sucre dans le sang serait trop élevé. Si le sucre constitue l’aliment majeur de nos cellules, une élévation permanente de son taux sanguin provoque des dégâts, notamment sur les vaisseaux sanguins.

Les personnes atteintes de diabète de type 2 (également appelé « diabète non insulinodépendant » (DNID) ou « diabète gras ») sécrètent de l’insuline, mais cette hormone agit avec moins d’efficacité sur l’organisme. En effet, pour des raisons mal connues, les cellules des muscles et du foie perdent leur sensibilité à l’insuline (elles deviennent « insulinorésistantes »). Le taux sanguin de sucre reste anormalement élevé après un repas, malgré l’augmentation de la sécrétion d’insuline par le pancréas. Petit à petit, le pancréas s’épuise à sécréter des quantités croissantes d’insuline et son taux sanguin devient anormalement faible, aggravant le diabète.

Cette maladie survient surtout chez les personnes obèses et lorsque l’on prend de l’âge. Le diabète de type 2 représente 90 % des cas de diabète après 60 ans (les autres 10 % étant des cas de diabète de type 1 où le pancréas ne sécrète plus d'insuline). Une récente étude de l'INSERM (Institut national de la santé et de la recherche médicale) estime que 5 % de la population française (environ 2 millions de personnes) souffre de diabète de type 2. Le nombre de cas de diabète de type 2 diagnostiqué chaque année augmente de plus de 5 % par an. Récemment, avec l’augmentation du nombre de personnes obèses dans les pays occidentaux, l’âge moyen d’apparition du diabète de type 2 a diminué : des cas d’adolescents atteints de cette maladie ont même été signalés aux Etats-Unis.

Quels sont les symptômes du diabète de type 2 ?

    Les personnes qui souffrent de diabète de type 2 peuvent ne présenter aucun symptôme pendant des années. Cette maladie progressive et longtemps silencieuse est d’ailleurs souvent diagnostiquée à la faveur d’un contrôle de routine ou à la suite de complications. Au fur et à mesure que la maladie progresse, les symptômes finissent par apparaître :
  • augmentation de la soif et de la faim ;
  • besoin fréquent d'uriner ;
  • fatigue ;
  • peau sèche sujette à des démangeaisons ;
  • coupures et blessures qui cicatrisent lentement ;
  • infections fréquentes des gencives, de la vessie, du vagin, de la vulve et du prépuce ;
  • insensibilité ou fourmillement des mains et des pieds ;
  • troubles de l'érection ;
  • vision floue.

De plus, chez les personnes souffrant de diabète de type 2, il est fréquent qu’une prise de sang révèle un taux sanguin élevé de triglycérides et un taux de cholestérol HDL (« bon » cholestérol) inférieur à la normale. Il est également fréquent d’observer une élévation anormale de la pression sanguine (de la « tension »).


Quelles sont les complications du diabète de type 2 ?

Le diabète de type 2 est dangereux par ses complications. Celles-ci sont la conséquence de concentrations sanguines de sucre durablement trop élevées.

Lorsqu'elle persiste plusieurs années, une concentration élevée de sucre dans le sang provoque une atteinte à la fois des petits vaisseaux sanguins (atteinte dite microvasculaire), et des artères principales (atteinte dite macrovasculaire).

L’atteinte des petits vaisseaux se traduit au niveau des yeux, plus particulièrement de la rétine et du cristallin. Elle touche également les reins ce qui peut entraîner une insuffisance rénale : le diabète est la cause principale de mise sous dialyse (« rein artificiel »). L’atteinte des petits vaisseaux provoque également des lésions des nerfs des pieds et des jambes, ce qui se traduit par une perte de sensibilité et des sensations douloureuses ou de fourmillement. La cicatrisation des plaies et des blessures est ralentie et la peau se défend moins efficacement contre les infections. Les infections de la bouche (gingivites et parodontites) sont plus fréquentes.

L’atteinte des artères principales se traduit par leur rétrécissement et peut entraîner un infarctus, un accident vasculaire cérébral ou une mauvaise circulation dans les artères des jambes (artérite).

De plus, une concentration élevée de sucre dans le sang peut provoquer une intoxication au glucose, qui endommage le pancréas et réduit sa capacité à produire de l'insuline. Ce phénomène aggrave le diabète et amorce un cercle vicieux.

Si la concentration de sucre dans le sang devient très élevée, et plus particulièrement en présence d'autres facteurs tels qu'une infection, les patients atteints de diabète de type 2 peuvent présenter des épisodes de confusion et d'étourdissements, voire un coma (coma hyperosmolaire).

