Hypothyroïdie

Mis à jour : Vendredi 15 Décembre 2017

L'hypothyroïdie correspond à un dérèglement de la glande thyroïde qui s'accompagne d'une diminution de la sécrétion d'hormones thyroïdiennes. Elle se caractérise par un ralentissement de la majorité des fonctions de l'organisme, ce qui entraîne notamment : une fatigue chronique, une sensibilité au froid augmentée, une prise de poids, un rythme cardiaque anormalement lent, une peau sèche, de la dépression ou des troubles de la mémoire. L'hypothyroïdie est souvent due à un dérèglement du système immunitaire qui attaque les cellules de la thyroïde et réduit la production d'hormones. Son traitement consiste à prendre des hormones thyroïdiennes de remplacement tout au long de la vie.

Comment fonctionne la glande thyroïde et à quoi sert-elle ?

femme gorge

La thyroïde est constituée de deux lobes, situés de part et d’autre du larynx, à la base du cou. Cette glande sécrète des hormones qui sont la tri-iodothyronine (également appelée T3) et la thyroxine (également appelée tétra-iodothyronine ou T4). Ces hormones jouent un rôle essentiel dans la croissance des os, le développement intellectuel mental, l'utilisation des graisses et des sucres par le corps. De plus, elles augmentent la consommation d'oxygène et d'énergie par les cellules.

La production d’hormones par la thyroïde est régulée par une hormone stimulante, la TSH (Thyroid Stimulating Hormone, également appelée thyréostimuline). La TSH est sécrétée par l’hypophyse, une petite glande située à la base du cerveau. Cette régulation repose sur le principe du thermostat : une baisse des taux sanguins de T3/T4, comme c’est le cas lors d’une hypothyroïdie, entraîne une augmentation du taux sanguin de TSH afin de stimuler la thyroïde à produire plus de T3/T4. À l’inverse, un taux sanguin excessif de T3/T4 (une hyperthyroïdie) provoque une chute du taux sanguin de TSH pour freiner l’activité de la thyroïde.

La présence d'iode dans la thyroïde est indispensable à leur synthèse et, pour cette raison, la thyroïde a la propriété d'accumuler l'iode fournie par les aliments.

Qu'est-ce que l'hypothyroïdie ?

L’hypothyroïdie se caractérise par une diminution ou une absence de production des hormones thyroïdiennes. Il en existe deux types : l’hypothyroïdie dite « périphérique », conséquence d’une maladie de la glande thyroïde elle-même, et l’hypothyroïdie dite « centrale », lorsque l’hypophyse ne secrète pas assez de TSH.

L’insuffisance d’hormones thyroïdiennes dans le sang diminue le métabolisme de manière générale et peut être à l’origine de symptômes variés.

Qui est touché par l'hypothyroïdie ?

On estime qu’entre 3 et 10 % des Français souffrent d’hypothyroïdie, ce pourcentage augmentant avec l’âge. Les femmes, en particulier après 50 ans, sont deux à trois fois plus touchées que les hommes.

Dans les pays industrialisés, les personnes les plus susceptibles d’être atteintes d’hypothyroïdie sont :

  • les femmes de plus de 60 ans : plus de 10 % d’entre elles seraient touchées ;
  • les femmes ayant accouché dans l’année : entre 5 et 8 % d’entre elles seraient touchées de manière transitoire par une inflammation de la thyroïde, ou thyroïdite « post-partum », qui provoquerait une hypothyroïdie durable dans 20 % des cas ;
  • les personnes ayant des antécédents personnels ou familiaux de maladie de la thyroïde ;
  • les personnes souffrant de maladies auto-immunes comme, par exemple, la polyarthrite rhumatoïde, la spondylarthrite, la maladie de Gougerot-Sjögren, le psoriasis, etc.

Quels sont les symptômes de l'hypothyroïdie ?

