Presbyacousie

Mis à jour : Jeudi 09 Mars 2017

La presbyacousie est la perte progressive de l'audition liée à l'âge. Cette conséquence du vieillissement est la cause la plus fréquente de surdité chez les plus de 50 ans. Aujourd'hui, en France, la presbyacousie est insuffisamment prise en charge sur le plan médical. On estime que, parmi les Français qui souffrent de presbyacousie gênante, seulement une personne sur cinq est équipée d'aides auditives. Trop souvent, les personnes qui souffrent de surdité liée à l'âge vivent dans un isolement progressivement croissant, par manque d'information ou par déni de leurs troubles auditifs.

Qu'est-ce que la presbyacousie ?

senior sourd

La presbyacousie est un phénomène d’apparition progressive, lié à l’âge, au cours duquel la personne perd la capacité d’entendre et de distinguer les sons les plus aigus, ce qui provoque des difficultés de compréhension de la parole, en particulier en milieu bruyant. Cette surdité progressive touche de façon relativement symétrique les deux oreilles.

En France, on estime que cinq à six millions de personnes souffrent de presbyacousie. Les hommes qui semblent plus touchés que les femmes. Après 60 ans, une personne sur quatre souffre de presbyacousie, gênante dans deux tiers des cas. Après 65 ans, la presbyacousie touche une personne sur trois et une personne sur deux après 70 ans.

À partir de 60 ans, il est nécessaire de faire régulièrement contrôler son audition tous les ans pour dépister au plus tôt une presbyacousie débutante et prendre les mesures nécessaires pour la compenser. Les audioprothésistes proposent souvent des tests auditifs gratuits : en cas d'anomalie, un rendez-vous chez le médecin ORL est nécessaire pour des tests plus poussés.

Quels sont les signes de la presbyacousie ?

Lorsque la presbyacousie commence à provoquer des symptômes notables, les personnes atteintes se plaignent d’avoir du mal à comprendre les conversations lorsque celles-ci ont lieu dans un lieu bruyant. Les personnes qui souffrent de presbyacousie ne sont pas sourdes à proprement parler : elles continuent à entendre et à distinguer les sons graves. Seuls les sons aigus sont difficiles à percevoir, en particulier lorsque l’intensité de ces sons est trop faible ou trop élevée (par exemple, lorsque le volume de la radio ou la télévision est trop fort). En général, la tolérance aux volumes élevés est moindre, quelle que soit la nature du son.

Parce que la presbyacousie atteint d’abord la perception des sons les plus aigus, les personnes qui en souffrent ont particulièrement du mal à distinguer les chuchotements, les consonnes sifflantes (S, Z, CH) ou fricatives (F ou V), ainsi que les voix féminines ou enfantines. Elles se plaignent également d’avoir plus de mal à comprendre les paroles lorsque le son est réverbéré (par exemple, dans une église ou un théâtre). Fréquemment, elles se surprennent à devoir suivre attentivement le mouvement des lèvres de leur interlocuteur pour pouvoir continuer à suivre la conversation.

De plus, les personnes qui souffrent de presbyacousie se plaignent fréquemment d’acouphènes (des bruits parasites de type sifflement ou bourdonnement entendus seulement par le sujet).

Quelles sont les complications de la presbyacousie ?

Avec le temps, la presbyacousie s’intensifie et touche des sons de plus en plus graves. La capacité à suivre une conversation devient très limitée. Si des mesures de traitement ne sont pas mises en place rapidement, la personne qui souffre de presbyacousie va progressivement s’isoler pour ne pas être confrontée à ses troubles auditifs. Elle se replie sur elle-même, y compris au sein de sa famille. Petit à petit, des symptômes dépressifs et une désocialisation peuvent s’installer qui vont nuire gravement à la qualité de vie de la personne âgée. Une étude récente semble indiquer que 20 % des personnes âgées atteintes de troubles de l’audition souffrent de symptômes dépressifs.


La presbyacousie est un phénomène naturel lié au vieillissement. Selon les personnes, ce phénomène va s'installer plus ou moins rapidement et plus ou moins intensément.

Les effets de l'âge sur notre audition

Le vieillissement de l’audition commence... dès la fin de l’adolescence ! En effet, à partir de l’âge de dix-huit ans, nous perdons progressivement la capacité d’entendre les sons les plus aigus. Mais ce phénomène reste lié aux très hautes fréquences (plus de 15 kHz, kilohertz) et n’a aucun impact sur notre vie quotidienne.