Comment diagnostique-t-on le diabète de type 2 ?

Pour diagnostiquer un diabète non insulinodépendant, le médecin prescrit des analyses de sang. Le diagnostic se fait sur deux mesures du taux sanguin de sucre à jeun qui doivent être toutes deux supérieures à 1,26 g/l (7 mmol/l). Lorsqu'un diabète est diagnostiqué, le médecin adresse son patient à un ophtalmologiste pour un dépistage d'éventuelles atteintes des vaisseaux sanguins de la rétine, d’un glaucome ou d’un début de cataracte, plus fréquents chez les personnes diabétiques.

Le dépistage généralisé du diabète ne se pratique pas, même si des associations de diabétiques ont tenté quelquefois de proposer des campagnes de diagnostic dans les pharmacies. En cas d’antécédents de diabète dans votre famille, votre médecin vous proposera de faire contrôler régulièrement votre taux de sucre dans le sang. Un dépistage précoce permet de réduire considérablement les risques de complication.


Quelles sont les causes du diabète de type 2 ?

    Il existe un terrain génétique favorisant l’apparition du diabète de type 2. Toutefois, personne ne connaît la cause exacte de cette maladie. Ce trouble est plus fréquent chez les personnes présentant les caractéristiques suivantes :
  • âge supérieur à 45 ans ;
  • surpoids prononcé ou obésité : la présence d’un syndrome métabolique multiplie le risque de diabète de type 2 par 12 et le risque de problèmes cardiovasculaires par 3 ;
  • antécédents familiaux de diabète ;
  • sédentarité.

Les femmes qui ont développé un diabète pendant une grossesse ou qui ont accouché d'un bébé de plus de 4,5 kg présentent plus de risques pour cette forme de diabète.

Une alimentation trop riche en acides gras saturés (graisses d’origine animale, comme celles de la viande rouge, du beurre, des fromages, etc.) et pauvre en fibres (légumes et fruits) semble contribuer au déclenchement du diabète de type 2.

Peut-on prévenir le diabète de type 2 ?

Lorsqu’on est issu d’une famille prédisposée au diabète de type 2, il est possible de prendre de bonnes habitudes afin de réduire le risque de développer cette maladie.

  • Adoptez et maintenez une alimentation équilibrée et variée, en particulier pauvre en graisses d’origine animale (viandes grasses, beurre, fromages) et riche en fibres (fruits et légumes).
  • Maintenez un poids de forme : surveillez votre IMC.
  • Pratiquez une activité physique régulière (au moins 30 minutes trois fois par semaine).
  • Après 40 ans, surveillez régulièrement votre taux sanguin de cholestérol.

Si vous souffrez de cette maladie, vous pouvez agir pour réduire les risques de complication.

Informez-vous

Le patient diabétique est le premier acteur de sa santé. Mieux il connaît sa maladie, mieux il saura adopter les gestes qui en minimisent les conséquences. De très nombreux documents d'information sur cette maladie sont disponibles auprès des médecins, des associations de patients, des laboratoires pharmaceutiques ou en librairie. Des programmes d'éducation sur le diabète destinés aux patients sont proposés dans certains hôpitaux (dans le cadre des hospitalisations de jour) et par des réseaux locaux de professionnels de santé (médecins, infirmières, diététiciennes, pédicures-podologues, etc.). Renseignez-vous auprès de votre médecin ou auprès des associations de diabétiques.

Equilibrez votre alimentation

Le changement des habitudes alimentaires peut suffire à contrôler un diabète de type 2 débutant. Appliquez les conseils spécifiques.

Bougez

Associée à un régime alimentaire, l'activité physique a un effet bénéfique sur le diabète car elle contribue à la perte de poids, à la diminution de la masse graisseuse et à une meilleure sensibilité à l’insuline. On propose généralement aux personnes atteintes par cette maladie une activité physique d’intensité moyenne (20 à 30 minutes, au moins trois à cinq fois par semaine). Les pratiques physiques et sportives d'intensité moyenne et de longue durée (marche, cyclisme, ski de fond, randonnée, escaliers, etc.) sont particulièrement indiquées. Pendant cette activité, maintenez un bon niveau d’intensité : vous devez pouvoir continuer à parler en vous exerçant, mais chanter doit être impossible ! Si vous pouvez chanter, augmentez l’intensité ; si vous ne pouvez pas maintenir une conversation, ralentissez.

