Hyperthyroïdie

Mis à jour : Mercredi 07 Février 2018

L'hyperthyroïdie correspond à un dérèglement de la glande thyroïde qui l'amène à produire un excès d'hormones thyroïdiennes. Elle se caractérise par une accélération de la majorité des fonctions de l'organisme, ce qui entraîne notamment : une tachycardie (rythme cardiaque très rapide), un amaigrissement, de l'anxiété ou une fatigue chronique.

L'hyperthyroïdie étant potentiellement dangereuse, son traitement fait parfois appel à des mesures qui bloquent définitivement la production d'hormones par la thyroïde, obligeant alors le patient à prendre une quantité contrôlée d'hormones thyroïdiennes de remplacement pour le restant de ses jours.

Comment fonctionne la glande thyroïde et à quoi sert-elle ?

problème de thyroïde

La glande thyroïde est située à la base du cou, sous la peau. Elle est constituée de deux lobes, de part et d’autre du larynx. La thyroïde sécrète des hormones dont le rôle principal est de réguler le métabolisme du corps (la façon dont il utilise les éléments fournis par l’alimentation et la respiration). Ces hormones jouent un rôle important dans la croissance osseuse, le développement mental, la transformation des graisses et des sucres, et elles augmentent la consommation d’oxygène par les tissus.

Les hormones thyroïdiennes sont la tri-iodothyronine (également appelée T3) et la thyroxine (également appelée tétra-iodothyronine ou T4). La présence d'iode dans la thyroïde est indispensable à leur synthèse et, pour cette raison, la thyroïde a la propriété d'accumuler l'iode fournie par les aliments.

La production d’hormones par la thyroïde est régulée par une hormone stimulante, la TSH (Thyroid Stimulating Hormone, également appelée thyréostimuline), sécrétée par l’hypophyse, une petite glande située à la base du cerveau. Cette régulation repose sur le principe du « rétrocontrôle » ou « feedback » : une baisse des taux sanguins de T3/T4 entraîne une augmentation du taux sanguin de TSH, ce qui stimule la thyroïde à produire plus de T3/T4. À l’inverse, un taux sanguin excessif de T3/T4, comme dans le cas d’une hyperthyroïdie, provoque une chute du taux sanguin de TSH pour freiner l’activité de la thyroïde.

Qu'est-ce que l'hyperthyroïdie ?

On parle d’hyperthyroïdie lorsque les taux sanguins de T3/T4 sont anormalement élevés de manière durable. Cette production excessive d’hormones thyroïdiennes augmente le métabolisme de manière générale et produit donc une grande variété de symptômes. Les causes de l’hyperthyroïdie sont multiples mais quelque soit la cause, les symptômes sont à peu près les mêmes.

Qui est touché par l'hyperthyroïdie ?

L’hyperthyroïdie touche les femmes huit fois plus fréquemment que les hommes. Elle est également plus fréquente dans les familles au sein desquelles un cas de maladie de la thyroïde a été diagnostiqué par le passé.

On estime qu’entre 1 et 4 % de la population française souffre d’hyperthyroïdie, le plus souvent dans sa forme légère, sans symptôme. Chez les personnes âgées, elle est systématiquement recherchée lorsque la personne maigrit sans raison, se plaint d’insomnies, de palpitations ou de fatigue chronique. L’hyperthyroïdie est également plus fréquemment observée chez les femmes qui ont récemment accouché (jusqu’à 7 % d’entre elles seraient touchées de manière transitoire par ce problème de santé pendant l’année suivant la naissance).


Quels sont les symptômes de l'hyperthyroïdie ?

Les symptômes de l’hyperthyroïdie varient selon le degré de sévérité de la maladie. Il est assez fréquent que l’hyperthyroïdie soit modérée et ne produise pas de symptômes notables. On parle alors d’hyperthyroïdie infraclinique (ou « frustre » ou « asymptomatique »). Cette forme d’hyperthyroïdie est particulièrement observée chez les personnes âgées de plus de 60 ans (jusqu’à 6 % de cette population serait touchée par ce problème de santé).

