Zona

Mis à jour : Mardi 07 Janvier 2020

Le zona est la manifestation d'une réactivation du virus de la varicelle, le plus souvent chez les adultes âgés de plus de 50 ans. Elle se caractérise par l'apparition de vésicules sur la peau, parfois éprouvante. Habituellement bénigne, cette infection localisée peut-être invalidante par ses complications, en particulier des douleurs qui peuvent persister après l'éruption. Les traitements du zona visent à soulager la douleur et à éviter que celle-ci devienne chronique.

Qu’est-ce que le zona ?

Le zona est une infection qui peut toucher toutes les personnes ayant eu la varicelle. Elle est due à la réactivation du virus de la varicelle, jusque-là dormant dans les ganglions nerveux situés le long de la colonne vertébrale. Habituellement bénin, le zona peut avoir des formes graves chez des personnes immunodéprimées. Dans la très grande majorité des cas, les personnes touchées par le zona ne connaîtront qu’un seul épisode au cours de leur vie, mais dans 1 % des cas, un ou plusieurs autres épisodes peuvent survenir.

zona

Quels sont les symptômes du zona ?

Les symptômes du zona varient selon le nerf touché. Le plus souvent, celui-ci innerve un seul côté des côtes ou du ventre. Sur cette zone, la peau devient plus sensible aux frottements, avec une sensation de brûlure. En 1 à 2 jours, des boutons contenant un peu de liquide clair apparaissent. Ils sèchent et se couvrent de croûtes qui tombent après une dizaine de jours. La zone infectée reste douloureuse pendant 3 à 4 semaines. Dans certains cas, ces douleurs persistent plusieurs mois.

Le zona est-il une maladie fréquente ?

En France, environ 90 % des personnes hébergent le virus de la varicelle dans un ganglion nerveux. La réactivation de ce virus, cause du zona, est observée chez environ 20 % de ces personnes, le plus souvent après 50 ans ou lorsque le système immunitaire est affaibli.

Attention, risque de transmission de la varicelle !
Le liquide clair présent dans les vésicules du zona contient du virus de la varicelle-zona. Après avoir nettoyé ces vésicules, mieux vaut se laver les mains pour éviter de contaminer une personne qui n'aurait jamais eu la varicelle. Ces précautions sont particulièrement importantes lorsqu'on côtoie une femme enceinte, un nouveau-né ou une personne dont le système immunitaire est diminué par une maladie ou un traitement. Les personnes ont déjà eu la varicelle ne courent aucun risque.

Quelles sont les formes les plus fréquentes de zona ?

Le plus souvent, le nerf touché innerve une région de la peau bien délimitée, sur un seul côté des côtes ou du ventre. Sur cette zone, la peau devient d’abord plus sensible aux frottements, avec une sensation de brûlure ou, au contraire, elle perd sa sensibilité au toucher.

La peau prend ensuite une coloration rose vif et, en un à deux jours, des boutons contenant un peu de liquide clair (les « vésicules ») apparaissent. Ces vésicules sont souvent rassemblées en groupes et restent localisées à la zone de sensibilité modifiée. Elles ressemblent à celles observées chez les enfants qui ont la varicelle. En une semaine, ces vésicules sèchent et se couvrent de croûtes qui tombent après une dizaine de jours. Dans certains cas, une légère fièvre est également observée.

Pendant cette phase aiguë, la plupart des patients ressentent des douleurs au niveau de la zone infectée, qui sont déclenchées par les frottements, le chaud, le vent, etc. Parfois, ce sont des douleurs qui évoquent une décharge électrique.

Dans 90 % des cas, le zona et les douleurs qu’il provoque disparaissent sans séquelle en trois ou quatre semaines, mais dans certains cas, ces douleurs persistent plusieurs mois après la guérison.

Quelles sont les autres formes de zona ?

Lorsque le virus de la varicelle-zona infecte le nerf optique (« zona ophtalmique »), le zona peut provoquer un larmoiement, un œil rouge, une sensibilité anormale à la lumière, des troubles de la vision, ou une lésion de la cornée. Dans ce cas, un avis ophtalmologique est toujours nécessaire. D’autres nerfs crâniens peuvent être touchés et provoquer des troubles particuliers : paralysie d’un côté du visage, bourdonnements, vertiges, diminution de l’acuité auditive, voire perte du goût ou difficultés à avaler.

Lorsque le virus se réactive dans un nerf qui innerve les organes du ventre, on peut observer de la constipation (paralysie partielle de l’intestin) ou des difficultés à uriner (quand la vessie est touchée).

Chez les personnes dont le système immunitaire est fortement affaibli, le zona peut atteindre plusieurs zones du corps, voire tout le corps. On parle alors de « zona-varicelle » ou de « zona généralisé ».

Quand consulter lorsqu'on suspecte un zona ?
En règle générale, lorsqu’on pense souffrir de zona, il est toujours préférable de consulter un médecin. Mais cette consultation doit avoir lieu au plus vite quand :
  • les symptômes touchent le visage, les yeux, les paupières, les oreilles, ou plusieurs zones du corps ;
  • la zone touchée présente des signes de faiblesse musculaire (paralysie partielle) ;
  • les douleurs sont insupportables ;
  • la fatigue ou la fièvre est importante ;
  • les douleurs persistent après la guérison des vésicules.

De plus, les femmes enceintes, les enfants, les personnes âgées, les personnes diabétiques et celles qui souffrent d’infection par le VIH/sida ou de cancer doivent consulter très rapidement lorsque des symptômes évoquant le zona sont présents.

