Dermatite atopique (eczéma atopique)

Mis à jour : Jeudi 09 Mars 2017

La dermatite atopique (eczéma atopique) est la plus fréquente des maladies de la peau : on estime qu’un tiers des consultations en dermatologie de ville concerne un problème d’eczéma. Cette maladie allergique non contagieuse est due à des facteurs génétiques et environnementaux. Elle touche plus fréquemment les enfants et les jeunes adultes.

Son traitement repose sur des mesures qui visent à éviter les substances allergisantes et à renforcer la résistance de la couche superficielle de la peau, ainsi que sur des traitements médicamenteux destinés à soulager les symptômes et éviter les récidives.

Qu'est-ce que la dermatite atopique (eczéma) ?

dermatite atopique

La dermatite atopique (eczéma atopique) est une maladie non contagieuse mais très récidivante, qui se caractérise par des rougeurs mal délimitées qui démangent, et par l’apparition de toutes petites vésicules qui évoluent en croûtes.

La dermatite atopique évolue sous la forme d’épisodes aigus de durée variable, les « poussées d'eczéma », durant lesquelles les symptômes s’aggravent. Elles sont entrecoupées de périodes de rémission. D’origine allergique, la dermatite atopique est souvent liée à d'autres manifestations d’allergie, comme l'asthme et la rhinite allergique (« rhume des foins »).

La dermatite atopique peut devenir très invalidante. Son traitement repose d’une part sur la protection de la peau contre la sécheresse et les agressions et, d’autre part, sur l’administration de traitements destinés à soulager les symptômes.

Qu'appelle-t-on dermite d'irritation ?
La dermite d’irritation (ou eczéma de contact irritatif, ce qui est une appellation incorrecte puisque ce n’est pas vraiment un eczéma) est une maladie inflammatoire de la peau due à des agressions par l’environnement (frottements, abrasions, chaud, froid, produits chimiques, plantes irritantes, etc.), sans qu’un processus allergique soit impliqué.
À la différence de la dermatite atopique, la dermite d’irritation ne démange pas. Les rougeurs ont un bord net et se limitent aux zones où la peau a été agressée. La dermite d’irritation fragilise la peau et peut favoriser l’apparition d’un eczéma d’origine allergique.

La dermatite atopique est-elle fréquente ?

La dermatite atopique est la plus fréquente des maladies de la peau. Elle peut commencer très tôt dans la vie et s'observe même chez les nourrissons. Elle touche de 10 à 20 % des nourrissons et des petits enfants, près de 10 % des adultes jeunes (entre 20 et 30 ans) pour atteindre moins de 3 % des patients âgés de plus de 50 ans. Elle est un peu plus fréquente chez les femmes.

Depuis une trentaine d’années, le nombre de cas de dermatite atopique a significativement augmenté. Pour expliquer cette fréquence plus élevée, les scientifiques évoquent la modification des habitudes alimentaires du nourrisson (moins d’allaitement maternel pendant les trois premiers mois de la vie et une exposition plus précoce à des aliments contenant des substances allergisantes).

Autre hypothèse pour expliquer l’augmentation des cas de dermatite atopique (et d’autres manifestations allergiques), la plus grande hygiène de l’environnement des nourrissons et des jeunes enfants réduirait l’exposition précoce de leur système immunitaire à une grande variété de substances, le rendant ainsi plus sensibles à certaines d’entre elles.

En Europe, la dermatite atopique semble plus fréquente dans les pays du Nord sans que l’on comprenne l’origine de ce phénomène.

Quels sont les facteurs de risque de la dermatite atopique ?

La dermatite atopique est l’expression, au niveau de la peau, de l'atopie (voir encadré). Ses mécanismes d’apparition font intervenir une prédisposition génétique (les enfants de parents atopiques sont plus fréquemment touchés), une réaction immunitaire à diverses substances, et des facteurs environnementaux (aggravation en cas de surinfection, de stress ou de frottements répétés sur la peau). Sa fréquence un peu plus élevée chez les femmes suggère un rôle favorisant des hormones féminines (estrogènes et progestérone) dans la survenue de cette maladie.