Lorsque l’hyperthyroïdie est suffisamment sévère pour provoquer des symptômes, on peut observer :

  • une accélération du rythme cardiaque : le pouls est fréquemment supérieur à cent battements par minute au repos, la personne se plaint de palpitations, d’essoufflement ou de « battements » dans la poitrine.
  • des troubles de la régulation de la température du corps : la personne transpire facilement, elle a les mains moites et parfois des bouffées de chaleur ; elle craint la chaleur et se plaint de soif excessive.
  • des troubles du système nerveux : la personne souffre de tremblements, notamment au niveau des mains, de difficultés à trouver le sommeil, de nervosité, d’irritabilité et de sautes d’humeur, d’anxiété voire de dépression. Fréquemment, anxiété et nervosité sont les premiers signes notables de l’hyperthyroïdie.
  • des troubles du système digestif : le transit intestinal est accéléré et les selles sont plus fréquentes (mais les diarrhées sont rares).
  • des troubles de l’état général : fatigue permanente, faiblesse musculaire (en particulier des bras et des cuisses), perte de poids importante (jusqu’à plusieurs kilos par semaine malgré un appétit augmenté), fonte des muscles, règles moins fréquentes et moins abondantes, baisse du désir sexuel, peau fine et cheveux cassants ou qui tombent.

Dans certaines formes de la maladie (maladie de Basedow), ces symptômes sont parfois associés à une augmentation de volume de la thyroïde (goitre à la base du cou), un gonflement de la peau des jambes au niveau des tibias, et des troubles oculaires : les yeux semblent anormalement écarquillés ou « sortir de la tête » (exophtalmie) et la personne se plaint d’avoir les yeux secs et qui piquent.

Qu'appelle-t-on crise thyréotoxique ?
La crise thyréotoxique, ou intoxication par les hormones thyroïdiennes, se produit lorsque la thyroïde s'emballe et relâche rapidement une grande quantité de T3/T4. Cette crise est une urgence médicale grave car elle peut déclencher une fièvre élevée, une insuffisance cardiaque ou un coma. Elle reste relativement rare. Autrefois, la crise thyréotoxique était toujours mortelle. Aujourd'hui, les soins d'urgence permettent de la traiter dans la grande majorité des cas.

Quelles sont les complications de l'hyperthyroïdie ?

Les complications de l’hyperthyroïdie non traitée sont essentiellement cardiaques (insuffisance cardiaque, fibrillation auriculaire et autres troubles du rythme), psychiatriques (confusion, agitation, délire, par exemple) ou liées à l’état général de la personne (fatigue intense, amaigrissement important).

Parce qu'un excès de T3/T4 diminue l'absorption du calcium au niveau des os, les personnes qui souffrent d'une hyperthyroïdie non traitée risquent également de développer de l'ostéoporose.


L'hyperthyroïdie peut être provoquée par de multiples causes, dont la plus fréquente est une maladie auto-immune, la maladie de Basedow. Très rarement, l'hyperthyroïdie peut être due à un trouble de l'hypophyse qui, dans ce cas, ne régule plus correctement la thyroïde. Les hormones thyroïdiennes sont alors produites en excès.

La maladie de Basedow (ou maladie de Graves)

La maladie de Basedow est une maladie où le corps produit des anticorps qui interfèrent avec l’action de la TSH et qui, de ce fait, stimule la thyroïde à produire plus de T3/T4. La maladie de Basedow touche préférentiellement les femmes et représente environ 70 % des cas d’hyperthyroïdie. Dans 15 % des cas, un caractère familial est mis en évidence.

Lors de maladie de Basedow, les symptômes d’hyperthyroïdie sont associés à un goitre et, dans la moitié des cas, à une atteinte des yeux (exophtalmie et yeux secs).

Les nodules thyroïdiens

Les nodules thyroïdiens sont de petites boules qui se forment dans la thyroïde, soit de manière isolée, soit en grappes. Lorsque ces nodules produisent des hormones thyroïdiennes (ce qui n’est pas toujours le cas), ils sont à l’origine d’hyperthyroïdie. Ils sont environ quatre fois plus fréquents chez les femmes que chez les hommes.

Les thyroïdites

Une thyroïdite est une inflammation de la thyroïde qui peut être responsable d’un excès d’hormones thyroïdiennes, voire de douleurs au niveau de la base du cou.

Les causes des thyroïdites sont variées et pas toujours identifiées : infections virales (thyroïdite de De Quiévrain), maladies auto-immunes ou suite de la grossesse (thyroïdite post-partum). Dans la plupart des cas, il y a retour à la normale en quelques mois et le traitement est uniquement destiné à soulager l'inflammation et les éventuels troubles cardiaques. Dans 10 % des cas, une thyroïdite se complique en hypothyroïdie (fonctionnement anormalement bas de la thyroïde).