À partir de l'âge de 50 ans, cette perte progressive commence à atteindre des fréquences qui sont présentes dans les conversations : les fréquences supérieures à 8 kHz, puis celles situées entre 4 et 8 kHz. Plus les fréquences amputées sont basses (c'est-à-dire plus les sons difficiles à percevoir sont graves), plus le handicap va être sévère. En effet, 60 % de la compréhension d'une conversation repose sur les 5 % de sons les plus aigus, ce qui explique l'impact de la presbyacousie sur la capacité à suivre une conversation.

Comment entendons-nous ?
Entendre met en jeu un ensemble d'organes hautement spécialisés (voir schéma). Les sons (qui sont des vibrations ayant chacune une certaine fréquence) percutent la membrane du tympan. Les ondes sonores font osciller le tympan qui met en branle la chaine des osselets (marteau, enclume, étrier), de tout petits os reliés à l'organe chargé de transformer ces vibrations en impulsions électriques à destination du cerveau : la cochlée. Celle-ci est un tube enroulé en colimaçon, rempli de liquide et dont la paroi intérieure est tapissée de cellules spécialisées, les cellules ciliées.
Ces milliers de cellules ciliées sont disposées comme les touches d'un piano : à la base (entrée) de la cochlée, les cellules sensibles aux fréquences les plus élevées ; tout au fond, les cellules sensibles aux fréquences les plus basses. Ainsi, selon la position des cellules ciliées qui sont stimulées par un son particulier, notre cerveau reconnaît sa fréquence

schéma de l'oreille interne

Les causes de la presbyacousie

    La presbyacousie résulte de plusieurs changements au sein de notre système auditif, changements qui sont directement liés au vieillissement :
  • les osselets qui amplifient et transmettent les vibrations depuis le tympan vers la cochlée perdent de leur souplesse (presbyacousie mécanique) ;
  • les cellules ciliées qui tapissent la base de la cochlée (celles qui sont sensibles aux hautes fréquences) meurent petit à petit en laissant des « trous » (presbyacousie sensorielle) ;
  • les fibres nerveuses qui transmettent les informations auditives de la cochlée jusqu’au cerveau sont moins efficaces, et les centres du cerveau qui analysent les informations auditives perdent partiellement leurs capacités (presbyacousie nerveuse) ;
  • enfin, des problèmes vasculaires (liés à la circulation sanguine) peuvent entraîner une mauvaise oxygénation des organes de l’audition et leur vieillissement prématuré (presbyacousie métabolique).

Les facteurs qui prédisposent à la presbyacousie

    Certains facteurs peuvent contribuer à l’apparition et à l’aggravation de la presbyacousie :
  • des facteurs génétiques : certaines familles sont prédisposées à la presbyacousie précoce.
  • l’artériosclérose : le dépôt de cholestérol dans les petites artères qui irriguent la cochlée est un facteur prédisposant. Pour cette raison, les personnes qui souffrent d’un excès de cholestérol, d’hypertension artérielle ou celles qui fument sont plus à risque de presbyacousie précoce.
  • le diabète : cette maladie provoque des troubles graves des petits vaisseaux sanguins (au niveau de la rétine, des reins, de la peau, mais aussi de la cochlée).
  • les médicaments qui sont toxiques pour la cochlée : par exemple, certains antibiotiques et les anti-inflammatoires non stéroïdiens (aspirine, paracétamol, ibuprofène, par exemple). Un abus répété de ce type de médicament peut accélérer l’apparition de presbyacousie.

Le rôle de l’exposition chronique aux bruits intenses dans l’apparition et l’évolution de la presbyacousie reste à préciser. Il semble néanmoins que les personnes qui ont été exposées à des bruits de type explosif (pétards, armes à feu, etc.) de manière fréquente (et en particulier pendant la petite enfance) sont plus à risque de développer une presbyacousie précoce. De plus, l’influence des baladeurs écoutés à des volumes trop élevés est fortement suspectée.


Le diagnostic de la presbyacousie est fait par un médecin ORL après une série de tests auditifs particuliers : l'audiométrie tonale (détection de sons purs) et vocale (compréhension de mots). Lorsque le médecin ORL diagnostique une presbyacousie, il en mesure les caractéristiques particulières et, en fonction de ces mesures, il prescrit un certain type d'aide auditive.

Les examens qui mesurent la capacité à entendre les sons (audiométrie tonale)

Ces tests mesurent la capacité à entendre les différentes fréquences, des plus basses au plus élevées. Avec l’âge, ce test montre la perte progressive de la capacité moyenne à entendre les sons : après 55 ans, une perte globale de cinq à six décibels (dBHL, Decibel Hearing Level) tous les dix ans en moyenne. On considère que la presbyacousie est gênante lorsque la personne montre une perte tonale moyenne supérieure ou égale à 30 dBHL.