Qu'est-ce que l'atopie ?
L'atopie est la tendance d’une personne à développer une réaction allergique au contact d'éléments de l’environnement normalement sans effet pour le reste de la population (poussières, pollen, poils d'animaux, métaux, etc.). Cette réaction est liée à la production, par le système immunitaire, d’anticorps spécifiques appelés « IgE ».
Les personnes qui souffrent d’atopie présentent souvent, simultanément ou en alternance, diverses maladies allergiques, comme la rhinite allergique (rhume des foins), l'eczéma, l'asthme, l’urticaire, la conjonctivite allergique ou les allergies alimentaires.

Quels sont les symptômes de la dermatite atopique ?

Les symptômes de la dermatite atopique varient au cours de l’évolution de la poussée, et selon l’âge de la personne touchée.

Les quatre phases de la dermatite atopique

Les symptômes de la dermatite atopique évoluent selon quatre phases typiques de l’eczéma :

  • des taches rouges et chaudes apparaissent, plus ou moins étendues, dont les bords sont mal délimités, et qui démangent fortement ;
  • quelques heures après l’apparition des taches rouges, de petites vésicules (de la taille d’une tête d’épingle) apparaissent, pleines d’un liquide clair, et les démangeaisons persistent ;
  • le grattage des lésions provoque des suintements après la rupture des vésicules, puis de petites croûtes jaunâtres se forment, qui tombent en quelques jours ;
  • les lésions, rouges et lisses, se couvrent de petites pellicules (squames).

À l’issue de cet épisode, les lésions peuvent disparaître temporairement, récidiver ou persister sous une forme chronique, avec une sécheresse anormale de la peau. Petit à petit, la peau lésée s’épaissit et devient plus foncée (c’est la « lichénification »). Les démangeaisons persistent, même en l’absence de vésicules ou de suintements. On parle de dermatite atopique lorsque les symptômes persistent plus de six mois d’affilée.

Les symptômes de la dermatite atopique chez les adultes et les adolescents

Chez les adolescents et les adultes, les lésions de dermatite atopique s’observent plus fréquemment au niveau de la tête et du cou, ainsi que sur les bras et les jambes. La dermatite atopique peut également se traduire par une sécheresse de la peau des paumes, des fissures de la pulpe des doigts (pulpite), ainsi des lésions classiques d’eczéma qui peuvent s’étendre jusqu’aux poignets.

Qu'est-ce que la dyshidrose ?
La dyshidrose (ou pompholyx, une forme particulière d’eczéma des mains) se traduit par des démangeaisons des paumes et des faces latérales des doigts, accompagnées de rougeurs, de vésicules et de desquamation (la peau « pèle »).
Les causes de la dyshidrose sont mal connues. Des liens entre transpiration excessive et dyshidrose ont été évoqués mais restent controversés. Certains patients atteints de dyshidrose signalent l’apparition de ce type d’eczéma pendant les périodes de stress ou d’anxiété, d’autres le rapprochent de l’exposition au soleil au début de l’été. D’autres causes ont été évoquées, sans preuve formelle : infections dues à des champignons (mycoses) en d’autres endroits du corps (orteils), troubles intestinaux, etc.

Les symptômes de la dermatite atopique chez le nourrisson

Chez le nourrisson, les lésions de dermatite atopique apparaissent de manière symétrique essentiellement sur le visage (sur les joues, ainsi que sur le front) et le cuir chevelu. Ensuite, elles s’étendent sur les bras (sur la face où se trouve le coude) et les jambes (sur le devant), ainsi que sur le tronc. Outre les signes classiques de l’eczéma, on observe des griffures, le nourrisson cherchant à apaiser les démangeaisons en se grattant.

Au-delà de l’âge de deux ans, les lésions de dermatite atopique se voient surtout dans les plis de flexion des coudes et des genoux, sur les mains et les pieds, ainsi qu’à la base des poignets. Dans les cas les plus sévères, la dermatite atopique nuit fortement à la qualité de vie de l’enfant et peut même parfois entraîner un retard de croissance.

Retrouvez plus de précisions dans l'article sur la dermatite atopique chez le nourrison

Quelles sont les complications de la dermatite atopique ?

La surinfection est la complication la plus fréquente de la dermatite atopique. Pendant la phase de suintement, la peau peut s’infecter (souvent à la suite du grattage des lésions) et un suintement purulent retarde la cicatrisation.