En cas d’hypothyroïdie, de nombreux symptômes peuvent être observés, mais chaque patient n’en exprime que quelques uns. Comme l’hypothyroïdie est une maladie qui apparaît lentement, il est fréquent que la personne n’identifie pas ces symptômes comme étant causés par une seule maladie. Elle se sent fatiguée, déprimée ou essoufflée à l’effort, mais ne fait pas le lien entre ces signes. L’hypothyroïdie est souvent diagnostiquée lorsque d’autres causes plus évidentes ont été éliminées.

Les symptômes de l’hypothyroïdie varient selon le degré du déficit en hormones thyroïdiennes. Il est assez fréquent que l’hypothyroïdie soit modérée et ne produise pas de symptômes notables. On parle alors d’hypothyroïdie infraclinique (ou « frustre » ou « asymptomatique » ou « occulte »). Cette forme d’hypothyroïdie est particulièrement observée chez les personnes âgées de plus de 60 ans et chez les enfants.

Lorsque l’hypothyroïdie s’aggrave, on peut observer :

  • de la fatigue chronique et un manque d’énergie ;
  • des difficultés de concentration et des troubles de la mémoire, surtout chez les personnes âgées ;
  • des symptômes dépressifs (manque de motivation, troubles du sommeil, etc.) ;
  • une tendance à être frileux même quand la température est agréable ;
  • des crampes musculaires et des fourmillements dans les membres ;
  • un rythme cardiaque anormalement lent (bradycardie) qui peut se traduire par un essoufflement à l’effort ;
  • une sécheresse et une pâleur de la peau, associées à des cheveux et des ongles secs et cassants ;
  • une prise de poids malgré un appétit normal ;
  • un taux sanguin de cholestérol anormalement élevé ;
  • de la constipation ;
  • chez les femmes, des règles irrégulières et des problèmes de fertilité.

Le goitre (gonflement à la base du cou), autrefois classiquement associé à l’hypothyroïdie, est devenu rare car il n’apparaît que tardivement en l’absence de traitement.

Les symptômes de l'hypothyroïdie chez les enfants
Les enfants qui souffrent d'hypothyroïdie présentent un retard de croissance et de développement mental, un sommeil excessif, une peau jaunâtre, de la constipation et, plus fréquemment que les adultes, un goitre.

Quelles sont les complications de l'hypothyroïdie ?

Si l’hypothyroïdie n’est pas diagnostiquée ou traitée chez un adulte (et en particulier une personne âgée), un gonflement du visage (myxœdème) accompagné d’une peau jaune et sèche, voire un coma, peuvent survenir. Mais il s’agit d’une complication devenue exceptionnelle de nos jours. Il semblerait également qu’une hypothyroïdie fruste non soignée puisse augmenter le risque d’accidents cardiovasculaires (infarctus du myocarde, accident vasculaire cérébral, etc.).

Chez les enfants, une hypothyroïdie non soignée entraîne des complications graves : petite taille (nanisme) et retard mental important (le « crétinisme »).


Les causes de l'hypothyroïdie sont multiples.

L'hypothyroïdie par carence ou excès alimentaire en iode

Dans les pays en voie de développement, l’hypothyroïdie est essentiellement due à une carence alimentaire en iode et on estime que deux milliards de personnes ont une alimentation trop pauvre en iode. Cette cause, fréquente autrefois chez nous, est devenue très rare dans les pays industrialisés du fait de l’ajout systématique d’iode dans le sel de table.

L’iode apporté par l’alimentation est indispensable à la production des hormones thyroïdiennes. De ce fait, une alimentation carencée en iode (fréquente dans les pays situés loin de la mer) peut provoquer une hypothyroïdie. De plus, certains aliments dits « goitrogènes » peuvent bloquer la fixation de l’iode dans la thyroïde : légumes de la famille des choux, manioc insuffisamment cuit, soja, arachide, patates douces, etc. Les populations qui mangent de grandes quantités de ces aliments et qui ingèrent insuffisamment d’iode sont particulièrement exposées à l’hypothyroïdie.