Les examens qui mesurent la capacité à distinguer les sons (audiométrie vocale)

Ces tests mesurent la capacité à distinguer les sons entre eux. Parce qu’ils s’intéressent essentiellement à la compréhension de la parole, ces examens sont une image fidèle de la gêne sociale provoquée par la presbyacousie. Ces examens comprennent des tests d’intelligibilité monosyllabique (intelligibilité d’une syllabe), des tests phonétiques, des tests en présence de divers bruits de fond, etc.


La prise en charge de la presbyacousie repose sur la mise en place précoce d'aides auditives adaptées au patient. Certains médicaments, destinés à favoriser la santé des petits vaisseaux sanguins de la cochlée et du cerveau, sont parfois prescrits mais leur efficacité est insuffisante pour traiter une presbyacousie.

Quand doit-on porter une aide auditive ?

Les aides auditives sont plus efficaces et mieux supportées lorsqu’elles sont mises en place précocement. En effet, leurs performances et leur confort sont plus élevés lorsque la presbyacousie n’est pas trop installée. Dans ce cas, le délai d’adaptation nécessaire pour s’habituer à l’aide auditive est assez court.

    On considère qu’un appareillage est nécessaire :
  • si la personne a subi une perte tonale moyenne de 30 dBHL ou plus ;
  • ou, si la personne a subi une perte tonale de 35 dBHL ou plus sur la fréquence de 2 kHz ;
  • ou, si moins de 80 % des mots émis à voix faible sont compris.

Malheureusement, en France, le taux d’appareillage des personnes atteintes de presbyacousie reste faible. Que ce soit par ignorance, pour des raisons de coût, de crainte du regard des autres, ou à la suite d’une mauvaise expérience, la vaste majorité des personnes presbyacousiques ne profite pas des bénéfices apportés par les aides auditives.

Les aides auditives sont-elles remboursables ?
En termes de remboursement, les aides auditives sont dans une situation très proche de celle des lunettes en France : prix des prothèses auditives librement fixé par l'audioprothésiste (en moyenne entre 900 et 2000 euros pour une oreille), faible remboursement par l’Assurance maladie (119,83 euros par oreille pour une personne de 20 ans ou plus), remboursement par les assurances complémentaires de santé (mutuelles ou privées) très variable selon les contrats. Renseignez-vous au préalable.
Une part importante du coût reste habituellement à la charge du patient. Sachez que les audioprothésistes proposent souvent des facilités de paiement. De plus, des aides financières sont disponibles pour certaines personnes : bénéficiaires de la CMU, pensionnés militaires d'invalidité, victimes de guerre, etc. Des possibilités de déduction fiscale sont également disponibles, votre audioprthésiste saura vous renseigner sur ces aides.

Quels sont les différents types d'aide auditive ?

Il existe une infinie variété d’aides auditives, plus ou moins petites, plus ou moins puissantes plus ou moins sophistiquées et… plus ou moins chères. Depuis le passage au numérique, les aides auditives intègrent toujours plus d’innovations technologiques, permettant à la fois des progrès en terme de confort auditif et de miniaturisation.

Les derniers appareils permettent, par exemple, l’atténuation des bruits parasites (le brouhaha), l’amplification sélective de certaines fréquences (pour s’adapter au mieux aux particularités auditives de chaque patient) ou une programmation selon l’environnement sonore. Certaines d’entre elles disposent de la technologie Bluetooth (comme les oreillettes sans fil des téléphones portables) ce qui permet de les connecter directement à la source du son (par exemple, au micro d’un conférencier).

Les aides auditives peuvent être placées directement dans le conduit auditif (les intra-auriculaires), dans la conque de l’oreille ou derrière l’oreille. Les aides placées derrière l’oreille (les « contours d’oreille ») sont les plus fréquentes et les plus performantes pour les presbyacousies moyennes ou sévères. Certains « contours d’oreille » sont dits « ouverts » : ils n’obturent pas (ou pas complètement) le conduit auditif. La personne équipée entend encore les sons naturels et elle a une meilleure perception de sa propre voix.

Les aides auditives doivent-elles être placées dans les deux oreilles ?

Même s’il arrive qu’une seule oreille (la « meilleure » des deux) soit équipée, les médecins ORL recommandent d’équiper les deux oreilles. En effet, avec une seule oreille équipée, la personne aura plus de mal à localiser l’origine des sons dans son environnement, et elle parviendra moins bien à les distinguer les uns des autres. De plus, les sons provenant du côté non équipé auront du mal à parvenir jusqu’à l’aide auditive (la tête du patient fait « ombre »).