Cette surinfection peut être due, par exemple, à un staphylocoque doré (et provoquer un impétigo) ou au virus de l’herpès (syndrome de Kaposi-Juliusberg, potentiellement grave, en particulier chez l’enfant). Pour cette raison, une personne ayant une poussée d'herpès doit absolument éviter d'entrer en contact étroit avec un patient qui fait une poussée d’eczéma du fait du risque d'infection herpétique grave chez celui-ci.

Par ailleurs, la dermatite atopique peut avoir un fort retentissement sur la qualité de vie. Enfin, l'existence d'une dermatite atopique augmente, statistiquement, le risque de survenue d'un asthme.

Comment le médecin diagnostique-t-il une dermatite atopique ?

Le diagnostic de la dermatite atopique repose sur l’examen des lésions, la reconnaissance des quatre phases typiques de l’eczéma et, éventuellement, l’examen microscopique d’un prélèvement de peau. Une fois le diagnostic posé, le plus dur reste à faire : trouver la cause de l’eczéma, en particulier pour les eczémas de contact.

Pour cela, une véritable enquête est nécessaire. Le médecin s’informe de l’endroit du corps où l’eczéma a débuté, de la date de son apparition, de son évolution (par exemple, disparaît-il pendant les vacances ?), de l’environnement professionnel du patient, de ses loisirs (sports, bricolage, jardinage, etc.), du type de vêtement porté, des médicaments pris, des produits de toilette et cosmétiques utilisés, de l’existence d’un terrain allergique, etc. Cette phase d’exploration est souvent longue.

Lorsqu’une substance est suspectée, le médecin peut demander la réalisation de tests (tests allergologiques ou « patch tests ») destinés à confirmer son diagnostic. Différentes substances sont appliquées sur des zones distinctes du dos, du bras ou du thorax du patient. Deux jours plus tard, l’existence et l’intensité de réactions allergiques sont recherchées. Ces tests doivent être réalisés lorsque la poussée d’eczéma a été contrôlée par les traitements. Ils sont utiles en cas d'échec du traitement, de localisations particulières telles que les poignets (allergie aux métaux), les mains (allergies professionnelles) ou le visage.


Quelles sont les causes de la dermatite atopique ?

La dermatite atopique est due à la conjonction de différents facteurs : un terrain génétique, des substances allergisantes et des facteurs environnementaux qui fragilisent la couche supérieure de la peau.

On sait aujourd’hui que certains gènes favorisent l’apparition de dermatite atopique. En effet, entre la moitié et les trois-quarts des enfants nés de parents souffrant de dermatite atopique sont eux-mêmes touchés par l’eczéma. Deux types de gènes semblent concernés :

  • le gène de la filaggrine, une protéine impliquée dans la cohésion et le maintien de l’hydratation de la couche supérieure de l’épiderme ;
  • des gènes contrôlant la manière dont le système immunitaire (en particulier ses cellules chargées de la défense de la peau) réagit à une exposition à des substances allergisantes.

La dermatite atopique met souvent du temps à apparaître. En effet, il faut d’abord que la substance potentiellement allergène parvienne à pénétrer la barrière extérieure de la peau (l’épiderme) de manière répétée, le plus souvent par des entailles, des micro-abrasions, à travers une peau sèche ou irritée, etc. Une fois au sein de la peau, cette substance se lie à certaines protéines de la peau avec lesquelles elle forme un ensemble capable de déclencher une réaction immunitaire.

Petit à petit, certaines cellules du système immunitaire (les lymphocytes T) vont apprendre à défendre l’organisme contre cet ensemble de substances. À chaque exposition à la substance responsable de l’allergie, ces cellules immunitaires vont déclencher une réaction inflammatoire qui va provoquer les symptômes de l’eczéma.