Un excès d’iode dans l’alimentation produit un effet similaire à celui de la carence et diminue la production d’hormones thyroïdiennes. Au Japon, où l’alimentation est très riche en iode (consommation d’algues), l’apport excessif d’iode est une cause majeure d’hypothyroïdie.

Exposition à la radioactivité et hypothyroïdie
Lorsqu’une personne est exposée à de l’iode fortement radioactif (I-131), cet iode se fixe dans la thyroïde et détruit les cellules qui produisent les hormones thyroïdiennes. Cette destruction partielle ou totale entraîne alors une hypothyroïdie. Cette propriété est utilisé en médecine pour neutraliser la thyroïde lors du traitement de l’hyperthyroïdie. Mais il est également à l’origine des troubles thyroïdiens observés chez les personnes qui ont été exposés à l’iode radioactif à la suite d’un accident nucléaire de type Tchernobyl ou, plus récemment, Fukushima.
C’est pour cette raison que, lors d’un accident nucléaire, les personnes qui vivent à proximité du lieu de l’accident sont invitées à prendre des comprimés d’iode qui, en saturant la thyroïde, prévient la fixation de l’iode radioactif. Mais l’absorption de cette grande quantité d’iode n’est pas sans conséquence : les personnes prédisposées présenteront ensuite une hypothyroïdie provoquée par cet excès d’iode (voir ci-dessus).

L'hypothyroïdie d'origine auto-immune

Dans 50 % des cas, l’hypothyroïdie est une maladie auto-immune, c’est-à-dire due à une réaction du système de défense de l’organisme, ou système immunitaire, contre les cellules de la thyroïde. La plus fréquente des hypothyroïdies auto-immunes est la thyroïdite de Hashimoto qui touche préférentiellement les femmes de plus de 40 ans mais peut également toucher les enfants. Cette maladie pourrait être déclenchée par le stress, une infection virale ou une prédisposition génétique. La thyroïdite de Hashimoto est définitive et justifie un traitement hormonal à vie.

L'hypothyroïdie consécutive au traitement de l'hyperthyroïdie

Environ 40 % des hypothyroïdies surviennent à la suite du traitement d’une hyperthyroïdie, soit par iode radioactif, soit par chirurgie, ou encore par médicaments antithyroïdiens de synthèse. Dans ce cas, l’hypothyroïdie a été recherchée car il est plus facile et plus sûr de vivre avec une hypothyroïdie traitée qu’avec une hyperthyroïdie, potentiellement dangereuse.

L'hypothyroïdie par mauvaise observance du traitement

Chez les personnes qui doivent prendre des hormones thyroïdiennes toute leur vie, il arrive qu’une hypothyroïdie apparaisse soit parce que la personne ne prend pas régulièrement son traitement, soit parce qu’elle prend d’autres médicaments ou substances qui diminuent l’absorption des hormones thyroïdiennes par l’intestin.

Récemment, la commercialisation d’hormones thyroïdiennes génériques a semé le trouble dans l’esprit des patients : en raison d’excipients différents, le passage à une forme générique d’hormones thyroïdiennes pourrait nécessiter un réajustement des doses lorsque la personne les prend pour la première fois. Pour cette raison, les hormones thyroïdiennes sont sur la liste des médicaments surveillés par les autorités sanitaires (plan de gestion des risques).

Les autres causes d'hypothyroïdie

L’hypothyroïdie peut également être provoquée par une radiothérapie anticancéreuse au niveau du cou ou de la poitrine (qui endommage la thyroïde), ou par la prise de certains médicaments : le lithium (utilisé dans le traitement des troubles bipolaires), l’interféron (utilisé pour traiter les hépatites virales, la sclérose en plaques, etc.) ou l’amiodarone (utilisé dans le traitement de certains troubles cardiaques). Le plus souvent, ces médicaments provoquent des hypothyroïdies sans symptôme.

