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Alcoolodépendance

Mis à jour : Lundi 11 Janvier 2016

L'alcoolodépendance (ou alcoolisme) est une addiction à l'alcool qui a des conséquences néfastes sur la santé, la vie sociale et la vie affective. Elle est souvent précédée d'habitudes dites « à risque » puis « nocives » où la personne perd petit à petit le contrôle de sa consommation d'alcool. De nombreux facteurs peuvent favoriser la dépendance à l'alcool : sexe, âge, hérédité, environnement, niveau socio-économique, etc. Son traitement repose sur une prise en charge psychologique et médicamenteuse dans des centres spécialisés, ainsi que sur la participation à des groupes d'entraide animés par d'anciens buveurs.

L'alcoolodépendance est-elle une addiction fréquente ?

verre de whisky

En France, on estime qu’environ 1,5 millions de personnes sont alcoolodépendantes et que 2,5 millions de personnes ont une consommation à risque (mais parviennent encore contrôler leur addiction). L’addiction à l’alcool concerne plus souvent les hommes : 14 % de la population masculine aurait une consommation à risque contre 5 % de la population féminine.

La consommation excessive d’alcool serait responsable, selon les sources, de 33 000 à 49 000 décès par an en France. La mortalité masculine liée à l’alcool en France est supérieure de 30 % à celle observée en moyenne en Europe.

La France, un pays où l'on boit moins qu'avant
En France, la consommation de boissons alcoolisées a fortement baissé en quarante ans : de 22 litres d’alcool pur par personne de plus de 15 ans et par an en 1970, nous sommes passés à environ 12 litres (en nombre de verres par jour, cela correspond à respectivement 5 verres par jour et par personne et 2,6 verres par jour et par personne). Cette diminution de moitié de la consommation globale est essentiellement due à une baisse de la consommation de vin. Mais ces chiffres optimistes ne doivent pas cacher la réalité : la consommation moyenne des hommes en France reste autour de 4,4 verres par jour et par personne !
Vingt pour cent des Français et 7 % des Françaises de 12 à 75 ans déclarent consommer une boisson alcoolisée tous les jours de l’année et les mêmes pourcentages déclarent avoir été au moins une fois en état d’ivresse au cours des douze derniers mois. Entre 65 et 75 ans, les consommateurs quotidiens représentent 56 % des hommes et 23 % des femmes.
En France, la consommation de boissons alcoolisées se compose essentiellement de vins (58 %, en baisse sensible), de spiritueux (22 % avec une tendance à l’augmentation) et de bière (17,5 %, une valeur constante depuis des années). Dans l’Union européenne, la France se place en 15e position en terme de consommation d’alcool par habitant, un peu au dessus de la moyenne. Les pays d’Europe centrale et de l’Est restent les plus gros consommateurs de boissons alcoolisées.

Quand parle-t-on d'alcoolodépendance ?

Dans le langage courant, la consommation excessive, répétée et incontrôlable de boissons alcoolisées est le plus souvent nommée « alcoolisme ». Cependant, le manque de précision de ce terme a amené l’Organisation mondiale de la santé (OMS) à proposer un terme plus précis, « alcoolodépendance », qui met en avant le caractère addictif de l’alcool et le parallèle qui existe avec les autres troubles de l’addiction (dépendance aux dérivés de l’opium, aux jeux d’argent, au sexe, etc.). L’alcoolodépendance est une addiction à l’alcool sous forme de boissons plus ou moins « fortes ».

La consommation répétée de boissons alcoolisées peut prendre différentes formes selon le rythme de consommation et la quantité d’alcool ingérée. On distingue divers degrés de sévérité qui vont de l’abstinence (aucune prise d’alcool) à la dépendance avérée, selon un continuum d’intensité.

Les consommations « à risque » ou « dangereuses »

On parle de consommation de boissons alcoolisées dite « à risque » ou « dangereuse » lorsque la quantité d’alcool ingérée et la fréquence des prises est telle que, si ce comportement persiste sur une durée prolongée, des complications physiques, psychiques et sociales surviendront inévitablement. Pour l’OMS, la consommation est dite « à risque » à partir d’une consommation moyenne quotidienne de deux à quatre verres par jour pour une femme, et de quatre à six verres par jour pour un homme.

Bien sûr, toute consommation d’alcool est à risque (en particulier en ce qui concerne le risque de développer un cancer, ou chez la femme enceinte), mais les autorités sanitaires considèrent que les premières formes de dépendance apparaissent lorsque la consommation quotidienne atteint ces chiffres.

À quoi correspond un verre de boisson alcoolisée ?
En France, pour des raisons liées à la tradition, la contenance des verres est adaptée au degré alcoolique des boissons qu'ils sont supposés contenir. Ainsi, un ballon de vin ou une flûte de champagne (10 cl) contiennent autant d'alcool qu'un demi de bière (25 cl) ou qu'un verre de pastis ou de whisky (2,5 cl) : dans tous les cas, un verre de boisson apporte environ dix grammes d'alcool pur. Ainsi, il est possible de décrire la consommation en « verres », quelle que soit la boisson choisie.

Les consommations « nocives » ou « à problème »

Une consommation de boissons alcoolisées est dite « nocive » ou « à problème » lorsqu’elle est supérieure à quatre verres par jour pour une femme et à six verres par jour pour un homme. Ce niveau de consommation entraîne toujours des complications physiques (par exemple au niveau du foie), psychiques (fréquemment de la dépression) et sociales (par exemple une perte de son emploi).

À consommer avec modération
L'expression « à consommer avec modération », devenue systématique sur les publicités pour les boissons alcoolisées, rappelle les dangers d'une consommation excessive ou incontrôlée. Malheureusement, il n'existe pas de définition objective de la modération et le consommateur est laissé à son jugement sur ce qui est « modéré » ou ne l'est pas...

L'alcoolodépendance

Selon l’OMS, l’alcoolodépendance est avérée lorsque la consommation de boissons alcoolisées devient prioritaire par rapport aux autres comportements auparavant prédominants chez une personne. Le désir de boire de l’alcool devient impossible à maîtriser et doit être assouvi au détriment de toute autre considération. L’alcool devient une obsession. Sa consommation doit être poursuivie même lorsqu’elle entraîne des conséquences manifestement problématiques. Tout d’abord, le buveur développe une tolérance. Il doit boire des quantités toujours plus importantes d’alcool pour obtenir les effets recherchés. Puis le buveur passe à un stade où il ne peut plus contrôler sa consommation. Une dépendance physique s’installe. L’arrêt des boissons alcoolisées provoque alors des symptômes de manque (sueurs, tremblements, vertiges, etc) qui sont difficiles à supporter.

La consommation épisodique massive (« binge drinking »)

Certaines personnes boivent des quantités d’alcool importantes (au moins six verres) en un minimum de temps. Cette consommation occasionnelle et massive, également appelée « binge drinking » ou « biture express », est devenue fréquente chez les adolescents et les jeunes adultes. Elle est particulièrement dangereuse, car elle peut être responsable d’intoxication aiguë (déliriums) pouvant entraîner le décès par arrêt cardiaque.

Récemment, une forme particulière de binge drinking est apparue, la « neknomination », où des adolescents se lancent des défis via la mise en ligne de vidéos où ils ingurgitent de grandes quantités d’alcool « cul sec ».

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