Un exemple de dermatite atopique localisée : l'eczéma allergique des mains
L’eczéma allergique des mainseczéma de contact ») est dû à une réaction allergique locale qui peut être provoquée par de nombreuses substances : on a dénombré jusqu’à 3 000 substances pouvant déclencher un eczéma des mains. Dans la pratique courante, la grande majorité des eczémas de contact est due à une vingtaine de substances (voir tableau ci-dessous). Cette réaction allergique ne survient pas nécessairement lors du premier contact et peut apparaître après plusieurs mois ou années de tolérance.
Les personnes dont les mains sont régulièrement agressées (les ménagères, les jeunes mamans, les travailleurs manuels, les agriculteurs, les coiffeurs, etc.) sont plus fréquemment atteintes par cette forme d’eczéma : une peau des mains fragilisée par les détergents, l’eau, le froid, la sueur ou les produits chimiques sera plus perméable aux substances potentiellement allergènes.
Exemples de substances qui peuvent être à l'origine d'un eczéma des mains
Substances Sources
Sels de chrome Ciments, peintures, eau de Javel, huile de coupe (soudure), cuirs et peaux
Nickel Bijoux, accessoires de mode, boutons, montres
Latex, caoutchouc Gants, bottes, jouets, objets, préservatifs
Lanoline, baume du Pérou Médicaments à appliquer sur la peau et produits de parapharmacie
Colophane (résine de pin) Pansements, colles
Résines époxy, solvants Peintures, résines, colles
Colorants, teintures Objets divers, teintures pour les vêtements ou les cheveux
Adjuvants des plastiques Divers objets, accessoires pour ordinateur (tapis, souris)
Parfums Parfums, cosmétiques, produits de parapharmacie

Peut-on prévenir la dermatite atopique ?

Il n’existe pas de moyen de prévention clairement identifié contre la dermatite atopique. Néanmoins, les poussées d’eczéma semblent moins fréquentes chez les personnes qui prennent soin de leur peau : bains et douches tièdes, usage de savons ou gels sans savon, application systématique de crèmes ou de lotions émollientes (qui hydratent la couche supérieure de l’épiderme) après la toilette, etc.

Pour les personnes dont le travail expose les mains à diverses agressions (produits chimiques, abrasions, froid, etc.), il est important de maintenir intacte la barrière extérieure de la peau : usage de gants (avec éventuellement des sous-gants en coton fin pour éviter une transpiration excessive, également agressive pour la peau) et application régulière de crèmes émollientes et protectrices (de type « mains sèches et abîmées »).


Les mesures générales contre la dermatite atopique

Le traitement de la dermatite atopique vise trois objectifs :

  • la guérison des lésions et la prévention du risque de surinfection lors des poussées ;
  • la prévention des rechutes précoces et de la sécheresse de la peau ;
  • l’amélioration de la qualité de vie.

Le traitement de la dermatite atopique repose à la fois sur des mesures préventives (éviter les substances allergènes et renforcer la résistance de la peau) et sur des traitements destinés à soulager les symptômes (médicaments, exposition à des rayons ultraviolets, etc.). Les traitements sont plus efficaces lorsque la dermatite est débutante : n’hésitez pas à consulter rapidement votre médecin si vous présentez des signes qui évoquent ce type de problème.

L'éviction des substances responsables de l'allergie

Par « éviction », on entend l’élimination de la cause de la dermatite atopique, pour autant que la substance responsable ait été identifiée. Si l’éviction est parfois aisée, elle peut entraîner des conséquences complexes, en particulier quand l’exposition à la substance allergisante est liée à la profession du patient : agriculteurs, ouvriers, coiffeurs, teinturiers, etc. Il en est de même si le patient est allergique à toute une famille de produits ménagers. Des adaptations professionnelles sont souvent nécessaires.

Chez les nourrissons, aucun régime alimentaire visant à éliminer certains aliments potentiellement allergisants ne doit être initié sans un bilan allergologique préalable, particulièrement pour les protéines du lait de vache.

Les mesures de protection non spécifiques contre l'eczéma

Les mesures de protection non spécifiques sont destinées à protéger la peau : crèmes émollientes et hydratantes appliquées systématiquement sur la peau après chaque contact avec l’eau ou le froid, éventuellement enrichissement de l’alimentation en nutriments impliqués dans la qualité de la peau (acides gras oméga-3, vitamine A et E, par exemple).

D’autres mesures peuvent être mises en place :

  • maintien du taux d’hygrométrie (humidité ambiante) entre 45 et 55 % à la maison comme au travail ;
  • attention portée aux atmosphères trop chaudes ou aux changements brutaux de température (pour éviter de transpirer) ;
  • élimination des produits de lavage agressifs ou parfumés ;
  • choix de pains ou gels sans savon pour la toilette ;
  • port de gants de coton pendant la nuit (pour éviter de se gratter) ;
  • port de vêtements en coton ou en soie (éviter la laine ou les textiles synthétiques), etc.