Très rarement, l’hypothyroïdie peut être due à un trouble de l’hypophyse qui, dans ce cas, ne régule plus correctement la thyroïde (hypothyroïdie dite « centrale »).

Qu'est-ce que l'hypothyroïdie congénitale ?
L’hypothyroïdie congénitale est une forme d’hypothyroïdie propre aux nouveau-nés. Elle est le plus souvent due à une anomalie de la formation de la thyroïde pendant la grossesse, mais elle peut également être la conséquence d’un traitement de l’hyperthyroïdie chez la mère pendant la grossesse.
En France, cette forme d’hypothyroïdie touche un enfant sur 3 500. Depuis 1975, un dépistage systématique de l’hypothyroïdie trois à six jours après la naissance, par simple prélèvement d’une goutte de sang au talon, a été mis en place afin de permettre un diagnostic et un traitement précoces.
L’hypothyroïdie congénitale peut occasionner un retard de croissance et un retard mental chez l’enfant. Elle est systématiquement traitée et son traitement doit faire l’objet d’un suivi très rigoureux pendant la petite enfance, avec un respect strict du traitement prescrit.

Peut-on prévenir l'hypothyroïdie ?

Il n’existe pas de moyen de prévenir l’hypothyroïdie. Le diagnostic précoce permet d’éviter une aggravation de la maladie.

L’alimentation joue toutefois un rôle important dans la bonne santé de la thyroïde. L’iode, le sélénium et le zinc sont indispensables pour produire les hormones thyroïdiennes. Ces nutriments peuvent être apportés par une alimentation saine et variée :

  • l’iode nécessaire est apporté par les produits de la mer et le sel de table ;
  • les huîtres, le thon et les noix du Brésil sont riches en sélénium ;
  • les fruits de mer, le bœuf et le foie sont riches en zinc.

Comment diagnostique-t-on l'hypothyroïdie ?

analyse de sang

Devant un tableau clinique évoquant une hypothyroïdie, le médecin demande un bilan sanguin pour doser les hormones thyroïdiennes T3 et T4, ainsi que la TSH. Dans le cas d’une hypothyroïdie, les taux de T3/T4 sont anormalement bas et le taux de TSH est élevé. Parfois, dans les hypothyroïdies sans symptômes, les taux de T3/T4 sont normaux mais le taux de TSH est anormalement élevé, ce qui signale tout de même une hypothyroïdie.

Ce bilan initial sera complété pour rechercher les causes de l’hypothyroïdie : une recherche d’anticorps spécifiques (pour dépister une thyroïdite de Hashimoto, par exemple, où l’on recherche des anticorps dits « anti-TPO ») ou une échographie du cou pour apprécier l’augmentation de volume de la thyroïde (goitre).

Tous les patients hypothyroïdiens doivent-ils être traités ?

Chez les patients qui ne présentent pas de symptômes, mais chez qui la prise de sang révèle une hypothyroïdie infraclinique, la décision de traiter dépend des cas. Si le taux de TSH est très élevé ou si des anticorps typiques d’une maladie auto-immune sont détectés, le traitement est généralement mis en place car ces signes précèdent souvent une aggravation de l’hypothyroïdie.

Chez les autres patients qui ne présentent pas de symptômes, le traitement n’est prescrit que si la personne se plaint d’une mauvaise qualité de vie (par exemple, un manque d’énergie handicapant pour sa vie quotidienne).


Le rôle de la glande thyroïde pendant la grossesse

femme enceinte chez son médecin

Le fonctionnement de la glande thyroïde reste normal pendant la grossesse, mais les besoins de l’organisme en iode sont plus importants à cause des besoins du fœtus. La glande thyroïde du bébé commence à fonctionner entre le deuxième et le troisième mois de gestation. Les hormones thyroïdiennes ainsi produites jouent un rôle dans le développement de son cerveau. L’iode et les hormones thyroïdiennes maternelles qui passent à travers le placenta contribuent aussi de façon importante au fonctionnement de la thyroïde du fœtus. Pour cette raison, tout dérèglement de cet organe chez la mère doit être dépisté et traité.