Les médicaments riches en iode

Certains médicaments et produits de santé qui contiennent de l’iode peuvent provoquer une hyperthyroïdie transitoire. C’est le cas par exemple de l’amiodarone (Cordarone et génériques), un médicament utilisé dans le traitement de certains troubles du rythme cardiaque, ou des produits dits « de contraste » qui servent à obtenir de meilleures images lors d’une radiographie ou d’un scanner.

Les traitements à base d'hormones thyroïdiennes

Chez les personnes qui prennent des hormones thyroïdiennes (pour traiter une thyroïde « paresseuse » ou parce la thyroïde a dû être neutralisée), une posologie trop élevée peut provoquer des symptômes d’hyperthyroïdie.

De plus, certaines personnes qui cherchent à perdre du poids ont recours aux hormones thyroïdiennes de synthèse (achetées sur internet ou prescrites par un médecin complaisant). Des accidents cardiaques liés à une hyperthyroïdie provoquée par ce type de traitement ont été observés : l'usage d'hormones thyroïdiennes pour maigrir est absolument contre-indiqué et doit être évité à tout prix.

L'influence du tabac sur l'hyperthyroïdie

Il semble que le tabac joue un rôle négatif dans l’apparition de l’hyperthyroïdie. Le tabagisme augmenterait le risque d’hyperthyroïdie en général et de maladie de Basedow en particulier. De plus, lors de cette maladie, les fumeurs présentent plus fréquemment des problèmes d’irritation des yeux et d’exophtalmie.

Peut-on prévenir l'hyperthyroïdie ?

Il n’existe pas de moyen de prévenir une hyperthyroïdie. Le diagnostic précoce permet d’éviter une aggravation des symptômes et l’apparition de complications potentiellement graves.


Comment diagnostique-t-on l'hyperthyroïdie ?

analyse de sang

Devant un tableau clinique évoquant une hyperthyroïdie, le médecin va faire pratiquer un bilan sanguin pour doser les hormones thyroïdiennes T3 et T4, ainsi que la TSH. Dans le cas d’une hyperthyroïdie, les taux de T3/T4 sont anormalement élevés et le taux de TSH est fortement diminué. Parfois, dans les hyperthyroïdies sans symptômes, les taux de T3/T4 sont normaux mais le taux de TSH est anormalement bas, ce qui signale tout de même une hyperthyroïdie.

Ce bilan initial sera complété pour rechercher les causes de l’hyperthyroïdie : une recherche d’anticorps spécifiques (pour dépister une maladie de Basedow, par exemple), une échographie du cou pour visualiser la thyroïde (à la recherche de nodules) ou une scintigraphie (voir ci-dessous).

Le médecin peut également prescrire des examens pour évaluer le retentissement de l'hyperthyroïdie : bilan cardio-vasculaire, bilan ophtalmologique par exemple.

Qu'appelle-t-on scintigraphie de la thyroïde ?

Le plus souvent, le diagnostic de la cause d’une hyperthyroïdie requiert une scintigraphie thyroïdienne. Il s’agit d’un examen qui consiste à administrer une substance faiblement radioactive (traceur), habituellement de l’iode radioactif (iode 123) ou du technétium 99 qui va se fixer dans la thyroïde en plus ou moins grande quantité selon l’activité de cette glande.

Le traceur est le plus souvent administré par injection intraveineuse, parfois par voie orale dans le cas de l’iode 123.

Après un temps d’attente variable selon le traceur, le patient subit un examen simple qui consiste à placer un détecteur de radiations (gamma-camera) contre la peau, au niveau du cou. L'appareil calcule la dose d'iode capturée par la glande et détermine ainsi son activité. Lors d'hyperthyroïdie, la quantité d'iode capturée est largement supérieure à la normale car la thyroïde est très active.

De plus, il est alors possible de faire une « photographie » de la thyroïde avec un appareil spécial pour pouvoir étudier sa structure et éventuellement dépister une thyroïdite ou des nodules.

Dans le cas d’un nodule, l’iode s’accumule en un point localisé. Dans le cas de la maladie de Basedow, l’hyperfixation de l’iode est visible dans toute la thyroïde.