Le calendrier vaccinal doit être respecté chez les enfants atteints de dermatite atopique, sauf en période de forte poussée.

Choisir un émollient adapté (produit d'hydratation de la peau)
Appliquer régulièrement une lotion hydratante sur la peau fait partie de la prise en charge de la dermatite atopique. Quelques conseils pour optimiser les effets de cette mesure :
  • choisissez un produit émollient adapté à votre peau : évitez ceux qui contiennent des parfums ou des conservateurs chimiques. Privilégiez ceux qui contiennent de la vaseline, de l’huile minérale (cold cream, baby oil) ou de l’acide linoléique (un acide gras essentiel).
  • appliquez généreusement le produit émollient et renouvelez fréquemment son application ;
  • appliquez-le systématiquement après le bain ou après vous être lavé les mains, quand la peau est encore légèrement humide ;
  • continuez à appliquer un produit émollient tous les jours, même pendant un traitement par des médicaments, même lorsque les symptômes ont disparu ;
  • pour éviter d’avoir la peau grasse, utilisez un produit facilement absorbé le jour et un produit plus gras la nuit.

Bien se laver les mains quand on souffre d'eczéma de contact

Les personnes atteintes d’eczéma des mains peuvent respecter quelques précautions simples pour éviter que le lavage des mains ne soit trop agressif :

  • utilisez de l’eau tiède ;
  • ne vous lavez pas les mains trop souvent, ni en frottant trop fort ;
  • évitez les savons qui contiennent des parfums ou des agents antibactériens (désinfectants) ;
  • séchez vos mains en les tapotant l’une contre l’autre, ou en les posant (sans frotter) sur une serviette ou un torchon doux ;
  • évitez les gels hydroalcooliques désinfectants ;
  • hydratez vos mains avec une lotion lorsqu’elles sont encore un peu humides.

Les médicaments destinés à soulager les symptômes d'eczéma visent à réduire l'activité du système immunitaire au niveau des lésions, afin de favoriser leur cicatrisation.

Les applications de corticoïdes contre la dermatite atopique

Le traitement de la dermatite atopique fait souvent appel à des pommades, crèmes et lotions contenant des corticoïdes (« cortisone »), appelés dermocorticoïdes. Les dermocorticoïdes ne guérissent pas la dermatite atopique (ils n’empêchent pas les récidives), ils ne font que soulager les rougeurs et les démangeaisons en diminuant la réaction inflammatoire de la peau.

Les dermocorticoïdes sont organisés en quatre classes selon l’intensité de leur activité : de la classe 1 (activité très forte) à la classe 4 (activité faible). Le choix du dermocorticoïde est lié au type d’eczéma et à sa sévérité, ainsi qu’à la sensibilité individuelle de chaque patient. Ils sont prescrits sous forme de crème lorsque les lésions d’eczéma sont suintantes, sous forme de pommade lorsque les lésions sont sèches ou lichénifiées (lorsque la peau est épaissie), et sous forme de lotion quand le cuir chevelu est atteint. Les dermocorticoïdes sont contre-indiqués lorsque la peau est infectée ou si elle présente des ulcérations (des plaies).

L’usage de médicaments locaux à base de corticoïdes doit être fait sous la supervision du médecin. En effet, un usage trop prolongé des dermocorticoïdes de classe 1 ou 2 peut fragiliser la peau (en diminuant l’épaisseur de sa couche extérieure) et peut même être à l’origine... d’un eczéma ! Pour éviter ce type de problème, les corticoïdes sont utilisés sous forme de cures intermittentes, avec des périodes de repos entre les traitements.

Chez les enfants, le traitement à base de dermocorticoïdes doit être suspendu en cas de varicelle.

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Médicament générique
Qu'appelle-t-on pansement occlusif ?
Dans le cas de l’eczéma des mains, si la simple application de dermocorticoïdes soulage rapidement les démangeaisons, la disparition complète des lésions exige fréquemment que ces produits soient appliqués sous un pansement dit « occlusif », pendant plusieurs heures chaque jour.
En pratique, le patient applique une bonne quantité de crème sur ses mains, puis les enveloppe dans des gants en polyéthylène (pas de latex, potentiellement allergisant) ou dans des sacs en plastique qu’il fixe à ses poignets avec du sparadrap. Ces « moufles » sont gardées toute la nuit. Le traitement est répété chaque nuit jusqu’à disparition des lésions.