Les troubles de la thyroïde touchent environ 4 % des femmes enceintes, mais la plupart de ces affections sont détectées et traitées efficacement sans présenter de problèmes graves pour la femme ou son bébé.

Certaines femmes sont systématiquement suivies sur le plan thyroïdien pendant leur grossesse :

  • celles qui ont des antécédents personnels ou familiaux de problèmes de la thyroïde ;
  • celles qui souffrent d’une maladie auto-immune ;
  • celles qui ont précédemment été traités pour une hyperthyroïdie.

La prise en charge de l'hypothyroïdie chez la femme enceinte

L’hypothyroïdie pendant la grossesse, si elle n’est pas traitée, peut avoir de graves conséquences pour la mère (augmentation du risque de fausse-couche, d’hypertension et de pré-éclampsie) et pour l’enfant à naître (retard du développement psychomoteur du nouveau-né). Chez les femmes enceintes atteintes d’hypothyroïdie, les taux sanguins de TSH et d’hormones thyroïdiennes doivent être surveillés très régulièrement (au minimum tous les deux mois).

Pendant la grossesse, le traitement de l’hypothyroïdie repose sur la prise d’hormones thyroïdiennes de synthèse (lévothyroxine). Cette prise de lévothyroxine est sans danger pour le fœtus et ne doit en aucun cas être interrompue sans avis médical. Lorsque la femme était déjà traitée avant la grossesse, ses besoins en lévothyroxine augmentent de 30 à 50 % pendant la grossesse. Grâce aux dosages sanguins réguliers de la TSH, il est possible d’ajuster la posologie.

La prise d’hormones thyroïdiennes est possible pendant l’allaitement, sous contrôle médical.


La prise en charge de l'hypothyroïdie a pour objectif de faire disparaître les symptômes et de prévenir les complications. Si l'on ne peut pas guérir d'une hypothyroïdie, il est tout à fait possible de la compenser en prenant chaque jour des hormones thyroïdiennes de remplacement. Une fois le traitement instauré, les symptômes vont diminuer progressivement en quelques semaines et les taux sanguins de TSH vont revenir à la normale. Une fois la posologie efficace identifiée, le traitement est poursuivi à vie.

Doit-on prendre des précautions avant de commencer un traitement par hormones thyroïdiennes ?

médecin et patient

Les hormones thyroïdiennes augmentent le travail du cœur et les besoins de celui-ci en oxygène. Chez un patient hypothyroïdien qui nécessite un traitement, le médecin va d’abord s’assurer de l’absence de risque de maladie cardiaque (en particulier, de risque d’angine de poitrine ou d’infarctus du myocarde) afin d’éviter que les hormones thyroïdiennes ne déclenchent ce type d’accident.

Si le patient présente un risque ou des antécédents de maladie cardiaque, ou s’il a plus de 70 ans, le médecin commencera le traitement par des doses réduites d’hormones thyroïdiennes qui seront ensuite progressivement augmentées. Le patient est régulièrement suivi sur le plan cardiaque (par exemple par des électrocardiogrammes) tout au long de la mise en place du traitement. La posologie sera ajustée pour que les effets du traitement soient bien tolérés par le cœur, même si cette posologie est insuffisante pour rétablir un taux de TSH parfaitement normal.

Comment se fait le suivi d'une hypothyroïdie ?

Huit semaines après le début du traitement par les hormones thyroïdiennes, le médecin prescrit un dosage sanguin de la TSH de façon à s’assurer que la posologie prescrite a ramené ce taux à une valeur normale. Le dosage de ces hormones est éventuellement adapté. Lorsque la posologie efficace a été identifiée, un deuxième contrôle a lieu six mois plus tard puis une fois par an par la suite.