Le sport, notamment l’activité physique adaptée, fait partie de la prise en charge des personnes diabétiques de type 2. Il est préférable de le faire sous stricte surveillance médicale et après avoir effectué un bilan cardiovasculaire. En effet, en cas de maladies du cœur et des vaisseaux, le sport pourrait provoquer des crises d’angine de poitrine ou un infarctus. D’autres complications liées au diabète (hypertension, hémorragie de la rétine, présence de protéines dans les urines, insensibilité des extrémités, etc.) doivent également être dépistées sous peine d’être aggravées par une pratique sportive inadaptée.

Prenez soin de vos pieds

Les plaies du pied, chez le diabétique, sont à la fois dues à la perte de sensibilité et aux lésions des petits vaisseaux sanguins. Souvent provoquées par des traumatismes mineurs (frottements sur la chaussure, marche pieds nus, petites blessures), elles présentent un risque élevé d'aggravation rapide et d'infection pouvant parfois conduire à l'amputation d'une partie du pied.

Si vous n'avez pas de plaie au niveau des pieds, il vous suffit d'avoir une bonne hygiène. En revanche, si vous êtes sujet à ce type d'ulcération, inspectez vos pieds tous les jours à la recherche de lésions que vous n’auriez pas senties. Si votre embonpoint ou un manque de souplesse vous gênent, utilisez un miroir pour inspecter le dessous de vos pieds.

Quelques conseils à suivre :

  • Évitez de marcher pieds nus et prenez garde aux coupures.
  • Lavez vos pieds tous les jours à l'eau tiède avec un savon doux. Prenez soin de contrôler la température de l'eau avec la main si la sensibilité à la chaleur de vos pieds est diminuée.
  • Séchez vos pieds correctement, en particulier entre les orteils.
  • Utilisez éventuellement une crème hydratante formulée pour les pieds permettant ainsi d'atténuer la sécheresse de la peau.
  • Attendez qu’ils soient bien secs pour mettre des chaussettes propres, de préférence en fibre naturelle (coton, laine, etc.).
  • Ne portez que des chaussures confortables et à votre taille.

En cas de blessure :

  • Rincer la plaie à l'eau claire,
  • Désinfectez à l'aide d'une compresse stérile et d'un désinfectant incolore,
  • Appliquez un pansement sec (sparadrap microporeux, compresse stérile).

Votre médecin examinera régulièrement vos pieds. Pour évaluer la sensibilité des nerfs, il utilise un fil de nylon relié à un dispositif rigide (test au monofilament de Semmes-Weinstein) : il applique le fil en trois endroits de la plante du pied (pulpe du gros orteil, base des orteils) et vous demande si vous percevez la pression du fil.

Prenez soin de votre peau

Lavez-vous à l'eau tiède avec un savon doux et protégez votre peau à l'aide d'un écran solaire. Prenez soin des coupures et des égratignures, nettoyez-les et recouvrez-les d'un pansement. Consultez votre médecin lorsque des coupures cicatrisent trop lentement ou qu'une infection apparaît. Assurez-vous que votre vaccination contre le tétanos est à jour.

Prenez soin de vos yeux

Les troubles oculaires provoqués par le diabète peuvent mener à la cécité. Il importe donc de consulter un ophtalmologiste au moins une fois par an.

Prévenez les maladies du cœur et des reins

Faites surveiller votre tension, consultez votre médecin en cas d'essoufflement anormal, de fatigue durable ou de douleurs dans la poitrine à l'effort. Assurez-vous de bénéficier d'un bilan lipidique et d'un électrocardiogramme au moins une fois par an, ainsi que d'une recherche de protéines dans les urines (microalbuminurie ou albuminurie) pour contrôler l'état de vos reins. Tous ces examens sont prescrits par votre médecin qui établira un récapitulatif annuel avec vous.

Ne vous soignez pas seul

Si vous prenez un traitement contre le diabète de type 2, attention à l'automédication ! En effet, de nombreux médicaments, compléments alimentaires et plantes (fenugrec, ginseng, nopal, orange amère, etc.) peuvent interférer avec votre traitement et provoquer des baisses soudaines du taux de sucre dans le sang (hypoglycémie), potentiellement dangereuses. Avant de prendre un produit de santé quel qu'il soit, même si vous en aviez l'habitude avant la mise en place du traitement antidiabétique, demandez l'avis de votre médecin et de votre pharmacien.