Les émollients

Les protecteurs cutanés ayant des propriétés émollientes permettent de combattre efficacement la sécheresse de la peau. Les crèmes contenant l'association glycérol, vaseline et paraffine liquide disposent d'une indication dans la dermatite atopique. Elles peuvent être utilisées en alternance avec les corticoïdes.

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Médicament générique
Médicament ayant des présentations disponibles sans ordonnance

Les immunomodulateurs contre la dermatite atopique

La dermatite atopique étant une maladie dans laquelle le rôle du système immunitaire est central, certains traitements font appel à des substances qui agissent spécifiquement en diminuant la réaction immunitaire : les immunomodulateurs ou immunosuppresseurs.

Ces substances peuvent être appliquées localement (sur la peau, comme le tacrolimus) ou pris par voie orale (comme la ciclosporine). Bien que non indiqués officiellement dans le traitement de la dermatite atopique, certains immunosuppresseurs tels que l'azathioprine, le mycophénolate et le méthotrexate, peuvent également être utilisés chez l'adulte sous la responsabilité du médecin.

Les immunomodulateurs ne sont prescrits que pour les formes d'eczéma modérées à sévères qui résistent aux corticoïdes (ou chez des patients qui les tolèrent mal). Les personnes qui appliquent un traitement immunomodulateur sur leur peau doivent éviter de s'exposer au soleil. Celles qui prennent un immunomodulateur par voie orale doivent régulièrement subir des examens sanguins pour s'assurer qu'il est bien supporté. Ces médicaments ne sont prescrits que par des médecins spécialistes.

Liste des médicaments mise à jour : Mardi 18 Juin 2019

Immunosuppresseurs : ciclosporine

Traitement local : tacrolimus

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Médicament générique

Les autres traitements contre la dermatite atopique

D’autres types de traitement sont parfois prescrits dans le traitement de la dermatite atopique : médicaments antihistaminiques (contre les démangeaisons intenses, pour un traitement de courte durée), cures thermales, etc.

Lors de surinfection bactérienne ou fongique (par des champignons microscopiques), un traitement antibiotique ou antifongique est prescrit.

La PUVAthérapie contre la dermatite atopique

La PUVAthérapie est un traitement qui a été développé pour soigner le psoriasis. Il consiste à faire ingérer au patient une substance sensible à la lumière, le psoralène, et d’exposer ensuite les lésions d’eczéma à un rayonnement ultraviolet de type A. Sous l’effet de ces rayons, le psoralène est activé et provoque la mort de la cellule où il se trouve.

La PUVAthérapie est prescrite dans les dermatites atopiques ayant résisté aux traitements locaux et en alternative aux traitements immunomodulateurs pris par voie orale. Le traitement se déroule habituellement sous la forme de deux à quatre séances par semaine, pendant six mois. Parce qu’il utilise des rayons ultraviolets, ce type de traitement ne convient pas aux personnes dont l’eczéma est aggravé par une exposition au soleil.

Liste des médicaments mise à jour : Mardi 18 Juin 2019

Photosensibilisants

Un rétinoïde dans le traitement de l'eczéma chronique des mains

Dans les formes chroniques sévères d’eczéma des mains, et lorsqu’un traitement par dermocorticoïdes puissants n’a pas été efficace, le médecin peut prescrire un traitement à base d’alitrétinoïne, un rétinoïde (une substance apparentée à la vitamine A).

Du fait de la très forte toxicité des rétinoïdes sur l’embryon et le fœtus, ce traitement impose des mesures de contraception très strictes chez la femme en âge d’avoir des enfants : signature d’un accord de soins, contraception orale (pilule) médicalement contrôlée associée à un deuxième moyen de contraception, pendant le traitement et jusqu’à un mois après l’arrêt du traitement, test de grossesse à faire tous les mois. La prescription d’alitrétinoïne est réservée aux dermatologues et aux médecins ayant l’habitude de prescrire des rétinoïdes.

Liste des médicaments mise à jour : Mardi 18 Juin 2019

Rétinoïdes


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