Les aides auditives doivent-elles être portées toute la journée ?
Comme les lunettes, il est préférable de porter ses aides auditives en permanence. Ainsi, le cerveau pourra s'habituer plus rapidement aux sons tels qu'ils sont reproduits par l'appareil et le confort sera maximal. Malheureusement, très peu de personnes équipées respectent ce conseil : moins d'une personne équipée sur quatre ! Si c'est votre cas, demandez conseil à votre audioprothésiste ou à votre orthophoniste pour parvenir à les porter en permanence.

Comment se passe la mise en place d'une aide auditive ?

Muni de la prescription de son ORL, le patient se rend chez un audioprothésiste qui va lui proposer différents types d’aide auditive en fonction des caractéristiques de sa presbyacousie, de ses particularités anatomiques, de ses activités, de ses désirs, de son budget, etc. Une fois l’appareil choisi, une prise d’empreinte est effectuée afin de fabriquer sur mesure l’embout (pour les appareils « contours d’oreille ») ou la coque (pour les appareils « intra auriculaire »).

Le patient revient ensuite pour un rendez-vous dit « d’adaptation » où l’efficacité des aides auditives est mesurée à l’aide d’un ordinateur et de tests de compréhension. L’audioprothésiste s’assure que les aides auditives sont adaptées, il les règle et montre à son client comment les utiliser et les entretenir. Après une ou deux semaines, le patient revient pour que les réglages soient ajustés en fonction de son expérience pendant ces premières semaines. Cette phase d’adaptation peut être menée avec la collaboration d’un orthophoniste, jusqu’à ce que la personne se sente parfaitement à l’aise avec ses aides auditives et puisse les porter toute la journée sans fatigue ni frustration. Certains audioprothésistes proposent des périodes d’essai, renseignez-vous au moment du premier rendez-vous.

Ainsi, l’usage d’une aide auditive demande une période d’adaptation de quelques semaines à quelques mois pendant lesquels le patient va s’habituer aux sons tels qu’ils sont transmis par l’aide auditive Pendant cette période, le cerveau du patient, habitué depuis des mois à entendre et à décrypter des sons modifiés, va progressivement être reprogrammé pour analyser les sons qui lui parviendront des oreilles équipées. Cette phase d’adaptation est essentielle : trop courte ou mal conduite, elle peut être à l’origine d’un rejet de l’aide auditive par le patient, frustré de ne pas entendre « comme avant ».

Les aides auditives doivent être contrôlées régulièrement et renouvelées lorsqu’elles ne sont plus adaptées au handicap (environ tous les cinq ans en moyenne).

Comment entretenir ses aides auditives ?
  • Respectez les visites de contrôles régulières chez votre audioprothésiste.
  • Protégez-les des chocs, de l'eau, de la poussière et de l'humidité.
  • Pour les nettoyer, utilisez uniquement les produits d'hygiène vendus par l’audioprothésiste.
  • Essuyez systématiquement votre aide auditive avant de la mettre ou après l’avoir retirée. En effet, l'humidité provoquée par la transpiration peut être responsable de la corrosion de certaines parties de votre appareil.

Quelques conseils pendant les premières semaines d'appareillage

Le temps d’adaptation aux aides auditives varie selon les personnes. Certains facteurs (âge, sévérité de la presbyacousie ou motivation) influencent la durée de cette période. Au début, quelques conseils peuvent vous aider à vous habituer aux aides auditives.

Commencez par porter vos aides auditives chez vous.

Parce que vous connaissez bien les sons de votre domicile, commencez à porter vos aides auditives chez vous. Ainsi, vous pourrez découvrir comment celles-ci modifient les sons les plus familiers. Éteignez la radio et la télévision, choisissez un moment où vous êtes tranquille.

Apprenez à éliminer les sons ambiants.

Après vous être familiarisé avec les sons de votre environnement domestique, commencez à porter vos aides auditives en écoutant la radio ou en ayant une conversation avec un proche (et un seul !). Habitué aux sons ambiants, il vous sera plus facile de les éliminer mentalement pour vous concentrer sur la voix.

Ayez de fréquentes conversations avec un proche.

Discuter avec un proche dans un environnement calme est la meilleure façon de s’habituer à la manière dont votre aide auditive transforme les sons. Choisissez un thème de conversation familier et demandez à la personne de bien articuler, de parler lentement et d’employer des expressions courantes. Au début, vous pouvez vous aider en observant attentivement ses lèvres.