L'objectif principal du traitement du diabète de type 2 est de maintenir le taux sanguin de sucre (glycémie) dans les valeurs normales et de prévenir les complications. Le maintien d'un poids raisonnable, une alimentation équilibrée et la pratique d'une activité physique régulière sont des composantes essentielles du traitement.

Le suivi de l'hémoglobine glyquée (HbA1c)

Chez les patients diabétiques, on évalue l'efficacité des mesures mises en œuvre en suivant régulièrement le pourcentage d'hémoglobine glyquée dans le sang (HbA1c, une forme d'hémoglobine sur laquelle des molécules de sucre sont fixées). Le taux sanguin d'HbA1c reflète le taux de sucre dans le sang pendant les six dernières semaines. Une personne qui ne souffre pas de diabète a un taux d'HbA1c inférieur à 5,5 %. Chez un patient diabétique, le taux d'HbA1c à maintenir est fixé par le médecin en fonction du stade de la maladie : au début, l'objectif est de maintenir ce taux en dessous de 6 %, mais au fur à mesure que la maladie progresse, cette limite augmente : 6,5 %, puis 7 %. Une augmentation durable du taux d'HbA1c de 1 % augmente de 40 % le risque de complications au niveau des petits vaisseaux sanguins, et de 20 % celui au niveau des artères principales.

Les conseils hygiéno-diététiques

Pour de nombreux patients souffrant de diabète de type 2, le simple fait de maintenir une alimentation équilibrée et de faire de l'exercice suffit à contrôler les concentrations de sucre dans le sang. De ce fait, le premier élément de la prise en charge du diabète de type 2 est une modification des habitudes alimentaires et la pratique régulière d’une activité physique. Ces mesures sont appliquées pendant les six premiers mois qui suivent le diagnostic, en l’absence de traitement par les médicaments.

Bien que certaines personnes présentant ce type de diabète soient minces, la majorité des patients souffre d'obésité ou, au moins, de surpoids. Le fait de perdre du poids (même 4 ou 5 kg) peut contribuer à abaisser les concentrations sanguines de sucre. Idéalement, chez les patients en surpoids (IMC supérieur à 25), l’objectif est de perdre 5 à 10 % du poids initial en six à douze mois, et de maintenir ce nouveau poids.

Les traitements médicamenteux

Lorsque les mesures hygiéno-diététiques appliquées pendant six mois n'ont pas suffit à diminuer le taux de sucre et d'HbA1c dans le sang, la prescription de médicaments devient nécessaire. Les médicaments prescrits contre le diabète de type 2 sont généralement administrés par voie orale, et doivent être pris au moment des repas. Si le traitement par voie orale est insuffisant, le médecin peut prescrire des injections d'insuline.

Le suivi du traitement

Si le diabète est équilibré dans les limites fixées par le médecin, celui-ci prescrit au patient un bilan sanguin plusieurs fois par an (par exemple tous les trimestres). Le médecin peut être amené à proposer des contrôles plus fréquents aux patients dont le diabète n'est pas équilibré. Dans tous les cas, les personnes diabétiques peuvent être conduites à surveiller elles-mêmes leur taux de sucre une ou plusieurs fois par semaine (autosurveillance avec un lecteur de glycémie), en particulier si elles sont traitées par des sulfamides hypoglycémiants, voire une à plusieurs fois par jour si elles reçoivent un traitement par insuline.

De plus, chez les personnes en surpoids, le médecin suit le poids et l’IMC de son patient afin de s’assurer de l’efficacité des mesures hygiéno-diététiques.

Qu'est-ce que l'autocontrôle de la glycémie ?
On appelle autocontrôle de la glycémie les techniques de mesure du taux de sucre dans le sang qu’un diabétique peut apprendre à maîtriser. Cette mesure est devenue plus facile ces dernières années et elle permet d’adapter l’alimentation, l’activité physique et le traitement par l’insuline. Pour en savoir plus...

Les autres mesures thérapeutiques

La prévention des complications cardiovasculaires liées au diabète de type 2 peut nécessiter la mise en place de traitements spécifiques : contre l'excès de cholestérol et contre l'hypertension artérielle, en particulier. De plus, l'arrêt du tabac est fortement recommandé aux personnes diabétiques afin de réduire le risque de maladie cardiovasculaire.


Les personnes qui viennent d’apprendre qu’elles sont diabétiques pensent souvent qu’elles ne pourront plus manger de glucides (pâtes, riz, pommes de terre, céréales, gâteaux, etc.). En fait, il n’en est rien.