Le rôle de la glande thyroïde pendant la grossesse

femme enceinte chez son médecin

Le fonctionnement de la glande thyroïde reste normal pendant la grossesse, mais les besoins de l’organisme en iode sont plus importants à cause des besoins du fœtus. La glande thyroïde du bébé commence à fonctionner entre le deuxième et le troisième mois de gestation. Les hormones thyroïdiennes ainsi produites jouent un rôle dans le développement de son cerveau. L’iode et les hormones thyroïdiennes maternelles qui passent à travers le placenta contribuent aussi de façon importante au fonctionnement de la thyroïde du fœtus. Pour cette raison, tout dérèglement de cet organe chez la mère doit être dépisté et traité.

Les troubles de la thyroïde touchent environ 4 % des femmes enceintes, mais la plupart de ces affections sont détectées et traitées efficacement sans présenter de problèmes graves pour la femme ou son bébé.

Certaines femmes sont systématiquement suivies sur le plan thyroïdien pendant leur grossesse :

  • celles qui ont des antécédents personnels ou familiaux de problèmes de la thyroïde ;
  • celles qui souffrent d’une maladie auto-immune ;
  • celles qui ont précédemment été traités pour une hyperthyroïdie.

La prise en charge de l'hyperthyroïdie chez la femme enceinte

En cas d’hyperthyroïdie pendant la grossesse, des complications peuvent survenir : retard de croissance du fœtus, fausse-couche ou accouchement prématuré. Le traitement par un antithyroïdien de synthèse (propylthiouracile, PTU) est possible, à la dose minimale pour obtenir un taux normal d’hormones thyroïdiennes dans le sang. Pendant toute la grossesse, le fœtus est surveillé par échographie, à la recherche d’un éventuel goitre. Si le nouveau-né présente des signes d’hyperthyroïdie, celle-ci disparaît spontanément en quelques semaines.

Le traitement de l'hyperthyroïdie chez la femme qui allaite

L’allaitement est habituellement déconseillé en cas de traitement par un antithyroïdien de synthèse, en raison de leur passage dans le lait maternel. Néanmoins, avec une surveillance du nourrisson, l’utilisation du propylthiouracile à faible dose est possible chez la femme qui allaite.


La prise en charge de l'hyperthyroïdie a pour objectif de faire disparaître les symptômes et de prévenir les complications. Chez les personnes qui présentent des symptômes d'hyperthyroïdie, le traitement peut se faire avec des médicaments qui bloquent la synthèse des hormones thyroïdiennes (antithyroïdiens de synthèse) ou par des mesures définitives : neutralisation de la thyroïde par de l'iode radioactif ou ablation chirurgicale de cette glande (opération qui consiste à enlever tout ou partie de la thyroïde).

Le traitement des patients hyperthyroïdiens sans symptômes

médecin et patient

Chez les patients qui ne présentent pas de symptômes, mais chez qui la prise de sang révèle une hyperthyroïdie infraclinique, la décision de traiter dépend des cas. Si la personne est à risque de maladie cardiaque (pour d’autres raisons), un traitement peut être nécessaire pour éviter que l’hyperthyroïdie, même mineure, n’aggrave l’état cardiaque du patient. Le traitement visera alors soit à renforcer le cœur, soit à neutraliser les hormones thyroïdiennes en excès.

Le traitement de la maladie de Basedow

La maladie de Basedow peut être traitée par la prescription prolongée (de 12 à 18 mois) d’antithyroïdiens de synthèse. Néanmoins, des récidives se produisent dans la moitié des cas dans l’année qui suit la fin du traitement médicamenteux. Si la maladie de Basedow devient chronique (dans 15 % des cas), le médecin envisage alors la neutralisation ou l’ablation de la thyroïde. Si nécessaire, les problèmes des yeux liés à la maladie de Basedow font l’objet d’un suivi spécifique par un ophtalmologue.

Le traitement des nodules thyroïdiens

Lorsque le patient présente des nodules produisant de la T3/T4, un traitement médicamenteux est d’abord prescrit pour normaliser les taux d’hormones thyroïdiennes dans le sang. Ensuite, une intervention chirurgicale est pratiquée pour enlever tout ou partie de la thyroïde selon le nombre et la taille des nodules. Parfois, une neutralisation de la thyroïde par de l’iode radioactif est préférée.