Quelques conseils lorsqu'on souffre d'hypothyroïdie

  • Suivez scrupuleusement votre traitement, même si vous vous sentez mieux.
  • Faites-vous expliquer par votre médecin les signes d’hyperthyroïdie qui pourraient apparaître en cas de surdosage du traitement.
  • Un bilan sanguin est pratiqué chaque année afin de vérifier si les doses d’hormones de substitution que vous prenez sont bien adaptées.
  • Signalez à votre médecin des symptômes évocateurs d’une hypothyroïdie qui persisteraient alors que vos examens de sang sont normaux.
  • Prenez votre médicament chaque jour à la même heure, idéalement trente à soixante minutes avant votre petit-déjeuner.
  • Évitez de prendre votre médicament avec des aliments ou des boissons à base de soja ou de café qui diminueraient l’absorption des hormones thyroïdiennes.
  • Ayez une alimentation saine et variée, apportant une quantité suffisante d’iode, de sélénium et de zinc.
  • Attention aux aliments et aux compléments alimentaires riches en iode (en particulier ceux contenant des algues). Ne les consommez pas sans avis préalable de votre médecin.

Le traitement de l’hypothyroïdie repose sur l’administration d’hormone thyroïdienne T4 (thyroxine). Dans certains cas très particuliers, le médecin peut décider de prescrire de la T3 (thyronine), seule ou en association avec de la T4.

La lévothyroxine (LT-4)

La lévothyroxine (L-T4) est une forme particulière de T4, plus active. Une prise par jour est suffisante, habituellement le matin une demi-heure à une heure avant le petit déjeuner. Sa posologie est ajustée pour obtenir un taux sanguin de TSH normal. Chez les patients cardiaques (angine de poitrine, infarctus du myocarde, troubles du rythme cardiaque), la posologie est augmentée très progressivement en surveillant le cœur.

Certains médicaments (sels de fer, colestyramine, calcium et certains anti-acides) diminuent l'absorption de la lévothyroxine par l’intestin : il convient de respecter un intervalle d’au moins une demi-heure entre les prises respectives de ces médicaments. D'autres médicaments (phénytoïne, rifampicine, carbamazépine) augmentent l’élimination de la lévothyroxine, d'où un risque d’efficacité insuffisante du traitement. Enfin, la lévothyroxine augmente l'effet des anticoagulants (anti-vitamine K) et réduit celui des médicaments antidiabétiques. Dans ces situations particulières, la posologie est ajustée au cas par cas.

    La survenue d’effets indésirables, similaires aux symptômes de l’hypothyroïdie ou de l’hyperthyroïdie, doivent faire penser à un déséquilibre thyroïdien. Ils ne sont pas très spécifiques et restent variables d’une personne à l’autre :
  • une fatigue inhabituelle, une constipation, une sensation de ralentissement général sont les symptômes les plus fréquents liés à un sous-dosage en hormone thyroïdienne ;
  • des sueurs, une accélération du cœur, des palpitations, une excitation, une insomnie, une irritabilité sont les symptômes évoquant un surdosage en hormone thyroïdienne. S’ils apparaissent, le médecin interrompt le traitement pendant quelques jours, avant de le reprendre à doses plus faibles.
Liste des médicaments mise à jour : Mardi 25 Août 2020

Hormones thyroïdiennes

Légende
Médicament générique

Des changements de formule des comprimés de LEVOTHYROX ont été effectués en mars 2017 pour améliorer la stabilité et supprimer un excipient à effet notoire, le lactose. Depuis ces changements, plusieurs milliers de patients, parmi les 3 millions de Français prenant ce médicament, se plaignent de symptômes divers qu’ils attribuent, parfois à raison, à cette nouvelle formule.

L'association « Vivre sans thyroïde » a publié un document d'aide pour les personnes sous LEVOTHYROX qui présentent des symptômes inhabituels, sans explication. L'association rappelle qu’il ne faut pas arrêter le traitement, mais consulter, faire des analyses et si besoin, ajuster le traitement avec l'aide du médecin (télécharger le document).