Quelle alimentation lorsqu'on souffre de diabète de type 2 ?

    Les règles principales de l’alimentation des patients souffrant de diabète de type 2 ne sont pas différentes de celles recommandées à chacun d’entre nous :
  • réduire sa consommation d’aliments gras (en particulier, ceux contenant des graisses d’origine animale) pour lutter contre le surpoids et l’excès de cholestérol (même chez les personnes qui ne sont pas en surpoids), et consommer du poisson au moins deux fois par semaine. Les margarines molles à l'huile de tournesol et les huiles d'origine végétale (olive, colza, tournesol, etc.) sont à privilégier (l'équivalent d'une cuillerée à soupe par repas).
  • augmenter sa consommation d’aliments riches en fibres (fruits et légumes, au moins cinq par jour, ou compotes sans sucre ajouté) car celles-ci ralentissent l’absorption des sucres par le système digestif et facilitent le contrôle du taux de sucre dans le sang ;
  • préférer les féculents issus de céréales complètes ou de légumes secs (plutôt que les gâteaux et les sucreries), en évitant d'en consommer entre les repas. Attention, il est préférable d'éviter les produits alimentaires allégés en sucre qui sont souvent aussi riches en calories et qui entretiennent le goût des aliments sucrés.
  • pour les personnes qui souhaitent consommer des boissons alcoolisées, se limiter à un verre par jour pour les femmes et à deux verres par jour pour les hommes. Attention, l’alcool peut augmenter le risque d’hypoglycémie chez les personnes qui prennent des sulfamides hypoglycémiants ou de l’insuline.

Ainsi, il n’existe pas de menus-type pour le diabète. Chaque individu doit mettre au point peu à peu celui qui lui sera le plus bénéfique, tout en conservant le plaisir de manger. Le médecin vous conseillera peut-être de prendre plus de deux repas principaux par jour afin de répartir vos prises alimentaires et de réguler ainsi plus facilement votre taux de sucre dans le sang. N’hésitez pas à demander à votre médecin de vous conseiller une diététicienne. Elle vous aidera à trouver le régime alimentaire qui vous convient le mieux.


Quelle place pour l’activité physique adaptée dans la prise en charge du diabète de type 2 ?

L’activité physique adaptée (APA) fait partie des traitements non médicamenteux du diabète de type 2. En effet, la pratique régulière d’une activité physique contribue à une meilleure maîtrise de la glycémie, aide à contrôler son poids et réduit les facteurs de risque cardiovasculaire.

De nombreuses activités sportives peuvent être adaptées pour pouvoir être pratiquées par les personnes souffrant de diabète de type 2, même celles en surpoids voire obèses : par exemple, athlétisme, aviron, basket-ball, canoë-kayak, escrime, football, karaté, natation, taïchi chuan et qi gong, et tennis de table. Dans le cadre du diabète de type 2, le médecin traitant peut désormais prescrire de l’APA en précisant les objectifs recherchés (contrôle du poids, régulation de la glycémie, etc.) et les contre-indications propres au patient. Dans les clubs qui proposent ces disciplines, des éducateurs formés à la pratique du sport santé sont chargés de définir des protocoles de remise en forme et d’entraînement adaptés à chaque cas particulier. Les frais engagés, souvent modestes, sont parfois pris en charge par les assurances complémentaires (« mutuelles ») ou les mairies / départements.

Les patients qui ont recours à ces activités adaptées témoignent de bénéfices physiques (par exemple sur l’autonomie et l’endurance), mais également de bénéfices psychosociaux (lutte contre l’isolement, meilleure image de soi).


La prise en charge du diabète de type 2 chez la femme enceinte

femme enceinte chez son médecin

Le diabète pendant la grossesse est associé à un certain nombre de complications pour la mère et l’enfant. Les femmes qui souffrent de diabète du type 2 doivent parler de leur projet de grossesse à leur médecin traitant. En effet, un diabète mal équilibré chez une femme enceinte augmente le risque d’hypertension artérielle pendant la grossesse, ainsi que le risque de malformation ou d’avortement spontané et favorise la naissance d’un bébé de poids élevé. C’est pourquoi il est important de s’assurer, avant le début de la grossesse, que votre traitement permet de bien équilibrer votre diabète.

Les antidiabétiques oraux habituellement prescrits contre le diabète de type 2 sont contre-indiqués pendant la grossesse et l’allaitement. Un désir de grossesse nécessite leur remplacement par des injections d’insuline. Votre médecin vous apprendra comment réaliser ces injections.