Le traitement des thyroïdites

En règle générale, les thyroïdites se résolvent d’elles-mêmes et le traitement consiste à soulager l’inflammation ou les symptômes cardiaques par des médicaments adaptés, tout en surveillant soigneusement l’évolution de la maladie.

Le traitement de l'hyperthyroïdie due à l'amiodarone

Avant de prescrire un médicament contenant de l’amiodarone, le médecin fait systématiquement effectuer une prise de sang pour dépister une éventuelle hyperthyroïdie. Si celle-ci apparaît durant le traitement par amiodarone, ce traitement est interrompu et remplacé par une autre substance.

Quelques conseils lorsqu'on souffre d'hyperthyroïdie
  • Faites-vous bien expliquer par votre médecin le mécanisme de la maladie pour mieux comprendre le traitement et son suivi.
  • Sachez reconnaître les effets indésirables des antithyroïdiens de synthèse et faites-vous expliquer dans quelle situation il est nécessaire d’interrompre aussitôt le traitement (fièvre, angine ou tout signe d’infection).
  • Si vous avez perdu du poids, compensez grâce à une alimentation riche en calories.
  • Complétez vos apports en calcium : fromages, produits laitiers, eaux minérales riches en calcium, etc.
  • Évitez les boissons caféinées (café, thé, maté, colas, chocolat, energy drinks) et les compléments alimentaires qui contiennent de la caféine (y compris celle issue du guarana).
  • Optez pour du sel sans iode ajouté (fleur de sel) et évitez de consommer des aliments ou des compléments alimentaires contenant des algues (qui sont habituellement riches en iode).

Lors de traitement contre l'hyperthyroïdie, les médicaments prescrits visent soit à réduire les taux sanguins d'hormones thyroïdiennes (en bloquant leur production par la thyroïde), soit à soulager les symptômes et, en particulier, à soutenir le cœur si l'accélération du rythme cardiaque est trop élevée. De plus, chez les patients dont la thyroïde a été neutralisée ou enlevée, des hormones thyroïdiennes de synthèse sont administrées pour rétablir leur taux sanguin normal.

Les antithyroïdiens de synthèse

Ces médicaments bloquent la production des hormones thyroïdiennes par la thyroïde. Ils permettent de contrôler efficacement l’hyperthyroïdie pendant une longue durée (par exemple lors de maladie de Basedow) ou en attendant un traitement chirurgical ou par iode radioactif. La dose prescrite est individuelle. Elle est fixée par le médecin en fonction du résultat des dosages sanguins de T3 et de T4. Le retour à un taux normal d’hormones thyroïdiennes n’est jamais immédiat : deux à quatre mois de traitement antithyroïdien peuvent être nécessaires.

Les antithyroïdiens de synthèse ont des effets indésirables qui touchent divers organes : démangeaisons, rougeurs cutanées, douleurs articulaires, fièvre ou baisse anormale des globules blancs (également appelée agranulocytose). Lors d’agranulocytose, le patient est plus exposé aux maladies infectieuses. Cet effet indésirable est rare (moins de 1 % des personnes en traitement) mais potentiellement dangereux.

Pour surveiller le traitement, le médecin prescrit des analyses de sang avant de débuter le traitement, toutes les semaines pendant les six premières semaines de traitement, puis de façon plus espacée mais régulière. De plus, le patient est informé qu’il doit cesser immédiatement son traitement en cas de fièvre, d’angine ou de tout autre signe d’infection. Dans ce cas, il doit rapidement consulter son médecin pour avis.

Liste des médicaments mise à jour : Mardi 17 Septembre 2019

Antithyroïdiens

Les autres médicaments utilisés en cas d'hyperthyroïdie

Dans certains cas, le médecin peut prescrire d’autres médicaments.

Les médicaments destinés à ralentir le cœur

Lorsque l’hyperthyroïdie provoque une accélération ou des troubles du rythme cardiaque sévères, il est nécessaire d’associer aux antithyroïdiens des médicaments pour ralentir et régulariser les battements du cœur. Ces médicaments font partie de la famille des bêtabloquants.

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Médicament générique

Les hormones thyroïdiennes

Des hormones thyroïdiennes de synthèse doivent parfois être prescrites quand les médicaments antithyroïdiens provoquent des taux sanguins d’hormones thyroïdiennes inférieurs à la normale.