Faites-lui lire à voix haute le journal ou un livre, pendant que vous suivez le texte des yeux. Demandez-lui d’énoncer des mots simples qui ne diffèrent que par un seul son : gare/barre, feu/vœu, seau/chaud (au début, écrivez-les sur une feuille et demandez-lui de vous montrer le mot qu’il prononce).

Enrichissez progressivement votre environnement sonore.

Lorsque vous maîtrisez les conversations au calme, apprenez à discuter en ayant la radio ou la télévision en bruit de fond. Augmentez progressivement le volume. Pour tolérer les environnements bruyants, pratiquez un exercice simple. Seul chez vous, augmentez le volume de la radio. Lorsque le son devient inconfortable, diminuez lentement le volume jusqu’à ce qu’il redevienne tolérable. En pratiquant régulièrement cet exercice, vous augmenterez votre tolérance au bruit.

De la même manière, apprenez progressivement à avoir des conversations avec trois ou quatre personnes. Si vous êtes soudain perdu, concentrez-vous sur la personne la plus bavarde. De plus, certains audioprothésistes proposent des programmes d’entraînement auditifs pour aider les personnes appareillées à s’habituer à leurs aides auditives.

Apprenez à localiser d'où viennent les sons.

Localiser un son est plus difficile avec une aide auditive. Avec vos proches, jouez à un petit jeu : asseyez-vous, fermez les yeux et demandez-leur de se déplacer, puis de vous parler. Essayez de deviner d’où vient le son, puis ouvrez les yeux.

Explorez le monde avec vos aides auditives.

Une fois habitué à les porter chez vous, commencez à sortir avec vos aides auditives et apprivoisez le monde. Dans la rue, au cinéma, au théâtre, au marché… Petit à petit, avec patience et persévérance, vous parviendrez à maîtriser tous ces environnements sonores.


Pour ne pas être déçu ou frustré par les aides auditives, il est important de connaître à l'avance les problèmes fréquemment rencontrés par ceux qui les ont adoptées. Ainsi informé, il sera plus facile de prendre les mesures adéquates pour contourner ces difficultés.

« Les sons ne sont pas naturels, ce n'est pas comme avant ! »

Tout aussi perfectionnées qu’elles soient, les aides auditives ne peuvent pas remplacer les cellules ciliées manquantes. Pour compenser cette perte, les aides auditives ont tendance à amplifier les sons qui étaient auparavant perçus par les cellules disparues. Ainsi amplifiés, ces sons peuvent activer les cellules ciliées voisines des « trous » laissés par le vieillissement de la cochlée. L’effet obtenu n’est pas exactement le même que l’effet original et un apprentissage est nécessaire pour s’y habituer, en particulier dans les environnements bruyants. La période d’adaptation va permettre au cerveau de s’habituer progressivement à cette nouvelle perception des sons.

« Je ne sais pas m'en servir ! »

Les aides auditives deviennent de plus en plus sophistiquées. Comme pour tous les produits technologiques (téléphones portables, appareils photo numériques, télécommandes, etc.), certaines personnes peuvent se sentir désemparées face à toutes les options disponibles et finissent par n’utiliser qu’un seul réglage, sans tirer profit des fonctionnalités de leur aide auditive. Si vous faites partie des personnes que la technique rebute, signalez-le à l’audioprothésiste qui choisira pour vous un appareil simple et automatique.

« Je n'arrive pas à changer les piles ! »

Ce type de problème est fréquemment rencontré chez les personnes très âgées qui ont perdu beaucoup de leur capacité visuelle et de leur dextérité manuelle. Les aides auditives très miniaturisées peuvent être plus difficiles à manipuler pour ces personnes, notamment pour le changement des piles. Si vous souffrez d’arthrose des doigts ou si votre vue n’est pas bonne, signalez-le à l’audioprothésiste. Il choisira un appareil adapté à vos capacités. Il peut être judicieux de lui rendre visite accompagné d’un proche plus jeune qui pourra vous aider à changer les piles. De plus, il existe désormais des aides auditives intégrant des batteries rechargeables.

« J'entends ma voix, c'est insupportable ! »

Les personnes récemment appareillées se plaignent souvent de trop entendre leur voix. Lorsque l’aide auditive obture complètement le conduit auditif, ce phénomène est très fréquent : c’est l’autophonie. Si vous souffrez de ce problème, deux solutions sont possibles :

  • apprendre à tolérer ce phénomène à l’aide d’exercices d’orthophonie ;
  • choisir une aide auditive qui n’obture pas complètement le conduit auditif (une aide auditive dite « ouverte », si votre profil audiométrique le permet).

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