En cas diabète de type 2 et si les mesures hygiéno-diététiques n'ont pas suffi à contrôler la glycémie, plusieurs classes de médicaments peuvent être utilisées pour diminuer la concentration de sucre dans le sang. Elles ont différents modes d’action : amélioration de la sensibilité des muscles et du foie à l’insuline, stimulation de la production d’insuline ou apport de celle-ci, diminution de l’absorption des sucres par l’intestin. Certaines classes comportent des médicaments pris par la bouche (antidiabétiques oraux) et d’autres des médicaments injectables.

Selon le stade de la maladie, ces médicaments peuvent être prescrits seuls (monothérapie) ou en association (bi- ou trithérapie).

Les médicaments qui améliorent la sensibilité à l'insuline

Ces familles de médicaments agissent en améliorant l'efficacité de l'insuline présente dans le sang.

La metformine (famille des biguanides)

Cette substance améliore l’efficacité de l’insuline, en particulier au niveau des muscles et du foie (qui constituent les réserves de sucre). La metformine est très utilisée comme premier traitement chez les diabétiques de type 2 (en particulier ceux en surpoids), lorsque les modifications des habitudes alimentaires et l’activité physique ne sont pas parvenues à contrôler le taux sanguin de sucre. Elle est utilisée depuis des années et a fait ses preuves, tant pour réduire le taux de sucre dans le sang que pour prévenir les complications cardiovasculaires du diabète de type 2.

Un contrôle régulier du fonctionnement des reins est nécessaire pendant le traitement. La metformine doit être interrompue quelques jours avant une radiographie utilisant de l'iode ou une anesthésie générale (sauf en urgence), et reprise quelques jours après.

Pour réduire ses effets indésirables (diarrhée pendant la première semaine de traitement), il est préférable de prendre des doses progressivement croissantes et de les ingérer au milieu ou à la fin d’un repas.
Lorsqu’elle ne suffit pas à contrôler la glycémie, la metformine peut être utilisée en association avec les médicaments stimulant la production d’insuline (sulfamides hypoglycémiants, glinides) ou avec l'insuline.

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Médicament générique

Les glitazones (ou thiazolidinediones)

Cette famille d’antidiabétiques agit en augmentant la sensibilité à l'insuline au niveau des muscles et des tissus adipeux (graisse). Elle est utilisée de préférence en association avec d’autres antidiabétiques, metformine ou sulfamides hypoglycémiants.

Il n’y a plus actuellement d’antidiabétique de cette famille commercialisé en France.

Les médicaments qui stimulent la production d'insuline

Ces médicaments stimulent la libération d'une plus grande quantité de l'insuline par le pancréas. Ils sont plus volontiers prescrits chez les patients qui ne présentent pas de surpoids.

L’effet indésirable le plus sérieux de cette famille de médicaments est l’hypoglycémie, une baisse excessive de la glycémie provoquée le plus souvent par un apport alimentaire en sucres insuffisant ou par une activité physique inhabituelle, en particulier chez les patients âgés ou souffrant d’insuffisance rénale. L’abus d’alcool ou une automédication abusive avec des médicaments, des compléments alimentaires ou des plantes peut également déclencher un épisode d’hypoglycémie.

L’hypoglycémie peut se traduire par une perte de connaissance, qui peut se révéler dangereuse dans certaines circonstances comme la conduite ou la baignade. Il est nécessaire de connaître parfaitement les réactions de son corps au traitement et à une éventuelle hypoglycémie avant de pratiquer certaines activités. Il est également important de ne pas sauter de repas et de prendre des précautions lorsqu’on voyage.

Si vous prenez ce type de traitement, apprenez à reconnaître les signes d'une hypoglycémie : tremblements, transpiration, faiblesse, troubles de l’attention, faim, vertige, nervosité et irritabilité, palpitations, nausées, peau froide et moite. Ayez toujours des sucres ou des bonbons avec vous, ainsi qu'une carte signalant que vous êtes diabétique et les noms des médicaments que vous prenez.

Les sulfamides hypoglycémiants

Ces substances sont proposées le plus souvent en association avec des médicaments améliorant la sensibilité à l'insuline (metformine, voir ci-dessus) lorsque le diabète n'est pas suffisamment équilibré avec un seul médicament.

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Médicament générique

Les glinides

Comme les sulfamides hypoglycémiants, ces médicaments stimulent la libération d'insuline. Leur durée d'action étant plus courte que celles des sulfamides hypoglycémiants, ils doivent être pris immédiatement avant le repas.