Quelles sont les complications du zona ?

Les complications les plus fréquentes du zona sont les douleurs chroniques (qui persistent plus d’un mois après la guérison des vésicules). On parle alors de « douleurs post-zostériennes » ou de « douleurs résiduelles ». Ces douleurs peuvent être intenses et invalidantes. Elles sont plus fréquentes chez les personnes âgées, ainsi que chez les personnes pour lesquelles la phase aiguë a provoqué des symptômes sévères (nombreuses vésicules, douleurs intenses avant même l’apparition de vésicules, etc.).

Parfois, il arrive que les vésicules se surinfectent à cause de bactéries présentes sur la peau. Enfin, lorsque le zona touche un œil (« zona ophtalmique ») et n’est pas traité, des troubles de la vision permanents peuvent survenir.


Quelles sont les causes du zona ?

Après une varicelle, le virus n’est pas complètement éliminé par l’organisme et reste à l’état dormant (latent) dans la racine des nerfs rachidiens, c’est-à-dire à l’endroit où les nerfs quittent la moelle épinière pour aller innerver les membres, les organes et la peau. La réactivation de ce virus est bloquée par l’action du système immunitaire qui le maintient sous contrôle.

Après plusieurs années, le virus peut redevenir actif et se multiplier le long du nerf, provoquant des vésicules sur la zone de peau innervée par le nerf infecté. La réactivation du virus peut survenir lorsque le système immunitaire est affaibli. La baisse d’immunité peut avoir différentes origines : une maladie (par exemple, la mononucléose ou l’infection par le VIH/sida) ou un traitement immunosuppresseur (par exemple, un traitement contre le cancer ou une maladie auto-immune). Dans certains cas, la seule cause identifiable d’une poussée de zona est un stress prolongé, de la fatigue chronique ou, simplement, l’âge.

Quels sont les facteurs de risque du zona ?

En général, le zona est observé chez des personnes qui souffrent d’une maladie (ou qui prennent un traitement) qui diminue l’immunité. Les médecins considèrent le zona comme un signal d’alarme qui requiert des examens plus poussés pour diagnostiquer une éventuelle autre maladie, par exemple un cancer ou une infection par le VIH/sida. Mais souffrir d’un zona ne signifie pas forcément que l’on est atteint d’une maladie grave : dans la plupart des cas, il n’est que l’expression de la fatigue dont il faut rechercher la cause et soulager les effets négatifs.

Peut-on prévenir le zona ?

Le vaccin contre la varicelle ne protège pas contre le zona. En revanche, il existe désormais en France un vaccin contenant le virus vivant atténué de la varicelle-zona pour prévenir le zona et les douleurs qui surviennent après un zona. Les autorités sanitaires recommandent la vaccination chez les personnes âgées de 65 à 74 ans avec une dose de vaccin. Cette vaccination permet de réduire de moitié le risque de zona, et chez les personnes vaccinées qui ont néanmoins un zona, le risque de douleurs chroniques après la phase aiguë est réduit de plus de 60 %.

Liste des médicaments mise à jour : Jeudi 14 Mai 2020

Vaccins : zona

La prévention du zona repose également sur des mesures simples pour lutter contre le stress et la fatigue : repos suffisant, alimentation équilibrée, activité physique régulière.


Quelles sont les mesures d'hygiène à suivre en cas de zona ?

Une douche ou un bain à l’eau tiède, avec un savon surgras, sans antiseptique, est recommandé une ou deux fois par jour. Une solution antiseptique (par exemple à base de chlorhexidine) peut être appliquée après sur les vésicules pour prévenir la surinfection par une bactérie. Aucun autre produit (talc, pommade, etc.) ne doit être appliqué sur les lésions.

Quels sont les traitements du zona ?

Les médicaments antiviraux destinés à traiter le zona sont habituellement réservés aux formes les plus graves. Mais ils sont également prescrits à ceux le plus à risque de développer des douleurs chroniques : personnes âgées de plus de 50 ans, personnes dont la phase aiguë est très intense, par exemple. Pour combattre la douleur, le médecin prescrit des médicaments associant du paracétamol à un opiacé. En cas d’efficacité insuffisante, il peut avoir recours à des médicaments plus puissants, tels que la morphine.

Pour être pleinement efficaces contre les complications, les médicaments antiviraux doivent être pris dans les trois jours qui suivent l’éruption des vésicules. Le traitement est habituellement prescrit pour une semaine, voire plus longtemps pour les personnes immunodéprimées. Grâce à ces médicaments, les douleurs post-zostériennes, autrefois redoutées par les personnes âgées atteintes de zona, sont devenues plus rares.

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Médicament générique

Quels sont les traitements des douleurs post-zostériennes ?

Les douleurs qui font suite à un zona sont souvent mal soulagées par les traitements antalgiques usuels (paracétamol). Les médicaments proposés dans les douleurs neuropathiques sont parfois utilisés dans ce cas. Ce sont habituellement certains antidépresseurs imipraminiques (amitriptylline, clomipramine, imipramine) et certains antiépileptiques (gabapentine, prégabaline, carbamazépine).

Un traitement local (VERSATIS), sous forme d'emplâtre contenant un anesthésique local, peut également être envisagé.

L’application d’un patch à base de capsicaïne est parfois utilisée dans les centres de la douleur.

Liste des médicaments mise à jour : Jeudi 14 Mai 2020

Traitement local anesthésique

Traitement spécifique : antiépileptiques (carbamazépine)

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Médicament générique

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