Elles sont également utilisées en remplacement des hormones thyroïdiennes naturelles chez les personnes qui ont subi une ablation de la thyroïde ou chez qui la thyroïde a été neutralisée par l’iode radioactif. Ce traitement est identique à celui suivi par les personnes qui souffrent d’insuffisance thyroïdienne (hypothyroïdie).

La survenue d’effets indésirables, similaires aux symptômes de l’hyperthyroïdie, doit faire penser à un surdosage.

Liste des médicaments mise à jour : Mardi 17 Septembre 2019

Hormones thyroïdiennes

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Médicament générique

Des changements de formule des comprimés de LEVOTHYROX ont été effectués en mars 2017. Depuis ces changements, plusieurs milliers de patients se plaignent de symptômes divers qu’ils attribuent à cette nouvelle formule. En cas de survenue d’effets indésirables, il ne faut pas arrêter le traitement, mais consulter, faire des analyses et si besoin, ajuster le traitement avec l'aide du médecin. De nouveaux médicaments devraient rapidement être mis à disposition des patients pour répondre aux besoins de ceux qui supportent mal la nouvelle formule de LEVOTHYROX.


En cas d'échec du traitement par les antithyroïdiens de synthèse, ou d'intolérance à ces médicaments, le médecin peut avoir recours à la chirurgie et enlever la thyroïde, en partie ou bien en totalité. Il peut également décider de neutraliser définitivement la thyroïde en ayant recours à un traitement par iode radioactif.

La chirurgie dans le traitement de l'hyperthyroïdie

opération chirurgicale

Pour traiter une hyperthyroïdie, il peut être nécessaire d’enlever une partie de la thyroïde (par exemple, l’un des deux lobes si celui-ci contient des nodules), voire la quasi-totalité de la thyroïde, ou la totalité. Dans ce cas, le patient devra, toute sa vie durant, prendre des hormones thyroïdiennes de synthèse. Cela peut paraître un fardeau lourd à porter, mais les hormones thyroïdiennes sont faciles à prendre, peu chères et permettent de compenser l’absence de thyroïde sans avoir d’effets indésirables.

Aujourd’hui, la chirurgie est plus rarement utilisée que l’iode radioactif (voir ci-dessous). Néanmoins, elle est particulièrement indiquée chez les femmes hyperthyroïdiennes qui souhaitent avoir des enfants (sans les soucis des antithyroïdiens de synthèse), ou chez les personnes qui présentent un goitre volumineux.

La prise d'hormones thyroïdiennes de synthèse n'empêche pas d'avoir des enfants : un suivi attentif des taux sanguins de TSH et d'hormones thyroïdiennes sera effectué avant, pendant et après la grossesse.

La neutralisation définitive de la thyroïde par l'iode radioactif

Le traitement de l’hyperthyroïdie par l’iode radioactif repose sur un principe simple : la thyroïde hyperactive a la propriété de capturer de fortes quantités d’iode. Si cet iode est radioactif au point de détruire les cellules qui le contiennent, son administration suffira à supprimer l’ensemble des cellules de la thyroïde qui produisent des hormones thyroïdiennes.

Le traitement par iode radioactif est pratiqué à l’hôpital, parfois associé à des antithyroïdiens de synthèse ou une ablation chirurgicale d’une partie de la thyroïde. Le patient prend une dose d’iode radioactif (I-131, plus puissant que l’iode I-123 utilisé pour le diagnostic) : la thyroïde en capture une partie et le reste est éliminé dans les urines. Dans les jours qui suivent, les cellules de la thyroïde qui contiennent l’iode radioactif meurent (ce qui libère de fortes quantités de T3/T4 et peut aggraver temporairement les symptômes de l’hyperthyroïdie). Petit à petit, l’iode radioactif est éliminé dans les urines et perd de sa radioactivité.

Le traitement par iode radioactif est contre-indiqué chez les femmes enceintes et chez celles qui allaitent. Les femmes en âge de procréer doivent effectuer un test de grossesse avant l’administration d’iode radioactif et utiliser un moyen de contraception efficace tout au long du traitement et pendant les mois qui suivent. Les hommes traités par l’iode radioactif devraient attendre au moins trois mois avant de procréer.

Comme dans le cas de la chirurgie, les patients traités de cette manière devront, toute leur vie durant, prendre des hormones thyroïdiennes de synthèse pour suppléer l’absence de production d’hormones naturelles par la thyroïde. Un retour à la normale est habituellement observé en quelques mois.


Sources et références de l'article "Hyperthyroïdie"