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Médicament générique

Les substances qui agissent par le biais des incrétines

La sécrétion d’insuline par le pancréas après un repas est en partie contrôlée par deux hormones intestinales appelées incrétines, qui sont le GLP-1 (glucagon like peptide-1) et le GIP (glucose-dependent insulinotropic polypeptide). Les incrétines entraînent la libération d’insuline lorsque le taux de sucre dans le sang est élevé. Elles inhibent également la sécrétion du glucagon, ralentissent la vidange de l’estomac et diminuent l’absorption du glucose par l’intestin. Ces hormones sont rapidement inactivées par une enzyme, la dipeptidylpeptidase;

Deux familles d’antidiabétiques récents agissent pas le biais des incrétines : les inhibiteurs de la dipeptidylpeptidase-4 (ou gliptines) qui ralentissent la dégradation de la glucagon like peptide-1 par la dipeptidylpeptidase et les analogues de la glucagon-like peptide (GLP-1), des substances proches de la GLP-1 qui résistent à l’action de la dipeptidylpeptidase.

Les gliptines sont utilisées par voie orale pour contrôler le diabète en cas d'échec des mesures hygiénodiététiques, en association avec d'autres antidiabétiques oraux (de préférence avec la metformine, parfois avec les sulfamides hypoglycémiants) ou avec de l'insuline. Des cas d’inflammation du pancréas ont été observés avec cette famille d’antidiabétiques ; en cas de douleur abdominale importante et persistante lorsqu'on prend l’un de ces médicaments, il est recommandé d’arrêter le traitement et de prendre un avis médical. La saxagliptine (ONGLYZA) a fait l’objet en mars 2012 d’une information sur le risque de réaction allergique et de pancréatite au cours du traitement. Pour en savoir plus : Onglyza : deux effets indésirables à garder en tête.

Les analogues de la glucagon-like peptide sont administrés par voie injectable sous-cutanée, comme l’insuline. Les injections doivent être faites tous les jours ou seulement une fois par semaine selon les médicaments. Ils sont utilisés en association avec un antidiabétique oral (metformine ou sulfamide hypoglycémiant, par exemple) ou avec l’insuline lorsque ces traitements n’ont pas été suffisamment efficaces pour contrôler la glycémie.

Depuis 2008, ces deux familles d’antidiabétiques font l'objet d'un suivi national renforcé suite à des signalements de pharmacovigilance rapportant des cas d’inflammation du pancréas (pancréatites) et de cancers du pancréas.

Liste des médicaments mise à jour : Mardi 17 Septembre 2019

Antidiabétiques injectables : analogues de la glucagon-like peptide

Antidiabétiques oraux : inhibiteurs de la dipeptidylpeptidase-4

Les médicaments qui réduisent l'absorption des sucres

Ces médicaments, de la famille des inhibiteurs des alpha-glucosidases, ralentissent l'absorption des sucres après les repas. Ils doivent être pris avant ou pendant les repas et peuvent provoquer des effets indésirables de type digestif comme des gaz, des douleurs abdominales, etc. Ils ne provoquent pas d'hypoglycémie et n'entraînent pas de prise de poids.

Liste des médicaments mise à jour : Mardi 17 Septembre 2019

Antidiabétiques oraux : inhibiteurs de l'alpha-glucosidase

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Médicament générique

Les médicaments qui favorisent l'élimination des sucres

Une nouvelle classe de médicaments appelée «inhibiteurs du cotransporteur sodium-glucose type 2» (SGLT2) est apparue dans certains pays, tels que le canada. Leur mode d’action est de diminuer la réabsorption du glucose au niveau du rein et de favoriser l’élimination du glucose dans l’urine. Ces antidiabétiques ne sont pas encore commercialisés en France.

Les associations d'antidiabétiques oraux

Le contrôle de la glycémie nécessite parfois l’association de deux antidiabétiques appartenant à des familles différentes. Il existe des associations fixes d’antidiabétiques qui permettent de ne prendre qu’un comprimé : metformine et sulfamide hypoglycémiant, metformine et inhibiteurs de la dipeptidylpeptidase-4.