    Afin d'apporter des solutions à certains patients qui continuent à rencontrer des effets indésirables avec LEVOTHYROX « nouvelle formule », l’agence du médicament a annoncé :
  • la mise à disposition temporaire du médicament EUTHYROX (ancienne formule de LEVOTHYROX) en pharmacie depuis le lundi 2 octobre ;
  • la mise à disposition mi-octobre en pharmacie, du médicament L-THYROXIN HENNING comprimé sécable, également importé d'Allemagne ;
  • l'augmentation des capacités de production de la L-THYROXINE SERB solution buvable.
Pour en savoir plus dans les Actualités :

La liothyronine (L-T3)

La liothyronine (L-T3) est utilisée dans des situations exceptionnelles où un effet plus rapide du traitement est indispensable. Elle est généralement prescrite pour de courtes durées de traitement.

Liste des médicaments mise à jour : Mardi 25 Août 2020

Hormones thyroïdiennes


En avril 1986, l'explosion et l'incendie d'un réacteur nucléaire de la centrale de Tchernobyl en Ukraine ont libéré une importante quantité de radioactivité. En dehors des conséquences sociales, humaines et politiques de cet accident, l'opinion publique française s'est inquiétée des conséquences possibles de cette radioactivité sur la santé en général, et sur celle de la thyroïde en particulier. Qu'en est-il vraiment ?

Les effets de l'iode radioactif

accident nucléaire

Lors de cet accident, comme plus récemment à Fukushima, de l’iode radioactif (I-131) a été rejeté dans l’atmosphère, puis a été inhalé ou ingéré par les populations exposées. L’iode étant nécessaire à la production des hormones thyroïdiennes, il se concentre majoritairement dans la thyroïde. La radioactivité portée par ces molécules d’iode absorbées peut détruire, totalement ou partiellement, les cellules de la thyroïde et être à l’origine d’hypothyroïdies. En cas de dose particulièrement élevée, la radioactivité peut également provoquer des mutations de ces cellules et provoquer un cancer de la thyroïde, en particulier chez les enfants âgés de moins de cinq ans et ceux contaminés pendant la grossesse.

La prévention de la fixation de l'iode radioactif

Pour empêcher la fixation de l’iode radioactif dans la thyroïde, il existe un moyen simple qui consiste à prendre des comprimés d’iode naturel (non radioactif) qui va saturer la thyroïde en iode, l’empêchant ainsi de fixer l’iode radioactif. Depuis 1997, en France, des campagnes de distribution gratuite de comprimés d’iode ont été organisées auprès des habitants des communes situées dans un rayon de dix kilomètres autour des centrales nucléaires. En cas de rejet radioactif accidentel, le Préfet du département concerné ordonne la prise des comprimés par les particuliers.

Les conséquences de la catastrophe de Tchernobyl en France

Suite au passage du nuage radioactif issu de la centrale de Tchernobyl au dessus de la France, les autorités sanitaires se sont interrogées sur les effets à long terme de cette radioactivité et elles ont constaté que la fréquence des maladies thyroïdiennes, et notamment des cancers de la thyroïde, a augmenté en France au cours des trente dernières années.

Cependant, plusieurs études récentes ont montré que cette augmentation des cas de maladies thyroïdiennes en France est probablement le résultat d’une amélioration des pratiques de dépistage et de diagnostic (essor de l’échographie et évolution de la prise en charge chirurgicale), plutôt qu’une conséquence de l’accident de Tchernobyl.

Ces études ont notamment observé que l’augmentation des cas de maladies thyroïdiennes a débuté dès 1975 (donc une dizaine d'années avant Tchernobyl) et qu’il n’y a pas eu d’accélération de cette augmentation après 1986. De plus, les régions les plus touchées par les cancers de la thyroïde sont celles de l’Ouest et du Sud-ouest, moins exposées aux retombées de Tchernobyl que celles de l’Est de la France.


Sources et références de l'article "Hypothyroïdie"