Liste des médicaments mise à jour : Mardi 17 Septembre 2019

Associations d'antidiabétiques oraux

Les injections d'insuline

Lorsque les traitements oraux ne sont pas suffisamment efficaces pour contrôler le taux de sucre dans le sang, le médecin peut prescrire des injections d’insuline. Le recours à l’insuline est souvent mal vécu par les patients (peur de l’injection ou de l’hypoglycémie, prise de poids, etc.). Pourtant, l’insuline est parfois indispensable pour éviter les graves conséquences d’un diabète non contrôlé. Le passage à l'insuline est également nécessaire lorsqu'une femme souffrant de diabète de type 2 est enceinte. Les antidiabétiques oraux sont alors insuffisants pour contrôler la glycémie.

En général, le passage à l’insuline commence par associer des antidiabétiques oraux à une injection quotidienne d’insuline retard (à action lente) avant le coucher. La dose d’insuline est progressivement augmentée jusqu’à ce que la glycémie à jeun (au lever) soit inférieure à 1,10 g/l. Le patient apprend à s’injecter l’insuline à l’aide d’un stylo injecteur jetable et à mesurer sa glycémie au lever et en fin d’après-midi (autocontrôle).

Si le taux sanguin d’HbA1c reste néanmoins supérieur à 7 %, plusieurs injections d’insuline à action rapide peuvent être prescrites en complément, le plus souvent au moment des repas les plus riches en glucides. L’objectif est alors de maintenir un taux de sucre inférieur à 1,40 g/l après les repas. Dans ce cas, les traitements oraux visant à augmenter la production d’insuline (sulfamides, etc.) sont suspendus.

Les associations d'antidiabétiques injectables

Un médicament associant une insuline de longue durée d'action (insuline dégludec) et un antidiabétique injectable (le liraglutide, un analogue du glucagon-like peptide) est désormais disponible. Il est utilisé dans le traitement du diabète de type 2 chez l'adulte, en association avec des antidiabétiques oraux. Il se présente en stylo prérempli multidose jetable pouvant délivrer de 1 à 50 doses unitaires par injection, Il s'administre une fois par jour en injection sous-cutanée. Les effets indésirables gastro-intestinaux exposent à un risque de déshydratation. En cas de diarrhée ou de vomissements, veillez à bien vous réhydrater pour éviter une perte d’eau.
Si vous utilisez plusieurs stylos destinés à injecter de l'insuline, vérifiez bien l’étiquette du stylo avant l’injection.

Liste des médicaments mise à jour : Mardi 17 Septembre 2019

Association d’antidiabétiques injectables


Lorsqu'un patient diabétique présente un risque cardiovasculaire élevé, le médecin peut être amené à prescrire des traitements complémentaires visant à diminuer ce risque.

Les traitements de l'excès de cholestérol

Le contrôle du taux sanguin de cholestérol LDL (« mauvais » cholestérol) est une mesure indispensable pour prévenir les complications du diabète de type 2. De nombreuses substances sont disponibles à cet effet. Deux statines ont été particulièrement étudiées chez les patients diabétiques : l'atorvastatine et la simvastatine. Les médicaments de la famille des statines peuvent exposer à un risque de diabète, mais l’Agence du médicament (ANSM) estime que ce risque ne remet pas en cause l’intérêt de ces médicaments chez les patients à risque élevé de maladie cardiovasculaire, diabétiques ou non (voir Actualités : Statines : le rapport bénéfice/risque reste favorable malgré le risque identifié de diabète, 12/2014).

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Médicament générique

Les traitements de l'hypertension artérielle

Le contrôle de la pression sanguine est essentiel chez les patients diabétiques. De nombreux médicaments existent pour traiter l'hypertension artérielle. Certains d'entre eux ont été spécifiquement évalués dans le cadre du diabète de type 2. Trois inhibiteurs de l'angiotensine 2, l’irbésartan, le losartan et le telmisartan, et deux inhibiteurs de l’enzyme de conversion, le lisinopril et le ramipril, ont des indications chez les diabétiques de type 2.

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Médicament générique

Les aides à l'arrêt du tabac

Pour arrêter de fumer, une mesure extrêmement importante pour les personnes souffrant de diabète de type 2, des substituts nicotiniques peuvent apporter une aide précieuse.

Les antiagrégants plaquettaires

Chez les patients présentant un haut risque de maladie cardiovasculaire, il est parfois nécessaire de prescrire des médicaments destinés à fluidifier le sang (pour empêcher la formation de caillots qui pourraient boucher un vaisseau). Les antiagrégants plaquettaires les mieux étudiés chez les personnes souffrant de diabète de type 2 sont l'aspirine à faible dose et le clopidogrel.


Sources et références de l'article "Diabète de type 2"